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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Actualité brûlante

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Mais rien ne vous empêche d'aller faire un tour sur le site www.georges-flipo-auteur.com  

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Pour une lecture plus structurée, cliquez juste en dessous : pavé "pages" ou pavé "catégories".

Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

Archives

Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
Actu du noir (Jean-Marc Laherrère)
Actualitte.com, Nicolas
Alex (Mot à mots)
Amanda Meyre
Annick Dor
Antigone (Les écrits d’Antigone)
Armande 22,  Les livres-bonheur
Aude (Mots dits)
Balmeyer
Biblioblog (Laurence)
BibliObs
Bibliophagie (Sybilline)
Bibliosurf
Biffures chroniques
Blog de Thomas Clément
Bloghotel
Blog-o-book
Boojum
Bookingdom
Bric à book, Leiloona
Brigit Hache
BSC News
C’était demain, Dominique Boudou
Cabinet de curiosités d’Eric Poindron
Cafebook (Emma)
Calipso,
Calibre 47 (Claude Mesplède)
Calou, L’Ivre de lectures
Carnet de lectures
Carnets de Pierre
Carnets de sel (Essel)
Caro[line] 5ème de couverture, 
Catherine (La culture se partage)
Cathulu
Chaperlipopette
Chez Lo
Chiffonnette
Chimère (A livre ouvert)
Choupynette (Y'a d'la joie)
Chroniques littéraires
Clair et net
Clarinesse (L'œil du vent)
Claude Le Nocher
Clopin-clopant (Clopine)  
Comme dans un livre
Cozop
Critico-blog
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Cunéipage (Cuné)
Daniel Fattore
Danielle, Maux d’auteurs
Dasola
De livres en livres
Digressions (Joseph Vebret)
Ecrivains-voyageurs
Eireann (Yvon)
Eloah (À lire, à croquer)
Emmanuelle Urien
En lisant, en voyageant, (Keisha)
Encres vagabondes, Patricia Châtel
Enna lit, Enna vit
Eric Fouassier
Espaces, CNES
Eulalie
Evene
Extra-ball, (Dorham)
Fabelire
Fabula Bovarya,
Flof 13 (Lire et délires)
Florinette, Les lectures de Florinette,
Fluctuat.net
Forum A vos plumes
Forum Tir Na N’Og et Cie
Frédérique Martin
Gaëlle Pingault
Géothèque
Géraldine (Les coups de cœur)
Gwenaelle (Skriban)
Happy Few, Fashion Victim
Hautefort, club Littérature
Hebdo des notes,
Indications
Initiales
Interlignage
Jean Calbrix
Journal  d’une lectrice (Papillon)
Kalistina
Kathel, Lettres exprès
Kheops
La bibliothèque du dolmen
La caverne d'Ankya
La cuisine des mots (Ciorane)
La Factory
La liseuse (au fil de mes lectures)
La Mère Castor
La Péniche.net ( Bureau des Arts de Sc. Po )
La pile à lire d'Hécléa
La plume et le citoyen
La Revue Littéraire (Blog Leo Scheer)
La scribouillarde
La tête dans les pages
Labyrinthes avec vue
Le bibliomane
Le blog d’Ameleia,
Le goût des livres (Aifelle)
Le retour de l'être aimé
Le Scribe
Lechoixdesbibliothécaires
Lecture & Ecriture
Lectures et autres (Sylvie)
Leo Scheer (La revue littéraire)
Les chroniques de Mandor
Les jardins d’Hélène
Les lectures de Martine,
Les livres de l'Arrajou
Les penchants du roseau
Levraoueg (La tourneuse de pages)
Librairie des voyageurs, Les 5 continents.
Lignes de fuite
L'île, la petite île
Lili (Des livres et moi)
Liliba
Lily et ses livres
Lire et délires (Flof13)
Litote en tête
Livres pour vous
Livres et Cinéma (Yohann)
Lou, My Loubook 
LVE, Lire Voir Entendre
Lyvres (Yv)
Magali Duru
Maïté Bernard (sur Bibliosurf)
Malice
Manu Causse
Marc Sefaris
Mary's colors
Maud et les mots
Mercedes G.F.
Mes lectures (Phil)
Mille et une pages (Stephie)
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Monde du livre.com,
Mot Compte Double (Françoise Guérin)
Mots en bouche
N.U.L.L.E., Erzebeth
Nicolas Ancion
Nuit blanche
Obiwi
Oceanicus in folio
One big day
Pages à pages
Parfum de livres
Pascal, Le disque 
Pickendorf (Qui hodie agisti)
Pimprenelle
Posuto
Pralineries (Pralines)
Pr'Ose (Emma Bovary)
Prudence
Quichottine,
Quoi de 9 Cécile ?
Roseau
Rue des Livres
Salondulivre.net
Saxaoul
Scriptural (Schlabaya)
Serial lecteur
Site de Brigitte Niquet
 
