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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Actualité brûlante

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Mais rien ne vous empêche d'aller faire un tour sur le site www.georges-flipo-auteur.com  

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Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

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Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
Actu du noir (Jean-Marc Laherrère)
Actualitte.com, Nicolas
Alex (Mot à mots)
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Annick Dor
Antigone (Les écrits d’Antigone)
Armande 22,  Les livres-bonheur
Aude (Mots dits)
Balmeyer
Biblioblog (Laurence)
BibliObs
Bibliophagie (Sybilline)
Bibliosurf
Biffures chroniques
Blog de Thomas Clément
Bloghotel
Blog-o-book
Boojum
Bookingdom
Bric à book, Leiloona
Brigit Hache
BSC News
C’était demain, Dominique Boudou
Cabinet de curiosités d’Eric Poindron
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Calipso,
Calibre 47 (Claude Mesplède)
Calou, L’Ivre de lectures
Carnet de lectures
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Caro[line] 5ème de couverture, 
Catherine (La culture se partage)
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Chaperlipopette
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Forum Tir Na N’Og et Cie
Frédérique Martin
Gaëlle Pingault
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Géraldine (Les coups de cœur)
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Journal  d’une lectrice (Papillon)
Kalistina
Kathel, Lettres exprès
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La Mère Castor
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La pile à lire d'Hécléa
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La Revue Littéraire (Blog Leo Scheer)
La scribouillarde
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Lechoixdesbibliothécaires
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Les penchants du roseau
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Scriptural (Schlabaya)
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Turquoise (Un moment Turquoise)
Valérie (Un fil à la page)
Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)

Yspaddaden

Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 10:41

Il est un peu tard pour présenter mes voeux. Je vais présenter mes excuses, ce sera presque aussi bien.


Je n'écris plus depuis quelques mois. Pas de blog, pas de livre en cours, pas même quelque petite nouvelle en projet.


Je ne suis fâché avec personne. Ni avec mes visiteurs qui s'obstinent à venir aux nouvelles sur ce blog, ni avec mes lecteurs, ni avec mes collègues écrivains, ni avec les médias, ni avec ce métier.

 

Il est simplement arrivé que j'ai connu des ennuis de santé qui, encore maintenant, gèlent chez moi toute disposition à l'écriture. Cela s'arrangera peut-être. Peut-être même bientôt.

 

En attendant, je suis comme un scooter en hiver, endormi sous la neige. Qui, en le voyant, l'imaginerait , le printemps venu,repartir pétaradant et slalomant sur le périphérique ? Rendez-vous à une prochaine saison. Ou à une autre.


sccoter-sous-neige.jpg

Et, pour rester un peu dans l'actualité littéraire, je signale une très belle chronique de Fattorius. Clic.

 Il est agréable d'être si bien lu. Cela donnerait presque envie d'écrire.


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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 10:55

image-automne.jpg

 

C'est l'automne. Moi aussi.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 21:04

 

 

Pour complaire à Louis, notre visiteur qui s'étonne que, dans mon blog d'auteur, je parle tant de mon activité d'auteur, je vais traiter aujourd'hui un sujet bien différent, en remerciant Wikipedia qui a directement inspiré ces lignes, je vais parler des Monts d'Arrée.

Je m'apprêtais à certifier que les Monts d'Arrée n'ont rien, absolument rien, à voir avec mon activité d'auteur, mais tout a changé il y a une heure, et je dois faire un aveu : en lisant la chronique qui suit, j'ai décidé que, dans mon prochain roman (une nouvelle enquête de "la commissaire") j'enverrai l'un des personnages dans les Monts d'Arrée. Que Louis me pardonne cette egomania ! 

Monts-d-Arree.jpg

Les monts d'Arrée (Menez Are en breton) sont un massif montagneux ancien de la Bretagne occidentale faisant partie du massif armoricain. Composés de roches sédimentaires et métamorphiques datant du Paléozoïque, ils marquaient la limite des évêchés de Cornouaille et de Léon. Leur paysage est très proche de ceux de l'Irlande et du Pays de Galles, avec ses rocs qui émergent de la végétation constituée principalement de landes, qui est typique de l'Argoat.

Les monts d'Arrée sont situés dans le département du Finistère, principalement sur les communes de BerrienBotmeurBrennilisCommanaHuelgoat,La FeuilléeLe Cloître-Saint-ThégonnecLoqueffretPlounéour-MénezSaint-Rivoal et Sizun. C'est le cœur même de la « Bretagne bretonnante » ou Basse-Bretagne (Breizh-Izel en breton) avec ses traditions, ses légendes, son écosystème préservé. Les monts d'Arrée font partie du parc naturel régional d'Armorique créé en 1969. La communauté de communes des Monts d'Arrée regroupe quant à elle les communes de Berrien et Huelgoat, ainsi que BolazecLocmaria-Berrien et Scrignac.

