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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

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Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
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Voyage au bout de la lettre (Pitou)

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Yves Mabon, Prix Orange du Livre
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Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 06:41

   Nous continuons donc cette série de préludes. Je ne vais plus chaque fois mentionner dans le titre Prélude à "Tous ensemble, mais sans plus", tout le monde a maintenant compris. Tout le monde, ça commence à faire beaucoup de monde, et j'en suis tout ému. Est-ce un blog ou un forum littéraire qui aurait guidé ses propres visiteurs vers mes pages ? En tout cas, c'est très agréable, n'hésitez pas à suivre ce bel exemple. 

   Ou sont-ce Guillaume Musso, Marc Lévy, Katherine Pancol et quelques autres qui, contents par la publicité que je leur fais en fin de chaque billet, se sont décidés à me rendre la pareille ? C'est là la grandeur des grands.

   Aujourd'hui, prélude en mode géographique, prélude à la nouvelle "Les choses du marais". C'est cette nouvelle-ci qui a été à l'origine de ce recueil "Tous ensemble, mais sans plus".  Mais ce n'est pas la première qui ait été écrite : il m'a fallu environ trois ans pour en trouver le ton légèrement navré.

 


 

Présentation : « Ils ne sont pas du même milieu ». L’expression semble désuète, en notre société si fraternelle. Quand on l’utilise, c’est à voix basse, en l’accompagnant d’une petite moue peinée.  La question ne se pose pas vraiment pour Yannick Ferrier et Constance Beau-Denivard, qui sont diplômés de la même grande école, qui travaillent dans la même entreprise. La question ne se pose pas vraiment... ou presque : l’une vient de la belle banlieue de Lyon, celle du Nord. Et l’autre de l’autre, celle du Sud. Ce qui crée quelques différences, quelques sujets à éviter dans les discussions. Peu importe : ces sujets-là, Constance se dépêche de les enfouir dans un marais imaginaire, où on évitera de les laisser remonter.

 

Plan-de-Lyon.jpg


    Page 76

Le mariage approchait, et les fâcheries majeures avaient été évitées. Le marié porterait le frac gris, comme les pères. Au dîner, les tables seraient composées de façon homogène : invités Beau-Denivard d’une part, invités Ferreux de l’autre. Comme pour la messe. Et Constance se disait que s’il avait été possible de dresser deux grands buffets séparés pour le cocktail, ou même de célébrer deux mariages séparés, les deux familles auraient accepté avec enthousiasme.

   Tout semblait prêt pour des épousailles bon ton, bien lyonnaises.

   Un seul litige était apparu : Yannick avait souhaité que ses amis du hand fassent une haie d’honneur à la sortie de l’église. Bras tendus au-dessus des mariés, tenant des ballons de handball. Les parents Beau-Denivard avaient eu du mal à l’en dissuader. « Ce ne sont pas les usages, comment vous expliquer ? Faisons cela à la mairie, pour le civil, si vraiment vos camarades y tiennent », proposa le père, et l’on s’arrêta là.

   Mais cet incident n’avait pas été jeté au marais, Constance le savait bien.

 

 


 

Un peu de patience, le 4 octobre, jour de sortie du recueil, vous saurez comment s'est conclue cette belle histoire d'amour.

Si ce principe des préludes vous plaît, revenez demain. Ce sera un module N° 5, en mode "Enfance".

Si cela ne vous plaît pas, ne partez pas fâchés : allez lire autre chose, ici. C'est autre chose, je l'ai déjà dit. Mon altruisme me perdra.

 


 


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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 08:28

   Poursuivons la série des préludes, puisqu'ils semblent attirer des chalands : les visites sur ce blog viennent de connaître une succession de grands bonds. Sentez-vous ce grand bond qui nous fait tressaillir dès que nous passons sur ces pages ? Eh bien, bondissons, bondissons ensemble. Et n'hésitez pas à venir avec vos amis de blogochose si vous voulez que nous bondissions tous encore plus.