Sylire
Tamara (Tamacultire)
Thaïs, Arc-en-ciel, 
Turquoise (Un moment Turquoise)
Valérie (Un fil à la page)
Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)

Yspaddaden

Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 07:29

Désolé, pas de chronique aujourd'hui, pas même de réponse à vos commentaires si sympa, je suis en plongée.
Je dois faire face à une légère accélération de planning.
Je me suis levé à 5h45, les oiseaux chantaient, mais pas moi. Je ne chante jamais en bossant, encore moins quand je suis en plongée. Le tuba qui émerge du flot de dossiers et documents, c'est moi.
Quand la chose sera rendue, je m'occuperai de littérature. Je dirai ce que j'en pense. C'est dire si ce sera extraordinaire.
J'écrirai tard s'il le faut, mais j'écrirai le message sur la littérature après lequel plus aucun message sur la littérature ne sera possible. Vous pourrez dire plus tard "J'y étais".
A demain, si vous le voulez bien. 

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 07:55
 
 Voici maintenant un mois que j’ai ouvert ce blog.

 

En fait, j’en avais d’abord ouvert un autre, sur Technikart, l’espace de quelques jours, et je l’ai quitté précipitamment : ce passage m’avait suffi à me faire référencer sur Google (quand on tape mon nom « Georges Flipo ») sur trois recherches assez cracra (je cite mot pour mot) : « Recherchez : site grosse mamelle sur les blogs Technikart.com » ça ce n’est que la première, en hors d’œuvre, puis en plat principal  « Recherchez : mot de passe site de cul sur les blogs Technikart.com » et en dessert, beurk, «  Recherchez : sites-porno-avec-animaux sur les blogs Technikart.com ». Très chic, n’est-ce pas ? Je ne sais qui je dois remercier pour cette plaisanterie pleine de finesse. Et je n’arrive pas à imaginer ce que ça aurait donné comme recherches Google si j’avais gardé ce blog huit jours de plus.

Sur le nouveau blog over-blog où vous me lisez, quel bilan ?

J’avais ouvert ce site « en réceptif », afin que les visiteurs de mon site d’auteur puissent déposer leurs commentaires, leurs questions. Paradoxalement, ce blog a déjà reçu en un mois presque autant de visiteurs uniques (1.222) que mon site en vingt mois. Vais-je devoir utiliser ce blog comme plate-forme vers le site ? Ces stratégies bloguesques me dépassent. J’ai l’impression de toucher à l’infini. Tous les conseils sont les bienvenus.

Puisque j’ai des visiteurs (et je ne vous dirai jamais assez le plaisir que me font ces visites, ces commentaires), il faut les recevoir avec des plats qui ne sentent pas le moisi : je suis surpris de voir que je n’ai guère de problèmes de renouvellement (reste à savoir si c’est intéressant). Mais je ne veux pas dépasser la cadence de deux billets par semaine, car j’ai aussi du vrai travail, et même du vrai travail d’auteur.

