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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Mais rien ne vous empêche d'aller faire un tour sur le site www.georges-flipo-auteur.com  

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Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

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Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
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Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)

Yspaddaden

Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

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      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 11:37

Je viens  de recevoir un commentaire portant sur un ancien billet, où je parlais avec indulgence du piston permettant de se faire publier, clic * Comme il était un peu long de commenter ce commentaire, je préfère répondre publiquement. Et disons même que je "modère" point par point. Le commentaire, envoyé par le visiteur "Spatio-temporel", ce sera en noir, et moi je vais faire ça en rouge. Ce fera prof. Ou ca fera correcteur chez l'éditeur. 

* Je crois que ce billet-là était un des moins intéressants dans la série "Arduité de la publication"(clic)Les autres seront probablement plus utiles. Enfin, à vous de voir.


acadre.jpg

 

"De la chance, dit Spatio-temporel, évidemment, y a de ça, mais je pense qu'il faut dépasser cette façon de voir les choses, pour comprendre comment ça marche. Même si c'est très compliqué."

Je n'ai jamais dit que la chance suffisait à comprendre comment ça marche. Mais elle joue son rôle, évidemment impondérable, dans le feu vert d'une lectrice ou d'un directeur littéraire. Il faut bien sûr dépasser cela.


J'ai écrit un roman, n'ai jamais été publié par un éditeur, mais cherche à l'être malgré le temps que je dois consacrer à mes études. De ce qu'on m'a dit, je retiens les choses suivantes :

Dans les on-dit, mieux vaut croire les blogs d'auteurs édités (je ne suis pas le seul, balladez-vous) que d'éternels recalés de l'édition.

 
-Se faire éditer, c'est très difficile ;

 Ce n'est pas facile. Mais ce qui est difficile, c'est de savoir offrir une écriture qui puisse intéresser, chez l'éditeur, un lecteur ou un directeur littéraire.

-La démarche à faire pour y arriver ressemble à celle d'une recherche d'emploi ;

 J'ai connu l'une et l'autre situation. Il y a des points communs : la patience, la ténacité, la confiance en soi ET la capacité de se remettre en question. Et peut-être même l'humilité de se demander si on ne se trompe pas de métier. La grande différence, c'est qu'il est plus facile de re-travailler un manucrit que de re-travailler sa personnalité et son expérience.


-La célébrité aide ;

Cela dépend de ce qu'on veut publier. Si l'on veut publier "Les coulisses du film porno", mieux vaut être la célèbre Lola Bim Bam Boum que Jules Martin, je vous le concède. Ce que je sais, c'est que j'ai publié 8 livres chez trois éditeurs, et que je reste totalement inconnu, sauf de ma boulangère et de mon boucher. Ah, et de ma libraire aussi, ma chère libraire. En fait, si j'écris, c'est pour devenir célèbre, mais c'est confidentiel.

-Il faut viser une maison d'édition qui correspond au type de texte que l'on veut faire éditer ;

Dans le principe oui. Mais un aspirant-auteur ne peut pas toujours bien profiler les maisons d'édition, sauf celles qui sont spécialisées.

-Quand on fait une demande, on a 2 % de chances d'être accepté ;

Votre optimisme vous tuera. Si c'était vrai, il suffirait d'écrire à 60 maisons pour avoir 70% de chances d'être édité. Ne refaites pas le calcul, il est bon. Cela voudrait dire aussi que Gallimard retient pour publication un candidat tous les deux ou trois jours ?

-Il faut fuir à tout prix les éditions à compte d'auteur qui sont une arnaque ;

Oui, à tout prix, et sans payer.

-Il vaut mieux focaliser ses efforts sur la bonne maison d'édition plutôt que de multiplier les demandes molles ;

J'ai du mal à comprendre : la bonne maison, c'est celle qui vous publie. De quels efforts parlez-vous ? Des efforts d'écriture, oui, d'accord. Des efforts pour une belle présentation du manuscrit, oui. Pour la lettre d'accompagnement itou. Mais ces efforts, il faut les faire pour tous vos envois.

- Il ne faut pas avoir peur de téléphoner à la maison d'édition, voire d'aller sur place pour y faire la promotion de son livre ;

  Il faut juste avoir peur du doberman. Vous voulez qu'ils le lâchent en criant "Vas-y, Brutus, va expliquer au monsieur trop collant ?

Vous croyez qu'ils ont un guicher "Ecoute des auteurs venus faire la promotion de leur livre" ?

-Il est utile de faire recommander son texte par quelqu'un, d'autant plus si la personne a ce qu'il faut pour se faire écouter ;

Utile mais pas nécessaire. Oui, cela peut aider, si l'avis du quelqu'un a de la valeur.

- Pour une première fois, il vaut mieux viser les petites maisons d'éditions que les grandes, car si on se fait éditer dans une grande, on sera "le roseau à côté du sycomore", l'édition favorisera la promotion des auteurs déjà reconnus plutôt que du nouveau que vous êtes, alors qu'une petite maison accordera plus de soin au peu de textes qu'elle publiera chaque année. Si le texte rencontre un mini succès avec une petite maison d'édition (collègues, ville, amis d'amis et au delà...), la maison sera probablement amenée à en faire un plus gros tirage, peut-être même qu'une grande maison d'édition jugera bon de se faire des sous dessus. Cette histoire est une problématique de compétition, avec l'idée d'une place à occuper ;

Je ne sais que vous dire. Moi, j'ai toujours visé les moyennes et je m'en suis bien porté. C'est ce que je recommanderais aux auteurs-candidats.


-Éviter toutefois les maisons d'éditions trop petites, ou celles qui ne sont pas sérieuses. Celles qui tiennent pas le coup sur le long terme (plus la motivation, pas les moyens de payer l'imprimeur...).

Certes. Mais ce n'est pas écrit à l'entrée.

-Être gagnant d'un concours littéraire, ou s'être vu attribuer un prix dans le domaine, est un atout à exploiter.

Ha, ha, ha ! Les concours pour amateurs, c'est très utile pour apprendre son métier. Mais la plupart des éditeurs ne savent même pas ce que c'est.

