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  • : Blog de Georges Flipo, auteur
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  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 21:45

 

 J'ai lu « Cherche jeunes filles à croquer »,

de Françoise Guérin, Éditions du Masque (J.C. Lattès).

 

 Cherche jeunes filles 200 x315

 

J’ai lu le second roman policier de Françoise Guérin; ou plus exactement sa seconde enquête du commandant Lanester. Je l’ai lu il y a un mois.

 

Peut-être à tort, je ne l’ai pas commenté à chaud. Je préférais digérer un peu ce roman policier qui, dans sa plus grande partie, ne ressemble à aucun autre. Mais il ressemble à du Françoise Guérin, ce qui est une bonne référence. Elle et son commandant Lanester ont gagné le prix Cognac, il y a quelques années, avec « A la vue, à la mort » dont j’avais parlé, je crois, sur ce blog. Sauf si je n’avais pas encore ouvert ce blog au moment où je l’ai lu, je ne sais plus. Ce qui est bon signe : je ne me souviens pas de mon billet de blog, mais je me souviens très bien de ce roman.

 

La seconde enquête d’un héros de polar est toujours un piège, surtout avec les « marquants » du polar vu par Françoise Guérin : forte part de la psychologie qui descend jusqu’aux profondeurs, personnalité trouble du héros, respect religieux des procédures policières. Disons qu’elle sait de quoi elle parle (ma commissaire à moi devrait peut-être faire un stage chez Lanester, mais je gage qu’ensuite elle ne se laisserait plus entraîner dans les errements où je la conduis). Je m'étais donc demandé si une seconde enquête était envisageable pour Lanester. Elle l’était, et pas qu’un peu.

 

Je n’aime pas raconter un roman policier, j’ai l’impression que j'oblige le lecteur à regarder les radios de son squelette avant de rencontrer une jolie femme. Et vive versa pour les lectrices.

 

Je préfère parler de ce que j’y ai aimé.

 

Aimé d’abord une plongée dans le monde de l’anorexie. La vraie (je n’ose pas dire la lourde), la pure et dure qui ravage et tue. Je ne le connais guère, pas plus que mon taux de cholestérol. Françoise Guérin, en praticienne de la chose, nous y entraîne de façon très précise, très documentée. Parfois, je ne sais pas si c’est une enquête policière sur fond d’anorexie, ou une enquête sur l’anorexie avec fond de flicaillerie, mais j'accompagne volontiers Lanester dans l'affaire. L'anorexie est terrifiante, et on la découvre ici dans ses différentes formes, à différents degrés, avec différentes issues. En résumé, ça ne me donne pas envie de souffrir d’anorexie.

 

Aimé ensuite, une bonne maîtrise des procédures policières, avec tout ce que ça implique de soucis de hiérarchie, de respect des procédures, de respect des procédures. Avec aussi une multiplicité des intervenants.

 

Aimé enfin, une belle intrigue, de jolies fausses pistes, d’intéressants et progressifs soupçons, dans un cadre intéressant. Je dis ça en moins de deux lignes, mais ce n’est pas rien.

 

Et puis aimé, bien sûr, la belle écriture de Françoise Guérin, mordante ou ironique quand elle en a envie, empathique même quand elle ne le recherche pas.

 

Et la couverture, que j'aime déraisonnablement. 

 

Donc j’ai globalement aimé.

 

Les seuls petits regrets, ceux qui me restent un mois après lecture :

 

ne   La multiplicité des intervenants dans laquelle il m’est arrivé de m’embrouiller. Du genre « Qui c’est déjà, celui-là ? Bon, continuons, on verra bien ». Et justement, il fallait qu’on voie tout de suite si on veut bien suivre. Il est vrai que quand on lit la nuit, certains neurones se déconnectent plus vite que d'autres. Surtout les miens, depuis quelque temps.

 

Le    Les  scènes de rencontre du commandant Lanester avec sa psy. Il ne doit y avoir que dix pages sur les trois-cent-quatre-vingt-douze, mais elles m’ont paru ne rien apporter. Des sortes de pausesd forcées. En tout cas, elles ne m’ont pas donné envie d’aller bavarder avec cette psy. D’autant qu’elle n’est guère bavarde. Une taiseuse, la dame, qui me faisait écouter ses silences, alors que j’étais pressé de connaître la suite.

P        

Car je l’ai lu en voulant constamment connaître la suite, et ce sera ma conclusion. Je lis très souvent le soir, pour m’endormir. Ce fut le cas de « Cherche jeune fille à croquer », sauf que je ne me suis pas du tout endormi. 

La première fois, j’ai commencé à 22 h, j’ai enfin éteint ma lampe de chevet vers 2 h 30. 

Le lendemain, j’ai recommencé à 22 h, et je ne sais pas à quelle heure j’ai éteint. Mais seulement après l'avoir lu entièrement. Et ensuite, je n’ai même pas dormi : cela vous fiche des cauchemars, un livre pareil.

 

Françoise, s’il te plaît, la prochaine fois, entraîne donc ton commandant chez les goinfres, les boulimiques, ou chez les cuisiniers, j’aurai de l’empathie à qui mieux mieux. Ah, c’est vrai que la commissaire Viviane y sévit déjà.

 

En conclusion, un roman policier peu classique, qui se laisse croquer avec plaisir.

 

 

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 15:53

 

J'ai une profonde admiration pour l'oeuvre de Gilles Blanchard. C'est l'artiste qui, il y a quatre ans, a réalisé la sculpture pour la couverture de Qui comme Ulysse.

 

Qui-comme--Vignette-1-copie-1.jpg

 

Gilles dessine aussi très bien, comme doivent le faire les grands sculpteurs. Avez-vous déjà vu les dessins de Rodin ? C'est tellement beau, notamment ses corps (de mémoire, il ne dessinait rien d'autre), que l'on se demande pourquoi il se donnait la peine de les mettre en volume.


Michel-Ange aussi, Michel-Ange bien sûr. J'ai eu la chance de pouvoir compulser ses carnet de croquis à la Bibliothèque du British Museum, et c'était bouleversant. Emouvant. Même si, sur la galerie juste au-dessus de nous, deux vigiles ne nous quittaient pas du regard, ma femme et moi, au cas où nous aurions voulu discrètement garder juste une petite page bouleversante pour encadrer et poser sur le mur du salon.