Reste à savoir d’où viennent ces visiteurs. Il y en a que je connais de longue date (on ne se dira jamais assez bonjour), ils viennent de chez eux. D’autres viennent de quelques blogs d’amis qui m’ont référencé en lien, merci. Pour les autres, c’est un délicieux mystère : ils viennent de « communauté plateforme », je ne sais pas ce que c’est, je ne suis inscrit à aucune communauté, je suis le type le moins communautaire que je connaisse. Ils viennent de « provenance externe », ce qui me paraît assez logique, je n’héberge aucun visiteur clandestin chez moi. Ils viennent même de « moteurs de recherche », et je mets à part les amateurs de grosses mamelles. On me trouve en tapant « James Ellroy interview » ou « Club Med Europe de l’Est ». J’espère que ces visiteurs-là n’auront pas été trop déçus. Pour les consoler, je vais préparer une interview imaginaire de James Ellroy, je situerai ça dans un village du Club Med d’un pays de l’Est.

En fait, je ne sais pas ce qu’il faut faire pour recevoir des visites. Il y a sur les pages de configuration des tas de cases et mentions du type « Syndication, RDF, Atom, RSS » auxquelles je ne clique que pouic. Faut-il en chercher ? Comment bien les choisir ? Y a-t-il un site magique où les blogueurs littéraires présentent leur blog ? Est-ce différent dans le cas de blogs d’auteurs ? Là encore, les conseils sont les bienvenus.

Devenu blogueur, je blogue chez les autres pour connaître le petit monde dans lequel j’ai ouvert mon stand, et je découvre qu’il est immense : j’ai répertorié plus de 300 blogs purement littéraires. Dont plusieurs sont très bons, et même excellents. Écrits sans faute d’orthographe, parlant bien de livres intéressants, donnant des aperçus de qualité sur l’actualité littéraire. Bref, "valent le clic", et je vais certainement les répertorier dans la rubrique jointe. A ce propos, comment connaître les blogs où l'in est répertorié en lien ? Encore une énigme. Les blogs, c'est comme les prophéties de Malachie en moins bien classés.

Cela se visite facilement, on est tenté de déposer un commentaire ici ou là, et, à la fin des visites, on découvre qu’on passe plus de temps à lire et écrire sur les blogs qu’à lire des livres ou à écrire des manuscrits (j’ai de la chance, jusqu’ici mes manuscrits deviennent des livres, mais je commence par écrire un manuscrit). Le pire, c’est que ça n’est pas désagréable. Merci à tous ces blogs qui m’accueillent et m’ouvrent les yeux sur tant d’auteurs.

C’est l’inconvénient de ces blogs : plus on les visite, moins on se sent cultivé. On découvre des dizaines d’auteurs parfaitement inconnus que plein de blogueurs semblent avoir lus. Alors, pour avoir bonne conscience, on laisse un billet  affirmant qu’on ajoute tel roman, tel auteur sur sa LAL (vous voyez, je fais des progrès, je parle blog couramment). C’est un mensonge de velléitaire : au mieux, je relirai le billet du blog, au pire je relirai la LAL.

Je vais essayer, dans les prochaines semaines, de revenir un peu plus à l’objet initial de ce blog : parler plus souvent de mon actualité littéraire. Car elle va être assez agitée. J’essaierai de garder le même ton, sans tomber dans l’auto-glorification. Si ça m’arrive, n’hésitez pas à me le faire savoir. 

Les blogs d’écrivains, ce sont jusqu’ici les plus décevants (à part ceux que je mentionne ci-contre, en  liens).  Mon blog est-il en train de découvrir un blog d’écrivain ? J’ai peur.

P.S. Et pour répondre à mon visiteur qui voulait mon blog rank : ça y est, je l'ai,  c'est 67. C'est correct ? Ca vous va ? Je peux continuer ?

 
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 12:50


Je ne participe quasiment plus aux concours de nouvelles, qui constituent pourtant un agréable revenu d’appoint quand on les prépare sérieusement. Ces concours m’ont beaucoup apporté quand je débutais, il y a quelques années, mais il me paraît normal de laisser la place aux nouveaux venus dans ce petit monde.