-Trainer dans le milieu littéraire aide beaucoup.

Vous traînez trop dans au moins un milieu littéraire, celui de Wrath.

Certaines choses dites ici sont évidentes, d'autres moins. J'espère avoir été utile dans ce fil de discussion :-) .

Soyez prudent dans vos affirmations. Les "choses dites ici", "évidentes" ou moins, ne sont pas forcément des vérités. 

 

Voilà, fini pour aujourd'hui. Et pour la semaine. Et peut-être même pour l'année. Vous ne croyez pas qu'avec tout ça, je mériterais les Palmes académiques ? Si l'un d'entre vous peut y faire quelque chose....

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 22:10

Le Monde publie un article intéressant sur les lettres de refus envoyées par les éditeurs aux candidats à la publication. Je vous recommande vivement la lecture de cet article, même si les éditeurs y semblent un peu plus courtois que dans la vraie et triste vie.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/04/14/les-lettres-de-refus-ou-l-art-de-dire-non_1507315_3260.html

 

Le jour où je cesserai d'écrire pour la publication, je présenterai sur ce blog, s'il existe encore, ma sélection de lettres de refus. C'est une belle collection.  Ce que je préfère, c'est le mal que se donnent les émetteurs pour exprimer trois idées contradictoires :

- Par pitié, ne revenez plus. Allez envahir les autres.

- Nous vous trouvons bien sympathique et même talentueux (on ne sait jamais, le candidat pourrait se faire publier, devenir célèbre, gagner le Goncourt et brandir cette lettre devant les caméras)

- Nous aussi, nous sommes des gens très bien (ce candidat est peut-être un gros lecteur de certains de nos auteurs).

 

Et vous, avez-vous de belles histoires de non merci, de nobles lettres de refus à proposer ? Ne vous gênez pas, les commentaires sont là pour ça.

 

Titus-et-Berenice.jpg

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 15:18

Aujourd'hui, je publie un billet à hauts risques. Et après, on reprochera aux écrivains de ne pas s'engager.

 

Je publie, en gros caractères bien flashy un commentaire récemment paru sur ce blog.

 

 

Bonjour,

 

Directrice de collection régionale PACA pour les éditions Kirographaire, je suis à la recherche de nouveaux auteurs à lancer. Nous publions tout type de fictions ainsi que des témoignages. Si vous souhaitez nous proposer un de vos romans ou si vous comptez parmi vos connaissances et votre entourage d'autres auteurs désireux de se faire publier, n'hésitez pas à me contacter.

 

Catherine Le-Huu

 

http://www.edkiro.fr/

 

 

Généralement, quand on lit une annonce de ce type, il convient de renifler : on perçoit vite une petiteiiimage-le-vertige-des-auteur.jpg

fragrance d'éditeur à compte d'auteur. On devine déjà le remake du Vertige des auteurs, avec son cortège d'espoirs étranglés et de gémissements littéraires et d'arnaque à trois zéros.

 

Eh bien non, Catherine Le-Huu m'a écrit pour me confirmer qu'elle était un vrai éditeur à compte d'éditeur.

 

Si vous avez un manuscrit qui hiberne dans votre PC, c'est peut-être le moment de le sortir de sa couette, de le dépoussiérer et de l'envoyer aux Editions Kirographaire.

 

Je prends énormément de risques en suggérant cet envoi, mais je ne suis pas le seul.

 

Je prends le risque de voir revenir vers moi, furibards, les futurs recalés, les futurs déçus qui ne trouveront pas leur chef-d'oeuvre sur la table "Nouveautés" de la Fnac, qui n'auront pas droit au plus petit entrefilet dans Lire, qui passeront des journées à ne rien dédicacer au salon du livre d'Hénin-Liétard. Je précise donc d'emblée que je ne touche aucun pourcentage sur les milliers de vente que provoquera la publication de ce billet. Je ne connais pas Madame Catherine Le-Huu, je n'ai jamais entendu parler des éditions Kirographaire - il y a plein de petits éditeurs régionaux très honorables dont je n'ai jamais entendu parler.

 

Madame Le Huu prend le risque de voir déferler chez elle des sacs de manuscrits dont elle devra lire au moins la première page avant de répondre, les larmes aux yeux, que malgré les  évidentes qualités de ce manuscrit, le comité éditorial a finalement décidé, à l'issue d'un vote serré, de ne pas.... Elle sera harcelée au téléphone par certains auteurs hargneux qui menaceront de se suicider ou, pire encore, d'aller porter leur manuscrit chez Grasset. Elle pleurera chaque soir en me maudissant. Elle l'aura voulu.

 

Vous prenez le risque de vivre le chemin de croix de l'auteur presque publiable (tout auteur qui envoie un manuscrit est presque publiable, ne me dites pas le contraire). Je ne vais pas décrire ici ce chemin de croix, j'ai déjà écrit un roman sur le sujet. C'est douloureux. Votre pire ennemi, dans cette épreuve, ce sera vous-même, avec votre ambition, votre surdité, et surtout "l'espoir, le sale espoir".

 

Et pourtant, si j'étais vous, je tenterais le coup. Ne vous obnubilez pas sur les grands éditeurs parisiens : de nombreux auteurs ont commencé en publiant leur premier livre chez un petit éditeur régional et s'en sont bien portés. On peut vendre 2.000 exemplaires, en ne bénéficiant que d'une diffusion régionale, que d'un soutien presse régional. La fois suivante, on devient un candidat plus crédible auprès des grandes maisons.

 

image-saint-jude.jpg

 

Je vous ai tout dit, à vous de jouer.image sainte rita

 

Avant d'expédier votre manuscrit, donnez-lui toutes ses chances : suivez les conseils de mise en page que je donne sur ce blog (rubriques Arduité de la publication), récrivez votre première page (je suis sûr que vous valez mieux que ça), peaufinez votre lettre d'accompagnement. Et allez porter un cierge à Saint Jude ou Sainte Rita (ce ne sont pas les patrons des aspirants écrivains, ce sont juste les saints à implorer pour les cas désespérés).

