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  • : Blog de Georges Flipo, auteur
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  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:24

 

J’écris ce billet pour Pierre (oui, excusez-moi, je dis bien Pierre, pas Patrick, voir hier), qui voulait savoir "comment écrire une bonne nouvelle littéraire ", mais j’autorise les autres visiteurs à le lire.

 

bebe-hippopotame.jpg


 

Puisque, cher Pierre, vous me posez la question avec une telle confiance, mieux vaut être prudent : je ne suis que nouvelliste, je ne suis pas tous les nouvellistes. D’autres répondraient autrement, et leur réponse serait néanmoins très respectable. Surtout s’ils s’appellent Kipling, Quiroga, Maupassant, Ambrose Bierce, J.L. Borges, Francis Scott Fitzgerald. Ou, si vous préférez les vivants, Annie Saumont, Claude Pujade-Renaud, et presque tous les chers nouvellistes qui sont invités à « Place aux Nouvelles », chaque année à Lauzerte. Je dis presque tous, car il y en a que je n’ai pas encore lus.


 

"Comment écrire une bonne nouvelle littéraire ?" Je réponds pour moi, ce qui est déjà assez difficile. D’autant plus qu’il y a deux adjectifs de trop dans la question : bonne et littéraire.


 

Il m’arrive rarement d’ouvrir mon PC en me disant « Ah, cette semaine, je vais écrire une mauvaise nouvelle, j’ai déjà une bonne mauvaise idée de départ ». Et pourtant, j’ai écrit de mauvaises nouvelles. Vous ne les avez pas lues, car elles n’ont pas été publiées. Une mauvaise nouvelle, ça s’écrit exactement comme une bonne, sauf qu’à l’arrivée elle est moins bonne sur tous les piliers – quels piliers, on verra ça un peu plus loin.

 

 

De même, il m’arrive rarement de me décider à écrire "une bonne nouvelle littéraire". Comment écrire une bonne nouvelle policière ? Là, oui, d’accord. Comment écrire une bonne nouvelle fantastique ? Oui aussi. Ou noire, historique ou science-fiction . Tout cela a un sens, car il s’agit d’un genre, d’un registre, avec parfois ses codes. Mais il n’y a pas de genre "littéraire", et heureusement. Tout peut être littéraire si c’est bien écrit. Ou si cela apporte quelque chose à l’histoire de la nouvelle : un style, une vision du monde, etc. C'est un autre débat.

 

Le sujet traité sera donc, plus simplement "Comment écrire une nouvelle". Vous ajouterez autour les qualificatifs qui vous arrangent. Et tant mieux si elle est bonne ou littéraire. 


Ouvrez les cahiers, sortez les crayons, et notez.

 

Je pars presque toujours d’une situation : la confrontation de deux ou plusieurs personnages, ou d’un personnage face à un obstacle. Très vite, je donne un cadre, un décor, autour de cette situation. Généralement, je ne fais qu’esquisser ce décor. Mais il m’est arrivé de traînasser volontiers sur ce décor, même quand je l’installe dès le début de la nouvelle. Mon record de traînasserie, c’est le début de l’Étage de Dieu :

 

 

Il y avait sept étages. Le septième, c’était celui de Dieu.


Dans l’agence de publicité Théodos & Associés, toute carrière ne pouvait être qu’ascensionnelle, on l’avait expliqué à Tanguy dès son entrée. Au rez-de-chaussée, derrière le hall d’accueil, il y avait les services généraux et les coursiers. Les seuls qui avaient le droit de sentir la transpiration. Au premier, la fabrication, le studio d’exécution et les stagiaires, le petit peuple taillable et corvéable sans un merci. Au deuxième, les départements hors-média, le marketing direct, le hors-média, ceux qui n’osaient pas toucher à la publicité ; on parlait d’eux avec un sourire condescendant, comme de cousins de Belgique. Au troisième, la création. Jadis, elle avait occupé le cinquième, mais elle était redescendue – un signe des temps. Au quatrième, les commerciaux, les chiens de chasse : ils tenaient les clients, ils rapportaient l’argent. Au cinquième, la finance-comptabilité qui traquait et qui encaissait, le département médias qui brassait les millions, et les Relations Humaines qui considéraient toute humanité comme trop humaine. Au sixième, les seigneurs et les salles de bal : les directeurs et les espaces de réunions.


Le septième, c’était l’étage de Dieu.