La situation est assez curieuse : ces concours sont souvent considérés comme destinés aux amateurs, et leur permettent de faire lire leurs travaux de façon délicieusement anonyme par des lecteurs attentifs qui parfois les couronneront. Mais les lauréats de ces concours sont fréquemment les mêmes, et les plus goulus peuvent y devenir de vrais professionnels, gagnant plus que beaucoup d’auteurs publiés. J’en parle par expérience, et d’autres excellents auteurs maintenant édités y ont vendangé de plus belles grappes que les miennes.

Il est pourtant un prix littéraire auquel je continue à participer régulièrement, c’est le Prix Hemingway.  Il a plusieurs particularités :

1. C’est le concours de nouvelles le mieux doté en France : 4.000 euros au vainqueur.

2. Il attire beaucoup d’auteurs publiés : cette année, 90 participants,  puis 20 finalistes, dont 18 sont des auteurs publiés. Le point 1 explique-t-il le point 2 ?  Attendez d’avoir lu le point 3.

3. Le thème des nouvelles est chaque année le même : la corrida.

4. Le recueil des nouvelles finalistes est chaque fois d’excellente qualité. On y a vu passer des plumes telles que Pierre Bordage, Jean-Paul Didierlaurent, Magali Duru, Françoise Guérin, Antoine Martin, Céline Robinet. Je mets par ordre alphabétique, et je m’y glisse d’ailleurs avec délice entre Magali Duru et Françoise Guérin. Les auteurs sont rémunérés : cela me paie les homards du début des vacances, à chaque participation.


Ce Prix a été créée par Marion Mazauric, fondatrice des Editions du Diable Vauvert, et fana de corrida. Quand vous verrez entrer dans l’arène les alguazils à la corrida de la feria, regardez bien la cavalière sur le cheval gris pommelé, c’est Marion.

 

Faut-il être fana de corrida pour participer ? Non, et c’est une autre caractéristique de ce prix. La liberté de pensée va, chez les jurés, jusqu’à la liberté de penser contre. Certains des textes primés ne sont nullement des hymnes à la corrida. Dans chacune de mes nouvelles taurines, le toro sort de l’arène indemne, et cela donne des nouvelles qui plaisent au jury. Je n’ai pas fait exprès, c’est maintenant que je le remarque. Je préfère occire les homards plutôt que les toros. 

 Je serai, comme lors des éditions précédentes, présent pour les différentes opérations d’animation littéraires prévues du 8 au 12 mai, pendant toute la feria de Nîmes. Peut-être y rencontrerai-je certains des passants de ce blog. Prenez-contact avec moi par mail.

En attendant, allez faire un tour sur la page du site du Diable Vauvert qui présente ces animations : 
http://avocatsdudiable.free.fr/ph_anim.htm

 L’animation qui m’intéresse le plus se passera dans l’arène, le vendredi soir. Mais ce ne sera pas une corrida, ce sera la remise des prix. Un vainqueur, dix-neuf battus. Si c’était une corrida, le vainqueur sortirait avec 19 banderilles plantées dans l’échine.

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 23:23

  Attention, ce tableau fait l'objet d'un copy-right. Site-galerie de l'artiste : ici.

 
J’écris une nouvelle, une des plus importantes de ma vie. Et personne ne le saura.

En cinq ans, j'ai déjà pondu, outre les romans, une septantaine de nouvelles pour l’édition, une cinquantaine d’autres pour la radio. Dans cet empilage, il y a, pour moi, trois ou quatre nouvelles essentielles, et rares sont ceux qui le perçoivent.

Ces trois ou quatre ne sont pas forcément des nouvelles graves, des nouvelles longues. Ce sont des nouvelles qui traitent de sujets auxquels j’ai longuement pensé, cherchant la forme dans laquelle je pourrai les emballer. La plupart des lecteurs les avalent en les trouvant simplement amusantes, ou étranges. Et je suis peut-être le seul à savoir que j’y ai déposé une partie de moi, partie que j’ai laissé le texte emporter parce qu’elle devenait trop encombrante.