 

Alors, heureux ? Demain, un billet sur la chicorée.

 


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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 15:13

 

Un visiteur nommé Louis, bonjour Louis, est venu sur ce blog d’auteur, pour se plaindre de ce que l’auteur, au moment de la parution d’un nouveau livre, ose en parler, de ce que l’auteur, présent à une manifestation littéraire à Paris, ose y inviter ses lecteurs. Le Louis, plein de compassion, me demande « si je n’en ai pas marre, de parler toujours de moi ».Il a raison, Louis, je vais tenir compte de son admonestation. Aujourd’hui, je vais parler de l’ornithorynque. Demain, je parlerai des Monts d’Arrée. Après-demain, je parlerai de la chicorée. Si Louis a d’autres idées de chroniques, elles sont les bienvenues, à condition qu’elles intéressent, elles aussi, les 150 à 300 visiteurs qui viennent ici quotidiennement.

 

Aujourd’hui, étalons notre savoir sur le sujet de l’ornithorynque, en remerciant Wikipedia pour la qualité de ses enseignements.

L'ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus) est une espèce de petits mammifères  semi-aquatiques endémique de l'est de l'Australie, y compris laTasmanie. C'est l'une des cinq espèces de l'ordre des monotrèmes, seul ordre de mammifères qui ponde des œufs au lieu de donner naissance à des petits complètement formés (les quatre autres espèces sont des échidnés). C'est la seule espèce survivante de la famille des Ornithorhynchidae et du genre Ornithorhynchus bien qu'un grand nombre de fragments d'espèces fossiles de cette famille et de ce genre aient été découverts.

 

Ornithorynque-1.jpg

L'apparence bizarre de ce mammifère pondant des œufs, muni d'aiguillons venimeux, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d'un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l'eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l'ont découvert ; bon nombre de naturalistes européens ont cru à une plaisanterie. C'est l'un des rares mammifères venimeux : le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable d'infliger de vives douleurs à un être humain. Les traits originaux de l'ornithorynque en font un sujet d'études important pour mieux comprendre l'évolution des espèces animales et en ont fait un des symboles de l'Australie : il a été utilisé comme mascotte pour de nombreux évènements nationaux et il figure au verso de la pièce de 20 cents australiens.

 

Ornithorynque-2.jpg

Jusqu'au début du xxe siècle, il a été chassé pour sa fourrure mais il est protégé à l'heure actuelle. Bien que les programmes de reproduction en captivité aient eu un succès très limité et qu'il soit sensible aux effets de la pollution, l'espèce n'est pas encore considérée comme en danger.

 

Alors, Louis, heureux ?

 

Ornithorynque-3.jpg

 

 

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:52

 

A   P a r is  ,  a u j o u r d ' h u i   ,  G e o r g e s   F l i p o    p a r l e

 

Aujourd'hui, ce samedi 24 novembre, de 13 h à 20 h, maison de Radio France, de 13 h à 20 h, pour la 2ème édition de "Radio France fête le livre", Georges Flipo parle. Non seulement il parle (uniquement de lui, faut-il le dire, de son dernier livre "Tous sensemble, mais sans plus", de ses sept précédents), mais il écrit (uniquement des dédicaces, très longues, et charmantes - si vous ne me croyez pas, essayez, mais il faudra d'abord l'acheter, ce livre), et même, et même, il écoute, il vous écoute, il vous entend (uniquement des compliments, sur lui, sur ses livres, ou des remerciements pour ces belles dédicaces).

 

Venez nombreux et admiratifs, ne manquez pas cette occasion de rencontrer l'auteur tel qu'en lui-même enfin l'écriture le change : im-bu-va-ble.

Entre deux cents confrères écrivains, les meilleurs de Paris, bien sûr, tout aussi glorieux et vaniteux, tout aussi imbuvables. Des vrais écrivains.

 

De 13 h à 20 h, sous le chapiteau face à Radio France, 116 avenue du Président Kennedy, 16 ème, face  au Pont de Grenelle

 

paon.jpg

 

 


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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:59

 

panneau-travaux.jpg

 

 

Une visiteuse que j’aime bien s’étonne d’une certaine nonchalance dans la gestion de ce blog. Elle a raison. Je suis nonchalant parce que je travaille.

 

Je travaille actuellement sur mon prochain livre, une nouvelle enquête de la commissaire. Pendant plusieurs mois, cette année,  j’ai travaillé dessus sans rien écrire. Un accident de santé m’empêchait de me livrer à tout travail qui demandait de la concentration durable. Or il n’y a pas de travail qui demande autant de concentration de façon aussi durable que l’écriture d’un livre.

 

Quand on écrit en baguenaudant, on n’écrit rien de bon. Il faut une extrême concentration pour écrire correctement. Une concentration qui coupe tous les ponts avec l’entourage, qui fuit toute tentation, y compris celle de l’écriture en blog qui, elle, peut se mener au fil de la plume. En tout cas, moi c’est comme ça.