Achille Théodos, le président Théodos, savait que personne au sein de l’agence ne l’appelait Achille, ni Théodos, encore moins le Grec ou le président. On disait Dieu, et il en parlait avec un sourire indulgent. Il régnait sur l’agence, elle n’était qu’une cathédrale à sa gloire. Dieu est partout, Dieu voit tout : il était réputé pour sa capacité à débarquer dans une réunion client qui tournait mal, et à la reprendre en main. Dieu était omniprésent dans les étages. Chacun craignait sa terrible requête Où en est-on sur le dossier X, voyons un peu ça… Il pointait du doigt la stratégie approximative, refusait le casting d’un film, recadrait la mise en page d’une annonce, modifiait un plan-média ou gonflait un devis. Il n’y avait là aucun excès de pouvoir, simplement un surcroît de compétence, tout le monde le reconnaissait. Puis il repartait à son étage, seul, et chacun diffusait quelques nouveaux versets de la divine parole : Les signatures jeux de mots, c’est fini, ça ne se fait plus chez nous ou Il ne veut plus voir une stratégie sans un volet Relations Presse…


Juste en dessous de l’étage de Dieu, il y avait maintenant Tanguy.


J’ai patiemment gravi tous les étages  disait Tanguy avec un sourire modeste. Et le patiemment en faisait ricaner beaucoup, car on le trouvait très pressé ce jeunot. Assistant, chef de publicité, directeur de clientèle, directeur commercial, à vingt-huit ans il avait déjà pris ses quartiers au sixième. Mais comme Dieu l’aimait, tout le monde lui trouvait beaucoup de talent. Il était d’ailleurs fréquemment invité au septième étage, celui de Dieu. Car on n’allait pas au septième étage, on y était invité.


 

Un peu long, n’est-ce pas ? C’était un cas extrême : ce préambule volontairement bavard permettait en même temps d’installer les personnages majeurs et la tension qui les relie. En fait, toute la nouvelle était posée dans ce long incipit. Il ne restait plus qu’à imaginer l’histoire. La tension, qu’est-ce ? me direz-vous, si vous n’avez pas encore décroché. Parlons-en.


 

La tension, c’est le fil rouge qui guidera le récit, c’est aussi l’épice qui donnera un goût aux dialogues, aux focalisations sur tel ou tel personnage. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit décodée, mais elle doit être constante, même invisible, omniprésente dans l’esprit de l’auteur.

 

 

Exemple de tension : dans la nouvelle L’incartade in « Qui comme Ulysse », la tension se pressent puis se précise : « Qu’est-ce qui va craquer dans la micro-société trop parfaite de ces sept copines bourgeoises aux sports d’hiver ? » ou dans L’indifférent (même recueil) : « Comment se dénouera la confrontation entre deux personnages qui, chacun, joue jusqu’à l’incarnation son personnage au Carnaval de Venise ? »


 

Une situation avec des personnages, plus une tension, il ne reste plus qu’à créer une histoire.


 

Quand je débutais, cette histoire me paraissait primordiale. J’y réfléchissais dans son déroulé, ses rebonds, je me la récitais comme si je racontais un scénario à un producteur. Après en avoir écrit ainsi une bonne quinzaine, le résultat n’était pas satisfaisant (et d’ailleurs seules cinq sur les quinze ont plus tard été publiées, après amples modifications). J’ai fini par remarquer que, dans presque toutes ces nouvelles, les meilleurs passages étaient ceux en décrochage du récit, ceux qui ne lui semblaient pas indispensables.  J’ai donc changé de méthode, et j’ai tenté quelques nouvelles où l’histoire se contentait de quelques évolutions, de quelques changements des états d’âme des personnages, annoncés par les dialogues ou par la voix off, en focalisation. Des nouvelles psy, ou à effets artistiques. Des nouvelles sans intérêt, qu’on quittait avec soulagement. Je n'ai pas persisté longtemps. La solution n'était pas entre les deux, elle était plus ou moins les deux.


 

J’ai fini par comprendre qu’une solide histoire est nécessaire, mais qu’elle ne doit être que le support sur lequel s’accrochent la situation, le cadre, la tension. C’est avec ces trois éléments qu’on crée de la beauté, « de la littérature ». Je ne néglige nullement l’histoire – TOUTES mes nouvelles publiées sont construites sur une vraie histoire, une histoire de conteur. Mais je n’ai aucun scrupule à modifier cette histoire, si son déroulé nécessite un passage trop laborieux, une explication trop balourde. Dans mon prochain recueil (Tous ensemble mais sans plus, sortie début octobre), l’histoire de certaines nouvelles a été complètement modifiée, à plusieurs reprises, sans dommages.


 

Généralement, les « histoires » de mes meilleures nouvelles sont simples à résumer : quelques phrases suffisent. Les histoires à multiples rebonds, à entrelacs, donnent des nouvelles laborieuses, pénibles à lire : le lecteur y devine une structure de roman, et s’y sent frustré : il y manque le souffle, le drapé du roman. La pauvre nouvelle court de toutes ses forces pour tout raconter en moins de 30.000 signes, elle pue la transpiration. À titre d’exemple, mon roman « Le film va faire un malheur » était, à l’origine, une nouvelle. Une de mes toutes premières. Epouvantable, il faut le reconnaître. C’est bien plus tard après l’avoir transformée en scénario, puis en roman, qu’elle a commencé à respirer, à devenir lisible. Je le raconte dans mon site, voir http://www.georges-flipo-auteur.com/pages/9._le_film_va_faire_un_malheur.html


 

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.