 

Gilles Blanchard aussi, dans un autre genre. Allez donc faire un tour sur son site, www.gillesblanchard.tumblr.com,  (clic) il y expose des dessins ou croquis. Il n'y a pas seulement du talent, mais aussi des idées, de l'humour. Bon, ça aussi, c'est du talent.


 

2-dessins-blanchard.jpg

 

Allez-y donc, : www.gillesblanchard.tumblr.com, (clic) allez-y plutôt que de continuer à lire ce billet.

 

cochon-autrui.jpg

 

Ah, vous êtes restés pour comprendre comment je peux comparer la sculpture et le dessin à l'écriture ? Allons-y :


L'artiste, sculpteur ou dessinateur, a un avantage, un privilège dont nous, pauvres écrivains, ne pourrons jamais complètement jouir. Un avantage qu'il ne perçoit même pas, ce vilain enfant gâté : le sculpteur ou le dessinateur peut contempler et juger la totalité de chaque oeuvre d'un seul regard. Il en voit donc plus aisément les défauts, il en jouit de la perfection d'une façon globale. GLOBALE. 


Le romancier n'a qu'une vision discursive, dans le temps, par fragments, même s'il se relit d'une seule traite. Il a du mal à percevoir les erreurs de rythme, les ruptures de ton. Son oeuvre ne sera jamais que 240 petites oeuvres, 240 pages. Quand il écrit une nouvelle, ça marche presque (privilège et bonheur du nouvelliste que le romancier ne pourra jamais entrevoir). Ne nous réjouissons pas trop vite : si une nouvelle est presque envisageable en perception globale, pour ce qui concerne un recueil, que nenni ! Et pourtant, Dieu sait si un recueil a, lui aussi, besoin de rythme entre les nouvelles. Il m'a fallu là un gros travail de finalisation sur "Tous ensemble, mais sans plus". Et si ça ne voit pas, tant mieux, c'est que c'est réussi.


Mais le nouvelliste, comme le romancier, garde une consolation que l'artiste ne connaît pas : même quand une de ses oeuvres n'a pas de succès, l'écrivain a quand même un peu de succès : quelques centaines de lecteurs ou, au pire, des voisins qui l'ont lu à la bibliothèque municipale. 


L'artiste, lui, le pauvre, ne connaît que le tout ou rien. L'oeuvre n'est jamais "un peu vendue" : elle trouve son acheteur ou elle lui reste sur les bras. Il me serait impossible de vivre une telle situation : je brûlerais tout ce qui me resterait sur le bras. C'est le syndrome de Sardanapale. Tiens, j'en parlerai dans mon prochain roman.


 


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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 16:56

 

 

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 Visu-double-E.-Urien.jpg

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Les Editions Quadrature ont eu l’excellentissime idée de mettre sur le marché une nouvelle édition du premier recueil d’Emmanuelle Urien, « Court, noir, sans sucre », publié il y a 5 ans par l’éditeur « L’être minuscule ».

 

L’idée n’est pas si excellentissime que ça, parce qu’elle va faire baisser mon  capital : je détenais ce recueil qui, devenant introuvable, prenait de plus en plus de valeur. Tant pis pour moi, tant mieux pour elle, et tant plus mieux pour vous - encore une fois ce problème grammatical du comparatif et du superlatif de mieux. Mieux que mieux, c’est quand même précis comme idée, pourquoi le Bescherelle n’a-t-il rien prévu dans ce cas-là ?

 

Je commence par le plus important, c’est la photo. Au début, j’ai cru que la photo de la couverture suffisait : vous devriez comprendre que les nouvelles du genre court, noir, sans sucre, seraient peu longues, assez noires, et pas spécialement édulcorées. Moi, pour être sincère, je l’ai compris bien plus tard, mais je ne suis pas vif quand on parle de littérature.

 

Mais j’ai été pris d’un doute : avec un titre pareil (et je n’ai pas encore parlé du contenu), on risque d’imaginer une drôle de bouille à l’auteur : genre visage raviné par les haines et les pensées sombres, enfoui sous une chevelure ébouriffée par endroits (aux autres endroits, il n’y a plus de cheveux tant la triste femme se les est arrachés – bizarre, ce pluriel à arrachés).

 

Mais c’est comme ça, Emmanuelle n’a pas une tête à écrire des livres courts, noirs, sans sucre, il faut vous y habituer. Elle a une tête à chanter comme la dame de la photo, et tant mieux, car c’est elle. Le type à côté, qui l’accompagne à la guitare, c’est Manu Causse, et c’est justement le type qui l’accompagne. Très bien, d’ailleurs. Et en plus, lui aussi, il écrit très bien, mais si j’en parle, on va encore me reprocher mes abus de digressions.

 

Revenons au sujet : il est très bien ce recueil introuvable. Tous ceux qui l’ont trouvé l’ont trouvé très bien. Ceux qui ne l’ont pas trouvé aussi, car ils gardaient espoir. C’est pour eux que j’écris ce billet. Les autres, vous pouvez rester pour chauffer la salle.

 

Les idées d’Emmanuelle sont simples et noires. Et elle les raconte d’un petit ton léger pour que le drame soit vraiment simple et noir. Mais elle les raconte de façon de moins en moins souriante, tandis qu’elle écrit en spirale. Car Emmanuelle Urien écrit en spirale : j’ai trouvé ça un jour, et depuis je le place chaque fois que je parle d’elle. Donc souvent.

 

La plupart des bons nouvellistes ont une écriture rectiligne : ils commencent une histoire au début, la content, puis la terminent à la fin. Moi, par exemple, je fais ça comme quelques milliers qui font bien ça. Même les mauvais font comme ça, parce que c’est plus facile.

 

Emmanuelle, elle, avance en spirale. Elle ne raconte pas une histoire, elle décrit une situation. Celle d’une femme qui fait sa valise, celle d’un fils occupé aux W.C., alors il répond « Occupé » au père qui tambourine. Celle d’un taxi qui accueille ses clients. Du quotidien. Puis, tandis qu’elle décrit doucement la situation, la spirale se resserre, on sent qu’il y a quelque chose qui ne va pas, elle tourne autour d’un drame, de plus en plus vite : la situation devient histoire, et à la fin de l’histoire, on ne peut plus tourner, on est arrivé au coeur de la noire spirale.  On est tombé dans la chute. Une vraie chute, pas une pirouette comme on fait dans l’école française de la nouvelle. Une chute qui donne tout son drame au drame, tout son sens à ce qu’on vient de lire et qui nous laisse bouche bée, juste assez pour dire bravo.