Et parfois, dans un salon, une visiteuse inconnue arrive, me disant « Cette nouvelle-là, on sent que c’est terriblement vous ». Je lui dis qu’elle a raison, je me sens tellement proche d’elle, je comprends  que je vais laisser filer une amie exceptionnelle. Mais que lui dire d’autre ? Je rédige ma dédicace, et je la regarde partir.

C’est le privilège du nouvelliste : se déposer où il veut, par fragments. S’exposer discrètement au regard de chacun.
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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 19:54

 

  Un polar, est-ce de la littérature ? C’est une des plus vieilles tartes à la crème qui traînent sur la blogosphère. Je connais toutes les références qu’on s’échange à longueur de débats sur le sujet, un peu comme un joueur d’échecs connaît les réponses possibles dès qu’on ouvre du pion de la reine. Oui, oui, je sais, Simenon, d’accord,  Bioy Casarès et Poe, et Balzac, hein…

 

Mais le jour où l’on écrit son premier polar, on découvre que cette question est une vraie question, qui vous taraude dès le premier chapitre et qui ne vous lâche pas avant le mot « fin ». Et encore : il y a huit jours que j’ai achevé mon premier polar, et je continue à me demander : « Un polar, est-ce de la littérature ? ».

 

En fait, cette question n’est une vraie question que pour chaque auteur. Elle n’est importante que pour lui, et lui seul en détient la réponse.

 

Je n’avais jamais imaginé écrire un polar il y a six mois. Mais il est arrivé une drôle d’histoire à mon roman précédent, le second, que j’avais la faiblesse de considérer comme « littéraire ». Quelques lecteurs, après avoir officié, m’ont fait remarquer que j’aurais pu en faire un polar. J’en ai d’abord été outré, un peu comme si on proposait à Fellini de transformer son œuvre en téléfilm, à peine donné le clap de fin. Mais l’idée m’est restée. Et si j’écrivais un polar ?

 

Le « vrai » roman est parti, il vivra sa vie, il sortira en fin décembre au rayon littérature. Et l’idée était toujours là. J’ai donc voulu écrire un premier  polar comme j’ai écrit mon premier roman : juste pour voir si j’en étais capable.

 

Mais j’ai quand même voulu écrire un polar qui soit de la littérature. Pour me donner toutes mes chances, le héros du polar est même un sonnet. Je viens de finir ce polar, je ne sais pas ce qu’il vaut, je n’en ai pas honte, mais je sais que ce n’est pas de la littérature.

 

La marge de manœuvre m’a paru trop étroite, les possibilités de casser les codes trop restreintes, les exigences de rythme trop particulières. Et l’impératif de vraisemblance, d’exactitude policière trop pesant. Ce sera donc un polar, mais ce ne sera pas de la littérature. Chacun son rayon, ne serait-ce que chez le libraire.

 

Je vous expliquerai prochainement ce que va devenir ce manuscrit.   

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 18:33




« Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis »

 

C’est Armande qui dit ça, dans la scène 2 de l’acte III des Femmes savantes.
Elle est bien, Armande.

Cette petite phrase m’a toujours enchanté, tant elle résume la mentalité du monde des lettres, mais elle résume encore mieux celle des blogs.
Est-ce une bonne idée de créer une telle catégorie ? Vais-je brouiller l'image de ce blog qui est suffisamment confuse, ne serait-ce que dans ma propre vision ?
Je me suis posé la question avant d'ouvrir une nouvelle catégorie, celle des billets où je dirai du bien des autres.
Et puis j'ai pensé qu'un blog qui ne dirait que du bien de moi serait vite à court d'idées, vite lassant. Surtout pour moi.
Voici donc cette nouvelle catégorie.
Afin que les choses soient claires, je n'y dirai du bien que de mes amis :

- certains dont j'ai déjà lu et relu et relu encore les oeuvres. J.L. Borges, Kipling, F.S. Fitzgerald, Mrozeck, par exemple. Oui, ce sont d'excellents amis, mais ils ne le savent pas.  Il y en aura d'autres moins connus, ne vous inquiétez pas.