 

Dans la prochaine chronique, je parlerai de mes « ficelles », du rythme de la nouvelle, de l’ellipse et du ralenti, du ton de narration, de la focalisation interne, de la réécriture. Et je ferai un zoom sur les personnages et les dialogues. Ah que ce sera instructif !


 

En attendant, dépêchez-vous de réfléchir, d’inventer une situation, un décor et des héros, une tension, une histoire. Vous aurez déjà votre prochaine nouvelle presque prête


 

Hasta luego ! 

 

Le visuel, c'est un bébé hippopotame. Cela n'a pas de rapport, mais ça fera plaisir à mes petits-enfants.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 08:32

 

Dalida.jpg

Je trouve ce matin dans ma boîte à mails un petit courrier touchant de simplicité : un certain Pierre me demande "Comment écrire une bonne nouvelle littéraire ?" Il ajoute que ça ferait un billet intéressant, le cher Pierre. C'est tout juste si je ne devrais pas le remercier de me donner un si beau sujet à traiter.

Je pourrais me dépêcher de l'oublier, mais pas moyen. La question trotte dans l'hémisphère droit du cerveau. C'est comme un tube de Dalida qui traîne en tête, pas moyen de s'en débarrasser. Je vais me la poser toute la journée, et je reviens y répondre demain matin. Mais à une condition : promets-moi, cher Pierre, de ne pas venir ensuite me demander "Comment écrire une bonne nouvelle fantastique", "Comment écrire une bonne nouvelle policière ?" "Comment écrire une bonne nouvelle de science-fiction ?". 

Comment écrire une nouvelle, je pourrais volontiers répondre. Ce qui me tracasse, c'est ce "bonne", que Pierre glisse ingénument. Et ce "littéraire" qu'il ajoute. Comment une bonne nouvelle pourrait-elle ne pas être littéraire ? Ah, ça ç'aurait été une bonne question.

On se revoit demain avec la réponse. Ou, à défaut, je vous chante un tube de Dalida.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 14:11

 

Lauzerte.jpg

Le visuel n'est pas très salivant, j'en conviens : je ne voulais pas que Lauzerte paraisse trop salivant sans moi.


Il y aura du beau monde dimanche prochain à Lauzerte qui sera, le temps d'un 9 septembre, la capitale de la nouvelle française. Du si beau monde que je pleure de ne pouvoir être présent en si bonne compagnie. Hélas, un gros pépin de santé survenu cet été m'oblige pour un bon moment à éviter toute fatigue, toute émotion forte. Or le bonheur est une émotion forte, il va falloir m'en priver.


Tout le gratin des nouvellistes sera là : Marie-Hélène Lafon, Frédérique Martin, Claude Bourgeyx, Anouar Ben Malek, Marc Villard, attendez, ce n'est pas fini, : Manu Causse, plus les très chères et talentueuses Emmanuelle Urien et Françoise Guérin - qui animera un atelier d'écriture de plus en plus réputé ;  j'allais oublier les vedettes de la journée : Julien Campredon, Dominique Fabre, Annic Demouzon, Dominique Paravel, et Anna Rozen, qui seront finalistes du Prix de la Nouvelle.


Il y aura aussi : Pierre Autin-Grenier, Franz Bartelt, Claude Daubercies, Benoît Fourchard, Shmuel Thierry Meyer, Isabelle Minière, Corinne Pourtau, Laurent Richioud, Fabien Sanchez. Franchement, que voulez-vous de mieux, à part moi ?


Il y aura enfin des auteurs de livres pour la jeunesse, deux auteurs de B.D., des bons : Charles Berberian et Jean-Philippe Peyraud. Et ce n'est pas tout, zut, je ne trouve nulle part de liste exhaustive. Complétez-la en commentaires, si j'ai oublié d'autres nouvellistes. Et soyez attentif : vérifiez bien que je ne suis pas dedans.

Renseignez-vous sur internet, notamment sur le site de Place aux nouvelles :

www.placeauxnouvelles.fr


Allez-y, faites provision de recueils pour vos cadeaux (on n'offre pas assez de nouvelles à Noël, c'est pourtant un cadeau très chic), faites-vous dédicacer des livres, ou simplement bavardez pour le plaisir.


Allez-y, le dimanche 9 septembre à Lauzerte de 11 h à 18 h. Allez-y, et revenez me raconter à quoi peut ressembler Lauzerte sans moi. Que je pleure tout mon saoul durant le mois de septembre. D'ailleurs, je commence, rien qu'en écrivant ce billet. Mais c'est pour autre chose.

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 17:40

On fait du nouveau avec ce qu'on peut : je viens de changer mon site (page d'accueil, en dessous). Une fois qu'il était terminé, mis en ligne, et couvert d'éloges par son auteur, je me suis rendu compte que l'adresse n'était plus la même.