 

Et tout cela est brossé à petits coups de pinceau légers, presque transparents, c’est de l’aquarelle. Chaque phrase se superpose sur la précédente, elle crée une transition infime vers le centre de la spirale. C’est très fort, c’est bien joli, comme disent les passants devant les aquarellistes sur les quais à Honfleur, car ils ne savent pas quoi dire. Moi, je le dis parce que c’est exactement ça.

 

C’est très difficile à bien construire une nouvelle en spirale. J’ai voulu en écrire quelques-unes, en une sorte de coup de chapeau à Emmanuelle Urien. Le chapeau était tout poisseux, il m'est resté dans la main : je me suis chaque fois planté. Sauf une fois, quand j’ai écrit « L’Île Sainte-Absence », dans Qui comme Ulysse. Mais si ça tombe, Emmanuelle l’a lue sans remarquer que c’était du Urien. Une bonne spirale, ça ne se voit pas.

 

Lisez Court, noir sans sucre, même si vous l’avez déjà lu : il y a trois nouvelles nouvelles dans ce recueil réédité. Lisez-le, lisez-les, laissez-vous emporter dans la spirale, et criez au secours quand vous serez arrivé au milieu. Personne ne viendra vous rechercher : on est toujours très seul à la fin d’une nouvelle d’Emmanuelle Urien.

 

Un peu comme devant un tableau du Caravage : on y plonge, fasciné, on se laisse tomber dedans.


Court, noir,sans sucre, 15 euros.

Nouvelles d’Emmanuelle Urien.

Deuxième édition, revue et augmentée

Editions Quadrature (http://www.editionsquadrature.be )


Ah, j’allais oublier la carte de visite, si vous le commandez en librairie :
  ISBN : 978-2-930538-08-2

On peut commander le recueil directement (et sans frais de port) en écrivant à quadraturelib@gmail.com. On peut même payer par chèque après la réception du livre.  

 

 

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 11:08
On ne lit pas assez Le Parisien. Ce matin, c'est pourtant très agréable à lire, surtout pour mon éditeur.
Et accessoirement pour mon ego , mais chut...
Et comme il y a beaucoup de pages à lire dans Le Parisien, on peut aller tout droit à la fin, en page Spectacles, rubrique Le livre du jour.
Si vous ne trouvez pas le Parisien chez votre marchand de journaux, c'est que vous n'êtes pas parisien, ni francilien, vous êtes bien à plaindre, dirait-on à Saint-Germain-des-Prés. Mais ne pleurez pas si vite, allez demander Aujourd'hui. Mais attention, hein,  Aujourd'hui aujourd'hui, car c'est un quotidien. Ce sera aussi en page Spectacles.
C'est dans la même page que Jean d'Ormesson, Anna Gavalda, Fred Vargas, Jean-Louis Fournier et Françoise Hardy. Mais - je méditerai cette belle leçon d'humilité - ils sont dans l'article "Le déjeuner des best-sellers", et moi je suis en dessous, je ne suis que dans "Le livre du jour". En attendant l'immortalité, ce quotidien fait mon bonheur.
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 20:36

 

Emmanuelle Urien et moi, nous sommes entrés en littérature en même temps, sauf qu’elle y pensait depuis bien plus longtemps, parce qu’elle est plus jeune. Elle a commencé juste avant moi à se lancer dans les concours de nouvelles. J’ai donc eu le temps de remarquer son nom dans quelques palmarès, et je lui ai écrit avec beaucoup de sans-gêne pour lui demander si elle n’avait pas, par hasard, une liste de bons concours auxquels je pourrais participer.

Elle ne me connaissait pas, mais elle m’a répondu en m’envoyant sa superbe base de données qui avait dû demander des jours et des nuits de recherches et compilations. Elle est comme ça, Emmanuelle. Au fond, si je suis devenu nouvelliste, c’est grâce à elle : je n’aurais pas eu la patience de chercher tous ces renseignements (à l’époque, je n’étais guère doué en googlogie).

Nous avons donc continué à faire les concours ensemble, nous nous sommes retrouvés dans quelques palmarès, quelques remises de prix : ce que nous écrivions était très différent, je dirais même pas concurrent. J’étais donc toujours étonné de la retrouver sur les mêmes podiums que les miens. Surtout qu’elle y grimpait le plus souvent avec légèreté une marche de plus. Cela me faisait plaisir : on lisait ses textes, ils étaient bons, rien à dire.

Mais, plus généralement, nous avions chacun nos concours fétiches, cela rendait le jeu encore plus amusant.

Nous avons cherché à publier nos nouvelles en même temps, nous y sommes parvenus en même temps. J’avais compris que pour réussir en littérature, il fallait faire tout comme elle, en écrivant différemment.

D’ailleurs, quand elle a ouvert son site, j’ai compris qu’il fallait faire pareil, mais très autrement :  son site à elle est un modèle de site d’auteur, allez y faire un tour, et vous y resterez plongé.  C’est là : http://www.emmanuelle-urien.org/

Quand elle a ouvert un non-blog (si, si, ça existe), je n’allais quand même pas la copier, alors j’ai ouvert un vrai blog, un oui-blog, histoire de m’affirmer.

Et j’ai fini par trouver comment me différencier : puisqu’elle passait de plus en plus de temps à chanter (et très bien d’ailleurs), j’ai passé de plus en plus de temps à écrire un roman, puis deux, je n’avais pas le choix, je chante très faux.

Et là qu’est-ce qu’elle a trouvé ? Elle a aussi écrit son premier roman. Il est très bien, je l’ai lu en avant-première. Elle a écrit ça très naturellement, dans la douleur, dans l’angoisse, pendant des mois, ce qui m’a rassuré : nous étions décidément pareils. Elle a particulièrement souffert pour le titre. Comme moi, vous dis-je. Mais il est sorti chez Gallimard, couverture blanche (je ne sais pas pourquoi on dit ça, elle est crème, leur couverture).

Si vous aimez ses nouvelles, vous aimerez ce roman. C’est fin, c’est apparemment simple, et ça devient de plus en plus subtil. C’est toujours bien écrit, très bien écrit. Mais il ne m’a jamais été aussi difficile de parler d’un roman : si j’en dis plus de quatre phrases, j’en casse le charme, le mystère. Elle refuse d'ailleurs d'en donner le pitch, et elle a raison. Lisez plutôt la quatrième de couv, elle compte quatre phrases, pas plus. Quand vous aurez lu le roman, relisez cette quatrième, et vous constaterez qu’elle y compacté tout le roman.

