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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Actualité brûlante

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Mais rien ne vous empêche d'aller faire un tour sur le site www.georges-flipo-auteur.com  

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Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

Archives

Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
Actu du noir (Jean-Marc Laherrère)
Actualitte.com, Nicolas
Alex (Mot à mots)
Amanda Meyre
Annick Dor
Antigone (Les écrits d’Antigone)
Armande 22,  Les livres-bonheur
Aude (Mots dits)
Balmeyer
Biblioblog (Laurence)
BibliObs
Bibliophagie (Sybilline)
Bibliosurf
Biffures chroniques
Blog de Thomas Clément
Bloghotel
Blog-o-book
Boojum
Bookingdom
Bric à book, Leiloona
Brigit Hache
BSC News
C’était demain, Dominique Boudou
Cabinet de curiosités d’Eric Poindron
Cafebook (Emma)
Calipso,
Calibre 47 (Claude Mesplède)
Calou, L’Ivre de lectures
Carnet de lectures
Carnets de Pierre
Carnets de sel (Essel)
Caro[line] 5ème de couverture, 
Catherine (La culture se partage)
Cathulu
Chaperlipopette
Chez Lo
Chiffonnette
Chimère (A livre ouvert)
Choupynette (Y'a d'la joie)
Chroniques littéraires
Clair et net
Clarinesse (L'œil du vent)
Claude Le Nocher
Clopin-clopant (Clopine)  
Comme dans un livre
Cozop
Critico-blog
CulturesFrance
Cunéipage (Cuné)
Daniel Fattore
Danielle, Maux d’auteurs
Dasola
De livres en livres
Digressions (Joseph Vebret)
Ecrivains-voyageurs
Eireann (Yvon)
Eloah (À lire, à croquer)
Emmanuelle Urien
En lisant, en voyageant, (Keisha)
Encres vagabondes, Patricia Châtel
Enna lit, Enna vit
Eric Fouassier
Espaces, CNES
Eulalie
Evene
Extra-ball, (Dorham)
Fabelire
Fabula Bovarya,
Flof 13 (Lire et délires)
Florinette, Les lectures de Florinette,
Fluctuat.net
Forum A vos plumes
Forum Tir Na N’Og et Cie
Frédérique Martin
Gaëlle Pingault
Géothèque
Géraldine (Les coups de cœur)
Gwenaelle (Skriban)
Happy Few, Fashion Victim
Hautefort, club Littérature
Hebdo des notes,
Indications
Initiales
Interlignage
Jean Calbrix
Journal  d’une lectrice (Papillon)
Kalistina
Kathel, Lettres exprès
Kheops
La bibliothèque du dolmen
La caverne d'Ankya
La cuisine des mots (Ciorane)
La Factory
La liseuse (au fil de mes lectures)
La Mère Castor
La Péniche.net ( Bureau des Arts de Sc. Po )
La pile à lire d'Hécléa
La plume et le citoyen
La Revue Littéraire (Blog Leo Scheer)
La scribouillarde
La tête dans les pages
Labyrinthes avec vue
Le bibliomane
Le blog d’Ameleia,
Le goût des livres (Aifelle)
Le retour de l'être aimé
Le Scribe
Lechoixdesbibliothécaires
Lecture & Ecriture
Lectures et autres (Sylvie)
Leo Scheer (La revue littéraire)
Les chroniques de Mandor
Les jardins d’Hélène
Les lectures de Martine,
Les livres de l'Arrajou
Les penchants du roseau
Levraoueg (La tourneuse de pages)
Librairie des voyageurs, Les 5 continents.
Lignes de fuite
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Lire et délires (Flof13)
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LVE, Lire Voir Entendre
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Magali Duru
Maïté Bernard (sur Bibliosurf)
Malice
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Maud et les mots
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Pages à pages
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Pickendorf (Qui hodie agisti)
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Pralineries (Pralines)
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Prudence
Quichottine,
Quoi de 9 Cécile ?
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Salondulivre.net
Saxaoul
Scriptural (Schlabaya)
Serial lecteur
Site de Brigitte Niquet
 
Sylire
Tamara (Tamacultire)
Thaïs, Arc-en-ciel, 
Turquoise (Un moment Turquoise)
Valérie (Un fil à la page)
Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)

Yspaddaden

Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 09:09

homme-hamac.jpg

Selon des sources proche des pouvoirs concernés par la chose, nous serions en été. Je vais donc mettre ce blog en régime d'été. Moins d'écriture, moins de bêtises.

Quand j'écrirai, ce sera pour parler de choses belles, importantes ou graves. Tiens, par exemple, le prochain billet sera consacré au tout dernier recueil d'Emmanuelle Urien "C'est plutôt triste, un homme perdu". En attendant, vous pouvez regarder sa couverture dans la colonne de gauche "Copinage éhonté". Vous pouvez même l'acheter et le lire sans même quitter votre écran. Ce sera un beau début d'été, même si c'est plutôt triste...

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 11:33

 

Ouverture de la 13ème Chambre des requêtes

 

 Nous rappelons que toutes les requêtes sont citées dans leur formulation et leur orthographe d’origine.

 

 

Préalable.

Beaucoup de visiteurs arrivent sur ce blog porteurs d’une noble requête : se faire éditer. Je leur recommande vivement un livre qui les en dégoûtera à jamais, « Le Vertige des auteurs », édité par le Castor Astral. Si nonobstant cette excellente lecture, ils persistent à se lancer dans l’aventure, ils trouveront de bons conseils un peu plus graves en allant, sur ce blog, dans la série de billets « Arduité de la publication ». Ou sur mon site d’auteur. Ils y découvriront que la chose est possible, même si l’on est moche, triste, franchement plouc, sans réseau de copains bien placés. Même si l’on habite la Creuse. Il suffit d’écrire un bon manuscrit et de le déposer à la Poste.

 

Et maintenant, passons à la Chambre !

visu chambre des requêtes


 

 Huissiers, faites entrer les requérants !

 

 

Comment choisir pantoufles écrivain flipo

 

Je suis très honoré de votre visite, vous semblez être un connaisseur. En effet, ce blog d’écrivain est particulièrement réputé pour l’expérience que je propose en matière de pantoufles, et plus précisément de pantoufles d’écrivain, en commençant par les plus fameuses : les miennes.

Je vous recommande la pantoufle écossaise, plus recherchée que la pantoufle unie que vous réserverez pour vos sorties à la campagne. La pantoufle écossaise est très bien portée dans les soirées littéraires, notamment à Saint-Germain-des-Prés. On peut aussi l'arborer au Salon du Livre, mais il convient alors d'y ajouter un pompon.

 

arrive t-il que les éditions de minuit ne donne aucune réponse au sujet d'un manuscrit envoyé ?

 Non, jamais au grand jamais. Cette histoire me paraît impensable, ne me dites pas qu’elle vous est arrivée. Comment ? Si ? Je ne vois qu’une explication : ils vont vous répondre, mais cherchent d’abord un jeune normalien capable de rédiger une lettre de réponse à la hauteur de votre prose. C’est difficile à trouver : il fait beau, les examens sont finis, les jeunes agrégés sont partis courir le guilledou au Jardin du Luxembourg. Mais, l’automne venu, quand ils devront affronter le grésil, quand l’amour et l’eau fraîche ne suffiront plus à les nourrir, quand ils rêveront de jarret de veau aux lentilles avec un pichet de languedoc, ils arriveront, la tête basse et la plume à la main, et se présenteront tout penauds devant les Editions de Minuit. Le temps de sélectionner le plus valeureux des candidats, le plus apte à vous répondre, ce sera l’hiver. Les jeunes normaliens écrivent lentement, surtout s’ils n’ont pas de pantoufles d’écrivain pour leur chauffer les pieds. Votre réponse devrait être prête au printemps. Ce n’est pas au jeune agrégé de partir la poster, il faudra engager un saute-ruisseau. Cela ne se trouve plus comme ça, il faudra bien trois mois. Et là, vous avez toutes vos chances. D’ici là, ne bougez plus de chez vous, et guettez dès maintenant l’arrivée du saute-ruisseau, on ne sait jamais.