Si vous aviez enregistré, comme lien, le radical court, 

 http://www.georges-flipo-auteur.com,

tout va bien, rien ne change.


Si vous aviez enregistré le lien complet vers la page d'accueil, 

http://www.georges-flipo-auteur.com/pages/24alhomepag.html,

ça ne marche plus ; il faut garder seulement la partie du radical.


Ou, si vous le préférez, vous entrez la nouvelle page d'accueil :

http://www.georges-flipo-auteur.com/pages/24achome.html

 

C'est bizarre, cela me paraissait très simple. Mais plus j'explique, plus ça devient compliqué. C'est comme ça, quand on est écrivain, on peut faire 10 pages avec un speculoos trempé dans un verre de bière.


J'ai aussi changé le contenu ; pas complètement, mais c'est plus léger. Allez-y voir, et dites ici ce que vous pensez de cette nouvelle version. Je vous préviens, je n'ai pas changé de chien. Mais lui, il a changé ; dans la nouvelle version, il ne parle plus. Sans doute intimidé par ma réussite.


Si vous n'avez pas que ça à faire, contentez-vous de regarder la page d'accueil, en-dessous. C'est joli, c'est la Villa Barbaro, en Vénétie. Un jour, avec mes montagnes de droits d'auteur, je la louerai pour un week-end. Pour inviter tous mes lecteurs, bien sûr, je suis royal. Mais seulement quand les montagnes seront encore plus hautes que mes impôts. 


page-accueil-du-site.jpg

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 10:17

Le travail d'un auteur ne consiste pas seulement à écrire, mais aussi à faire savoir. Ecrire, c'est difficile, mais c'est faisable. Le plus complexe, c'est de faire savoir. Là, je pêche : j'en fais trop ou pas assez, selon les époques. Et quand je fais, je m'embrouille. Ce qui est peu pardonnable quand on tient un blog d'auteur.

 

Un exemple typique, c'est la gestion des "Commissaire" : comme le premier (La commissaire n'aime point les vers) vit une nouvelle vie, avec sa réédition en folio (oui, ça marche très bien, merci), le minimum serait de présenter une revue complète des critiques parues dans les médias. Je m'aperçois que je n'en ai jamais fait une synthèse, qui peut intéresser les nouveaux lecteurs venus de Folio. Ils trouveront cela en dessous, avec mes excuses pour ceux qui connaissent cela par coeur. En publiant cette pige presse, je sens un malaise : il me semble préparer un éloge funèbre. Mais non je vous rassure, la Viviane va bien, voir les deux paragraphes ci-dessous. 

 

Le deuxième (La commissaire n'a point l'esprit club) se porte bien (il se lit plus facilement en été, paraît-il). Je viens d'en donner la revue complète des critiques.

 

Le troisième, je suis en train de l'écrire. La commissaire baignera dans l'art et dans la Bretagne. Plus facilement dans l'art, l'eau est moins froide qu'en Bretagne Nord.

 

Quand on me pose des questions sur le premier ou le deuxième, je réponds parfois en pensant au troisième. Le plus drôle, c'est que souvent l'interlocuteur ne s'en rend pas compte. Autre hypothèse, plus probable : il s'en rend bien compte, mais il est très poli ou charitable.

 

Et, au milieu de tout ça, mon nouveau recueil de nouvelles paraîtra cet automne. L'équipe d'Anne Carrière est assez confiante. Et comme je suis dans l'équipe, je suis aussi assez confiant. Nous avons eu un premier déjeuner de travail à ce sujet la semaine dernière - excellente cuisine italienne, merci. Il est assez difficile de parler de façon synthétique pour parler d'un travail qui se fait de façon impulsive, par à-coups. Difficile de trouver une logique globale au recueil (ce sera un recueil thématique), alors que chaque nouvelle s'écrit comme si elle était seule au monde. Et pourtant, il y a bien une logique globale. Elle n'est pas inventée a posteriori, pour faire joli. Elle était là pendant l'écriture, pendant la mise en ordre, sans qu'on le sache ; elle nous guide de façon très confuse, mais elle est là. Le lecteur "extérieur" la découvre parfois plus immédiatement que l'auteur. On verra tout cela dans deux mois.

 

En attendant, voici la pige de la commissaire et de ses vers. Et à partir du prochain billet, vous pouvez revenir. Fin du week-end promotionnel, les chroniques normales reprennent.