 

 

Il ne vous reste plus qu'à trouver une statue de Saint Jude ou Sainte Rita et à jouer des coudes pour passer déposer votre cierge parce qu'il y aura du monde. 

 


 

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 11:18

 sac-postal-.jpg


Est-ce l'approche du Salon du livre (de Paris) qui explique ce nouveau virus ? Je vois arriver de plus en plus de visiteurs avec des requêtes du genre : comment se faire éditer ? Ou Comment être publié ? (nuance, nuance...) Cela chez Gallimard, Grasset, Le Seuil, Flammarion, Actes Sud, etc. Presque toujours les mêmes maisons. Curieusement, on me pose rarement la question pour La Table Ronde, Anne Carrière, ou Le Castor Astral, qui sont pourtant bien plus accueillantes. Ce doit être par délicatesse, pour éviter de m'inquiéter, de donner l’impression de vouloir occuper ma chambre dans la maison.

 

J'ai déjà traité ces questions, c'est dans la rubrique "Arduité de la publication". Je ne vais donc pas y revenir, de crainte de lasser les plus fidèles de mes visiteurs (hé, ce ne serait pas le moment, 8 jours avant la sortie de mon roman policier).


En gros : oui, c'est possible, mais pas n'importe comment.


Ne croyez pas certains éternels recalés qui s'égosillent à affirmer le contraire : on peut très bien voir s'ouvrir les portes d'un bon éditeur, même si l'on ne connaît personne dans le milieu de l'édition. Même si l'on est un plouc inconnu des médias, habitant Bréville-les-Monts. Même si l'on arrive anonymement dans le sac postal. Je pourrais citer beaucoup d'auteurs qui, comme moi, ont connu ce bonheur.


Je ne dis pas que c'est facile, je dis que c'est possible. Il y a un petit % de manuscrits envoyés chaque année aux éditeurs qui deviennent de vrais livres, bien publiés,  parfois même bien distribués et mis en place chez les libraires. Certains sont même bien accueillis par les médias.


Il y a un autre % bien plus gros, énorme, monstrueux, c'est celui des manuscrits dont la lecture s'arrête au bas de la première page et se conclut par une lettre de refus. Et c'est déjà une performance, quand ils sont mal écrits ou inintéressants.  Cela, c'est encore plus possible.


Entre les deux, il y a un autre petit % de textes qui auraient pu être publiés. Mais ils ne sont pas arrivés le bon jour, ou pas chez la bonne lectrice. Ou pas chez le bon éditeur. Ils auraient peut-être même été retenus si l'auteur jouissait d'une petite notoriété. C'est comme ça.

Mais je le redis, expérience à l'appui, et pas seulement la mienne, on peut devenir auteur publié, même si l'on ne connaît que le facteur.

Il faut simplement soigner ce que l'on envoie. Surtout la première page du manuscrit. Et le début. Et le milieu. Et la fin. Et le pitch. Il faut aussi savoir à qui l'envoyer.

Il faut aussi avoir un peu de chance. Ou d'opiniâtreté. L'une ou l'autre, parfois l'une et l'autre. 

 Allez voir la rubrique, et repartez vite travailler sur votre manuscrit.

 

 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 21:02

 

 Je ne sais pas si la lettre d’accompagnement, jointe au manuscrit, est vraiment utile : jamais aucun éditeur ne m’a parlé de ma lettre d’accompagnement. Ce dont je suis sûr, c’est qu’elle peut être affreusement nuisible si elle est mal construite (là, j’en ai parfois eu des échos - mais il ne s’agissait pas des miennes, ouf !).


 

A qui l’envoyer ?

> Moi, je l’ai toujours envoyée au directeur littéraire (en indiquant son nom) dans les petites et moyennes maisons. Au patron quand il n’y avait pas de directeur littéraire. Les noms se trouvent dans l’annuaire du salon du livre.

> Dans les grandes maisons, je l’envoyais à un « éditeur » dénommé, quand j’en avais repéré un. Ce qui est assez difficile. Dans certains cas, il y en a un précis pour une spécialité précise (exemple : les polars), on peut alors souvent obtenir son nom sur les stands, au Salon. Dans d’autres cas, il faut essayer de se renseigner, en traînant sur internet, ou en interrogeant des auteurs de la maison. Le but du jeu est de savoir quels auteurs il pilote dans la maison, pour en déduire le genre de littérature qu’il aime. C’est difficile.

> Quand je n’en avais pas repéré, ou quand je n’étais pas sûr, j’envoyais au « comité de lecture » ou au « service manuscrit » : chaque maison a ses appellations. Contrairement aux légendes, les envois au « comité de lecture » sont lus... s’ils sont jugés présentables au comité de lecture.

 

Contenu de la lettre

Le moins de choses possible.

Ce que je suggère :

- bref  rappel de ce que vous êtes (s’il vous faut des paragraphes pour expliquer votre prodigieuse carrière, bottez en touche : joignez une fiche bio-bibliographique)

- rappel éventuel d’un lien (Exemple : « Vous m’aviez incité, lors d’un précédent envoi, à vous envoyer mon prochain manuscrit : le voici »).

- présentation très brève de l’ouvrage : genre littéraire et pitch compact. Ce pitch est capital. Il faut qu’il soit clairement mis en avant, avec de l’espace autour. Travaillez-le comme si ce devait être la plus belle page du roman.

- si une expérience vécue donne de la crédibilité à ce livre, mentionnez-la  (Exemple : « Ce roman a pour cadre un grand restaurant - monde que je connais bien : j’ai été pendant deux ans serveur au Grand Véfour ».

- si vous bénéficiez d’un appui significatif, mentionnez-le. Significatif, c’est quelqu’un de crédible, quelqu’un du milieu de l’édition ou de l’écriture. Si votre député-maire, votre bibliothécaire, et votre ancien prof de français ont beaucoup aimé, on s’en contrefiche.