 

assez parlé de moi, parlons de vous

 

Je suis bien d’accord, assez parlé de moi. Parlons de vous. Faites court, c'est l'heure de mon bouillon Viandox.

 

aujourdhui je n'est rien a dire

Et vous êtes venu tout spécialement pour nous le dire, c’est vraiment très gentil…  au revoir, merci, merci.

 

Psst, huissiers, la prochaine fois, faites quand même un tri sélectif parmi les requérants.

 

blague de fin d’étude

J’en ai une terrible : vous venez voir vos parents et vous leur dites « J’ai le bac ! » Ouah, leur tête, pas possible, la tronche, qu’est-ce qu’on se marre ! 

 

bonne fête georges sexy

Roooh, c’est très gentil, mais vous me flattez. Il est vrai que j’ai un certain charme et qu’il émane de ma personne un puissant appel qui va chercher l’autre jusque dans les tréfonds de sa sensualité, mais ne venez pas dire ça devant tout le monde, cela va finir par se savoir. Oooooh, ça y est, la foule arrive, c’est l’émeute, huissiers, expulsez toutes ces requérantes.

 

carton d'invitation décoration palmes académiques

 

Ah, ne soyez pas cruelle, madame ! Oui, je l’ai préparé, ce carton, et je l’ai joliment décoré. Ce qui me manque, ce sont les Palmes académiques. Si vous pouviez faire quelque chose...

 

comme j’ai commencé à écrire…

 

Vous êtes venu me le dire, c’est très bien. Et maintenant, comme vous avez commencé à dire, allez donc l’écrire. Allez, au revoir, merci pour votre visite. Merci, merci, non, à droite la porte.

 

Et alors, huissiers, ce tri sélectif ?

 

coeur humain a imprimer

Il n’en est pas question. J’ai suffisamment de peines de cœur sans que vous veniez y imprimer quoi que ce soit. Ah, vous me gâchez l'ingestion de mon bouillon Viandox, voilà qu'il passe de travers !

 

commencer un roman par de la description

Ah, ça c’est une bonne idée ! Faites ça en spirale, madame : commencez par décrire vos mains qui écrivent, puis votre clavier sur lequel s’agitent vos petits doigts de fée. Puis vous, votre bureau, vos murs, votre plancher, votre plafond, votre porte. En attendant, tenez cette porte fermée à clef, de peur que vos lecteurs ne s’enfuient.

 

comment faire éditer livre spirituel

Allez au salon du livre et, devant chaque stand, posez-leur votre question « comment faire éditer livre spirituel ». S’il est drôlement spirituel, déguisez-vous en clown blanc et ajoutez « Hi, hi ! ». S’il est gravement spirituel, déguisez-vous en cardinal, et ajoutez… euh, c’est idiot, mais je ne connais pas le cri du cardinal. Bon, tant pis, ajoutez aussi « Hi, hi ». Oui, je sais, c’est moins convaincant, mais quelle idée, aussi, de vouloir faire éditer un livre gravement spirituel…

 

connerie a faire en fin d'anner

Lâchez-vous, mon vieux, et ça viendra tout seul. Et même, sans doute, bien avant la fin de l’année.

Huissiers, faites votre boulot, enfin ! Triez, triez donc !

 

coupe horizontale du coeur humain

Vous êtes certaine que c’est indispensable ? Bien, j’ai confiance, je vous laisse faire. Mais dès que je crie « Aïe », vous arrêtez, hein. Et ce niveau à bulle, il fait mal, à quoi sert-il ? Ah, à vérifier la bonne horizontalité. Bon, si vous y tenez…

 

corriger une expression c'est mon dernier de mes soucis

Bon, dans ce cas-là, parlez-moi des autres, puisque vous êtes là, ça occupera la salle. Excusez-moi, je veux dire « Parlez-nous de vos autres de vos soucis ». Vous ne comprenez pas ? Moi non plus.

Huissiers, emmenez monsieur dehors, qu’il aille chercher d’autres soucis que son dernier de ses.

 

 derrière le livre entre les pages l'auteur

Elle est bizarre, comme cachette, on va me trouver tout de suite. Bon, j’essaie : derrière mon livre, ça va. Et là, entre les pages, oups, c’est difficile. Et maintenant… ah non, mais ça ne va pas, je me suis perdu. Au secours, huissiers, venez me délivrer, je suis là, derrière le livre, entre les pages, je suis l'auteur !

 

des tit image avec des ecriture stupide decu

Voilà, vous avez très bien résumé mon métier. Sauf que dans mes livres, il n’y a point de tit images. Quant à l’écriture stupide decu, j’essaie de m’améliorer. Mais merci de m’avoir parlé aussi franchement. Au revoir.

Connard ! Je lui en foutrai des tit image et des ecriture stupide decu !

 

dois-je continuer à écrire des nouvelles ?

Non, sincèrement non. Laissez-moi m’en occuper, j’étais là avant.

 

ecoutez une en n’écrivant

Une quoi ? Ah, j’ai compris ! Merci de nous avoir proposé ce grand jeu : les 784 visiteurs de ce blog sont invités à compléter la phrase. Qu’est donc cette une que monsieur écoute en n’écrivant ? Le gagnant recevra les Palmes académiques. Ou bien une...

 

en littérature trouver le climat dans une histoire ou un livre qu'est-ce que je dois chercher ?

Votre question me bouleverse. Ce qu'il y a de bien quand on ne sait pas ce qu'on cherche, c'est qu'il est facile de le trouver. Là, vous avez trouvé, vous ne savez pas ce que vous devez chercher : vous avez la réponse, mais quelle est la question ? Non, ne répondez pas, ce n'est pas la réponse qui m'intéresse, c'est la question. Vertigineuse, cette histoire, non ?

 

est-ce vraiment à l’écrivain de chercher des issues ?

Non, je suis formel, ce n’est pas à l’écrivain. Il n’a pas que ça à faire, l’écrivain. Il doit préparer l’achat de ses prochaines pantoufles, il doit échapper à cette folledingue qui prétend lui scier le cœur à l’hortizontale, il doit trouver un déguisement de cardinal pour faire hi hi devant les stands du Salon du livre, il doit chercher à trouver ce qu'un ahuri a trouvé à chercher. Il cherchera une issue plus tard, l'écrivain, quand tout le monde sera sorti.

 

existe t il l la couleur beaude rose ?

Elle est très rare, mais elle existe, mademoiselle. Le beaude rose, c’est la couleur de mes slips. Oui, le beaude rose est une couleur très capricieuse qui ne se pose que sur les slips kangourous, coupe en V, ceinture haute, taille 4. Je suis désolé de vous priver de cette émotion artistique, mais il n’est pas question que je vous en offre la révélation. Pour vos harnachements intimes, il vous reste le bois de rose.

 

gallimard ou grasset, choisir éditeur

Faites jouer la concurrence : enfermez-les dans une pièce, jetez-leur votre manuscrit, un seul pour les deux, ça dramatisera la situation. Et annoncez : « Le premier qui m’édite aura l’immunité. Le second sera éliminé, et la sentence est irrévocable. » Vous les verrez, qui perdront leur superbe, qui s’arracheront les pages. Et vous, impavide, dominateur…

 

georges il merde

Vos propos n’engagent que vous.  