 

OeufCube-OK.jpgLe pire, c’est que cette concentration doit être opiniâtre, même si rien ne sort, même si ça fait mal. Un peu comme une poule qui essaierait de pondre un œuf cubique. Quand j’écris ainsi concentré, la première heure est souvent stérile. J’écris, je relis, j’efface, ou je classe dans un document parallèle (typo rouge et arial, pour éviter toute confusion) au cas où ça pourrait servir plus tard.

 

Et tout à coup, ça démarre. Il faut alors « se » suivre, en restant encore plus concentré .

 

Ainsi se passe une séance de travail, commençant à 5 heures du matin de préférence.

 

Pendant plusieurs mois, je ne pouvais physiquement pas me livrer à de telles séances. Alors, je me contentais de réfléchir à l’intrigue de la prochaine enquête.  Et Dieu sait si j’y ai réfléchi. Ou j’écrivais des billets de blog, en réfléchissant beaucoup moins.

 

L’écriture d’un livre, c’est comme une séance, à grande échelle.  

 

Je me suis mis à l’écriture de la prochaine affaire de la commissaire Viviane Lancier. J’ai commencé à l’écrire, très lentement car je ne pouvais rester longtemps concentré. Et depuis peu, ça va mieux, alors, ça y est, ça démarre. Je ne pense plus qu’à mon livre, je ne parle à presque personne, et bien sûr je me lève à 4 ou 5 heures. Mais le livre avance. Pas dans la joie, ce serait exagéré, mais dans la fièvre. Je n’écris plus rien d’autre pour ne pas me gaspiller : la pile des « En attente » s’épaissit dans un classeur, à gauche de mon PC, peu importe. Le livre avance, les meurtres  commencent,  joyeusement.

 

Et le reste attend. Cela pour vous dire que je vais donc vous décevoir quelques jours, quelques semaines encore, et je vous remercie pour votre compréhension.

 

A part ça, tout va bien : les échos médias commencent à arriver, les interviews radio s’enchaînent, et il y a eu de bons échos sur les blogs. J’en attends encore quelques-uns (Ohé ? Vous m’entendez ?). Tout cela sera mis à jour bientôt.

 

Et maintenant, j’y retourne.

 

 

 

Ah, j’allais oublier : je fais partie des 200 auteurs invités à la Fête du Livre de Radio France. Ce sera samedi, de 13 à 20 h, devant la maison de Radio France, à Paris.

 

Comment ?  Vous aviez prévu de courir ailleurs dans la cohue, pour faire vos achats de cadeaux pour Noël ? Eh bien, venez plutôt dans la cohue devant mon stand. Des livres dédicacés par l’auteur, cela fait des cadeaux de Noël très présentables.

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:24

 

Quelle réussite ! Moi qui, il n’y a pas si longtemps, ne me déplaçais qu’en métro et ne faisais ma toilette qu’avec du savon de Marseille, je suis désormais dans le même élément que la première Dame de France, ou dans celui de la First Lady (l’article joint hésite entre les deux appellations, l'important, c'est qu'il n'ait pas oublié les majuscules), en tout cas, donc, dans le même élément que Valérie Trierweiler.

 

Plus précisément, elle est dans le même élément que moi. Dans le même élément que celui des 400 écrivains invités à la Foire du Livre de Brive, d’où je reviens. C’est elle qui l’a dit, c’est même dans le titre du journal.

 

Brive--La-Montagne--avec-encadres.jpg

 

Avant d’avoir lu cette auto-intronisation, j’avais des doutes. Je la croyais très au-dessus de tout ça. Et nous, très en dessous.

 

Nous, les pauvres écrivains, nous nous contentons d’écrire de misérables livres : des trucs en noir et blanc, qui pèsent quelques centaines de milliers de signes, des histoires péniblement accouchées chaque nuit, chaque aurore, des oeuvres besogneuses qui puent la sueur.

 

Et quand, allant avec ma femme à la campagne, si je prends des photos d’elle, j’ai beau les légender sur mon album Picasa (« Lever de soleil, vu de notre chambre au gîte », « Devant Noiraude, la belle laitière de la fermière » ou « En buvant du petit lait, nous avons bu du petit lait, ha, ha ha ! »), elles n’intéressent personne. Aucun salon du livre ne m’a proposé de présenter ledit album. Aucun éditeur non plus.

 

Elle, elle n’est que grâce, elle a de belles émotions, de grands moments vécus à mettre en dessous de chacune des photos. C'est là son talent, c'est là toute son oeuvre.

 

Nous, les pauvres écrivains, quand nous sommes transportés à Brive en Trans Europe Express, nous sommes tout ébaubis. Nous prenons des photos comme un Bidochon prenant l’apéritif au salon du Grand Hôtel.  C’est notre jour de gloire. Nous nous faisons même apporter une deuxième bouteille de Graves, hi, hi,, c’est gratuit. Notre consœur est très au-dessus de tout ça. Elle est venue sans nous, discrète. Comment ? Par téléportage, je suppose.