Aujourd'hui, prélude à la nouvelle "Changement de look". Comme la nouvelle, le prélude parlera donc de sexe. Ne faites pas sortir les enfants, il n'y aura là rien qui puisse faire rougir.

 

 


   Présentation : Aglaé est venue diriger une séance de relooking dans une agence de relations publiques. Un relooking peut être l’occasion d’estomper les fissures et fractures au sein d’une entreprise. La façon dont il est vécu peut aussi en créer de plus profondes, voire de plus salutaires. Qu’en sera-t-il de Sabrina ?  

 esclave-nue-2.jpg 

  Page 49

    Restait Sabrina, l’assistante d’Edmond. Elle avait plusieurs fois laissé passer son tour, jouant le contre-la-montre, espérant qu’il serait trop tard ou qu’on l’oublierait, elle était toujours si discrète. Mais non, il n’était que seize heures, on avait encore le temps de s’occuper de Sabrina. On allait bien s’amuser.

 

   Elle s’était avancée sous les rires féroces des autres. Docile, craintive, comme une esclave nue mise en vente au marché. 

 

   Aglaé l’avait longuement parcourue d’un regard consterné :

 

- Vous appartenez à une congrégation religieuse ? 

 

   Sabrina avait rougi et Aglaé avait tapoté, d’une main méprisante, ses cheveux droits retenus par un bandana, son chemisier chocolat fermé jusqu’à l’avant-dernier bouton, son pantalon noir flottant, ses souliers plats.

 

- Avec le corps que vous avez, vous pourriez être beaucoup plus sexy, avait soupiré Aglaé.

 

   Nul n’aurait d’ailleurs contesté que Sabrina avait des petites fesses pas déplaisantes et des seins bien plantés, pour autant qu’on pouvait en juger sous leur emballage informe.


 - Oui, beaucoup plus sexy. Ça vous fait peur ? avait insisté Aglaé sous les gloussements de l’assemblée.

 

   Et Sabrina n’osait pas répondre que plus sexy, oui, ça lui faisait peur. Tous les soirs, en sortant de son métro en banlieue, elle devait traverser la cité pour regagner son F2. Et sa seule chance d’y parvenir intacte, c’était de ne pas être sexy. À peine femme.

 

 


 

Pour connaître la suite, patientez jusqu'au 4 octobre, date de sortie du recueil complet. Sabrina vous y attend.

Si ce principe des préludes vous plaît, revenez. Demain, ce sera un prélude en géographie.

Si vous préférez autre chose, voilà autre chose, c'est ici. Mais je vous préviens, c'est autre chose. Sur ce blog, il y en a pour tous les goûts.

 

 


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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 06:46

 

 

Je continue donc la série des préludes, non pas afin d'appâter le chaland avant la parution du recueil "Tous ensemble, mais sans plus", oh non, pas mon genre, du marketing, moi ? -- mais dans une démarche culturelle, à seule fin que vous puissiez en parler dans vos dîners en ville, sans même l'avoir lu. Si l'on vous demande comment la chose est possible, assurez que, eu égard à votre notoriété, vous avez bénéficié d'un service presse. Et ajoutez un petit sourire en coin.

 


Présentation : le prélude N°2 sera du social. Il parlera de l'entretien d'embauche. L'entretien d'embauche est le point de convergence paroxystique de toutes les fractures de notre société. Dans le passage qui suit, extrait de la nouvelle "Tous ensemble, mais sans plus", qui a donné son nom au recueil (on dit éponyme, pour faire plus littéraire), Adrien Melzer, le D.R.H qui va mener l'entretien aborde l'épreuve serein : il a trouvé the curriculum qui le préservera de toute friction. Ce jeune Raoul sera le candidat zéro défaut.


entretien-d-embauche-2.jpg

 

 Page 24 :

   Raoul, un prénom démodé qui enchantait Adrien. Il sentait bon le label héréditaire que l’on se passait avec amour, de père en fils aîné, comme une montre de gousset. Célibataire, heureusement, puisqu’il serait appelé à voyager continuellement en France la première année. Une fille dans chaque port, ce serait de son âge. Ou plutôt dans chaque parfumerie, les occasions ne lui manqueraient pas, au garnement, avec les petites vendeuses.