 

georges flipo sa santé

Bon, puisque vous posez cette question en toute discrétion, je vous dis tout sous le sceau du secret. Je viens de consulter mon médecin, j’ai un durillon sous la voûte plantaire. Hi, hi, un durillon, vous ne trouvez pas que ça fait film comique à la française ?

 

je ne vous hais

C’est très gentil d’être venue me le dire. Moi aussi je ne pas.

 

l’art n’est-il que beau ?

Ah, madame, si au moins il l’était !

 

le plus dur c'est de commencer

C’est intéressant, je vous écoute, continuez, continuez…

 

les éditeurs publient-ils des nouvelles

Non, jamais, mademoiselle. Moi, c’est un cas à part, c’est parce que je fréquente en pantoufles à carreaux les soirées littéraires de Saint-Germain-des-Prés.

Allez, hop, une concurrente de moins !

 

les romans les plus oubliees

Eh bien il y a… aaaah, zut, j’ai un trou de mémoire. Et bien sûr, il y a aussi, comment s’appelle-t-il, déjà, j’ai le nom sur le bout de la langue. Ttt, je devrais me le rappeler, celui-là, c’est moi qui l’ai écrit. Et, au fait, quelle était votre question ?

 

ma femme ma fille 2 bébés personnages

Oh la belle, la grande idée ! Là, coco, tu tiens un gros truc. C’est pré-vendu, ton bouquin. Et toutes les majors vont t’appeler pour l’adapter. Huissiers, retenez monsieur quelques semaines, le temps que je lui pique son idée et que je porte ça à mon éditeur… ma femme, ma fille, 2 bébés, personnages, c’est un pitch en une ligne, une mine d’or !

 

magnifique phrase pour amitier

Très simple : « Cher ami, je vais te dire une magnifique phrase pour amitier, écoute bien, cher ami très cher que je chéris… » et puis là vous improvisez et, à la fin, vous lui empruntez cent balles. Puis vous me versez 15% de droits là-dessus, en témoignage d'amitier.


muscript à les 400 coups edition

Vous êtes sûr ? Pas croyable, votre histoire, je n’aurais jamais cru ça de muscript.

 

Phrase d’amitié.

Encore vous ? Bon, je vous en donne une magnifique : « Albert les Galoches, la Terreur des Ardennes, le Bonheur des dames. Mon pote. L'empereur des cons. » C’est du Audiard, dit par Gabin, devant le cadavre de son copain, à la fin du film « Le Pacha ».

 

phrase mechante sur les amies en ecriture

Toujours vous ? Elle est stupide, votre question. Il n’y a pas d’amies en écriture.

 

pourquoi les épisodes bibliques sont-ils utilisés par les publicitaires.

Alors là, vous me surprenez. J’ignorais cela, il faut dire que j'ai quitté le métier depuis longtemps, il va falloir que j’y retourne. Préparez-moi un trône sur le Mont Sinaï, avec choeurs de séraphins et vols d'angelots, puisqu'apparemment les publicitaires aiment ça.

 

que faire face aux refus des éditeurs?

Faire face. Au suivant ! 

 

signification bougie noire qu'on ma fait acheter

Sorcellerie ! Arrière Satan ! Huissiers, emparez-vous de ce damné et jetez-le en enfer ! Oh, et puis non, brûlez-le, ce sera plus rigolo. Faites ça avec la bougie noire.

 

vends vélo de facteur

Vous auriez aussi la casquette ? Et la sacoche ? Et une centaine de plis ? Parfait ! Je me lance dans le métier : enfin faire carrière dans les lettres me rapportera quelque chose.

 

Bon, c’est tout pour aujourd’hui ? La séance est close.

Huissiers, apportez-moi mes pantoufles écossaises,

que je puisse regagner dignement mon bureau.

 

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Published by Georges F. - dans Chambre des requêtes
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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 17:20

 

Couv Bonnes Nouvelles Sud-Am

Je dépose demain chez Anne Carrière les dernières épreuves de lecture de mon prochain recueil. Revues, corrigées, peaufinées. Généralement, j’apporte très peu de corrections d’auteur sur les épreuves. Cette fois –ci, je n’en ai apporté que deux – dont une faute d’orthographe invisible, que personne n’avait remarquée. Et les quelques personnes qui ont lu le manuscrit ont pourtant un regard des plus affûtés.

 

Les épreuves de lecture ont un charme tout particulier : c’est le moment où l’auteur découvre son texte en quelque sorte « récrit » par les modifications de mise en page. Les caractères ne sont plus les mêmes, les sauts de page ne sont plus situés aux mêmes endroits. Il n’y a donc plus cette lecture « automatique » qui empêche l’auteur de vraiment se lire : quand on connaît trop bien son texte, la mémoire remplace l’œil, et il suffit de lire les deux premiers mots d’un paragraphe pour que le reste se déroule tout seul. Les changements de mise en page perturbent cette mémoire : elle n’a plus ses repères, elle nous laisse tranquilles. On peut enfin lire.

 

Je vais d’ailleurs enfin lire, et plus seulement mon manuscrit. Quand je suis en phase d’écriture, j’ai le plus grand mal à lire d’autres auteurs. J’ai une certaine mauvaise conscience, comme si je trompais le texte que j’écris le reste du temps. C’est pourquoi je ne lis que des bêtises, ou des grands auteurs que je connais presque par cœur. Kipling et Borges, par exemple. J’aime encore mieux les bêtises, elles aident à s’endormir quand on lit couché. On arrête à n’importe quelle page, on reprend à n’importe quelle autre, le plaisir n’est pas perturbé, puisqu’il est inexistant.  Généralement, je ne lis rien jusqu’au bout durant cette période.

 

Maintenant, j’en sors. Je lis. Du beau, du solide, ou de l’amusant. Le tout dernier, c’est un recueil collectif publié chez Gallimard : « Les bonnes nouvelles de l’Amérique latine ». La préface de Vargas LLosa est brève et intelligente. Il y rappelle opportunément que presque tous les grands noms de la littérature contemporaine en Amérique latine ont été aussi de grands nouvellistes. Certains comme J.L. Borges, Cortàzar, Juan Rulfo, Bioy Casares, dit-il, y ont connu leurs plus grands succès (je suis un peu moins d’accord dans le cas de Cortàzar, formidable romancier et je regrette qu’il oublie Quiroga). Les autres ont été de remarquables nouvellistes, même s’ils se considéraient d’abord comme romanciers : Alejo Carpentier, Juan Carlos Onetti, Garcia Màrquez, Roa Bastos, Carlos Fuentes, et quelques autres que je n’ai pas encore lus : Guimaràes Rosa, José Donoso, Jorge Edwards. J’y ajouterais volontiers quelques autres noms qui me sont chers, mais il faudrait que je m’assure qu’ils ont vraiment écrit des nouvelles.

 

Les auteurs de ce recueil sont moins connus : je n’en avais lu qu’un seul, Eduardo Halfon. Mais leurs nouvelles sont impressionnantes.

Les amateurs de couleur locale seront déçus : elle n’est pas absente, mais simplement invisible, diluée, en quelque sorte ; elle colore l’histoire.

Les amateurs d’histoires seront déçus, eux aussi : il y a peu de vraies histoires, plutôt des tranches de vie qui, en quelques pages, vous racontent une époque, un pays, une civilisation, de façon magistrale, par petites touches, très souvent dans un registre d’évidence.