Brive--TEE.jpg

 

Quand nous nous asseyons derrière notre stand, pas de rush de la télé, pas de foule de photographes (hé, il fallait qu’ils fassent vite, la personne n’allait pas y passer la journée, hein !). Pas de gardes du corps, nous n’avons que nos piles de livre derrière lesquels nous abriter. Et quand nous apprenons que nous aurons, qui un pavé dans La Montagne, qui une interview à Chérie F.M, nous rosissons bêtement de vanité.

 

Le soir, quand nous trouvons, dans notre chambre d’hôtel, un joli petit sac offert par Sothys (contenant un Elixir nourrissant pour le corps, et une crème de gommage ressourçante) nous sommes éperdus de gratitude et nous gardons précieusement les troublants onguents pour nos soins égoïstes (il  y a 50 ans que je rêve de me gommer le corps).

 

Brive--Sothys.jpg

 

Notre consœur est au-dessus de tout ça. Ou en dessous, ou à côté, je ne sais. En tout cas, elle n’a pas trouvé pas son petit sac en regagnant sa chambre d’hôtel, la nuit venue. Peut-être même qu’elle n’a pas trouvé d’hôtel (mais où a-t-elle dormi ? Qui, en Corrèze, la connaît suffisamment pour lui offrir l'hospitalité ?). Elle a donc dû affronter l’humiliation de réclamer chez Sothys son petit sac. Et même plusieurs, « des cosmétiques » paraît-il, elle ne pouvait pas deviner qu’on avait droit à juste un joli petit sac, la pauvre chère consoeur .

 

 Tout cela pour qui, pour quoi ? Pour offrir à son conjoint ? Non pas : pour offrir à des femmes et mères célibataires touchées par la précarité. Elle a raison, c’est important que ces personnes dans la misère puissent conserver l’estime de soi. Moi qui, avant d’aller au salon de Brive, n’avais jamais pu m’offrir un élixir nourrissant pour mon corps délaissé, je peux vous confirmer que mon estime de moi en a été toute regonflée.

 

Je suis rentré de Brive transfiguré. Certes, je ne suis toujours qu’un pauvre écrivain, me glorifiant de mes voyage en TEE et me réjouissant de me ressourcer après la douche, mais je sais que j’ai à mon côté, une consœur, presque une sœur, qui, s’abaissant avec simplicité à partager le même élément, m’a montré la voie vers des cimes plus nobles.  

 

Tiens, je vais commencer par faire don de mon élixir nourrissant. Ah caramba ! Voilà que ça commence mal, je ne sais où aller : cela se fera par des associations qu’elle n’a pas encore identifiées. Bon, pas grave, je vais faire porter ça à son attention, aux bons soins de l’Elysée.

 


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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 08:54

Anniversaires et cocktails littéraires sont-ils indispensables dans une carrière d’auteur ?

 

Il y a dix ans, j’allais à mon premier cocktail littéraire. Pour fêter cet anniversaire, je suis de nouveau allé à un cocktail littéraire. Les mal-aimés de l’écriture et leurs blogs pleurnichards ont raison : finalement, une carrière d’auteur, c’est une histoire de cocktails littéraires, du début à la fin, dans mon cas. Bon, la fin, c'est une façon de parler, je vais attendre un peu pour finir.

 

buffet-OK.jpg

 

Le premier cocktail littéraire, celui de 2002, dix ans plus tôt, c’était pour la remise des prix du concours Espace Icare d’Issy-les-Moulineaux, dont j’étais lauréat. J’en étais tout ébahi de bonheur : je venais de commencer à écrire des nouvelles, deux plus précisément, et on me servait le champagne pour fêter ça.

 

Ces deux nouvelles, je les avais écrites pour occuper mes vacances. Un poignet abimé par un accident de scooter m’interdisait la pratique du vélo, ce qui présageait des vacances épouvantables. Ma fille m’a encouragé à les remplacer par l’écriture de nouvelles : nous avions remarqué, à la bibliothèque municipale, l’affiche annonçant le concours Icare.  J’ai donc écrit deux nouvelles, postées le jour de clôture, et sans y penser plus, j’ai repris le travail et mon scooter. Deux mois plus tard, on m’a appelé pour me prier d’être présent à la remise des prix. C’est très impressionnant d’entendre son texte dit sur scène par un comédien. Encore plus impressionnant de le lire sur un presque vrai livre (une micro-édition reliée par un serpentin). J’étais très heureux d’avoir ainsi vécu une belle aventure littéraire, et je pensais m’en arrêter là.