 

Evitez tout commentaire, tout adjectif louangeux sur votre oeuvre, sur le ton, sur le style (pas de « Ce roman d’une grande cocasserie.. ».)

 

Le ton : évitez le trop administratif, évitez aussi le trop littéraire.

 

Quoi d’autre ?

Moi, je joins, dans une chemise transparente, une revue de presse de mon dernier livre, sur une page : quelques extraits de chaque bon article, avec le nom du magazine et du journaliste.

Et j’ajoute une fiche bio-bibliographique, sur une page : cela permet de présenter une lettre plus courte.

 

La compacité de la lettre est vitale : tout le temps que la lectrice perdra à la parcourir, c’est une ou deux pages de moins qui seront lues dans votre oeuvre. Peut-être les meilleures.

Comme visuel, j'ai choisi une Renault Clio Campus, car je vais peut-être en acheter une. Remarquez, demain, je vais aussi acheter du Destop pour déboucher l'évier et des croquettes pour le chat.

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 18:53

Quoi de nouveau,
à part nouveau genre, nouveau livre, nouvel éditeur ?

 

Je vous aurais bien parlé de Lauzerte, de cette formidable rencontre entre le gratin des nouvellistes (si, si) et le gratin des lecteurs, de l’accueil chaleureux sous un soleil de plomb, d’une soirée où, m’a-t-on dit (mes souvenirs sont confus, je ne sais pourquoi), je me suis illustré dans une langoureuse démonstration de tango en compagnie d’une pulpeuse créature qui s’abandonnait dans mes bras vigoureux et tentait quelques firuletes le long de mes tibias,. Tous les nouvellistes français (et même quelques étrangers) pourront en témoigner : je danse « La Cumparsita » aussi bien que je la chante.  Aussi bien. C’est tout dire.

J’allais narrer ces péripéties mais tout a été brillamment dit par Françoise Guérin sur « Mot Compte Double ». Dit ici. Dit et bien dit : j’en témoigne, c’était exactement comme ça. C’est la historia oficial, et on n’en démordra pas, on s’est tous mis d’accord là-dessus. Alors, de quoi parler ?

 

D’autre chose : le « je » nouveau est arrivé.

 

Je vous annonce que mon nouveau livre sortira en fin janvier ou début février, dans un nouveau genre, chez un nouvel éditeur.

 

Mon nouveau livre : ce sera le sixième publié depuis l’été 2002, date à laquelle j’ai commencé à m’adonner à l’écriture. Mais je n’ai commencé à publier qu’en 2004.

Ce livre, j’ai commencé à l’écrire il y a exactement deux ans, à l’instigation d’une amie qui m’est chère. Sept mois plus tard, il était fini. Je l’ai laissé refroidir pendant un an, le remaniant périodiquement. Je suis notamment passé par une version où le héros parle à la première personne, puis par une autre au présent — ce qui n’est pas qu’un simple exercice de grammaire : c’est aussi le récit qui change, les regards portés, les incidentes. Puis je suis revenu à la troisième personne, au passé. Je l’ai remanié encore beaucoup en tenant compte des commentaires minutieux de trois lecteurs. Je l’ai peaufiné en me faisant aider, car quelques pages nécessitaient des compétences particulières en néphrologie, en procédure pénale, en prosodie. Et j’ai amplement modifié l’intrigue en dernière minute : il y a comme ça des idées qui aiment se faire désirer et qui naissent dans la douleur. Dans le travail aussi.

 

 

Nouveau genre : vous l’aurez deviné, c’est mon premier roman policier. Un vrai roman policier, pur sucre, pur sang, avec une enquête et des morts. Ce n’est pas spécifiquement un roman noir : il y a des morts, mais aussi quelques clins d’oeil. C’est plus un roman policier qu’un polar : même s’il y a beaucoup d’action, il y a aussi un regard porté sur le monde. Un regard de femme, puisque l’héroïne est une femme. Un homme comme moi qui fait parler une femme, est-ce crédible ? Je ne m’étais pas posé la question en commençant : après tout, la très féminine Fred Vargas fait parler et penser un commissaire bourru. Mais à la fin, j’ai eu des doutes : j’ai soumis le roman à quelques personnes du sexe d’en face. Réponse : oui, c’est comme ça qu’une femme (enfin, pas toutes) pense et parle de ses régimes, de ses amants, de ses fringues. Ouf ! J’ai dû être une femme dans une vie antérieure.
C’est aussi un roman policier littéraire. Pas seulement parce que j’ai autant soigné l’écriture que s’il s’agissait d’un roman classique, mais parce que le sujet lui-même est littéraire.

Est-ce pour autant un vrai roman policier ? Oui, il a été validé par un libraire spécialiste du genre. Me voici donc dans la noire confrérie !

 

Nouvel éditeur : le registre de ce roman ne semblait pas correspondre aux choix éditoriaux de mes deux éditeurs actuels. J’en ai cherché un troisième. Je n’avais aucune référence en polars, les éditeurs que j’abordais m’étaient étrangers. J’ai donc demandé conseil à un libraire connaisseur en ce domaine : tenant compte des spécificités de ce polar, il m’en a conseillé quatre. Des beaux noms.

Je les ai abordés timidement, comme si j’étais un auteur débutant. Abordés, c’est un grand mot : j’ai déposé le manuscrit chez les quatre. Cela sans rendez-vous bien sûr : je suis passé déposer mon enveloppe kraft à la réception, anonyme, comme un coursier. Et je me suis enfui comme un voleur.

J’aurais pu les confier à la poste, comme je l’ai toujours fait, mais cette fois-ci, il n’y en avait que quatre, tous dans le même quartier : ça coûtait moins cher de passer en scooter.

Sur l’enveloppe kraft, il y avait le nom du directeur littéraire, quand j'avais pu le trouver. 

Dans l’enveloppe kraft, il y avait le manuscrit, relié par un serpentin, et une lettre d’accompagnement.

Dans le manuscrit, il y avait aussi une pochette transparente abritant une fiche bio-bibliographique, et deux fiches « extraits de revue de presse » de mes deux derniers romans. Un feuillet pour chacun, impression noire sur papier jaune, pour ceux que les détails intéressent. J’ai déposé ça un jeudi après-midi.