 

Commissaire LIRECommissaire vers l'avenir completLa-comissaire-vers--365--L--Action-Francaise.jpgLa-comm-vers--365-Le-francais-dans-le-monde.jpgLa-commissaire-vers-365-Direct-Lille.jpgLa-commissaire--365-France-3.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

La-commissaire-vers-365-Libe.fr.jpgLa-Comm-vers-750-Livres-Hebdo-2.jpglivres-hebdo-corrige-OK.jpgLa-comm-vers--365-Le-soir.jpgLa-commissaire-Vers-365-Les-affiches---le-moniteur.jpgLa commissaire vers 750 Dauphiné LibéréBiba.jpg

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 12:31

Voici les autres articles concernant "La commissaire n'a point l'esprit club". C'est évidemment trompeur, quand on ne garde que la meilleure phrase d'un billet. Tant pis, je n'ai gardé que cela. Et dans le cas de l'interviex sur Radio Notre-Dame, je n'ai rien gardé du tout. Rien qu'un très bon souvenir de cette rencontre avec la chère Elise Fischer. 

Ce sera tout concernant les médias. Demain, ce sera la recension des blogs, et ce sera complet. La semaine prochaine, je ferai pareil pour "La commissaire n'aime point les vers". Et je serai alors vraiment en vacances.

Je n'écris guère de billets sur mes lectures, ces derniers temps. C'est une mauvaise pioche : je laisse tomber chacun d'eux au milieu du parcours. Tiens, si vous n'avez rien à faire, proposez-moi donc quelques bonnes lectures. La chronique vous est ouverte.

 

En attendant, voici donc la fin de la pige de "La commissaire n'a point l'esprit club".

Commissaire Club 750 Le Dauphiné Libéré

Et celle-ci. Les "Notes" m'ont donné deux & &. Ou trois, je ne sais plus. Dans le doute, disons deux.

Commissaire Club 750 Notes biblio

Et celle-là. C'est très bien vu, je suis exactement comme mon livre : intelligent, fin, dénué de toute vulgarité. Je me le répète chaque matin en me coiffant devant le miroir. En me rasant, ce serait trop long, j'éclaterais de rire. En tout cas, avec un billet pareil, je voterai royaliste aux prochaines élections. 

Commissaire-Club-750-Action-Francaise.jpg

Et pour finir, un peu de radio :

Radio Notre Dame

That's all, folks. Et n'oubliez pas, proposez donc quelques lectures en commentaires. Cela remontera le niveau culturel de ce blog.

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:48

Je n'ai guère soigné ce blog cette année, mais j'ai un mot d'excuse du médecin. Il me faut maintenant accélérer les remises un jour, notamment pour l'actualité de "La commissaire n'a point l'esprit club".

 

Je vais commencer par le moins urgent : la recension des articles parus concernant ce dernier livre. Et ça commence mal, j'ai perdu le press-book de la pauvre commissaire. Certains articles avaient été scannés, j'ai pu rattraper les dégâts. Pour d'autres, je n'avais gardé qu'une ou deux phrases, les plus valorisantes, bien sûr. J'ai remonté le tout comme j'ai pu, et je mets en ligne. Si vous en avez d'autres, ou certains plus complets, merci de me faire signe. Gratitude et louanges assurées.


Vous voyez, c'est aussi ça le travail d'un auteur. Quand j'étais collégien, en 5ème, je rêvais d'être archéologue. Mon prof principal m'en a découragé "Archélogue, toi, Flipo ? Choisis autre chose, t'es bien trop désordonné !" (C'était l'époque où un professeur de français n'aurait jamais dit "bordélique"). J'ai embrassé une carrière d'écrivain - j'ai toujours adoré cette expression. Et même pour ce métier-là, il faut être ordonné. Tant pis, je n'embrasserai plus rien d'autre.


Copie de Commissaire Club Livres-Hebdo

 

Au-dessus, un des trois articles intacts. Voici le deuxième :


 Le Soir, club

 

Et le troisième, une longue interview dans le Magazine des Livres, par Joseph Vebret :


Mag-Livres--58-et-59.jpg

 

Mag-Livres--60-et-61.jpg

Mag-Livres--62-et-63.jpg

 

Cela commence à faire beaucoup pour un billet, j'ai la tête qui gonfle. Je publierai la suite demain.


 


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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 09:44

Puisque j'ai fini d'écrire mes nouvelles (pour cette année), je me goinfre maintenant des nouvelles des autres. Les deux derniers que j'ai lus n'ont rien à voir avec ce que j'écris, c'est pour cela qu'ils sont intéressants. Attendez, je vous rassure, le mien aussi est intéressant. Il commence mal, ce billet, tant pis.


Les voici, ces deux recueils. J'aurais bien aimé vous montrer aussi la couverture du mien : elle est très belle, on vient de m'envoyer (hier soir) le document définitif. Je pourrai bientôt vous la présenter. En attendant, je peux déjà vous donner le titre ; ce sera "Tous ensemble, mais sans plus". Inutile de le celer plus longtemps, il est déjà annoncé sur le site de la Fnac. 


A ce propos, je recommande au vilain individu tout haineux d'attendre la publication du recueil pour en dire le mal qu'il a déjà décidé d'en penser. La première fois, quand sortait La Diablada, il en a écrit quelques lignes toutes fielleuses sur le site de la Fnac, mais il l'a fait trop tôt : le bouquin n'était pas encore imprimé. Ah, il faut savoir patienter quand on veut jeter des cailloux !