 

Il a fallu que, pendant le cocktail, une dame très gentille, une des jurés, me prenne à part et me conseille de continuer à écrire. J’ai dit que oui oui bien sûr hein pourquoi pas, ne voulant pas la vexer, et j’ai pris un second champagne. Peut-être même un troisième, c’était si loin. Mais la dame est revenue à la charge « La dernière gagnante à qui j’ai dit ça a suivi mon conseil, elle est devenue Anna Gavalda ». Ai-je, du coup, repris un champagne ? Je ne sais plus, mais j’ai suivi son conseil.

 

Je suis alors devenu accro des concours. Que ne ferait-on pas pour s’imbiber gratuitement de champagne ! Je n’y ai plus jamais proposé la première nouvelle « Les oiseaux n’aiment pas le sel », puisqu’elle avait été primée, mais j’y ai souvent proposé la seconde « La croisée des chemins », qui me semblait bien meilleure : et la pauvre a été blackboulée partout. 

 

Un an et demi après ce concours, mon premier recueil, « La diablada » a été publié, chez Anne Carrière. « Les oiseaux n’aiment pas le sel » y figurait. Mais pas « La croisée des chemins » qui avait bien sûr été refusée par mon éditeur. Je continue à l’aimer, elle a même failli faire partie de « Tous ensemble, mais sans plus », mais c’est moi qui l’ai finalement retirée. Par superstition, je l'avoue.

 

Dix ans plus tard, ce jeudi 17, je suis allé à un autre cocktail, celui de la soirée anniversaire de « Paroles d’encre ». Un formidable club de lecteurs à Versailles, talentueusement animé par Alain et Martine Gottvallès. On deviendrait Versaillais rien que pour eux. Ils ont invité tout le gratin de l'écriture en France, tous les rpix littéraires y sont passés. J’y ai même été invité deux fois en solo, pour présenter mes livres, moi qui n'ai même pas les Palmes académiques ou le Prix Nobel. Cette fois-ci, j’étais invité à ce cocktail en ouverture de rideau, les deux invités majeurs étant Metin Arditi et Laurent Gaudé (tous deux fort intéressants). Le tout avec accompagnement musical de Gianni Gambardella (piano) et Marie Verhoeven (mezzo-soprano). J’ai lu quelques extraits de « Tous ensemble, mais sans plus » qui ont été bien accueillis. En clôture, après avoir dédicacé tous mes exemplaires (il n’en restait plus), je suis allé me goinfrer de canapés en les arrosant de champagne.  

 

Et là, une dame très gentille, m’a pris à part et m’a conseillé de continuer à écrire. Ce n’était pas la même qu’il y a dix ans, mais j’ai dit que oui oui bien sûr hein pourquoi pas. Et j’ai repris un champagne. On ne se refait pas.

 

 


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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:57

Interviews orales, en public, ou écrites : ce qu’on cache, ce qu’on dévoile. 

 interview-les-deux.jpg

 

Une nouvelle pratique se répand de plus en plus, et j’applaudis : celle des interviews par écrit. Elles permettent des réponses plus spontanées et plus profondes. Mais si, mais si !

 

Je l’ai encore constaté en accordant une interview à Liliba (clic, plus tard si vous voulez, mais ça vaudra le clic ) – accorder une interview, encore un cliché que je déteste. Le verbe vient tragiquement en tête des cooccurences associées à « interview », que ce soit en épithète « interview accordée » ou en complément d’objet direct « accorder une interview » (Source : mon Antidote de Druide), J’ai toujours considéré qu’une bonne interview se partage, je le dis sans démagogie, vous verrez plus loin.

 

Une interview partagée, c’est quand celui qui a apporté les questions repart serein avec les réponses. Et quand celui qui a apporté les réponses repart, parfois moins serein, avec les questions qui continuent à lui trotter dans la tête.

 

J’ai toujours une gêne, durant les interviews orales, en tête à tête. J'y viens heureux comme un homme politique, avec les réponses déjà prêtes, les réponses qu’il doit caser même si on ne lui pose pas les questions. J’arrive en me disant « Voilà ce que je dirai lorsqu’on me demandera quel était mon projet en écrivant ce livre, voilà ce que je pense de mes personnages, voilà pourquoi l’histoire est une merveille, voilà pourquoi il faut le lire ».

 

Tu parles ! Rien du tout, oui. Je me laisse embarquer par chaque question, en la traitant isolément,  en pensant qu’il sera toujours temps de caser ensuite mes morceaux de bravoure préfabriqués. En attendant, je réponds. Bêtement, car je fais l’intéressant, je veux que chaque réponse soit un peu piquante, peut-être même amusante, quitte à bricoler la vérité. Je veux que l’intervieweur soit heureux, pour qu’il soit gentil avec moi. Réponses superficielles, maladroites, parfois contradictoires. A la fin, quand l’intervieweur commence à regarder sa montre, je tente d’ajouter d’un ton enjoué « Ah, je n’ai peut-être pas bien répondu à vos questions précédentes, ce que je veux ajouter, c’est que mon projet, en écrivant ce livre, c’était… » Mais l’intervieweur n’est pas dupe, il m’interrompt en me rassurant, le temps imparti, bla bla bla, il a ce qu’il voulait. Et je repars comme un nigaud. Encore plus nigaud suis-je, dans les interviews enregistrées pour diffusion ultérieure, quand je découvre que mes meilleures réponses ont été coupées au montage. C'erst évidemment le cas le plus fréquent.