- certains dont je connais le talent, même si je n'ai pas encore lu leur dernière oeuvre. Mais c'est toujours chic, pour un blog, d'être le premier à célébrer un livre qui émerge sur le marché. Et il est parfois bon d'envoyer ses visiteurs en découvreurs, surtout quand il n'y a aucun risque. C'est une façon de les associer à ce blog.

Ce sera le cas aujourd'hui pour Eric Fouassier qui vient de publier un recueil de nouvelles "Petits désordres familiers", aux éditions d'un Noir si bleu. J'ai déjà lu une douzaine de nouvelles d'Eric Fouassier, et j'en ai toujours été impressionné. Notamment quand je le voyais arriver devant moi aux concours de nouvelles, dans ma vie antérieure.
Je me demandais d'ailleurs pourquoi il y participait si rarement, en ajoutant un léger petit ouf !
Maintenant, je sais : il donnait priorité à l'écriture de "vraies nouvelles", pondues spécialement pour l'édition.
Les nouvelles d'Eric Fouassier ont plusieurs particularités : il choisit de bons sujets, et n'écrit que pour intéresser. C'est dire si c'est piégeux. La construction est également surprenante : il y a toujours une vraie histoire, forte, avec un début, un milieu et une fin, le tout dans le bon ordre. C'est très déroutant, mais on s'y fait vite. Le style est propre, sans fioritures, avec juste ce qu'il faut d'effets littéraires pour relever la page, comme des brins de coriandre dans une sauce.
Je vous recommande donc la lecture de ces Petits désordres familiers et je serai ravi d'accueillir ici vos commentaires avant les miens, qui ne devraient pas tarder (mais actuellement j'ai quelques travaux qui brûlent). Si vous ne le trouvez pas encore en librairie, il est déjà disponible sur fnac.com.

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 12:07


L’autre jour, sur ce blog, Pascale Arguedas (Calou), critique littéraire, parlait de l’écrivain Éric Faye, et signalait l’interview qu’il lui avait donnée :

   http://pagesperso-orange.fr/calounet/interview/fayeexclusivite.htm

J’ai lu cette interview, et je vous la recommande : elle est excellente. Elle donne envie de connaître cet auteur et même ses livres. Suis-je passé par les bonnes portes ? Je commence par « Le syndicat des pauvres types » et j’ai du mal à entrer, je ne le retrouve pas. C’est peut-être une question de moment mal choisi, je reviendrai cet été.

Dans une de ses conférences, J.L. Borges expliquait à ses étudiants qu’ils ne devaient jamais se forcer à lire un livre : si un livre ennuie, il faut le refermer sans se fâcher sur lui, lui dire au revoir. Peut-être ne sommes-nous pas mûrs pour sa lecture.

Peut-être ne suis-je pas le bon lecteur de Faye, peut-être le trouvé-je simplement plus captivant dans ses interviews. Il n’y aurait là rien de déshonorant. Certains auteurs fuient les interviews, les considèrent comme une certaine mise sur le trottoir de leur pensée, de leur œuvre. Dans toute sa vie, Julien Gracq n’a donné qu’une interview – très intéressante d’ailleurs. Et je repense à cette interview de Yasmina Reza à propos des interviews :

 

Q. Vous trouvez qu’aujourd’hui on interroge trop les artistes ?

Y.R. Un artiste n’a pas à répondre de sa création. Elle devrait se suffire à elle-même.

 

C’est oublier qu’une interview peut aussi être une création. À condition qu’elle ne cherche pas à vendre.

Les interviews de J.L. Borges (décidément, j’y reviens) sont, par exemple, captivantes. Je pense à celles menées par Osvaldo Ferrari qui sont parues aux Éditions de l’Aube (collection Regards croisés), ou celles racontées par Alberto Manguel. Passionnantes aussi, celles qu’il a données conjointement avec Ernesto Sabato (très vite, elles tournent au dialogue). La Fnac les mentionne d’ailleurs comme « roman », elle n’a pas tort.

Ce qu’il y a de fascinant dans ces interviews, c’est que J.L. Borges ne répond pas à la question. Il commence par la répéter, ou la reformuler, puis dérape, passe de Cervantes à Shakespeare, nous noie dans les sagas scandinaves, s’arrête sur Voltaire. On a l’impression de voir folâtrer la pensée créatrice en liberté, en direct. Associations d’idées, comparaisons, tout est bon pour sortir du sujet.