Le vendredi matin, la directrice littéraire d’un des quatre, et non le moindre, m’a appelé à dix heures. Elle avait commencé à lire, elle aimait bien. Elle m’a rappelé à 13 heures, elle avait continué à lire, et elle continuait à aimer. Elle m’a appelé une troisième fois à 17 heures, me proposant de la rencontrer la semaine suivante. J’avais trouvé mon nouvel éditeur.

 

J’ai donné ces détails techniques pour montrer que les coups de chance existent si on les aide un peu. Le monde de l’édition n’est pas forcément hostile, prévenez Wrath. Cela dit, ça ne se passe pas toujours aussi merveilleusement, je suis bien placé pour le savoir.

 

J’arrête là ce billet, il est déjà un peu long. J’en garde pour plus tard. You know what ? I'm happy.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 15:22

 

Dans le billet précédent, j’ai susurré une idée monstrueuse... ce qu’on appelle abusivement « le piston », sera simplement considéré par beaucoup d’éditeurs comme un meilleur dossier de candidat, porteur de meilleures espérances que la moyenne : manuscrit (puis livre) plus estimable quant à l’écriture, mieux reçu part les médias, ou plus aisément vendable chez Auchan et Carrefour (tout cela n’allant pas forcément ensemble).

 

Mais si, comme moi, vous n’avez aucun de ces atouts dans votre poche ? Aucune relation qui serve de relais à votre candidature ? Que vous reste-t-il à faire ?

 

Soit faire le tour des blogs littéraires pour vous y lamenter, pour dénoncer la pourriture du milieu. Ou même ouvrir votre blog pour tenter de démontrer à longueur de billets que le milieu de l’édition vous est hostile, qu’il est invivable et même insurvivable.

 

Ou, comme moi et comme beaucoup d’autres auteurs, envoyer votre manuscrit par la poste (ou le déposer chez eux, anonymement, comme un simple coursier, si vous voulez économiser les timbres). Les chances d’être publié chez UN éditeur sur lequel vous avez porté votre dévolu » sont infimes, mais ça arrive Elles deviennent plus importantes si vous allez jusqu’à une trentaine d’envois (pas forcément en même temps, on peut faire ça par vagues de cinq ou dix, en envoyant les refusés-retournés lors de la vague suivante). On en reparlera.

 

L’arrivée du sac postal plein de manuscrits chez l’éditeur rappelle, en plus sinistre, l’entrée des poulets dans une chaîne d’abattage. J’en ai été témoin chez Grasset, et la description que j’en donne dans « Le Vertige des auteurs » est malheureusement  authentique :

   Il se dirigea vers un guichet austère, mais ne put y accéder. Un gros homme, porteur d’un baluchon, l’avait bousculé. C’était un facteur, qui déversa son sac à même le sol maculé de taches grasses. Les envois de manuscrits du jour, à en juger le contenu. Sylvain regarda déferler avec pitié ces années de travail, ces moments d’espérance. Toute la misère de la littérature était là, impudente.

   Qu’avait-il de plus qu’eux ? Il le savait bien : une foi en son œuvre, l’originalité de son idée, le soutien de la presse. Est-ce que cela suffisait ? Il fut tenté de jeter son manuscrit dans la jonchée qui encombrait maintenant le passage, pour donner une chance au hasard. Pour la beauté du geste, pour raconter l’anecdote plus tard, dans ses interviews. Mais la réussite était capricieuse, et n’aimait peut-être pas qu’on se moque d’elle. Il s’approcha du guichet, piétina quelques manuscrits – c’étaient peut-être ses concurrents les plus dangereux, ceux avec lesquels il serait en balance, en finale, et remit son œuvre.

 

Comment faire partie des élus ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est comment éviter de faire partie des damnés.

 

Ce que je sais aussi, c’est qu’on PEUT se faire publier sans autre piston que ses bonnes relations avec le facteur : je travaille désormais avec trois éditeurs de bonne réputation (Anne Carrière, Le Castor Astral, et, depuis peu, La Table Ronde)  et je suis entré chez chacun avec un manuscrit anonyme

 

Je peux donc donner, sinon des prescriptions, un point de vue basé sur mon humble expérience (Humble ? Ha, ha, ha, lui, humble ? Ça va, ça va.)

 

Si la lettre d’accompagnement (on en reparlera) ne vous a pas tout de suite plombé, comment espérer que votre manuscrit soit ouvert, et peut-être même lu, voire lu jusqu’au bout ? En soignant la forme, puis la forme. La forme physique, puis la forme littérale.  Aujourd’hui, je parle de la forme physique, c’est déjà très long.

 

 

 La forme PHYSIQUE du manuscrit.

 

Evitez tout ce qui peut donner une perception d’auteur extérieur au milieu. La proportion de manuscrits « mal habillés » pour entrer chez l’éditeur est impressionnante. A la louche, je dirais un tiers ou la moitié, pour ce que j’ai pu voir chez les uns et les autres.

 

Mise en page :

 

Ne découragez pas la lectrice, pas tout de suite.

Jamais d’impression recto-verso.

Ecrivez dans une typo lisible (le Times est laid, mais  c’est le plus professionnel, le plus courant). Attention au Garamond, très élégant, mais trop marqué Pléiade : à ce stade, ça peut faire rire. Méfiez-vous des typos sans patins, elles sont vite fatigantes pour l’oeil.

Ecrivez dans un corps lisible : selon les cas, je recours au corps 13, ou 13 1/2. On peut aller jusqu’au corps 14, on peut descendre au corps 12 si l’on pratique le double interligne, ce que je ne recommande pas.

Travaillez dans un espacement minimum de 1,5. De l’air, de l’air !

Ne remplissez pas trop votre page, ça fait amateur. De belles marges, plus amples que dans une simple lettre, sont indispensables. N’hésitez pas à donner plus de marge à droite qu’à gauche : certaines lectrices aiment annoter le manuscrit. En tout cas, ça fait déjà manuscrit annotable, donc plus sérieux.