 

Je mets à part les discussions en salle, ou débats, face à un groupe, qui permettent plus de spontanéité. On se dit qu’on peut chauffer la salle, les questions viennent de personnes différentes, ce qui permet de réponses dans des registres différents. Et surtout, on a le temps. Notamment le temps de conclure : « Ah, je n’ai peut-être pas bien répondu à vos questions précédentes, ce que je veux ajouter… ». On me laisse ajouter, mais généralement ça tombe à plat, l'ambiance n'est plus la même. C'est moi qui l'ai cassée, alors c’est moi qui abrège.

 

Mais les vraies interviews, les belles, les indiscrètes, ce sont les interviews par écrit. Je ne sais pourquoi, mais j’y réponds plus profondément aux questions. Et même plus sincèrement. Certes, je connais le fil conducteur de l’ensemble, mais je ne m’inquiète pas du chemin où je vais. Et, bizarrement, je ne me demande pas s’il sera possible de glisser mon projet en écrivant ce livre, mon opinion sur  personnages, mon émerveillement devant mon histoire, mon encouragement à  le lire etc.. Hors sujet, bon, à virer, c’est comme au lycée.

 

 Il m’arrive, en répondant, d’être surpris : surpris  par ma réponse quand j’essaie d’expliquer telle ou telle technique si on m’en parle. Surpris parce que je n’y avais jamais réfléchi. C’est en la détaillant que je la découvre. Surpris plus encore quand je tente de répondre à des questions plus personnelles, plus intimes : la réponse tourne vite à l’introspection. Comme c’est par écrit, je me lâche : ça ne se passe qu’entre mon clavier et moi. Quand tout est fini, je me relis et suis tout étonné : je me connais mieux, je ne m’étais pas vu comme ça. A la re-lecture, je corrige très rarement mes réponses aux interviews écrites. Il ne faut pas y toucher, c'est moi mais ce n'est plus à moi, c'est un peu difficile à expliquer.

 

Deux interviews de ce registre me restent particulièrement en tête : la longue et belle interview menée par Joseph Vebret pour « Le Magazine des Livres ». Et, tout récemment, une interview bellement longue aussi, finement menée pour un blog littéraire. Vous l’aurez deviné, c’est celle dont m’a fait accoucher Liliba (ici, le clic ). Je l’ai relue sur son blog, tout troublé : mais oui, c’est moi, ça. Bravo, Liliba, grand travail de professionnelle.

 

Ah, tenez, avant de partir, puisqu’on en parle, je voudrais préciser quel était mon projet en écrivant ce livre, ce que je pense de mes personnages, pourquoi ces histoires  sont des merveilles, et vous expliquer pourquoi il faut le lire…  Ah, c’est hors sujet ? Bon tant pis, ce sera pour une autre interview.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 12:07

Trouver un titre pour un recueil de nouvelles, puis un visuel, c'est une grave question. Une grande partie de sa carrière va en dépendre. Pour mieux y répondre, commençons par une autre question :

 Les animaux qui figurent sur la première et la quatrième de couverture ne seraient-ils pas des manchots, alors que l’extrait de la nouvelle éponyme cité en quatrième parle de pingouins ?  

Tous ensemble, 1ère de couv 500 LTous ensemble, 4ème de couv 500 L

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la question posée judicieusement par une des lectrices, Didouchka, en un impitoyable commentaire d’hier.

Réponse : oui, je plaide coupable. Pour bien m'expliquer, il faut que je raconte tout. Accrochez-vous.

 

Pour un recueil de nouvelles, l’habitude est de choisir

> soit un titre d’une des nouvelles, considérée comme majeure dans le recueil (notamment dans le cas d’un recueil sans thème fédérateur),

> soit un titre ex nihilo, pour résumer l’ensemble, quand il y a un thème fédérateur.

 

 Kipling optait pour l’une ou l’autre de ces solutions :

> son premier recueil de 1888 s’intitule « Sous les cèdres de l’Himalaya » (Under the deodars), mais ne comporte aucune nouvelle portant ce nom. 

> son second recueil de la même année (oui, la même année, qu’est-ce qu’il pondait, et toujours de beaux œufs, alors que pour moi on s’inquiète de publier ponctuellement un livre par an, pfff !), s’intitule Wee Willie Winkie, titre d’une des nouvelles, pas la meilleure, à mon respectueux avis.