   Né à Versailles, le 25 décembre 1988, parfait. Bientôt vingt-quatre ans, Raoul n’avait donc jamais redoublé de classe, il ne s’était permis aucun zigzag dans sa jeune trajectoire. Pas d’erreur d’orientation en début de parcours, pas d’année sabbatique à la sortie, ni de lavage de cerveau dans une quelconque O.N.G – cette abréviation-là, il l’acceptait, il aimait même parler d’« ongue » avant de décoder pour l’interlocuteur perplexe. Pas non plus de fourvoiement dans une éphémère start-up avec des potes. Non, un beau projet de carrière rectiligne. Amusante, cette naissance le 25 décembre. Madame avait dû ressentir les contractions au retour de la messe de minuit. À Saint-Louis ou à Saint-Symphorien, il en aurait juré. Études probables à Notre-Dame du Grandchamp ou au Sacré-Cœur. Pourquoi ne le mentionnait-il pas ? Ah, bien sûr, pour éviter les foudres d’un directeur des relations humaines franc-maçon – il était finaud, le jeune Raoul, il avait déjà compris que ces types-là étaient partout.

   Licence de sciences économiques à la faculté de Nanterre. Un autre bon point, et même un double. Il devait être légèrement rebelle, juste assez pour avoir refusé de faire une grande école comme papa. Mieux encore, il était allé se frotter au peuple, à Nanterre, dans une faculté notoirement rouge. Courageux, le petit gars.

   Master 2 de marketing à Paris-Dauphine. Rassurant. Après cette descente aux soutes, il était remonté en cabine des officiers, hé, la mixité sociale avait ses limites... 

 

 


La suite le 4 octobre. Raoul vous dit à bientôt !

Et l'idée de ces préludes, vous plaît-elle toujours ? Dans ce cas, demain, du sexe.

Si vous ne baignez pas dans la joie, il y autre chose, qui vous baignera peut-être plus. C'est ici. C'est sûrement très bien aussi, dans un genre différent. Différent, oui, ce doit être ça.

 


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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 09:55

Comme annoncé, voici venue la première nouvelle "Le club Vie intense". Mais attention, hé, ho, juste quelques lampées de la cuvée. Pour goûter le tonneau tout entier, ce sera le 4 octobre. Ah, saperlipopette, me revoici dans mes registres sémantiques habituels. Je m'étais promis de faire culturel (pour décrocher mes Palmes académiques), de parler de préludes, d'oeuvre et d'opéra, et voici que je retombe en oenologie. 

 


   

Présentation : Cette première nouvelle parle des fractures liées à l'âge. Pour vous donner le cadre, cela se passe dans un dîner mondain, un dîner de quinquas à Nantes - une de mes villes préférées, avec Lille, Lyon, et Caen pour localiser mes nouvelles. A l'une des tables, on s'ennuie ferme, on parle des vieux-vieux parents, des soucis affectifs, médicaux et financiers qu'ils occasionnent. Mathieu, un des convives inconnu de tous, un peu plus jeune, s'ennuie plus encore que les autres. Le décor est planté, moteur, action !


diner-truque.jpg

 

   Page 13

Thuya s’était retiré, laissant derrière lui une tablée silencieuse. Chacun se demandait s’il convenait de poursuivre la conversation ou de la renouveler. Une voisine prévenante se lança et demanda à Mathieu comment il s’en sortait avec ses parents.

- Oh ! répondit-il en un léger soupir, ils sont morts tous les deux l’an dernier, en Ukraine.

En Ukraine, ah, voilà qui changeait un peu ! Et la table sembla sortir de sa torpeur.  La médecine, là-bas, était encore rudimentaire, comme le fit remarquer un convive qui affirmait bien connaître la question, il avait failli y passer un week-end mais avait finalement préféré la Pologne. L’hygiène dans les hôpitaux était, disait-on, très douteuse : le plus banal des petits virus pouvait tourner au drame, et c’était sans doute ce qui était arrivé…

- Non, le rassura Mathieu. La médecine ukrainienne n’y pouvait plus rien. Ils sont morts dans un accident de deltaplane.