 

Je reviens à ces deux recueils : "Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée", par différents nouvellistes coréens, chez Zulma, et "Les bulles", par Claire Castillon, chez Fayard.

Coree.jpgCastillon.jpg

Je n'avais jamais lu de nouvellistes coréens. Je suis sorti de ce recueil comme un ethnologue déconcerté. Il y a là toute la nouvelle vague des nouvellistes coréens. Plein, plein, et des poids lourds. Ils savent choisir leurs sujets, camper leurs situations, installer leurs personnages, trouver leur ton et raconter leur histoire. Bref, ils savent écrire des nouvelles, ce qui n'est pas donné à tout le monde.


Et pourtant, j'ai eu du mal à les lire comme de la littérature. Ce qu'ils décrivent est si étrange qu'on oublie la qualité des textes pour s'intéresser aux personnages, aux mentalités, aux coutumes, aux rapports sociaux. Il en ressort que les Coréens sont beaucoup moins normaux que nous autres. Quand on lit les nouvellistes viet-namiens, par exemple, on doit reconnaître qu'ils font de gros efforts pour nous ressembler, malgré le régime politique qui les encadre. On ne peut que les féliciter, cela facilite le travail de lire leurs nouvellistes, d'en constater l'excellence.


Mais les Coréens - je précise les Sud-Coréens, je n'imagine même pas les nouvelles nord-coréennes, d'ailleurs en existe-t-il ? leur Glorieux Leader Héréditaire leur a-t-il donné l'autorisation d'en imaginer ? - les Coréens, disais-je, sont résolument différents de nous autres, ce recueil m'en a convaincu. Je serai désormais bien plus suspicieux avant d'acheter un grille-pain ou un 4x4 coréen. J'ajouterai que les femmes, là-bas, sont encore plus différentes. Moi, à leur place, je préférerais être un homme. Mais j'aurais mauvaise conscience vis-à-vis des femmes : elles en supportent, les pauvres. C'est peut-être pour cela qu'elles écrivent des nouvelles (elles sont majoritaires dans le recueil). Un besoin de régler ses comptes.


Tout cela pour vous recommander de lire ce recueil et de venir en parler sur ce blog. Même si vous êtes une femme. Surtout si vous êtes une femme.

 

Je n'avais jamais lu Claire Castillon. Mais la quatrième de couv m'annonce d'emblée qu'elle a été traduite dans 20 langues. Je suis d'emblée archi-battu, avec mes pauvres 5 petites langues. J'en étais tout fier jusqu'ici, mais 20 ! Je n'arrive même pas à imaginer où les trouver, ces 20 langues. Le finnois ? Le croate ? Le rajahstani ? Non, le rajahstani, ça ne marche pas, c'est une langue qui, je crois, n'est que parlée. J'avais un ami indien polyglotte que j'avais aidé à préparer sa candidature à des masters français. Dans son dossier, il avait eu besoin de scotcher un rabat pour préciser toutes ses langues, avec son niveau pour chacune. En tête figurait le rajahstani (ou le penjabi ? je ne sais plus), en indiquant : Langue maternelle, parlée, non écrite. Ce qui ne faisait pas sérieux. Tout cela pour dire que je n'avais jamais lu Claire Castillon, pas même en penjabi.


Le sujet de ce recueil, c'est une galerie de personnages vivant dans leurs bulles. Des personnages odieux ou victimes, chaque fois en 4 à 10 pages. C'est bien imaginé, bien écrit. Mais vite lassant, peut-être à cause du propos même. Tous ces odieux qui viennent en jubilant "Tu l'as vue, ma sale gueule ?" ou ces victimes qui chuchotent "Excusez-moi, c'est moi, pauvre de moi ". On finit par se lasser de sa propre indignation ou de sa compassion, ce sont des sentiments vite épuisables, tant ils sortent sous pression.


La lassitude est peut-être accélérée par un petit défaut : une trop grande uniformité de ton. Quand on fait parler des gens, il me semble important que chacun ait sa voix différente (détail souvent oublié par les auteurs débutants dans les dialogues). Claire Castillon n'est pas une débutante, et il n'y a pas de dialogues dans son livre. N'empêche que tous les odieux, quand ils viennent se raconter, semblent avoir la même voix. Leur prénom est différent, son odiosité aussi, mais on a quand même l'impression de déjà le connaître chaque fois qu'il arrive.


Dans ce recueil, une perle : Elisabeth. Une perle de quatre pages, commencez par la lire debout à la Fnac : vous êtes prévenu, vous risquerez de l'acheter, ce recueil.


Il va falloir que je lise un autre recueil de Claire Castillon, j'ai dû mal tomber. Et vous ?