Vous pourriez d’ailleurs vous contenter de lire la quatrième, mais ce serait du gâchis : le roman est aussi bien écrit que la quatrième, mais pendant tellement plus longtemps.

Mon conseil : plantez-vous chez votre libraire, et lisez le premier chapitre ; c’est du pur Emmanuelle. Et si ça ne vous donne pas envie de continuer, considérez-vous comme perdu pour la littérature. En tout cas, pour celle d’Emmanuelle Urien.

Il ne manque plus que le titre, que j’aime autant  que le roman, que j’aime autant que le blog que j’aime autant que l’auteur : Tu devrais voir quelqu’un.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 15:46

 Elle n’écrit pas comme moi, ne pense pas comme moi, je suis donc pleinement d‘accord avec elle.


 

Il y a une femme, auteur de nouvelles et de romans, à qui je cèderais volontiers ma place, même s’il s’agissait de passer devant les caméras de télévision comme lundi 12 janvier sur France 3, à 17h20 pour l’émission « Un livre, un jour », c’est Frédérique Martin.

 

La première fois que je l’ai croisée, c’était pour faire la gueule. Je débutais dans l’écriture, j’avais participé à un prix littéraire phare pour les nouvellistes non-publiés, c’était le Prix Prométhée. Le recueil du gagnant est publié et bien soutenu par les Editions du Rocher. Un vrai rêve d’auteur.

 

J’avais donc envoyé un manuscrit ni fait ni à faire, qui devait devenir un peu plus tard La Diablada. Je me suis fait battre par cette femme que je ne connaissais pas : mais j’ai immédiatement décidé que son recueil ne pouvait être que très mauvais.

 

Quelques semaines plus tard, j’ai envoyé La Diablada aux éditeurs. Anne Carrière m’a dit oui, et j’ai jubilé « Ha, les organisateurs du Prix Prométhée et leur lauréate, ils vont voir ! ». Et c’est moi qui ai vu. Car j’ai commencé par découvrir que ce tapuscrit était insuffisamment écrit. Il m’a fallu plusieurs mois de travail sur des pages biffées de rouge par une correctrice de haut niveau pour comprendre à quel point l’alibi « C’est mon style, j’écris comme ça » n’est qu’une excuse de fainéant. En retravaillant, on peut aller beaucoup plus loin. C’est là que j’ai vraiment appris à écrire.

 

Je croyais y être parvenu quand La Diablada a fini par être publié. J’ai alors acheté, goguenard, le recueil qui avait gagné le Prix Prométhée et allez, disons-le, qui me l’avait volé. Et c’est là que j’ai pris me deuxième leçon d’écriture : ce recueil, c’était L’Écharde du Silence, de Frédérique Martin. Il y avait là une qualité d’écriture qui m’a laissé pantois. Les mots, les phrases n’étaient pas seulement là pour l’élégance (ce qui n’est pas si mal), mais pour faire apparaître de façon plus précise des sentiments rares. Une pensée qui, en elle-même, avant d’avoir été écrite, était déjà de l’écriture.

 

En une soirée de lecture, j’en ai tiré des conclusions, une sorte de morale du travail, que je n’ai jamais oubliées.

 

Plus tard, j’ai retrouvé Frédérique Martin, à Lauzerte, rendez-vous annuel des nouvellistes et de leurs lecteurs. J’y suis allé comme auteur, j’en suis rentré comme lecteur : dans le train du retour, j’avais découvert une fabuleuse nouvelle de Frédérique, parue dans le N° 81 du magazine Brèves, intitulée « Le désespoir des roses ». C’est une formidable nouvelle, une des plus belles que j’aie jamais lues. Elle commence par « L’autre jour, j’ai vendu ma mère ». La suite est du même tonneau. Lisez cette nouvelle, vous ne le regretterez pas. Dans la foulée, lisez son œuvre, vous en trouverez les titres sur son site.

 

Vous l’aurez compris, j’aime bien ce qu’écrit Frédérique. Je ne suis pas comme elle, je ne pense pas comme elle, je n’écris pas comme elle. Mais elle le dit tellement bien que j’ai souvent envie d’être d’accord avec elle.

 

C’est comme dans le texte « Écrire pour dire et se dire » que je vous propose en lien, sur son blog. Elle y parle de la condition de l’écrivain. Vision totalement différente de la mienne, faut-il le dire. Elle en parle tellement bien que j’ai presque envie de devenir l’écrivain qu’elle décrit. Mais le chemin serait long, et c’est une vision tellement fine qu’elle n’offre pas de place pour deux.

 

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 14:41

Avant de lire ce billet, descendez lire le billet précédent, il était là avant. Et demain il sera périmé.
Puis revenez lire ce billet qui, lui, n'a pas de date de péremption. C'est comme Proust.

Vous n'aimez pas Proust ? Eh bien, justement.





Je n'aime guère Proust, ses minauderies et ses pensées de dentellier. Mais j'aime bien Clopine Trouillefou. 

Clopine a le verbe haut et rieur. Même quand elle parle intelligemment de sujets bien trop intelligents pour moi, et notamment de Michel Onfray. Elle en parle avec la vraie intelligence, celle qui consiste à rendre claires des idées complexes, sans avoir besoin de convoquer des hordes de substantifs inconnus et qui méritent de le rester. Bref, elle en parle d'une façon qui permet au lecteur de sortir du billet un peu plus intelligent. en tout cas, avec moi, ça marche.

Et voilà que Clopine me fait une blague perfide : elle publie un livre sur Marcel Proust, qu'elle semble révérer. Elle saura, j'en suis sûr, mettre de la limpidité dans le mouvement brownien des pensées de Marcel, elle saura donner un peu de linéarité à son comportement sinueux. Peut-être même saura-t-elle le rendre sympathique, ce qui serait vraiment odieux.

Vous imaginez le dilemme ?

Tant pis, je me mouille : je vous recommande ce livre sur Marcel Proust. Je ne l'ai pas lu, mais j'ai souvent lu l'auteur, et j'ai même lu Proust, tout Proust, ça restera mon exploit de l'année. Oui, toutes les 700 pages de la Recherche du temps perdu. 700 pages, me direz-vous, mais il y en a 5.000 ? C'est là qu'est l'exploit, je l'ai lu en version condensée, et c'est bien plus indigeste que la version intégrale. Quand vraiment ça me restait sur l'estomac, je lisais quelques pages de Proust version Pléiade, petites notes comprises, histoire de faire descendre. Tout ça pour dire que, connaissant Clopine et Proust, je crois la première capable de faire apprécier le second.