Un froufroutement étonné parcourut la tablée. On lui demanda enfin l’âge qu’ils avaient lors de l’accident.

- Mon père avait quatre-vingt-deux ans et ma mère un peu moins. Ça leur est arrivé au club Vie Intense, près de Kholonevychi, vous en avez peut-être entendu parler...

   Et comme on semblait connaître aussi peu le club Vie Intense que Kholonevychi, Mathieu expliqua : c’était un club de vacances sportives pour personnes âgées. Très âgées, précisa-t-il.

 


La suite le 4 octobre. A bientôt !

Et l'idée de ces préludes, vous plaît-elle ? Dans ce cas, demain, du social.

Et si vous n'aimez pas, ne restez pas, les bras ballants, à mâchonner votre déception, allez donc là-bas.

 

 


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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 10:46

vide-grenier-livres.jpg

 

Êtes-vous allés ce dimanche au vide-greniers de Levallois-Perret ? Non ? Ah, quel dommage ! Vous auriez pu y trouver le recueil « Tous ensemble, mais sans plus » à un prix défiant toute concurrence.

 

Il venait d’un tirage appelé « Épreuves non corrigées », avec cette mention en gros sur chacun des rares exemplaires. Il a été effectué en début d’été, à l’intention des commerciaux qui allaient présenter ce recueil à la distribution. Mais, chez l’imprimeur, il y a eu un vaurien qui a ajouté au tirage un exemplaire, juste pour lui, et se l’est gardé.

 

Ce n’est pas seulement un vaurien, c’est un voyou : il l’a mis sur le marché avant la sortie du vrai livre. Sur son exemplaire figurait pourtant un gros tampon « Sortie le 4 octobre ». C’est important car, dans le métier, l’usage et les bonnes manières imposent d’attendre la sortie avant de mettre en vente, dans le circuit parallèle, les exemplaires de service presse ou d’épreuves non corrigées.

 

Montage-vide-grenier-400-L.jpg

(Oui, c'est un photo-montage : la vraie photo prise était floue)

 

C’est très vexant pour un auteur, cette impression d’avoir, en quelque sorte, été volé de la sortie de son livre. Volé de son plaisir.

 

Je ne sais rien de ce voleur de mon plaisir, sinon qu’il travaille dans l’imprimerie (c’est sa fille qui l’a avoué au badaud étonné qui m’a rapporté la découverte). Je sais seulement qu’il a, sur tous les visiteurs de ce blog, un avantage injuste – surtout pour ceux qui habitent trop loin de Levallois-Perret pour y fouiner dans le vide-grenier. Il peut, lui, en parler dans les dîners.

 

Pour mettre tout le monde à égalité, ou presque, je vais donc, durant les dix jours qui nous séparent encore de la sortie de ce recueil, présenter au fil des jours, à chaque billet, une des nouvelles de ce recueil et en donner un extrait le plus représentatif possible. On appellera ça des préludes.

 

Ce qui vous permettra, dans les dîners en ville, de briller, vous aussi, en demandant « Avez-vous lu le dernier Flipo ? L’avez-vous aimé autant que moi ? », puis en parlant de ladite nouvelle.

 

Si vos convives avouent ne pas savoir ce qu’est un flipo, c’est quoi ce truc, quittez aussitôt ce dîner en ville, à la campagne, c'est tout aussi bien, et choisissez désoramis mieux vos amis. Si vous n’avez aucun dîner en ville de prévu dans la quinzaine, il en est temps d’en organiser quelques-uns. Les commentaires de ce blog sont à votre disposition pour organiser ça.

 

Reste une dernière hypothèse : si vous n’avez pas aimé les extraits de « Tous ensemble, mais sans plus », ne vous inquiétez pas, je vous donnerai chaque fois un lien vers des extraits d’un autre auteur, plus consensuel. Je commence dès aujourd’hui.