> Et, toujours la même année (il n’a pas dû prendre de vacances), il sort un troisième recueil (le meilleur, selon moi), qui porte un titre excellent « Le rickshaw fantôme, et autres contes étranges », encore plus joli en v.o. « The Rickshaw Phantom and other eerie tales ». Ce titre, à lui seul, même en raccourci,(The Rickshaw Phantom), annonce la couleur. Et ce recueil rassemblait des nouvelles très convergentes. Superbe année 1888, tout en progression, n’est-ce pas ?

 

Kipling.jpg

 

Moi, je fais pareil que Kipling. Enfin, presque : il a eu le Prix Nobel, tandis que, moi, je n’ai pas encore obtenu les Palmes académiques (faites quelque chose, je vous en implore, j’aimerais les recevoir avant de mourir ; à la limite, j’accepte qu’on les pose sur mon cercueil).

 la_diablada_200-L-jpg

Mon premier recueil, « La Diablada » était le titre de la nouvelle la plus spectaculaire. Inconvénient : une grande partie du public a cru qu’il s’agissait d’un ensemble de nouvelles diaboliques ou ensorcelées. Désolé, pas la trace de Belzébuth dans ce recueil. Une partie plus restreinte, sachant ce qu’était la diablada, (danse des mineurs boliviens) croyait qu’il s’agissait de nouvelles sur l’Amérique du Sud. Désolé encore, seules 3 nouvelles sur les 12 en parlaient. Le résultat, c’est que dans les salons, je devais commencer par expliquer « Non, ce n’est pas ceci, ce n’est pas cela non plus, c’est un peu de tout, n’importe quoi ».

Le libraire allait-il s’infliger un tel travail ? Non, bien sûr. Résultat : des ventes poussives, malgré la bonne critique. Il m’a fallu sept ans pour que le tirage soit épuisé, et que le recueil soit réédité (2011). Passons à l'épisode suivant :

 

Paniers-et-crabes-avec-titre-200-L.jpg

 Pour mon second recueil, rassemblant des nouvelles sur l’entreprise, j’avais retenu la leçon. Je l’avais intitulé « Des paniers et des crabes », et proposé un visuel de photo-montage, montrant un troupeau de crabes s’apprêtant à traverser la Seine au Pont de Neuilly pour partir à l’assaut des tours de la Défense.

L-Etage-de-Dieu-couv.jpg

Hélas, l’éditeur (Le Furet du Nord) a demandé un changement de titre, et a retenu « L’Étage de Dieu », nouvelle la plus dérangeante de ce recueil (Rappel : pour le choix du titre et de la couv', c'est l'éditeur qui l'emporte).  Et le visuel représentait un grand building d’entreprise, dessiné en contre-plongée. Erreur encore : une partie du public a cru à un recueil de spiritualité, et a pris le building pour le Mont Sinaï. Heureusement, un sous-titre en anti-phrase « 12 nouvelles à la gloire de l’entreprise » a réorienté… ceux qui le lisaient. Le tirage est maintenant complètement épuisé, même s’il n’a été en vente que dans le Nord – Pas-de-Calais. Demi-succès, passons à l'épisode suivant, il y a de cela quatre ans. Vous vous en souvenez peut-être :

Qui-comme--Vignette-1.jpg

 

Pour mon troisième recueil, « Qui comme Ulysse », j’ai raisonné autrement. J’ai opté pour les deux solutions en même temps. Ce qui est assez technique. Il s’agissait de présenter des nouvelles sur le thème des voyages, et plus précisément des voyageurs.

> Avant même d’écrire toutes ces nouvelles, j’ai choisi un titre évocateur, fédérateur « Qui comme Ulysse ». > J’ai ensuite retravaillé une des nouvelles de ce recueil (celle que je préférais), pour qu’elle puisse légitimement s’intituler Qui comme Ulysse. Je suis allé jusqu’à appeler son héros, un émigré argentin, Ulises, et je lui ai fait ouvrir un bistrot à empanadas qu’il appelle « Qui comme Ulysse ».

> Il ne restait plus qu’à trouver un visuel qui ne représente pas le légendaire et antique Ulysse, ni l'Ulises de ma nouvellle, mais un symbole du voyage. J’ai proposé une photo (mon œuvre) centrée sur une pile de trois valises, un canotier, un parapluie, dans un décor de pauvre chambre d’hôtel.

> Anne Carrière a judicieusement voulu qu’on aille plus loin et a accepté de financer une création du sculpteur Gilles Blanchard, représentant un voyageur balourd, une valise dans chaque main. Merci, Anne, le superbe visuel a beaucoup compté dans le succès du recueil : le tirage a été épuisé, et il a fallu le ré-éditer dès 2011

 

On résume la démarche : d’abord un thème fédérateur, puis trouver un beau titre le résumant, puis écrire une nouvelle forte qui puisse légitimement porter, elle aussi, ce titre. Puis chercher un visuel sans redondance, qui ouvre le focus sur le titre du recueil (il ne faut surtout pas chercher à illustrer la nouvelle éponyme), qui lui donne plus d’évocations. Il était bien cet épîsode, hein ? Passons au présent imminent :

 1ere-et-4-eme-de-couv-ensemble.jpg

Pour ce quatrième recueil, « Tous ensemble, mais sans plus », j’ai opté pour la même démarche (deux solutions en même temps, et cela même pour la quatrième de couv).  