J’ai eu la chance exceptionnelle de le voir répondre publiquement à une telle interview/conférence, à la Sorbonne, alors que j’étais un de ses jeunes lecteurs. Il était supposé parler de Martin Fierro et de la littérature gauchesca. Le seul qui en ait parlé est l’intervieweur, universitaire parisien, qui ne se résignait pas à le voir divaguer si librement. Le plus étrange était qu’il cherchait à capter le regard du vieil aveugle, pour mieux lui exprimer son inquiétude. Et chaque fois, il ne rencontrait que les yeux délavés du conteur qui semblaient sourire avant de l’entraîner vers L’Iliade, Goethe, et Kipling. La voix avait la douceur traînante des Argentins de Buenos Aires, l’articulation était celle d’un vieillard fatigué, mais la pensée était aussi enthousiaste et zigzagante que celle d’un adolescent qui, à la rentrée, veut parler de tous les auteurs qu’il a découverts pendant les vacances.

Quand on a entendu cela, quand on l’a lu, on a du mal à s’intéresser aux interviews de soixante secondes que la télévision concède aux écrivains. Mais il est déjà si rare qu’elle les concède…

Avez-vous trouvé sur internet d’autres belles interviews (je précise interviews non promotionnelles) à nous signaler ? Ne soyez pas égoïstes, faites-en profiter les passants.

 

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 08:29
 
 

 

Si j'en juge les commentaires, ou mails qu'on m'a directement adressés, mon récent billet sur le roman régional a pu heurter certains. Et j'en suis désolé : ce billet n'en méritait pas tant, le roman régional non plus. Ou régionaliste, ou régionalisant. Car il y a au départ un problème de définition. En France, il ne peut y avoir de débat littéraire sans controverse préalable sur les définitions.
Je sais ce qu'est une diffusion régionale : ça n'a rien de déshonorant. Mon second recueil, "L'Etage de Dieu" n'a été diffusé que dans le Nord - Pas-de-Calais et en Belgique car il était édité par le Furet du Nord. Cela ne l'a pas empêché de faire autant de ventes que le premier (La Diablada).
Je sais ce qu'est un éditeur régional. Ce peut être un éditeur simplement installé en région, mais avec une vocation nationale ou plus : Actes Sud est un éditeur régional. Le Diable Vauvert aussi. Le Castor Astral aussi (partiellement). Ce n'est pas moins chic que d'être installé rue des Saints-Pères. Beaucoup de bons auteurs ont d'ailleurs commencé leur carrière chez des éditeurs régionaux, plus ouverts, plus preneurs de risques. L'éditeur régional peut aussi avoir une spécialité régionale : livres sur le patrimoine de la région, qu'il soit architectural, historique ou culinaire. Il y en a d'excellents, vendus dans toute la France.
Mais un roman régional, ou régionaliste, ou régionalisant ? Là, je ne suis pas sûr de savoir.
Giono, Quefellec, Mauriac ou Pagnol ont écrit d'excellents romans, profondément ancrés dans leur région. Jorge Amado (Brésil) ou Hernan Rivera Letelier (Chili) aussi.
Etaient-ce des romans régionaux -régionalistes-régionalisants ? Non, c'étaient simplement d'excellents romans. Avec d'abord des personnages forts, des intrigues travaillées, un style personnel.
Et même d'excellentes régions.
Je ne considère pas la région comme un simple décor, elle peut être au coeur du roman. Elle peut être le terreau qui donne sa force aux personnages. Les quelques romans de Simenon qui se passent sur les canaux, près des écluses, se déploient vraiment au rythme des écluses : la région n'est pas là pour faire typique.
On peut trouver chez les éditeurs régionaux d'excellents romans qui se passent dans leur région. Et heureusement, puisque je connais de bons auteurs et même de bons amis qui publient ainsi leurs oeuvres. Oeuvres dont je ne critique pas la qualité.