Et pendant ce temps, le second ne fait rien pour la première : il doit être occupé à jouer avec les garçons d'ascenseur du Grand Hôtel. C'est pour ça que je n'aime pas Proust. Un égoïste. Contorsionniste de surcroît, car dans les ascenseurs du Grand Hôtel, ce ne doit pas être commode. Et quand il raconte, il continue ses contorsions.

Tout ça pour vous dire que, si vous n'aimez pas Proust, lisez Clopine pour savoir pourquoi on devrait aimer Proust.
Au pire, vous aimerez Clopine en sortant.

Allez vous renseigner ici :

http://www.ilv-edition.com/librairie/la_recherche_racontee_a_mes_potes.html

et là :
http://clopinet.canalblog.com/archives/2008/11/20/11439046.html#comments

C'est juste en dessous de son billet de solidarité avec l'Education Nationale. Encore un cas de solidarité mal placée, c'est une manie chez Clopine : la solidarité avec les gens qui ne renvoient pas l'ascenseur*. Son altruisme la perdra.

* Inutile de me faire la plaisanterie du genre "On ne peut pas renvoyer l'ascenseur, il est bloqué par monsieur Proust qui est lui-même occupé par un liftier". J'y ai pensé avant vous.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 19:16

Puisque c’est un blog littéraire, je vais parler sculpture et dessin.

 

 

Je vitupérais l’autre jour les marchands d’imposture de la FIAC, hé, c’est toujours moins dangereux que de s’attaquer aux collègues auteurs ou aux éditeurs, on ne sait jamais. Aujourd’hui, pour changer, je ne vitupère pas, j’encense. C’est peut-être dangereux aussi, tant pis, je plonge.

 

J’encense Gilles Blanchard, l’homme qui a créé la magnifique statue qui illustre la couverture de mon « Qui comme Ulysse ». J’aurais pu l’encenser plus tôt, après tous les compliments qu’on m’en a faits, mais j’ai bien fait d’attendre : je viens de rencontrer Gilles Blanchard, et j’ai découvert qu’il n’était pas seulement talentueux, mais très sympa. Et pas seulement sculpteur talentueux et sympa, mais aussi dessinateur talentueux et sympa.

 

Allez visiter son site*, et revenez m’en dire du bien, je transmettrai. Mais le plus simple, c’est de lui dire directement tout le bien que vous en penserez. Et si vous êtes un peu cohérent, avec le bien que vous en penserez, vous ne pourrez pas vous priver d’acheter une de ses œuvres, dessin ou sculpture. Allez, allez, avec ce que vous dépenserez en cadeaux idiots de fin d’année, vous avez les moyens de vous faire ce cadeau intelligent. Gardez quand même un peu d’argent pour acheter mon prochain roman « Le film va faire un malheur », ce sera un cadeau presque aussi intelligent, presque aussi cher.

 

J’aime beaucoup ce que fait Gilles Blanchard, et je crois que vous l’aimerez aussi.  D’autant plus qu’il a deux thèmes de prédilection :

-          Voyages et touristes, ça vous l’auriez deviné.

-          Mais aussi les auteurs et leurs douleurs d’enfantement. Un truc de littéraires, non ?

 

 

Des dessins qu’on a envie de voir encadrés sur son mur, face à vos yeux qui pleurent sur le PC, à la recherche d’un synonyme du verbe sourire.

Je fais ici une parenthèse consacrée au sinistre verbe sourire : c’est un verbe haïssable, le seul verbe d’usage courant qui n’ait pas de synonyme. Dans mon prochain roman, « Le film va faire un malheur », en première version, mon héros souriait bravement, en permanence, il en avait bien besoin, face aux malheurs qui lui arrivaient. Arrivé à la page 200, il y avait tellement de répétitions que j’ai changé le caractère du héros : j’en ai fait un pleurnichard, c’est bien plus littéraire. Fin de la parenthèse.

Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais vous venez de lire en avant-première, le tout premier paragraphe consacré à ce nouveau roman, et j’ai glissé ça dans une page consacrée à la sculpture et au dessin, pour que ce soit plus discret.

 

Revenons à Gilles Blanchard.

Allez sur son site, mais allez aussi visiter son atelier quand vous errerez dans le très joli village de Tourtour. Un village d’art, plein de touristes, vous passerez donc inaperçu. Comment, vous ne savez pas où est Tourtour ? Mais enfin, c’est dans le 83. Et vous ne savez pas où est le 83 ? Moi non plus. Vivement qu’on supprime les départements.

 

 

  * Site : http://www.gillesblanchard-artiste.com  et  coordonnées de la galerie : Blanchard :

Galerie Blanchard
2 place de la Trinité
F-83690 Tourtour

Tél : 00 33 (0)4 94 70 56 25

Et son mail : gillesblanchard.artiste (at) gmail.com  

 

Vous allez me demander si je suis cohérent et si j’ai acheté une oeuvre de Gilles Blanchard. Ça ne saurait tarder : dès que j’aurai vendu mon dix millième Qui comme Ulysse, je fête ça en m’offrant une petite statue de « l’Homme aux valises ». Gilles Blanchard a beaucoup brodé sur ce thème. Brodé, je sais, ça paraît bizarre pour un sculpteur. Désolé, je n’ai pas de synonyme sous la main.
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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 11:43

Dans 15 heures à Fuveau, dans 15 jours à Lauzerte. Et Anouar Benm.alek

Quelques nouvelles de « Qui comme Ulysse » : il vogue plutôt bien. De nouveaux très bons articles dans la presse, sans parler de ceux qui s’annoncent maintenant comme sûrs, de beaux premiers comptes-rendus dans les blogs littéraires (et j’en attends d’autres), de réjouissantes mises en place en librairies (vos brefs rapports de visite sont importants pour moi), et même de bonnes premières ventes (plus on lance tôt le mouvement, plus il pourra monter en puissance avec l’appui des libraires : votre appui est ici décisif, et je remercie ceux qui y contribuent). Je ferai prochainement un billet sur le sujet.

 Quelques nouvelles de l’auteur : je suis ce week-end au salon de Fuveau « Écrivains en Provence ». Vous me trouverez facilement : je suis en légère lévitation, un mètre au-dessus de mon stand.