Le remplissage type de la profession, c’est 1.500 signes (espaces et blancs inclus)  par page. Je considère ce chiffre comme une moyenne ; tenant compte des dialogues qui prennent moins de place (ils ne vont pas toujours jusqu’au bout de la ligne), je travaille en 1.800 signes maximum, avec des pages variant entre 1.300 et 1.800 signes, pour une moyenne de 1.500.

Il m’arrive de recourir à de légères variantes, en tenant compte des chapitres : je n’aime pas qu’ils se terminent par une page de deux lignes.

 

Exemples : deux mises en page qui me sont coutumières.

Je commence toujours par un rentré de 3 mm au début de chaque paragraphe. Ça fait moins moderne, mais c’est plus lisible

La première : Times New Roman corps 13, marges en hauteur 3,5 (haut et bas), marges latérales 2,8 (gauche) et 5,4 (droite). Interligne 1,5. Soit 27 lignes maximum par page.

La seconde : Times New Roman corps 13,5 , marges en hauteur 3,3 (haut et bas), marges latérales 2,5 (gauche) et 4,7 (droite). Interligne 1,5. Soit 27 lignes maximum par page.

Dans tous les cas : indication très claire de la pagination en bas à droite.

 

En quatrième de couverture, ne tentez pas de vraie quatrième de couverture. En tout cas,  à ce stade, évitez toute louange sur le texte proposé (surtout pas de « style percutant », « d’histoire haletante », de « personnages inoubliables » ou « d’auteur talentueux »). Cela paraît évident, mais on voit fréquemment de telles vanités.  L’impression produite est désastreuse. Tenez-vous-en à un vrai pitch, en corps 18 ou 20,  en 500 - 700 signes, c’est très bien. Le pitch, c’est un résumé drastique du livre, qui en donne le sujet et le ressort (ce qui rend la lecture intéressante).

 

Couverture : mon expérience est à prendre avec des pincettes. Ce que je fais n’est pas recommandé, et normalement pas apprécié.

Une vraie couverture de tapuscrit, c’est, sur fond de page vide, le titre en gros (genre corps 48 ), et, en plus petit, en dessous : le genre (roman, roman policier, nouvelles, récits, essai, etc.), et le nom de l’auteur.

En bas de la couverture, vous donnez vos coordonnées : adresse, téléphone, mail. (vous les remettrez en page de garde).

 

Et là, je ne respecte pas la règle : j’ai, chaque fois, ajouté un visuel sur la couverture. Ce visuel n’a jamais été le visuel finalement retenu, mais il indique un peu « le climat » et le sujet du livre. Jusqu’ici, ça m’a porté chance, donc je continue. Sur mon premier roman (« Le Vertige des auteurs »), c’est ce qui a permis au manuscrit d’émerger dans les arrivages du jour : l’éditeur m’en a reparlé quand il m’a appelé.

Pour mon tout dernier manuscrit, j’avais fait mieux (ou pire, je ne sais) : j’avais, sous le visuel, donné le pitch en très gros caractères. En tout cas, ça a marché.

Je le redis, ce que j’ai fait n’est pas conseillé.

 

Reliure : pas d’agrafage, évidemment. Et évitez les dos carrés/collés. Ils ne permettent pas de lire aisément le manuscrit à plat.  Alors, que choisir ? Il y a deux solutions :

- la solution « feuille à feuille ». Les pages restent libres, elles sont contenues dans un classeur sur lequel vous porterez une grosse étiquette ou carrément une feuille 21 x 29,7 collée, très bien collée, j’insiste (si elle se perd, c’est votre tapuscrit qui se perdra).

- la solution « reliure serpentin ». Elle permet de lire le tapuscrit plus aisément, notamment dans les transports en commun.

J’ai utilisé les deux solutions. Je préfère la seconde, expérience faite : un éditeur qui avait reçu le roman en feuille à feuille avait perdu une centaine de pages sans s’en apercevoir (si, si, c’est vrai !). Il m’a dit qu’il était gêné par « les ellipses très brutales du récit ». Anecdote dont je garantis l’authenticité.

 

Voilà, c’est tout pour la forme physique. Le très prochain billet sera consacré à la forme « littéraire ». Adjectif impropre, mais je n’en ai pas trouvé d’autre. En lisant le billet, vous comprendrez ce que je veux dire.

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 14:49

Beaucoup d’auteurs qui ne parviennent pas à se faire éditer se consolent en mâchonnant le vieux leitmotiv : en édition, hors du piston, point de salut ! Pour être publié, il FAUT (cf billet récent) :
- venir d’un sérail : Normale Sup, Sciences Po, journalisme, show-biz, people, famille en vue, ou bien sûr avoir un parent travaillant dans l’édition.
- connaître une relation bien placée dans les milieux de l’édition, de l’écriture ou de la critique, qui poussera votre manuscrit auprès des éditeurs
- avoir un physique avenant et ne pas hésiter à plier ce physique aux caprices libidineux des directeurs de collection
- écrire des histoires très intimes, très scandaleuses, ou honteusement défalquées de romans à succès - habiter Saint-Germain-des-Prés
- fréquenter les fêtes, cocktails et pince-fesse de l’édition

Tout n’est pas faux dans cette idée fixe. Ce qui est faux, c’est qu’elle soit toujours vraie. Mais il me paraît normal que les candidats à l’édition ayant dans leur cartable un ou plusieurs de ces atouts passe devant (cela n’empêche pas qu’on puisse passer derrière).

- Il est normal que les anciens élèves de Normale Sup soient, a priori, considérés comme des meilleurs candidats que la moyenne : ils sortent d’une école où l’on a plongé dans la littérature pendant 2, 3 ou 4 ans de khâgne, avant d’affronter un concours où la qualité d’expression compte pour beaucoup. Si je dois faire soigner mon chat, c’est pareil, je serai plus rassuré par un type diplômé de l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort.