Alors, qu'est-ce qui me fait grincer des dents, quand je vais dans les salons régionaux, sur les stands de certains éditeurs régionaux, en feuilletant leurs romans ? C'est cette avalanche de romans guidevertisants. On va le dire comme ça pour éviter les incompréhensions. Ce sont les romans aux personnages simplistes, aux intrigues minimales, au style laborieux, qui cachent leur absence de qualité derrière l'alibi régional.
C'est l'effet "C'est arrivé près de chez toi".
Pour capter le lecteur, on remplace le travail de romancier par celui de documentaliste. On multiplie les descriptions d'huissier : rues des villes, villages, et couleur du bétail. On glisse un maximum de recettes régionales, d'expressions régionales, de clins d'oeil historiques. Ce qui permettra, dans les salons du livre, d'interpeller le chaland "Regardez, vous êtes dans le livre ! ". Stratégie marketing défendable, certes. Mais...

Ces romans-là, on en voit de plus en plus. Certains lecteurs s'en réjouissent, les lisent en jubilant "Enfin des livres qui nous ressemblent !". Moi, cela me chagrine : j'aime bien les romans qui dérangent, ceux qui ouvrent les yeux. Ceux qui prétendent parler à des inconnus. Tout le contraire du marketing.

Voilà ce que j'ai pensé et mal dit dans mon précédent billet. L'ai-je mieux dit cette fois-ci ?

J'y pensais encore en voyant le film "Bienvenue chez les ch'ti". Mais c'est une autre histoire...


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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 09:32

 

 

Dans le Figaro Littéraire de ce matin, deux pages de Mohammed Aïssaoui sur les missions Stendhal sont bigrement intéressantes. 

 

L’idée est affriolante : offrir à un auteur un voyage lointain pour y  trouver l’inspiration, ou la documentation vivante, afin d’écrire un livre. Les quelques exemples donnés, par les auteurs élus eux-mêmes, ont une bonne odeur de passeport et de pages aux odeurs d’épices : Jean Echenoz, Jean-Luc Coatalem, Gilles Leroy, Brina Svit, Olivier Todd. C’est amusant, je prolonge sans y prendre garde le débat sur la littérature « régionaliste ». Je continue quand même, au risque de la contradiction. Pourquoi le voyage à l’étranger est-il source de tant de belles pages ?

 

Entendons-nous bien : je ne parle pas des récits de voyage (ceux de Gérard de Nerval, par exemple, sont pourtant presque aussi beaux que ses sonnets). Simplement de l’envie d’écrire qui gagne l’auteur dès qu’il débarque dans un décor où il n’est que voyeur. Je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais l’effet est immédiat. Le lendemain d’une arrivée à Mexico ou à New Dehli, j’ai l’impression de voir des sujets de nouvelles à chaque coin de rue. Suis-je normal ?

 

Bien sûr, à Buenos Aires ou Montevideo, on a plus fatalement des idées de nouvelles qui se passent à Buenos Aires ou Montevideo. On y rencontre des personnages moins policés, des décors moins prévisibles. Et quand on les raconte, on a besoin de les ancrer. Est-ce tomber dans une sorte de régionalisme exotique ? Disons de folklorisme ? Je ne crois pas : l’important, ailleurs comme ici, c’est de raconter de vraies histoires, de vraies émotions. Elles peuvent être plus étonnantes dans des emballages exotiques.

 

Dans mon cas, les nouvelles ancrées à l’étranger sont toujours des nouvelles de voyageurs, de touristes à l’étranger. Ce sera d’ailleurs le thème de mon prochain recueil, qui sortira fin août. Mais je me sens incapable de raconter l’histoire d’étrangers chez eux. Là, j’aurais l’impression de faire du folklorisme. Et surtout l’impression d’imposture. Au mieux, la vague culpabilité de piller le fonds de commerce des auteurs locaux.
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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 18:24

 

 
  Certains de mes propos sur le roman régional pouvant être mal interprétés, je vais les passer à la ponceuse lustrante.
A bientôt.
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