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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 17:26

 

4 livres nouvelles

On parle un peu plus souvent des nouvellistes, un peu plus qu’avant dans les médias : trois ou quatre élus ont chaque année le droit de montrer le bout de leur nez. Je commence dès maintenant à épiler le mien, au cas où je ferais partie du lot avec mon prochain recueil.

 

Il est pourtant des nouvellistes dont on ne parle jamais : ceux qui vous apportent des nouvelles, du quotidien, de l’information, avec un éclairage littéraire. Il arrive même que l’éclairage soit plus important que l’information éclairée.

 

Le plus illustre d’entre eux est Félix Fénéon (en fait, on ne mentionne jamais son prénom, on dit simplement Fénéon). Fénéon avait inventé, il y a plus d’un siècle, les nouvelles en trois lignes. Et plus exactement en 135 signes maximum. Des nouvelles courtes, écrites avec un irrésistible détachement.

Un exemple ?

Émilienne Moreau, de la Plaine-Saint-Denis, s'était jetée à l'eau. Hier elle sauta du quatrième étage. Elle vit encore, mais elle avisera.

Un autre ?

Quatre maires encore de suspendus en M.-et-L. Ils voulaient maintenir sous les yeux des écoliers le spectacle de la mort de Dieu

Nota bene, décodage : c‘était à l’époque de la guéguerre de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il s’agissait de retirer ou non les crucifix dans les écoles, sous l’impulsion des maires.

Bien entendu, la nouvelle n’était guère importante : l’intérêt était de la compacter en trois lignes, si possible avec une tournure légère ou énigmatique. Tout un genre littéraire en trois lignes.

J’ai déjà lu plusieurs fois ces billets. Avec un réel plaisir, mais peu persistant, comme les chouquettes : au bout d’une demi-douzaine, on perd goût à la chose. Ces chroniques n’étaient d’ailleurs pas écrites pour être lues en une seule fois : elles paraissaient sous forme de billets quotidiens, dans Le Matin.

 

Jean-Louis Bailly a pris sa relève, un siècle plus tard, avec ses « Nouvelles impassibles » parues chez L’Arbre Vengeur, la maison d’Eric Chevillard. Jean-Louis Bailly a droit au prénom, car il y a trop de Bailly partout, notamment chez les écrivains. Ils sont une vingtaine sur le site de la Fnac. Rien que des Antoine Bailly, il y en trois, me semble-t-il. Revenons à Jean-Louis Bailly, il a bien du talent. Et de la modestie : par déférence envers Fénéon, il a publié 1209 nouvelles en trois lignes, soit une de moins que Fénéon. Mais il s’est permis quelques signes de plus : 150 au lieu de 135. Fénéon aussi se permettait parfois plus de signes que Fénéon, j’ai compté.

Jean-Louis Bailly les a écrites avec impassibilité (d’où le titre), avec un brio que j’admire. Les mots rares et précis y abondent. L’horrible est constamment présent, plus encore que chez Fénéon.

Un exemple ?

Le geste sûr, un galant chauffeur aidait des collégiennes de Montigny à se hisser dans son car. Une cellule de crise apaise les filles éplorées.

Un autre ?

Marseille. 30°, les nudités de la plage du Prado… une jeune musulmane ose exposer son cou. Le pudique mari lui brise le nez. 2 ans, 6 mois ferme.

C’est élégant, narquois, peaufiné. Un seul reproche, le même que pour Fénéon : il faudrait ne lire qu’un billet par jour. Cela dit, quand on a acheté le livre, rien ne nous en empêche. Quatre ans, c’est vite passé.

 

Dans un genre un peu différent,  Thierry Wojciak (plus connu sous le nom de LVE quand il tient son blog Lire, Voir, Entendre) a publié Comme des papillons dans les phares (égarements). Des faits divers qu’il collectionne depuis des années. Des glauques, des insupportables, des effrayants, des rigolos, des sidérants, comme il le dit dans son avertissement liminaire. Le propos n’est plus ici de faire compact, mais de raconter, avec une forme littéraire, sur un ton détaché, moqueur, comme on narrerait un soir, devant un feu de cheminée. C’est amusant, étonnant, et cela s’enchaîne plus aisément que les nouvelles en trois lignes. Je ne donne pas d’exemple, ce serait trop long à recopier.

Pas mal d’humour anglais dans la manière de rapporter les faits.

Thierry Wojciak s’est édité lui-même. Son livre eût sans doute été plus médiatisé chez un éditeur en place, et en tout cas mieux référencé chez les libraires. Mais il se vend bien, notamment sur son blog, ou sur le site ad hoc. Ceci n’est pas une page de pub déguisée ; la preuve, c’est que je vais faire un reproche à l’auteur. Il manque à son livre un passage chez un bon correcteur. C’est dommage, ça le dévalorise.