- Il est normal qu’un éditeur soit, a priori intéressé par un manuscrit signé par un type du show-biz. Cela ne voudra pas dire qu’il sera bien écrit, mais qu’il sera bien vendu : l’auteur est connu, le lecteur achètera en espérant quelques confidences de salle de bains. Et l’auteur fera plus aisément le tour des télés pour en parler.

- Il est normal qu’un candidat bénéficiant d’un appui dans les milieux de l’édition soit, a priori, considéré comme plus intéressant qu’un autre lambda : cela signifie qu’il a pu montrer son manuscrit à une personne compétente, qui l’aura lu, qui aura suggéré des modifications, qui aura jugé le texte présentable (les « gens bien placés » seraient très vite mal placés, s’ils se mettaient à recommander n’importe quoi.)

- Il est normal qu’un physique avenant soit préféré à une sale gueule patibulaire : mettez deux inconnus, l’un avenant et l’autre patibulaire, l’un à côté de l’autre dans un salon du livre. A votre avis, lequel dédicacera le plus ? Lequel sera le plus facilement invité par la télévision locale ? C’est triste, mais c’est comme ça. Quand j’arrive à la Journée Sciences Po du livre, en compagnie de Florian Zeller, je sais que les cris d’extase des groupies seront pour lui, pas pour moi. Si vous êtes celle qui a poussé les cris d’extase pour moi, faites-vous connaître, que je vous embrasse.

- Il est hélas normal que les histoires très intimes, très scandaleuses, même défalquées de romans semblables précédemment parus, soient jugés intéressants, à condition qu’elles soient encore plus intimes, encore plus scandaleuses. La turpitude et le voyeurisme n’ont de limite que celles que se donnent les auteurs. On a les lecteurs qu’on peut, on les attrape par où l’on peut.
On peut préférer les lecteurs férus de littérature (c’est mon cas), mais ils sont plus exigeants.

- Il est normal qu’on veuille habiter Saint-Germain-des-Prés si l’on souhaite publier : on y rencontre plus facilement des écrivains connus. On peut même y nouer des amitiés. J’ai longtemps habité ce quartier. Je dînais fréquemment en face de Pierre-Jean Rémy, aux Ambassadeurs. Je faisais mes courses le dimanche matin en même temps que Romain Gary à l’ancien petit marché du haut de la rue du Bac (il achetait plutôt des carottes et des champignons, et moi des légumes verts). Il m’aurait été aisé d’entamer une conversation. Mais à l’époque, je ne fréquentais que les publicitaires. Tttt, que d’années perdues !

- Il est judicieux de perdre son temps dans les fêtes et cocktails littéraires : on y rencontre des tas de gens très intéressants si l’on ambitionne de faire partie du paysage littéraire. Des candidats-auteurs avec qui vous pourrez échanger vos projets, des auteurs qui pourront vous conseiller, des journalistes qui pourront vous donner des points de vue sur vos manuscrits. Vous y entendrez des échos passionnants sur les nouveaux directeurs littéraires, sur les changements de cap des éditeurs. Je ne fréquente pas ces pince-fesses, mais, à un niveau très inférieur, je suis souvent allé aux remises des prix , à l’époque des concours de nouvelles. C’était parfois obligatoire si l’on voulait repartir avec le chèque bien mérité. Le buffet était souvent maigre, l’assistance aussi. Mais j’y ai noué des connaissances, des amitiés entre auteurs, qui me sont chères. Nous continuons à correspondre, et même parfois à nous entraider.

Imaginez maintenant un candidat-auteur qui réunisse tous ces atouts. Avec le mal qu’il se donne pour cela, il est normal qu’on lui donne la priorité. L’important, c’est qu’il ne prenne pas toute la place, c’est qu’il en laisse aux ploucs comme moi qui arrivent derrière avec un carnet d’adresses ou un livret de famille aussi décourageant que leur physique.

Or il y en a. Oui, il y a des places à prendre quand on arrive chez l’éditeur (chez presque tous), inconnu, présenté par la poste, caché dans une grande enveloppe kraft. Il y a une place à prendre, encore faut-il savoir l’occuper. On en parlera dans quelques prochaines rubriques.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 08:44
Je prépare la série de billets sur le thème "Comment essayer de se faire éditer en passant par la poste". Peut-être vous sera-t-elle utile ; au pire, cela vous fera un beau sujet de conversation dans les dîners de copains.

Pour vous faire patienter, juste pour vous mettre en bouche, je cite un passage d'un roman, paru il y a un peu plus de deux ans, qui éveillera peut-être chez certains une étrange résonance : il narre les déboires d'un candidat à l'édition. A lire comme ça, il paraît un peu méchant, mais je vous rassure : c'est une histoire tout en tendresse. Elle finit d'ailleurs presque bien. Voici le passage :


 
                                                                        
( .....) Les trois auteurs passèrent l’après-midi à échanger leurs récits de visite chez les éditeurs. Ils le
savaient, ils étaient comme des gueux, tournant en psalmodiant autour d’une citadelle aux mille portes. Parfois, une porte s’ouvre, une main happe un gueux, il entre. Et les laissés-pour-compte voient bientôt le gueux triomphant en haut des murailles, l’entendent crier « Gardez courage », et tous continuent leur ronde implorante. Les plus heureux, ceux qui ont connu l’élu, qui l’ont vu entrer, en parlent longtemps autour d’eux, s’attribuent un peu de sa réussite, et tous gardent espoir. Un jour, la porte s’ouvrira pour eux.


Il n’y avait jamais de porte pour Raymond. Il avait, lui aussi, étalé son dossier de lettres de refus, et en comparait le contenu avec celui de Blandine : mêmes regrets, mêmes vagues encouragements, mêmes conseils, mêmes souhaits de le voir disparaître.

Ils évoquaient leurs souvenirs, comme d’anciens étudiants parlent de leur vieille faculté. Le minuscule escalier et les portes bleues de L’Olivier. L’odeur de soupe et de moisi, à l’entrée des Éditions de Minuit. Tous ces échecs avaient soudain leur charme.