> D’abord un thème, celui des fractures dans la société française : fractures tenant à l’âge, à la classe sociale, à la couleur, à l’origine, au handicap physique, le tout en une série de tableaux sur un ton… euh, j’en parlerai un autre jour, disons mon ton à moi, pas celui des politiques et penseurs de notre société.

> Le titre « Tous ensemble, mais sans plus » m’a vite semblé s'imposer, et même le visuel : j’en avais une maquette de pingouins, bricolée, sous les yeux tandis que je commençais à écrire ces nouvelles.  

> J’ai même écrit, dès cette étape, la première partie de ma quatrième de couv, résumant mon propos, un futur « extrait » d’une nouvelle pas encore écrite, mais qui me paraissait évidente dans la bouche du héros d’une nouvelle.

> J’ai ensuite écrit cette nouvelle, sur le sujet le plus nécessaire dans ce thème, une nouvelle qui portait le titre… et qui était une sorte d'agrandissement de l’extrait (mais quand même retravaillée pour mieux cadrer avec le ton du héros). Tout le monde suit?

 

 Je résume donc la démarche : d’abord un titre, puis glisser naturellement ce titre dans une longue phrase résumant la problématique du recueil (pour la quatrième), phrase qui sera, après ajustements, glissée (ici, en dialogue) dans une nouvelle appelée à devenir majeure dans ce recueil, et portant légitimement le même nom que le recueil (euh… il faut quand même l’écrire).

 

À l’arrivée, tout paraît agréablement simple pour le lecteur, même si le processus a été assez complexe pour l’auteur (ça ne marche pas du premier coup, il faut souvent tenter plusieurs pistes).

 

Pour « Tous ensemble, mais sans plus », il ne restait plus qu’à présenter le visuel. Ce visuel, celui des « animaux » en groupe serré, tenant à l’écart deux ou trois autres, était en quelque sorte dicté par le dialogue : « Des pingouins ! Vous êtes comme des pingouins sur la banquise, tous à vous renifler, à lustrer votre plumage… ».

On a cherché quelques autres visuels, quelques autres animaux, mais on revenait toujours aux pingouins. La couverture était pour eux, pour personne d’autre. Le graphiste d’Anne Carrière a retravaillé les photos de manchots pour aboutir très esthétiquement à cette situation d’exclusion, avec le léger humour qui se promène dans les nouvelles.  

Et tout le monde a été très content ?

 

Sauf que les pingouins, ce sont les pingouins, ce ne sont pas des manchots.

 

pingouins-et-manchots-copie-1.jpg

 

Les pingouins, c’est petit, c’est moche, et ça ne se serre pas les uns contre les autres.  Les animaux du visuel que j’avais en tête, étaient des manchots. Et, chez Anne Carrière, on me l’a soudain fait remarquer.

 

Fallait-il changer le visuel ? Non, les photos des pingouins étaient sans intérêt, ces sales bêtes n’évoquaient rien du tout.

Fallait-il changer le texte et faire dire par le jeune Raoul, candidat à un job, « Des manchots ! Vous êtes comme des manchots… ». Non plus : ça n’évoque rien. Et pire encore, le dialogue se mettait à sonner faux. En France, on dit pingouin quand on pense manchot. En anglais, ils disent comme ils pensent, c’est le même mot, penguin.

 

J’ai donc pris la responsabilité vis-à-vis de l’équipe d’Anne Carrière « Il n’y aura pas un lecteur sur mille qui nous fera le distinguo entre ces alcidés » (oui, ce sont des alcidés).

 

Et voilà que la première à déposer un commentaire sur ce blog vient gentiment me demander si ce sont des pingouins ou des manchots. La première, c’est Didouchka, à l’excellent blog (un peu au ralenti, cette année, Didouchka, ranimez-le, les visiteurs patientent, trépignent).

 

 

 

Disons donc que « le lecteur sur mille » a été trouvé, c’est une lectrice, c’est Didouchka. Les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf autres sont priés de ne rien remarquer.

 

Et pour ceux qui veulent quand même remarquer, ils ont tort. Le texte parle de pingouins, le visuel montre des manchots, et alors ? Je n’ai jamais dit que ce visuel illustre ce texte. Quand on est en tort, il faut savoir être de mauvaise foi.

 

De toute façon, le jeune Raoul, le héros de la nouvelle, a le droit d’être aussi nul que moi en zoologie. Cela ne l’empêchera pas de faire une brillante carrière. Je l’espère. Actuellement, il a d’autres priorités, Raoul. On en reparlera plus tard.

 


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