Les amateurs de chutes seront encore plus déçus : pas de chutes dans ces nouvelles, et c’est tant mieux. La nouvelle peut continuer, dans l’esprit du lecteur, bien après le dernier paragraphe. La vitrine aux rêves, du Mexicain Eduardo Antonio Parra, par exemple, nous décrit très bien la journée d’un Mexicain qui, depuis des années, rêve de passer la frontière des États-Unis, avec le vague espoir d’y retrouver son père. Trois paragraphes avant la fin, il réussit, presque par inadvertance. On ne saura pas ce qui lui arrive ensuite, il est passé, lui, mais pas son copain. Et l’histoire s’arrête là, Parra vous laisse la continuer.

Tout cela fait beaucoup de déceptions annoncées. Riez-en. Car si vous aimez les écritures neuves, la littérature originale, vous ne serez pas déçus.

 

Je suis heureux de ne pas avoir lu ces nouvelles tandis que j’écrivais les miennes : j’aurais été très influencé. Trop. Notamment par cette façon très sud-américaine de parsemer les paragraphes de petits détails insignifiants qui créent un climat sans que le lecteur les remarque.

 

La seule influence sud-américaine que je revendique, c’est cette indifférence à l’égard de la chute. Elle ne m’obsède pas quand j’écris : il me suffit de savoir comment finira l’histoire. Je me contente le plus souvent d’ajouter une pirouette à cette fin : une sorte de formule de politesse envers le lecteur français, amateur de nouvelles françaises, pour qu’il se sente chez lui.

 

J’ai d’ailleurs fait un autre effort en ce sens : il y a une nouvelle sur le tango (Qui a crié « Bien sûr » ? Évidemment que bien sûr). Une nouvelle sur le tango, donc, mais elle se passe en France. À Tarbes, pour être plus précis. À Tarbes, durant le festival « Tarbes en Tango ». La ville de Tarbes sera contente, peut-être m’invitera-t-elle à son prochain festival. Je sais que ce n’est pas poli de réclamer, mais je ne réclame pas, je suggère.

 

P.S. Vous m’excuserez pour l’absence d’accents sur les noms des auteurs sud-américains, mais je ne dispose que d’un clavier français des plus franchouillards.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 14:59

 Couverture-Folio-light-commissaire-vers.jpg

 

 Un premier scoop qui va intéresser les blogs de frustrés : lundi soir, je suis allé à la soirée des 40 ans de Folio. Une soirée très vivante, le champagne était bon, les ravioles et le foie gras aussi. J’ai rencontré trois personnes que je connaissais, j’ai fait connaissance avec quatre autres. C’est dire si je réseaute.

Cela ne se passait pas à Saint-Germain des Prés, mais avenue Foch, ce qui n'est pas mal non plus. Eh bien, trois jours plus tard, j’étais publié chez Folio. « La commissaire n’aime point les vers » fait désormais partie du catalogue Folio policier, sous le numéro 661 ; si j’étais sorti une semaine plus tard, j’aurais eu droit au numéro 666, le nombre de la Bête. Les esprits malveillants y auraient vu l’influence d’un réseau satanique. On se contentera d’y voir démontrée, une fois de plus, le rôle majeur des soirées littéraires dans la carrière d'un auteur.

 

D’autres, des rabat-joie, susurreront que je devais être publié chez Folio, c’était programmé depuis plusieurs mois, et que c’est à ce titre que j’ai été invité à la soirée Folio, comme tous les auteurs Folio. Pfff, scénario extravagant, indigne du milieu hostile de l’édition, mais peu importe.

 

Je suis très heureux d’être publié en Folio, je m’en sens tout vaniteux. Folio, c'est, pour rester modeste, une sorte de visa qui donne accès au très grand public et à l'Académie française. En tout cas, c'est comme ça que je l'expliquerai plus tard à mes petits-enfants qui m'écouteront avec un sourire émerveillé, les chers petits - mais y aura-t-il encore une Académie française ? Une publication chez Folio, c’est presque aussi bien que de recevoir les Palmes académiques. Quand j'ai commencé à écrire, il y a une dizaine d'années, je n'aurais jamais imaginé être un jour publié chez Folio. Je n'imaginais même pas être publié. 

 

Ce que ça m’apporte ? Une certaine visibilité. On va désormais me trouver dans les gares et les aéroports, on m’y verra passer avec mes bottillons léopard (vous avez vu la couverture, n’est-elle pas croquignolette ?)

 

Les exemplaires d'auteur du roman sont arrivés ce matin par la poste (tout ce qui est important dans ma carrière d’écrivain est parti ou arrivé par la poste). Pour fêter ça, j’ai voulu m’offrir un homard ce midi.

 

Le poissonnier n’en avait pas, je suis reparti avec quatre grosses gambas roses et sauvages, c’était le même prix. Et bien meilleur. Ma femme les a préparées en les faisant brièvement revenir dans une fricassée de petits cubes d’oignons nouveaux, de pêches et de poires et de petites crevettes toutes bêtes. Le tout se mange en buvant un rosé canaillou.

Les plus belles journées de ma vie d’écrivain sont des journées comme celle-ci.

 

Ceux d’entre vous qui veulent copier la recette m’enverront un chèque de 6,95 €. S’ils n’ont pas de timbre, ils achèteront, pour le même montant, le livre dans les gares ou les aéroports. J’y gagnerai moins, mais ça me fera autant plaisir. 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 21:19

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Babette Auvray-Pagnozzi vient de sortir un guide de voyage professionnel, un vademecum de la publicité remarquablement documenté, ce qui ne l’empêche pas d’être facile à lire. La belle écriture, ça aide. Je le recommande à tous ceux qui envisagent de faire carrière dans la publicité, ce qui est un peu moins difficile que d’être admis dans le cercle des auteurs. Il y faut plus d’orgueil, moins d’humilité. Et une ambition de type différent : plus d’impatience, moins de persistance. Sans doute aussi plus de caractère. Ceux qui sont déjà dans le métier le liront aussi avec profit, en souriant aussi souvent que moi.

 

Car j’ai lu cet ouvrage avec plaisir, sinon je n’en recommanderais pas la lecture. Mais votre plaisir ne sera pas le mien. Ce livre me faisait visiter la pub dans une étrange nostalgie du futur qui se construit sans moi : je m’y sentais à la fois chez moi et étranger. Je repensais, toute modestie mise à part, à ma nouvelle Les sources froides, dans « Qui comme Ulysse ». Et, pour voler en orbite supérieure, à Tristesse d’Olympio, de Victor Hugo, œuvre un peu plus connue que la mienne, on se demande pourquoi.

 

" O douleur ! j'ai voulu, moi dont l'âme est troublée,
Savoir si l'urne encor conservait la liqueur,
Et voir ce qu'avait fait cette heureuse vallée
De tout ce que j'avais laissé là de mon cœur !

Que peu de temps suffit pour changer toutes choses !
Nature au front serein, comme vous oubliez !
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos cœurs sont liés !  

 

La publicité n’a pas changé : tout y a changé, les têtes d’affiche ont changé, les tabous ont changé, l’esthétique a changé, même les métiers ont changé. Donc la publicité n’a pas changé, puisqu’elle est par essence changeante, courant d’une mode à l’autre, happant les idées qui flânent dans l’air du temps. Mad Men le montre assez bien, pour ceux qui en suivent les épisodes.

 

Une seule maladresse y traîne, récurrente, celle du publicitaire qui veut devenir écrivain. ( Quand je dis qu'elle y traîne, c'est dans Mad Men, pas dans le livre).