 Et dans quinze jours, le dimanche 21 septembre, je serai à Lauzerte. Venez-y nombreux, il y aura des tas de nouvellistes bien plus fréquentables que moi. Car à Lauzerte, les auteurs sont fréquentables, ils sont venus pour ça : c’est l’esprit de Lauzerte. Je cite ici le récent commentaire de Marty, sur ce blog : elle décrit excellemment le climat qui règne dans ces rencontres de Lauzerte où l’on n’attend plus que vous.

« …L'atmosphère est "sympa" et détendue. on se sent à l'aise durant les différentes manifestations du jour (les lectures faites par les auteurs eux-mêmes) - ce qui est bien aussi pour Lauzerte est ce "bouillon de culture(s)" - ça grouille- qui attire beaucoup de gens assoiffés non pas de bière (!) malgré le beau temps mais de mots, de phrases, d'émotions et d'inconnu. J'attends "la place aux nouvelles" cette année comme l'heureux événement de l'année. Qu'ai-je lu ? qu'est ce qui me plait ? qu'a-t-il à dire, cet écrivain, pour défendre sa cause ? tiens, ce n'est pas comme cela que j'avais vu cette scène, surprise, surprise... »

 

Parmi les auteurs présents à Lauzerte, cette fois encore, il y aura Anouar Benm.alek. J’ai beaucoup aimé son recueil « L’anné.e de la putain » (Fayard). L’an dernier, il était candidat, comme moi, au Prix du Scribe (« Place aux nouvelles ») qui se tient à Lauzerte. Quand j’ai lu son recueil, j’ai annoncé à Jacques Griffault, l’organisateur : « Tous les candidats sont bons. Mais il y en a un par qui je serais enchanté d’être battu, c’est Anouar Benm.alek».
Il y en avait une autre, Françoise Guérin et son très bon recueil « Mot Compte Double » (oui, comme son blog-carrefour littéraire), mais elle m’a si souvent battu dans les concours de nouvelles que ça me dérangeait moins de la battre, hé, pour une fois ! Ils ont tous deux été sympa, ils m’ont laissé gagner. J ‘en ai été un peu gêné, mais ça m’a fait tellement de bien : ce prix a été décisif dans ma décision de continuer à écrire des nouvelles, à un moment où je me demandais si…
Tout le monde connaît Françoise Guérin, mais on connaît moins Anouar. Le temps d’un week-end à Lauzerte, j’ai découvert qu’il était excellent mathématicien : c’est même son métier, il est docteur en probabilités et statistiques, qu'il enseigne à l’université de Rennes. Cela me ravit, j’avais toujours cru que la littérature était le seul art interdit aux mathématiciens. Il y en a en dessin (Piranese), en peinture (Duchamp). Mozart était excellent en mathématiques quand il était enfant. Il se débrouillait assez bien en musique aussi. Je crois qu’il voulait faire les deux : en écoutant certains morceaux, on croit voir se dessiner les courbes, légèrement décalées, de ses partitions.

  Où en étais-je ? Ah oui, tout ça pour dire que je ne connaissais pas d’écrivain mathématicien (vous en connaissez, vous ?) Maintenant, je connais Anouar. Dans un premier temps, j’ai d’abord trouvé Anouar très sympa, mais je garde un doute : ne serait-ce pas lui qui m’aurait piqué ma bière tandis que j’écrivais mes dédicaces ? Ensuite, je l’ai trouvé drôle, et même vif et très drôle. Bien trop drôle pour un mathématicien, je me demande s’il est si bon que ça en maths. Tiens, à Lauzerte, je lui ferai calculer de tête des racines cubiques pour en avoir le cœur net.

 
Mais je découvre aussi, un peu tard, qu’il sait être très sérieux. Et même grave quand il parle de problèmes graves. Courageusement grave. Lisez ses réponses aux questions de Rémi Yacine pour le quotidien algérien El Watan, c’est tout chaud, ça date de moins d’un mois. C’est beau, ses réponses sur l’enfer et le paradis. C’est à l’honneur de notre métier d’écrivain.

Voyez ce que déclare celui que L’Express appelle « un Faulkner méditerranéen. El Watan le considère comme « l’écrivain algérien le plus talentueux ». Si vous voulez en savoir plus, allez sur son site.

Le questionnaire, c’est celui de Proust. Je vais finir par aimer Proust quand je lis les réponses que lui donne Anouar.

« Docteur d’Etat en probabilités et statistiques, enseignant à l’université, l’écrivain algérien le plus talentueux déroute aussi bien ses lecteurs que ses critiques. Qualifié de « Faulkner méditerranéen » en France, honni par une certaine presse de son pays qui avait appelé au boycott de son dernier livre Ô Maria, Anouar Benm.alek atteint l’universalité dès ses premières œuvres. Il avait fait parler de lui après les émeutes d’octobre 1988, en créant le Comité algérien contre la torture »
(Rémi Y.acine) 
          

 

Que représente pour vous le Paradis ?
« Comprendre », voilà ce que serait pour moi, libre penseur, le Paradis comme objectif ultime d’une vie : comprendre l’univers, comprendre le pourquoi de notre si dérisoire et si microscopique présence dans cet univers. Ou, plus exactement, comprendre sans trop de chagrin qu’il ne saurait y avoir de raison à cette présence autre que celle du hasard, hasard ni bienveillant ni malveillant en soi, s’accommoder de cette terrible constatation de la parfaite contingence de l’existence de l’être humain, en tirer le courage de passer le restant de sa vie à apprécier malgré tout la chance, — écrasante parfois — d’avoir été muni par l’évolution d’un cerveau capable à la fois d’admirer et d’interroger le fonctionnement et la structure de ce monde qui nous transcende si infiniment.
Comprendre, c’est, pour moi, dépasser l’humiliation de l’indifférence de la nature et du temps à notre égard ; c’est l’âpre fierté d’appartenir à la descendance de ce minuscule primate humain capable, après plusieurs millions d’années de tâtonnement dans la jungle et dans la savane africaine, de se dresser sur ses deux pattes arrière pour tenter de fouiller, « les yeux dans les yeux », l’insondable noirceur du cosmos qui l’environne.