 

Il y a une variante qu’on connaît mal, c’est le Livre des bizarres, de Guy Bechtel, qui vient en complément du Dictionnaire de la bêtise (Bouquins). Ce livre est une galerie de personnages ahurissants, extrêmes, dont la biographie est aisée à écrire, car leur existence est monothématique. Je ne vous donnerai pas non plus d’exemple, je ne sais lequel choisir. Mais, par exemple, le magnat de presse William Randolph Hearst semble soudain presque normal. Il a quand même droit à deux pages pour lui tout seul. On pourrait écrire une nouvelle sur chacun de ces illuminés. Je me demande d’ailleurs pourquoi je ne le fais pas. J’ai une bonne excuse, je viens d’écrire un recueil, un vrai, avec des personnages nés ex nihilo (Nihilo c’est moi), et ça me suffit pour cette année. Il sortira à la mi-automne.

 

Pourquoi pas à la rentrée littéraire ? Parce que je n’ai pas voulu : il est trop dur à un recueil de nouvelles de surnager face à la déferlante des 647 romans qui sortiront en septembre. J’en ai fait l’expérience en 2008, avec Qui comme Ulysse. Malgré ses trois étoiles du Nouvel Obs, et son élection comme Livre du mois par les 1.000 bibliothèques pour tous, devant le Prix Goncourt, il n’avait même pas le droit de figurer sur la table « Nouveautés » des Fnac. Heureusement, l’accueil formidable de la blogochose avait permis de pallier ça.

 

En fin octobre, tout sera plus facile. Enfin, j’espère.

 

Bon, je m’écarte du sujet. Et quel était-il, ce sujet ? Ah oui, je voulais parler de nouvelles Je voulais surtout parler de quatre livres que j’aime bien. Repartez sous votre parasol, cette chronique est terminée.

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 18:41

 

Un homme perdu

J’ai lu avec plaisir le dernier recueil d’Emmanuelle Urien « C’est plutôt triste un homme perdu ». Un beau recueil qui confirme qu’elle a raison de revenir à la nouvelle, son registre de prédilection. Ca commence bien, ce billet, c’est idiot, ce que j’écris : elle était déjà revenue à la nouvelle avec son recueil précédent « Tous nos petits morceaux ». Et, de toute façon, des prédilections, elle en a autant que de registres.

Bon, disons que dans ce tout dernier recueil, j’ai plus l’impression de la retrouver.

Je retrouve sa façon de raconter, en tournant en spirale autour de son personnage. Je retrouve sa façon de rendre naturelles, crédibles, et même intéressantes les situations les plus extravagantes (et, entre « Gaudium », « Mélodie Urbaine » et « Têtes mortes », il fallait quand même oser y entraîner le lecteur). Je retrouve enfin son style, sans effets forcés : chaque phrase semble avoir poussé là car le terrain lui convenait.

C’est un court recueil, mais bien composé. Une sorte mallette d’échantillons de ses talents. Du quotidien étrange, très humain, avec la première, du fantastique scientifique plutôt souriant avec la seconde,  du bizarre avec la troisième – elle sera très déçue de ce qualificatif, mais je n’ai pas trouvé mieux, je ne suis pas habitué aux nouvelles d’autofiction racontées par une pierre, c’est peut-être moi qui suis bizarre, vaguement raciste, mauvais chrétien, je n’arrive pas à considérer une pierre comme mon prochain. Et puis zut, je ne vais pas continuer à vouloir chercher trois mots pour résumer chaque nouvelle, Emmanuelle Urien mérite mieux. Elle mérite que vous le lisiez, ce recueil. Les suivantes, dont je n’ai pas parlé, sont encore meilleures

Vous pourrez le lire, mais vous ne pourrez pas le feuilleter. C’est un livre informatique, virtuel, un cyber-livre. C’est ce qui explique son prix ahurissamment bas (ne cherchez pas dans le TILF, il n’y est pas, cet ahurissamment) : 3,99 €, ce n’est pas assez cher pour un livre. Alors, pour vous rappeler le juste prix des choses, on vous a interdit de le feuilleter. Ce qui peut frustrer les amoureux du papier, comme moi. Si vous êtes, vous aussi, amoureux du papier, je vous suggère d’acheter une ou deux rames de papier avec l’agent économisé, et de longuement les feuilleter.

Mais lisez d’abord ce recueil et revenez me dire si c’est moi qui suis bizarre.

 

Si vous voulez l’acheter, allez chez Amazon / Apple / Feedbooks / ePagine / Bookeen Immateriel. Il ne coûte que 3,99€. Non négociables.

Si vous êtes radin, commencez par un extrait gratuit, en  EPUB ou en PDF

Ne me demandez pas ce que c’est que de l’EPUB, faites comme moi, faites semblant de savoir.

Si vous êtes très radin, limite sordide, volez-le. Mais cela ferait de peine à Emmanuelle Urien, ce sera elle que vous volerez. Et de toute façon, pour voler un livre virtuel, il faut être un peu tordu. Or j’interdis la fréquentation de ce blog aux tordus. Mes personnages le sont suffisamment comme ça.

 

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