 

Les publicitaires français sont très souvent incultes, gravement incultes. J’ai connu, par exemple, un président d’agence, diplômé d’HEC, qui n’avait jamais assisté à une pièce de théâtre. Jamais, dans toute sa vie longue et dorée. Cela ne le gênait pas, c’est un métier où l’on se méfie des littéraires. Je ne valais pas mieux que les autres : en tant que directeur de création, j’étais toujours plus intéressé par un candidat venant de la vente d’assurances ou de l’enseignement dans le primaire que de la littérature. Avec les littéraires, je n’avais que des ennuis. Il y avait chez eux une incapacité pathologique à aller à l’essentiel, ils y voyaient une sorte de vulgarité de la pensée.

 

Dans les feuilletons, les romans-photos et les romans-romans, on parle souvent des créatifs publicitaires comme d’écrivains refoulés. C’est presque toujours un mythe, car dès que l’animal se sent vraiment trop refoulé, il cesse d’écrire pour la pub et commence à écrire pour l’édition. Ce qui est complètement différent.

 

Certes, il est de bon ton d’avoir dans son tiroir deux ou trois nouvelles, ou un début de roman, mais ça n’a rien à voir. C’est juste pour en parler, d’un ton désabusé, pour annoncer qu’un jour on plaquera tout ça pour écrire sérieusement. Plus on en cause, moins on s’y prépare, je l’ai déjà remarqué.  Ceux qui se croient vraiment porteurs d’un destin littéraire gèrent ça discrètement, comme on prépare une évasion.

 

Pourquoi cette discrétion ? Parce que la publicité, comme l’écriture littéraire sont deux professions qu’on ne peut exercer qu’avec passion, sinon l’on devient fou. Les plus perfides objecteront qu’on devient également fou en les exerçant avec passion, mais c’est une autre histoire.

 

Comment aimer fougueusement, équitablement, deux activités qui s’excluent ? L’écriture publicitaire et l’écriture littéraire sont aux antipodes l’une de l’autre. Dans la première, un vocabulaire de 800 mots est recommandé. Non seulement pour se faire comprendre du public, mais aussi de ses collègues. Il faut s’exprimer vite, en mettant en avant une idée, une seule. On sait qu’on ennuie le public, il faut se dépêcher de lui fourguer l’idée pour laquelle on a été missionné, avant qu’il ne bâille ou zappe. Pour se faire pardonner, on ajoute un gag, un jeu de mot, ou de l’esthétisme.

En littérature, on essaie de s’exprimer le plus longtemps possible sans ennuyer, c’est toute la différence. L’esthétisme ou l’humour ne sont pas ajoutés, ils font – ou pas – partie du langage.

 

Passer de la pub à l’écriture littéraire est une aventure éprouvante. On est tenté de faire des manières, des affèteries, pour faire littéraire, d’ajouter des mots saugrenus pour faire cultivé. On est surtout tenté d’emmerder pour bien montrer qu’on s’est affranchi des contraintes publicitaires.  La plus grande différence, c’’est qu’on écrit pour 10.000 personnes et non plus pour une ou deux dizaines de millions. On peut déplaire. Mais pas aux 10.000, sinon il ne restera rien de votre travail. Tandis qu’un film qui passe à 20 h 30, même s’il déplaît, offre une consolation : il en restera toujours quelque chose chez quelques millions d’individus dociles, prêts à tout avaler.

 

Je n’ai pas pu exercer longtemps les deux métiers : dès que l’écriture littéraire a donné quelques résultats, j’ai laissé tomber la publicité. Les quelques résultats de la première, c’étaient les premiers petits concours, quelques centaines d’euros. La seconde, c’était beaucoup plus. Mais beaucoup plus fastidieux.

 

Et pourtant, la publicité m’a aidé lors de mes premiers pas dans l’écriture. J’y ai rencontré des personnages extrêmes, des héros littéraires, en quelque sorte, à l’ego surdimensionné, à l’hubris grandiose, aux petitesses prodigieuses. Des personnes qui m’ont laissé des souvenirs forts. Des personnes que je continue à fréquenter, mais dans mes livres : je pille leur souvenir pour camper des personnages, dans mes romans comme dans mes nouvelles.

 

Si, après avoir lu ce billet ou le livre de Babette Auvray-Pagnozzi, vous décidez de vous introduire dans le cercle des publicitaires, cherchez à frayer avec les personnages insupportables. Ce sera souvent avec eux que vous vous amuserez le plus.

 

Je me relis : ce billet est complètement décousu. Tant pis, je me recoudrai dans un prochain billet.   

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 11:13

 

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Ce blog se refuse à toute chronique politique. Non par éthique, mais simplement parce que c’est un sujet prodigieusement ennuyeux. Si la politique est un roman, son intrigue est usée. Certes, comme le dit à peu près le cher Borges, toutes les intrigues ont déjà été écrites *, mais celle-là plus que les autres.


Le héros minuscule qui se métamorphose en géant, l’homme seul contre tous qui finit par retourner ses opposants un à un, le retour glorieux de la vertu, tout cela a un air de déjà vu.


Et pourtant, la politique a un attrait inégalable pour un écrivain, c’est qu’elle s’écrit avec un magnifique sens des détails. Elle parsème les chapitres les plus banals d’enjolivures qui les rendent savoureux. Le jeans de Cécile Duflot à son premier conseil des ministres, le gag de la cravate superfétatoire de François Hollande au G8, le discret imperméable blanc porté par Manuel Valls lors de sa visite à Marseille sont d’authentiques trouvailles d’écrivain. Des trouvailles qui, à elles seules, illuminent un paragraphe. Des trouvailles dont j’aurais été fier si j’avais rédigé la saga qui commence. On remarquera que ce sont chaque fois des détails vestimentaires, c’est dire s’ils m’enchantent : je donne une grande importance aux tenues des héros de mes romans, je leur fais même souvent jouer un rôle. Je ne sais pourquoi, peut-être pour prendre mes distances avec mes personnages : je suis probablement un des écrivains les plus mal fringués de la corporation, c’était déjà comme ça quand je travaillais dans la publicité. Je ne fais pas exprès, je m’en fiche tout simplement.



Mais je n’écris pas de roman de la politique. Il y a des auteurs qui le font beaucoup mieux que moi. Et parmi eux, un ministre, Laurent Fabius, qui est un véritable génie du dialogue : il a ce don précieux de rendre crédibles, presque naturels, les propos les plus ahurissants. Un don cultivé durant ses études : quelques années de khâgne puis de Normale Sup aident à connaître le sens des mots, à les utiliser avec ingéniosité. Et il a bien appris.


J’en veux pour preuve sa récente intervention, jeudi 17 mai à 8 h 15, sur Europe 1. Je situe l’action : c’est le jour où le Président va partir rencontrer les membres du G8. On imagine à quel point son ministre des Affaires étrangères doit être occupé. Il trouve quand même le temps d’appeler Europe 1.


 

Au journal de 7 h 30, la journaliste Camille Langlade avait déclaré qu’un membre du Parti Socialiste lui avait confié que « Laurent Fabius s’était roulé par terre » pour obtenir les Affaires Etrangères. L’expression est moqueuse, mais la journaliste n’avait fait que citer, c’est sa source qui l’avait employée.