 

Que représente l’Enfer ?
Au contraire du Paradis qui, lui, peine à se concrétiser de notre vivant, l’Enfer est d’abord éminemment terrestre. On peut douter du Paradis, pas de l’Enfer ! Particulièrement protéiforme, il s’adapte à tous les pays, à toutes les cultures, tirant profit de l’éternelle alliance de la cruauté, de la cupidité et de la bêtise des hommes. L’esclavage, la colonisation, les guerres de conquête, les situations de famine, en sont quelques-uns des exemples les plus « réussis ».
Dans nos pays, une de ces versions contemporaines de l’Enfer apparaît lorsque les « Autres » s’évertuent à vous imposer coûte que coûte leur propre variante du Paradis céleste, en ne reculant devant aucune extrémité, la force brute, la propagande imbécile, les manipulations politiques et juridiques les plus indignes ou même l’assassinat pour les plus barbares.
Je pense aux terribles massacres de la décennie dite noire, par exemple où des villages entiers d’Algérie ont pu être décimés. Je pense également, en ce qui concerne l’actualité récente, à ces scandaleuses histoires d’inculpation et de condamnation à des années de prison ferme de certains citoyens algériens au motif que ceux-ci se sont convertis à une religion autre que la religion dominante en Algérie. Il paraît que des « textes » prévoient maintenant dans notre pays une interdiction de facto de ces conversions, relevant pourtant de l’ordre le plus privé de l’existence.
Ces textes scélérats, votés par un parlement aux ordres, ne peuvent être que des textes contraires au texte fondamental censé régir la vie du pays : la Constitution prévoit explicitement le droit à la liberté de conscience. Et qu’y a-t-il de plus fort, en matière juridique, que la Constitution ?
Qui peut ignorer cette règle d’acier de la primauté de la Constitution sur toute élucubration juridique attentatoire à l’intime conviction religieuse : le président, le premier ministre, le gouvernement, le parlement, le sénat, le député de base, le chef de parti dit démocratique ? Et je ne cite même pas le Conseil constitutionnel, juge ultime, bien étrangement absent dans cette question !
Le plus triste, dans cette histoire, réside à mon sens dans le fait que les textes sur la conversion et sur l’exercice des cultes autres que le culte majoritaire aient été malgré tout votés sans opposition par toutes les sensibilités et les partis politiques siégeant à l’Assemblée nationale, de la gauche extrême (mais oui !)  à son symétrique islamiste de l’autre côté ! N’y a-t-il donc pas eu au moins un député s’élevant publiquement contre cet assassinat de la liberté individuelle ou soulevant, même timidement, l’argument de l’inconstitutionnalité de ces nouvelles « lois » ? Notre désespérant parlement ne restera-t-il, quoi qu’il arrive, que la chambre d’enregistrement par des opportunistes de tout poil des desiderata des courants les plus obscurantistes du pouvoir en place ?  Est-ce que les prébendes généreusement distribuées par les caisses de l’État anesthésient à ce point les supposées convictions démocratiques de tous les représentants du peuple ?
Et quel spectacle affligeant la grande Algérie offre à présent aux autres nations, quels dommages profonds infligés de manière durable à l’image internationale de ce pays qui a tant lutté pourtant pour sa liberté et celle des autres peuples ! Comment l’Algérie pourrait-elle à présent siéger sans rougir dans n’importe quelle assemblée défendant les droits de l’homme ?

Quel est pour vous le comble de la misère ?
Si je prends ce mot dans son sens premier, le comble de la misère est atteint lorsque des enfants sont obligés de mendier, de se prostituer ou, plus abominablement encore, meurent de faim. Le lieu géographique importe peu puisque nous sommes tous, que nous le voulions ou non, solidairement comptables du devenir des enfants de l’Humanité. N’ayons surtout pas, dans ce domaine, des indignations à géométrie variable, véhémentes (à juste titre) quand elles concernent les enfants de Palestine, mais criminellement silencieuses quand il s’agit des enfants noirs et animistes (deux « tares » aux yeux de certains) du Darfour !
Sur le plan personnel, presque indécent par la proximité qu’impose l’exercice au fond assez complaisant de l’autoportrait, le comble de la misère serait d’être placé dans des conditions telles que je ne puisse plus lire, lire et encore lire. Je me rends compte qu’il me serait infiniment plus pénible de me priver définitivement de lire que d’écrire : j’écris, au fond, parce que je lis. Le monde peut, bien entendu, se passer de ce que j’écris ; je ne peux, en revanche, me passer, sauf à vivre un déchirement, de ce que le monde a produit de livres !

  Vos qualités préférées chez l’homme ?
L’intelligence, l’honnêteté, la compassion et le courage — plus intellectuel que physique, d’ailleurs, dans ce dernier cas. Le courage physique se retrouve à foison chez les fanatiques les plus divers : qu’y a-t-il, en effet, de plus « courageux » qu’un kamikaze ? ; et qu’y a-t-il, en même temps, de plus fondamentalement lâche et opposé aux trois premières qualités de mon choix ?

 

Vos qualités préférées chez la femme ?
Les mêmes que chez l’homme, auxquelles j’ajouterais, bien sûr, les qualités complémentaires que l’hétérosexuel de sexe masculin que je suis apprécie le plus chez le représentant du sexe opposé : une certaine harmonie du corps et la sensualité. La beauté ne correspond pas, pour moi, à « coller » stupidement aux canons bien versatiles de la mode. Non, la femme (ou, du moins, certaines femmes…) est bien ce que j’ai toujours pensé : un stade plus évolué que celui du banal mâle humain que je suis. En un sens, la femme, dans la conjonction amoureuse et intellectuelle, peut « réaliser » la quintessence de l’homme ! Le meilleur d’Adam naît d’Ève…

 

Votre vertu préférée ?

L’opiniâtreté. Mais comment la différencier de l’entêtement ? me direz-vous ! Au résultat, répondra le cynique qui est en moi.

 

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?

La fidélité (on peut toujours rêver…)

 

Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?

D’abord les miennes ! Je n’ai cependant pas le moindre soupçon d’indulgence ni de compréhension, mais, au contraire, une immense réserve de colère envers les fautes commises contre les plus démunis et, en particulier, les enfants.

 

Le principal trait de votre caractère ?

Le refus de l’argument d’autorité, qu’il soit politique, religieux ou social.

 

Votre principal défaut ?

Une certaine intolérance devant la stupidité.

 

Votre principale qualité ?

Voir la réponse précédente.

 

Votre drogue ?

Le travail.

 

Votre rêve de bonheur ?

Prendre, après une nuit d’amour, le petit-déjeuner avec l’être qu’on aime.

 

Quel serait votre plus grand malheur ?

Je n’ose en parler, parce qu’alors je parlerais de mes enfants.