 

Et avec ça, tout sera plus simple. Ce sera l’assurance d’un dîner culturel très réussi.

 

Rendez-vous demain pour la première nouvelle du recueil : "Le club Vie intense".

 

 


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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 12:07

Trouver un titre pour un recueil de nouvelles, puis un visuel, c'est une grave question. Une grande partie de sa carrière va en dépendre. Pour mieux y répondre, commençons par une autre question :

 Les animaux qui figurent sur la première et la quatrième de couverture ne seraient-ils pas des manchots, alors que l’extrait de la nouvelle éponyme cité en quatrième parle de pingouins ?  

Tous ensemble, 1ère de couv 500 LTous ensemble, 4ème de couv 500 L

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la question posée judicieusement par une des lectrices, Didouchka, en un impitoyable commentaire d’hier.

Réponse : oui, je plaide coupable. Pour bien m'expliquer, il faut que je raconte tout. Accrochez-vous.

 

Pour un recueil de nouvelles, l’habitude est de choisir

> soit un titre d’une des nouvelles, considérée comme majeure dans le recueil (notamment dans le cas d’un recueil sans thème fédérateur),

> soit un titre ex nihilo, pour résumer l’ensemble, quand il y a un thème fédérateur.

 

 Kipling optait pour l’une ou l’autre de ces solutions :

> son premier recueil de 1888 s’intitule « Sous les cèdres de l’Himalaya » (Under the deodars), mais ne comporte aucune nouvelle portant ce nom. 

> son second recueil de la même année (oui, la même année, qu’est-ce qu’il pondait, et toujours de beaux œufs, alors que pour moi on s’inquiète de publier ponctuellement un livre par an, pfff !), s’intitule Wee Willie Winkie, titre d’une des nouvelles, pas la meilleure, à mon respectueux avis.

> Et, toujours la même année (il n’a pas dû prendre de vacances), il sort un troisième recueil (le meilleur, selon moi), qui porte un titre excellent « Le rickshaw fantôme, et autres contes étranges », encore plus joli en v.o. « The Rickshaw Phantom and other eerie tales ». Ce titre, à lui seul, même en raccourci,(The Rickshaw Phantom), annonce la couleur. Et ce recueil rassemblait des nouvelles très convergentes. Superbe année 1888, tout en progression, n’est-ce pas ?

 

Kipling.jpg

 

Moi, je fais pareil que Kipling. Enfin, presque : il a eu le Prix Nobel, tandis que, moi, je n’ai pas encore obtenu les Palmes académiques (faites quelque chose, je vous en implore, j’aimerais les recevoir avant de mourir ; à la limite, j’accepte qu’on les pose sur mon cercueil).

 la_diablada_200-L-jpg

Mon premier recueil, « La Diablada » était le titre de la nouvelle la plus spectaculaire. Inconvénient : une grande partie du public a cru qu’il s’agissait d’un ensemble de nouvelles diaboliques ou ensorcelées. Désolé, pas la trace de Belzébuth dans ce recueil. Une partie plus restreinte, sachant ce qu’était la diablada, (danse des mineurs boliviens) croyait qu’il s’agissait de nouvelles sur l’Amérique du Sud. Désolé encore, seules 3 nouvelles sur les 12 en parlaient. Le résultat, c’est que dans les salons, je devais commencer par expliquer « Non, ce n’est pas ceci, ce n’est pas cela non plus, c’est un peu de tout, n’importe quoi ».

Le libraire allait-il s’infliger un tel travail ? Non, bien sûr. Résultat : des ventes poussives, malgré la bonne critique. Il m’a fallu sept ans pour que le tirage soit épuisé, et que le recueil soit réédité (2011). Passons à l'épisode suivant :

 

Paniers-et-crabes-avec-titre-200-L.jpg

 Pour mon second recueil, rassemblant des nouvelles sur l’entreprise, j’avais retenu la leçon. Je l’avais intitulé « Des paniers et des crabes », et proposé un visuel de photo-montage, montrant un troupeau de crabes s’apprêtant à traverser la Seine au Pont de Neuilly pour partir à l’assaut des tours de la Défense.