 

Trois quarts d’heure plus tard, donc après avoir eu le temps de préparer ses phrases, Laurent Fabius appelle la rédaction, et met en place ce magnifique dialogue :


" Ca me fait plaisir de vous avoir

Je voulais réagir, et merci de me donner l’occasion de réagir…"


P. Toussaint, d’Europe 1 explique alors l’information à laquelle Laurent Fabius a réagi, selon laquelle Laurent Fabius aurait fait le forcing, mais le ministre le reprend, les mots ont un sens, respectons-les :


"Votre journaliste dit « mais Laurent Fabius à la défense il s’est roulé par terre après que Martine Aubry… »" et il reprécise le contexte avant d’enchaîner :


"……donc, bon, j’ai souri, et je me suis dit « Hon les gens ne vont pas, ne m’imaginent pas tellement me rouler par terre…. » mais  j’ai préféré vous appeler pour  que les choses soient… soient claires et qu’on ne colporte pas des choses inexactes."


 Admirable finesse dialectique : ce n’est pas lui que ça dérange, c’est le public. Ce sont les gens qui ont trop de respect pour lui, ils n’imaginent pas Fabius se rouler par terre. S’il appelle, c’est pour les défendre. Mais c’est aussi pour mettre le hola au colportage de choses inexactes.  Superbe, non, ce mot de "colportage" pour évoquer le travail de journaliste. Le colporteur n'est pas seulement le charlatan qui bazarde de la camelote, c'est aussi un type qui en retire un profit matériel.


"Non, la vérité est toute différente :"


Heureusement, 'il était là pour incarner cette "vérité toute différente" et la faire triompher. Et il explique très bien que ce job était forcément pour lui, le job l’attendait sur un nuage, en haut de son ascension. Puis il parachève cette admonestation par cette extraordinaire requête :


 

" Bon, oui, oui, je pense que puisqu’on a un nouveau gouvernement, un nouveau président, euh, ben après tout, on peut aussi avoir une… une façon de faire de l’information où, je vous le dis gentiment, on peut vérifier les ce qu’on dit auprès des intéressés avant de le dire. Voilà."


Du travail de grand, de très grand dialoguiste : il s’agit d’enchaîner trois idées-chocs avec un maximum de fluidité :


Première idée : maintenant que nous sommes au pouvoir, vous n’avez plus le droit de dire n’importe quoi. Hé, ho, retour immédiat à la conscience professionnelle ! Quand c’était l’autre nabot, vous pouviez buzzer n'importe quoi, je trouvais ça très drôle, mais maintenant, il faut une nouvelle « façon de faire de l’information ». Et c'est moi qui la définis.


Deuxième idée : je suis gentil, mais c’est une mise en garde et tenez-vous-le pour dit. « Je vous le dis gentiment »… il me semble entendre le proviseur me convoquer pour me donner une dernière chance après un chahut.


Troisième idée : rétablissement de la censure préalable. Avant de dire quelque chose sur moi, il faut m’appeler pour vous assurer qu’elle me convient.


      Ces propos ont choqué certains moralistes rétrogrades (peu nombreux, c'est bizarre, et on ne les a guère entendus dans les médias ou sur le net). Moi, je tire mon chapeau, bravo l’artiste ! Entre collègues, il faut savoir s’applaudir.

 

  Je joins le lien radio si vous croyez que je déforme lesdits propos.

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13848

 

 

 «  * L’écriture est inutile puisque tout a déjà été écrit ». Les termes de la citation sont variables, puisque J.L. Borges a mentionné ce propos à diverses reprises dans des conférences ou interviews.


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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 14:42

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 Je termine cette semaine la phase « correction » des nouvelles de mon prochain recueil. Ce terme fait frissonner certains auteurs, et je les comprends parfois. Parfois, pas plus.


J’ai tout vécu, en ce qui concerne les corrections de mes manuscrits.


Quand je débutais, ces corrections me bouleversaient. J’éprouvais des sentiments confus, où se mêlaient la honte et la fureur. J’ai gardé le document corrigé de mon premier recueil, La Diablada. Il comporte une page sur laquelle on compte 42 corrections. Je relis cette page les jours où il me semble que ma tête d’auteur enfle déraisonnablement. Sur ces 42 corrections, il y en a 40 que j’approuve, et 2 que je conteste. C’est en les comprenant que j’ai appris à écrire.


Dans les huit livres que j’ai publiés, certains ont été très attentivement corrigés, voire férocement, et d’autres très négligemment. L’un d’eux ne l’a pas été du tout, ce n’est pas le meilleur.


Certaines de ces corrections m’ont été très désagréables, d’autres très bénéfiques.


Sur quoi portent ces corrections ?


Sur des tics d’auteur qui peuvent lasser. Exemple : j’utilise vraiment trop fréquemment le « Ce que » ou « Ce qui ».


Sur des maladresses de ponctuation. Je parsème abusivement mes textes de virgules, de "deux points" aussi, j’en conviens. Quand je me relis, je ne les vois pas.


Sur de vraies erreurs de ponctuation : place du point avant le guillemet fermant, et non après, par exemple.


Sur des fautes d’orthographe. J'en fais normalement très peu, mais on ne finit jamais d’apprendre en ce domaine. Il y en a de vénielles : je viens de découvrir qu’on écrit « reparties » et non « réparties ». La seconde orthographe est tolérée, la première est recommandée. Il y en a de plus sérieuses : c’est cette semaine que j’ai appris que le mot « après-midi » ne s’accorde pas au pluriel. Et il m’arrive encore souvent d’écrire « d’avantage » et non « davantage ».


Sur l’existence de mots. Là, la discussion est parfois corsée, et chacun sort ses dictionnaires. Il m’arrive de recourir à certains mots rares, dès lors qu’ils sont expressifs. Ils sont parfois si rares que le Larousse les ignore… mais pas mon Grand Robert en six volumes. Exemple : le délicieux verbe « empoisser ».


Sur l’opportunité de paragraphes. Si certains ne sont ni beaux ni intéressants, il faut être sans pitié.


Sur le rythme ou l’intrigue. Ce sont les corrections les plus rares, les plus choquantes, mais souvent les plus utiles. Dans « La commissaire n’a point l’esprit club », on m’a proposé trois modifications importantes : introduction de la droguée noyée dès l’arrivée de la commissaire, et non avant. Renforcement du rôle du sourd-muet. Ces deux-là étaient bienvenues, elles ont renforcé l’intrigue. Une troisième m’a paru la compliquer, je l’ai refusée.


Dans le nouveau recueil qui paraîtra, on m’a signalé une chute de tension au milieu d’une nouvelle. Diagnostic fondé, je l’ai retravaillée ; ce faisant, j’ai carrément modifié le milieu et la fin, ce qu’on ne m’avait jamais demandé.


Tout cela pour dire que j’aime généralement bien les corrections, sans être aucunement masochiste. C’est en me faisant corriger que j’ai vraiment appris à écrire. Ces corrections se font normalement dans un climat de dialogue : on peut en discuter, et c’est là qu’elles deviennent intéressantes.


Les corrections sont aussi source de grand bonheur pour un auteur : c’est la première fois que son manuscrit est attentivement lu, par un œil qui s’attache à la fois aux détails et au souffle d’une œuvre.


La correctrice avec laquelle je travaille en ce moment connaît mieux mes textes que moi. Elle me signale des correspondances entre les nouvelles, des finesses que je n’avais même pas perçues. Moments délicieux où l’on se redécouvre par le regard d’autrui.


Pour être totalement honnête, je dois signaler que mes textes sont généralement déjà lus en amont, très soigneusement lus, sans indulgence ni férocité, par deux ou trois personnes qui me sont chères : elles jouent déjà ce rôle de correction, sur la forme comme sur le fond. Ce qui demande de solides connaissances littéraires, mais aussi une sacrée patience… je les embrasse au passage.


Je vous laisse, il faut que j’y retourne.