Les heures passaient, l’euphorie les gagnait. Entre miséreux, le monde devenait plus beau. Ils exhibaient en riant les lettres les plus vexatoires. Ils se montraient leurs plaies, comme des lépreux hilares. Grasset n’avait pas aimé le recueil de Blandine : " ils se concentraient exclusivement sur les textes qui les enthousiasmaient par leur force, leur originalité, leur style. En toute franchise, ils n’avaient pas ressenti cet élan dans le cas présent". L’Arpenteur expliquait à Raymond que " son texte n’entrait pas du tout dans la catégorie des textes qu’on désirait publier" . Refuser les auteurs ne suffisait pas, il fallait les blesser pour éviter toute nouvelle tentative d’intrusion, peut-être même d’écriture. (................)

Dans les prochains billets, nous parlerons donc des façons d'entrer dans la citadelle ou de s'en faire éjevter. Il arrivera aussi que je parle d'autre chose, pour ne pas vous lasser. Ni me lasser. A bientôt !

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 15:09

Comment optimiser ses chances de trouver son éditeur

en envoyant son manuscrit par la poste

 

 

Préalable : je vais publier sur ce sujet quelques billets au fil des jours, car je suis scandalisé de voir la même antienne ressassée à longueur de semaines sur certains autres blogs. Le message principal de ladite antienne n’est pas toujours faux, mais il est encore moins toujours vrai. Le répéter comme une vérité absolue, c’est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle. Ou de sottise. Que l’on soit sot ou malhonnête, cela ne me dérange pas tant qu’on ne se pose pas en conseiller ou coach des auteurs aspirants à l’édition. Mais lorsqu’on risque ainsi de briser des vocations d’auteur, cela devient scandaleux.

 

Je ne prétends pas me poser en modèle de carrière des futurs édités, ni en conseiller de personne dans l’aventure éditoriale. Je viens simplement apporter une expérience d’auteur qui a toujours trouvé des éditeurs, des vrais éditeurs, référencés à la Fnac, et dont les livres, y compris les mien, trouvent échos dans les grands médias. Ces éditeurs, je les ai toujours trouvés par la poste, ou en déposant anonymement mes manuscrits chez eux, comme un simple coursier.


 

Certains de ces prochains billets vont recouper d’anciens billets publiés sur ce blog, il y a un an ou plus. Désolé pour ces répétitions. Après tout, il y a bien des blogs qui répètent le même message chaque semaine, alors, hein...

 

La litanie contre laquelle je m’inscris en faux est déballée ci-dessous. Elle s’appuie sur deux idées fixes. Et fausses.

 

Idée fixe et fausse  N° 1. Si vous voulez être publié, il faut pouvoir compter sur un ou plusieurs des atouts suivants :

 

- venir d’un sérail : Normale Sup, Sciences Po, journalisme, show-biz, people, famille en vue, ou bien sûr avoir un parent travaillant dans l’édition.

- connaître une relation bien placée dans les milieux de l’édition, de l’écriture ou de la critique, qui poussera votre manuscrit auprès des éditeurs

- avoir un physique avenant et ne pas hésiter à plier ce physique aux caprices libidineux des directeurs de collection

- écrire des histoires très intimes, très scandaleuses, ou honteusement défalquées de romans à succès 

- habiter Saint-Germain-des-Prés

- fréquenter les fêtes, cocktails et pince-fesse de l’édition

 

Idée fixe et fausse N° 2. Si vous n’entrez pas dans la grille ci-dessus :

 

-  le manuscrit que vous enverrez ne sera pas ouvert

- s’il est ouvert, il ne sera pas lu

- s’il est lu, il ne passera pas en comité et sera aussitôt refusé avec une lettre standard

- s’il passe en comité de lecture, il ne sera pas publié

- s’il est publié, il n’aura droit à aucun écho dans les médias : il est condamné à mort.

 

Soyons clairs : il n’est pas interdit de disposer des atouts mentionnés en idée fixe N° 1. Et si on veut être édité, il est parfois bon de les faire jouer (à part le physique avenant etc.). Beaucoup d’auteurs - y compris des excellents - sont entrés dans l’édition par cette voie.

 
Mais on peut aussi être édité, bien édité, si...

- si l’on ne connaît personne d’autre que le guichetier du bureau de poste,

- si l’on habite la banlieue parisienne ou un hameau perdu au fond de sa province,

- si l’on est professeur des écoles, chômeur ou cartographe, totalement inconnu.

- si l’on est trop timide pour faire des connaissances ne serait-ce qu’au bal des pompiers,

- et si l’on écrit un roman qui ne ressemble à rien, dans un style qui ne ressemble à celui de personne. C’est même préférable.

 

Dans les prochains billets, j’aborderai, de façon cousue ou décousue, les points suivants :


- tous les atouts de l'idée fixe n° 1 ne sont pas forcément une injustice : ne gémissez pas, dépassez-les.
 

- envoyer son manuscrit, mais dans quel état ? Points de vue sur la présentation.

 

- envoyer son manuscrit, mais avec quelle garniture ? Les pièces jointes.

 

- envoyer son manuscrit, mais à qui ? À quel éditeur ? À qui chez l’éditeur ?

 

- envoyer son manuscrit, mais avec quelle stratégie ? Actions préalables ou postérieures.

 

- envoyer son manuscrit, mais avec quelles chances de succès ?

 

- envoyer son manuscrit, mais avec quelle approche quantitative ? Nombre d’exemplaires distribués ? Quel budget ?

 

- autres questions ? Vous en aurez peut-être. Je vous laisse les poser.

 

Remarque conclusive : je ne suis pas gourou. Je ne suis pas même expert. Je ne suis qu’auteur et  témoin apportant une expérience personnelle qui donne des résultats qui me conviennent (6 livres  publiés en 7 ans, chez 4 éditeurs différents, avec de bons échos dans les médias). Je ne donnerai donc aucun conseil particulier "de personne à personne" : je ne veux pas et ne peux pas en donner. Je répondrai aux questions si elles semblent d’intérêt général. C’est déjà beaucoup,non ? Hé, il faut aussi que j'écrive !


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