 

Où aimeriez-vous vivre ?
Dans le pays de mon enfance, quand tout n’était qu’avenir, quand rien n’était encore définitivement joué et que la bonté paraissait, pour moi, le destin naturel de l’humanité. Si je devais lui donner une coloration géographique, je crois qu’il prendrait, pour une part (mais une part seulement) les couleurs de la Constantine des années soixante. Je me rappelle d’une vitrine de la vieille ville où trônait un abat-jour dont la décoration était constituée par un train qui, grâce à la chaleur fournie par la lampe, donnait l’impression de tourner interminablement. L’enfant que j’étais alors pouvait passer de très longs instants à contempler, dans un état presque hypnotique, ce train qui roulait, roulait, roulait sans arrêt vers une destination inconnue, que je supposais confusément, à la fois effrayé et exalté, comme étant celle du mystérieux « Avenir », contrée magique et belle où tout était possible.
Je sais maintenant que tous les trains finissent par s’arrêter quelque part et que les destinations se révèlent en général beaucoup plus prosaïques que ne l’espérait le petit garçon de Constantine.

 

 

Qui auriez-vous aimé être ?
Puisque la question autorise l’immodestie la plus déraisonnable et malgré le fait que je ne possède évidemment (long soupir de l’auteur devant l’injustice de Dame Nature) ni le génie du premier ni celui du second, j’hésite entre Léonard de Vinci et Albert Einstein. Ou encore : entre Ibn Khaldoun et Omar Khayamm…

 

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

Voler comme un oiseau.

 

Votre occupation préférée ?

Écrire, puis lire.

 
Votre préoccupation principale ?
Celle de ne pas écrire le livre essentiel, irremplaçable, qui justifierait les longues années passées à apprendre sans cesse le métier d’écrivain. C’était également le rêve inassouvissable de l’alchimiste ; c’est dire le caractère fou et présomptueux de mon souhait.

 L’animal que vous préférez ?
Le chat, pour sa fidélité faite plus d’indépendance que de soumission.

  Vos auteurs favoris quel que soit le genre ?
Il y en a tellement que je m’en voudrais de manquer de reconnaissance en n’en citant qu’une poignée.

  Vos peintures favorites ?
Un certain tableau de Michel Ange.

Vos réalisateurs favoris ?
Plutôt des films favoris que des réalisateurs favoris.

  Vos héros / héroïnes dans la vie réelle, la fiction et l’Histoire ?
Ben Mhidi, Nelson Mandela, Pasteur et, de manière plus lointaine dans le temps, le premier homme préhistorique qui, vainquant sa peur du feu, l’a maîtrisé et enclenché ainsi la civilisation humaine.

  Ce que vous détestez par-dessus tout ?
La suffisance des dogmatiques, l’arrogance et la cruauté des puissants, la soumission acceptée avec joie par les faibles.

  État présent de votre esprit ?
Il ressemble à un bulletin météo : plutôt couvert par de lourds nuages de pessimisme, avec des éclaircies d’optimisme.

  Avez-vous un regret ?
C’est celui, bête et tragique, de tous les êtres humains : n’avoir qu’une vie, alors qu’une seconde vie serait si nécessaire pour essayer d’autres possibilités et éviter les erreurs commises dans la première.

  Comment aimeriez-vous mourir ?
Aimé par mes proches.

Votre devise ?
Vivre libre, autant que faire se peut.

 

  Entretien réalisé par Rémi Y.acine pour le quotidien algérien El Watan, 12 août 2008

 

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 18:33




« Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis »

 

C’est Armande qui dit ça, dans la scène 2 de l’acte III des Femmes savantes.
Elle est bien, Armande.

Cette petite phrase m’a toujours enchanté, tant elle résume la mentalité du monde des lettres, mais elle résume encore mieux celle des blogs.
Est-ce une bonne idée de créer une telle catégorie ? Vais-je brouiller l'image de ce blog qui est suffisamment confuse, ne serait-ce que dans ma propre vision ?
Je me suis posé la question avant d'ouvrir une nouvelle catégorie, celle des billets où je dirai du bien des autres.
Et puis j'ai pensé qu'un blog qui ne dirait que du bien de moi serait vite à court d'idées, vite lassant. Surtout pour moi.
Voici donc cette nouvelle catégorie.
Afin que les choses soient claires, je n'y dirai du bien que de mes amis :

- certains dont j'ai déjà lu et relu et relu encore les oeuvres. J.L. Borges, Kipling, F.S. Fitzgerald, Mrozeck, par exemple. Oui, ce sont d'excellents amis, mais ils ne le savent pas.  Il y en aura d'autres moins connus, ne vous inquiétez pas.

- certains dont je connais le talent, même si je n'ai pas encore lu leur dernière oeuvre. Mais c'est toujours chic, pour un blog, d'être le premier à célébrer un livre qui émerge sur le marché. Et il est parfois bon d'envoyer ses visiteurs en découvreurs, surtout quand il n'y a aucun risque. C'est une façon de les associer à ce blog.

Ce sera le cas aujourd'hui pour Eric Fouassier qui vient de publier un recueil de nouvelles "Petits désordres familiers", aux éditions d'un Noir si bleu. J'ai déjà lu une douzaine de nouvelles d'Eric Fouassier, et j'en ai toujours été impressionné. Notamment quand je le voyais arriver devant moi aux concours de nouvelles, dans ma vie antérieure.
Je me demandais d'ailleurs pourquoi il y participait si rarement, en ajoutant un léger petit ouf !
Maintenant, je sais : il donnait priorité à l'écriture de "vraies nouvelles", pondues spécialement pour l'édition.
Les nouvelles d'Eric Fouassier ont plusieurs particularités : il choisit de bons sujets, et n'écrit que pour intéresser. C'est dire si c'est piégeux. La construction est également surprenante : il y a toujours une vraie histoire, forte, avec un début, un milieu et une fin, le tout dans le bon ordre. C'est très déroutant, mais on s'y fait vite. Le style est propre, sans fioritures, avec juste ce qu'il faut d'effets littéraires pour relever la page, comme des brins de coriandre dans une sauce.
Je vous recommande donc la lecture de ces Petits désordres familiers et je serai ravi d'accueillir ici vos commentaires avant les miens, qui ne devraient pas tarder (mais actuellement j'ai quelques travaux qui brûlent). Si vous ne le trouvez pas encore en librairie, il est déjà disponible sur fnac.com.

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