Dans mes prochains billets, je vous parlerai de quelques livres réceemment lus. Ou à lire.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 10:35


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Mon dernier recueil de nouvelles n’est pas encore fini-fini, et j’ai déjà parcouru un bon bout de chemin sur mon prochain livre, qui sera un roman policier, une nouvelle enquête de la douce commissaire Viviane Lancier.

J’ai rarement enchaîné aussi vite l’écriture de deux ouvrages aussi différents, mais quand le tonus est revenu, il faut en profiter. Et je constate plus que jamais une évidence : une nouvelle et un roman policier, ce n’est pas le même genre. Je dirais même que ce n’est pas le même métier.

La nouvelle n’est pas forcément « un jaillissement ». Le point de départ, c’est d’abord une situation.

Reste à définir ce qu’est une situation, sinon ce serait trop facile, hé…

Une situation, c’est un ou plusieurs  personnages placés dans un cadre, qui vont être soumis à une tension.

 

Exemples de situation à tension (qui peuvent être simples)


Une jeune femme, dans un bal, est invitée à danser un tango. Son danseur est un aveugle.

 

Deux personnes âgées que tout sépare se rencontrent en se promenant au bois. Elles ont un chien identique.


      > Au cours du cocktail littéraire qu’il a organisé, un jeune éditeur découvre que la serveuse au buffet est la femme avec laquelle il a jadis failli construire sa vie.


Ensuite, seulement ensuite, il faut chercher l’histoire.  Quand j’ai commencé à écrire des nouvelles, je travaillais en scénariste, je voulais partir de l’histoire, la raconter comme si je parlais à un producteur. Les héros n’étaient pour moi que des marionnettes. J’ai fini par comprendre mon erreur (des collègues m’y ont aidé, merci Jean-Michel !) Cela dit, l’histoire n’est pas secondaire, en tout cas pas pour moi : une nouvelle, c’est toujours une histoire racontable, avec un point de départ, un déroulement, et une ligne d’arrivée.


Mais, avec la même situation, on peut imaginer plusieurs histoires, on pourrait même écrire plusieurs nouvelles. L’histoire peut être très succincte, ou riche, s’étendre parfois en plusieurs épisodes, voire sur toute une vie (la magnifique Loterie de Babylone, de J.L. Borges, dure plusieurs milliers d’années).  Elle peut mettre en action une ou plusieurs personnes (six à huit, c’est déjà beaucoup). Tout est possible, mais l’histoire, dans la nouvelle, présente une contrainte majeure : il faut qu’elle soit constamment intéressante, littérairement intéressante à raconter. Si une séquence se traduit par un paragraphe laborieux ou balourd, mieux vaut supprimer le paragraphe et modifier l’histoire.


L’histoire est une ardente obligation, le rythme en est une autre : je n’aime pas les nouvelles diesel, dont le rythme est constant. J’aime qu’il y ait des ralentissements, voire des digressions, puis des accélérations ou même des ellipses. Cela aide le lecteur à lire attentivement.


Et puis la chute. Chute à gag, chute à basculement de révélation, chute à révélation, pff… C’est le dernier de mes soucis. Au vrai sens du terme : celui qui vient en dernier, en fin de travail. Beaucoup d’auteurs considèrent la nouvelle comme une sorte d’histoire drôle, qui ne prend son sel que par la toute dernière phrase. Ce n’est pas mon cas : je trouve cette contrainte très vaine, castratrice. Et même stupide. Il m’arrive d’écrire des nouvelles qui prennent toute leur force dans la chute, mais ce n’est pour moi qu’une option, une sorte de figure de style.  


Je ne suis pas le seul à travailler de cette façon. Parmi les nouvellistes qui m’impressionnent, beaucoup finissent leurs nouvelles sans véritable chute ; certains laissent même carrément flotter l’histoire, laissant au lecteur le soin de la terminer. D’autres la finissent par une pirouette, ou simplement par une conclusion. La chute n’est une obsession qu’en France : les nouvellistes contemporains, au Viêt-Nam (beau terroir de nouvellistes), en Russie, en Argentine, aux U.S.A. traitent la chute avec autant de détachement que moi, ce qui me rassure.


Dans le roman policier, c’est presque pareil, mais pas du tout.


Presque pareil, car un roman policier c’est d’abord un cadre. On peut raisonner autrement, je ne donne que ma façon de travailler. Quand j’ai trouvé le cadre, je me sens mieux, j’ai l’impression d’avoir une scène de théâtre avec les décors. Le cadre peut être géographique ou social : club de vacances pour la deuxième enquête de la commissaire, milieu des collectionneurs de manuscrits pour la première. Pour la prochaine, ce sera une bourgade bretonne en retrait de la côte, avec son manoir et son musée.


L’histoire, c’est bien plus complexe. On commence comme dans une nouvelle, avec un pitch de cinq lignes. Mais si l’on s’en contente, un bon enquêteur va trouver la solution en un chapitre. Il faut la complexifier, un peu à la fois.  Moi, je préfère y réfléchir avant de commencer à écrire. D’autres, et non des moindres,  le font au fil de l’écriture. Simenon, par exemple, ne savait pas où il allait avant la centième page. Ce qui nécessitait parfois un gros travail de reprise des précédentes, mais Simenon était un surdoué travailleur.


 Et vient ici un autre problème, LE gros problème : faut que ça saigne. Le lecteur moderne est trop gâté, il ne se contente plus d’un cadavre comme  dans les années cinquante. Il faut qu’on lui en apporte plusieurs, pour lui montrer qu’on a bien travaillé. Moi qui suis le plus doux des hommes, je suis donc condamné à jouer les serial killers pour être considéré comme un vrai auteur de roman policier. Le pire, c’est que j’y prends goût : parfois, en commençant à camper un personnage, un figurant,  je suis envahi par une mauvaise pensée « Tiens, en cadavre, elle ne serait pas mal.  Comment pourrais-je la tuer ? ». Quand on manque d’idées, il y a un ouvrage de référence à ce sujet : « 500 façons d’éliminer son prochain », d’Alfred Eibel et Françoise Monfort. On y prend tellement goût que, dans la vraie vie, face au moindre trublion, on se met à…  J’arrête là, l’incitation au crime est un délit, même quand c’est soi-même que l’on incite.


Ce besoin de voir fleurir les morts toutes les cinquante pages est pour moi la contrainte la plus gênante de l’écriture policière, car elle entrave le rythme : on ne peut ralentir, bavasser, emprunter un chemin de traverse : le prochain mort est là, qui attend, qui trépigne, il va refroidir. On ne peut non plus trop accélérer, ellipser, car il faut accompagner l’enquêteur dans son quotidien, le voir accumuler les indices.


C’est, pour moi, la plus grande différence entre la nouvelle et le roman policier.


Reste la chute. Je suis encore moins chutiste en roman policier qu’en nouvelle. Mais, paradoxalement, j’ai besoin d’écrire la toute dernière phrase du roman policier dès que je commence à en écrire le premier chapitre. C’est une sorte d’obsession qui m’accompagne durant les mois d’écriture. Je peux donc vous annoncer comment finira le roman policier sur lequel je travaille actuellement.


Ce sera : « Vous croyez que c’est gras ? »

Il ne me reste plus qu'à écrire 300.000 signes pour y arriver.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:25

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J'allais écrire un petit billet badin et méchant, expliquant pourquoi le finaliste promu favori de ces élections  me fait irrésistiblement penser au très beau film "Bienvenue Mister Chance *". J'allais l'écrire avec une certaine gêne, car je répugne à mélanger la politique et l'écriture, au moins dans ce blog. Mais la tonalité de ce billet serait restée littéraire, ou en tout cas esthétique : j'aurais expliqué le lien entre le personnage et le film, car je viens de le trouver (Mister Chance est un homme simple et joyeux, fasciné par la télévision, il imite les tics, les gestes des personnages du petit écran, et c'est ainsi que commence une fulgurante ascension, bon, je ne vais pas tout vous raconter...)

 Et puis je suis tombé sur ces deux pages de l'écrivain chinois Yan Lian Ke et je n'ai plus eu envie de badiner. Cliquez et lisez-les, elles sont très dignes et déprimantes. Elles décrivent simplement l'irruption de la politique quotidienne dans l'écriture. Sans aucun effet littéraire, sans déversement d'émotion. C'est simple, factuel. C'est beau. C'est effrayant.

http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/26/je-suis-un-ecrivain-digne-mais-deprime

 

* Le titre anglais est encore plus beau : "Being there". C'est tellement cela.

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 11:48

Ouverture de la 12ème Chambre des requêtes

 

 Nous rappelons que toutes les requêtes sont citées dans leur formulation et leur orthographe d’origine.

 

 visu chambre des requêtes

Faites entrer les requérants !

 

 

amitié belle phrase

 Vous avez raison, mon ami, l’amitié n’est jamais qu’une belle phrase. Bon, je suis peut-être pessimiste, il peut y en avoir plusieurs, l’amitié, ce n’est jamais que des belles phrases. Puisque nous sommes tellement d’accord sur un sujet si important, pourquoi ne deviendrions-nous pas amis ? Qu’en pensez-vous, mon ami ?

 

blog ou on c est tout sur ulysse

 Sais tout ?

 

bonne fête parfaite

 Non, aujourd’hui, c’est la Saint Georges. Revenez à la barre et souhaitez-moi « Bonne fête, Georges », et surtout, n’oubliez pas le cadeau. Si vous n’avez pas d’idée de cadeau, ce n'est pas grave, donnez-moi des euros, les verts de préférence, pour que ce soit assorti à mes chaussettes, ça fait toujours plaisir. Voilà, glissez-les dans mes chaussettes. Comme ça, ma bonne fête sera parfaite.

 

Comment se faire éditer chez Gallimard ou Grasset ?

 C’est un peu vexant, Madame, j’ai écrit tout un livre sur le sujet, « Le Vertige des auteurs », un vrai livre qui a été co-lauréat du Festival du Premier Roman, rien que ça, et vous semblez ne même pas l’avoir lu. Comment ? Vous ne lisez jamais les premiers romans ? Eh bien, puisque c’est comme ça, Gallimard non plus. Et Grasset pareil, pas mieux. Huissier, infligez la lecture du « Vertige des auteurs » à Madame.

 

 

ce trouve le joint le decument

 Eh bien, euh… Huissier, faites venir le traducteur. Quelle langue ? Je vais demander à la dame. Comment dites-vous ? « Du français, c’teu question ! » ? Huissier, faites venir un traducteur français ­– français c’teu question.

 

comment commencer un récit

 Moi, je les commence presque toujours par « Voici mon récit : »Il y en a un autre que j’aime bien, c’est : « L’autre soir, alors que je coupais les ongles de mon chat avec la râpe à fromage… » C’est plus original, mais il faut avoir chez soi une râpe à fromage et, bien sûr, un chat qui se laisse faire. Il faut aussi avoir une suite à mettre derrière. Je vous dis ça, mais je vous préviens : il n’y a jamais personne pour lire mes récits.

 

comment écrire j'ai repeint

 Mais… mais vous y êtes, mon vieux ! Vous y êtes ! Un grand bravo pour le monsieur qui a repeint. Non, pas vous, monsieur, ne vous applaudissez pas, vous avez plein de peinture sur les mains, ça ferait des éclaboussures.

 

comment se faire editer en banlieue

 Allez à Choisy-le-Roi, esplanade François Mitterrand, en bas de la tour Quatre, sortez votre mégaphone et criez bien fort : « Ohé, y a-t-il ici un éditeur qui veuille m’éditer ? ». Si personne ne répond, c’est bon signe, c’est que l’éditeur, tapi derrière sa fenêtre, palpitant, attend la suite. Ne le décevez pas : ouvrez votre manuscrit, mettez votre mégaphone à fond, et commencez la lecture en articulant bien. Aucune réaction ? C’est bon signe encore, c’est qu’il ne trouve rien à corriger. Si l’on vous chasse, passez à la tour Cinq.

Huissier, donnez un mégaphone à monsieur, et arrêtez de vous esclaffer, monsieur va croire que…

 

donner moi un extrait du livre l'ile de calypso a partir de quand il arrivera

 Eh bien, c'est-à-dire, euh… Huissier, faites revenir le traducteur, oui, le même…

 

écrire un roman pour les nuls

Et pourquoi me le demandez-vous à moi ? Huissier, traitez monsieur de connard, parce que moi, je suis poli. Et bastonnez-le, parce que je suis non-violent. Il y a des moments où je le regrette.

 

  est ce que vous croyez a la meteo ?  

 Croyez-vous que je vais vous répondre ? Et si je vous réponds, croyez-vous qu’il faille me croire ?

 

facile de parler dans le dos des autres

 Pouah ! Avec la mauvaise haleine que vous avez, c’est effectivement la meilleure solution. C’est quoi, cette fragrance ? Du hareng à l’ail mariné dans du jus de tabac froid, peut-être ? Non, ne me répondez pas, passez dans mon dos si vous voulez poursuivre cette conversation.

 

fashion victime lire 4 eme de couverture

 Je ne vous laisserai pas dire de telles méchancetés, seule la jalousie inspire vos propos. Huissier, expulsez ce malotru.

 

fauteuil bien-être 9 positions

 Mon pauvre monsieur, on trouve son bien-être dans la position qu’on peut. Attendez, ne partez pas, donnez-moi quand même l’adresse du fournisseur : il coûte cher, ce fauteuil ?

 

finir vite un livre

 J’essaie, j’essaie, mais il me faut quand même au moins quatre mois, sans compter les corrections. Ne me mettez pas sous pression, ça me ralentit. Trop tard, ça y est, du coup, il va falloir que je reprenne tout à zéro. Dommage, j’en étais déjà au deuxième paragraphe.

 

qu'est ce que les autres ont de plus que moi?

 Rien de plus, petite madame, c’est simplement vous qui avez moins que les autres. Continuez à y croire.

 

recits examens medicaux genants

 Bon, puisque vous y tenez, je vais vous narrer l’opération de mon panaris purulent… attendez, ne vous évanouissez pas tout de suite ! Huissier, conduisez ce monsieur à l’hôpital, et faites-lui passer un examen médical gênant, puisqu’il semble aimer ça…

 

remerciement pour un soutien avant un vote

 Vous espérez un remerciement ? Oh, le naïf ! C’est vous qui êtes supposé le remercier de vous avoir laissé le soutenir. Comment, qui je vise ? Personne, personne, je dis ça comme ça.

 

une fille qui pleure et l'autre qui rit

 Puisque vous avez le choix, préférez la fille qui pleure. Parce que le jour où l’autre arrêtera de rire, ce sera vous qui pleurerez.

 

Pankarte jok et panneaux montcuq

 Vous avez la question, vous avez la réponse, ne revenez plus ici avec vos requêtes stupides. Bon, puisqu'il n'y plus de requêtes intelligentes, l'audience est close, il faut que j'aille voter. 

 

 

 

 

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Published by Georges F. - dans Chambre des requêtes
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