L-Etage-de-Dieu-couv.jpg

Hélas, l’éditeur (Le Furet du Nord) a demandé un changement de titre, et a retenu « L’Étage de Dieu », nouvelle la plus dérangeante de ce recueil (Rappel : pour le choix du titre et de la couv', c'est l'éditeur qui l'emporte).  Et le visuel représentait un grand building d’entreprise, dessiné en contre-plongée. Erreur encore : une partie du public a cru à un recueil de spiritualité, et a pris le building pour le Mont Sinaï. Heureusement, un sous-titre en anti-phrase « 12 nouvelles à la gloire de l’entreprise » a réorienté… ceux qui le lisaient. Le tirage est maintenant complètement épuisé, même s’il n’a été en vente que dans le Nord – Pas-de-Calais. Demi-succès, passons à l'épisode suivant, il y a de cela quatre ans. Vous vous en souvenez peut-être :

Qui-comme--Vignette-1.jpg

 

Pour mon troisième recueil, « Qui comme Ulysse », j’ai raisonné autrement. J’ai opté pour les deux solutions en même temps. Ce qui est assez technique. Il s’agissait de présenter des nouvelles sur le thème des voyages, et plus précisément des voyageurs.

> Avant même d’écrire toutes ces nouvelles, j’ai choisi un titre évocateur, fédérateur « Qui comme Ulysse ». > J’ai ensuite retravaillé une des nouvelles de ce recueil (celle que je préférais), pour qu’elle puisse légitimement s’intituler Qui comme Ulysse. Je suis allé jusqu’à appeler son héros, un émigré argentin, Ulises, et je lui ai fait ouvrir un bistrot à empanadas qu’il appelle « Qui comme Ulysse ».

> Il ne restait plus qu’à trouver un visuel qui ne représente pas le légendaire et antique Ulysse, ni l'Ulises de ma nouvellle, mais un symbole du voyage. J’ai proposé une photo (mon œuvre) centrée sur une pile de trois valises, un canotier, un parapluie, dans un décor de pauvre chambre d’hôtel.

> Anne Carrière a judicieusement voulu qu’on aille plus loin et a accepté de financer une création du sculpteur Gilles Blanchard, représentant un voyageur balourd, une valise dans chaque main. Merci, Anne, le superbe visuel a beaucoup compté dans le succès du recueil : le tirage a été épuisé, et il a fallu le ré-éditer dès 2011

 

On résume la démarche : d’abord un thème fédérateur, puis trouver un beau titre le résumant, puis écrire une nouvelle forte qui puisse légitimement porter, elle aussi, ce titre. Puis chercher un visuel sans redondance, qui ouvre le focus sur le titre du recueil (il ne faut surtout pas chercher à illustrer la nouvelle éponyme), qui lui donne plus d’évocations. Il était bien cet épîsode, hein ? Passons au présent imminent :

 1ere-et-4-eme-de-couv-ensemble.jpg

Pour ce quatrième recueil, « Tous ensemble, mais sans plus », j’ai opté pour la même démarche (deux solutions en même temps, et cela même pour la quatrième de couv).  

> D’abord un thème, celui des fractures dans la société française : fractures tenant à l’âge, à la classe sociale, à la couleur, à l’origine, au handicap physique, le tout en une série de tableaux sur un ton… euh, j’en parlerai un autre jour, disons mon ton à moi, pas celui des politiques et penseurs de notre société.

> Le titre « Tous ensemble, mais sans plus » m’a vite semblé s'imposer, et même le visuel : j’en avais une maquette de pingouins, bricolée, sous les yeux tandis que je commençais à écrire ces nouvelles.  

> J’ai même écrit, dès cette étape, la première partie de ma quatrième de couv, résumant mon propos, un futur « extrait » d’une nouvelle pas encore écrite, mais qui me paraissait évidente dans la bouche du héros d’une nouvelle.

> J’ai ensuite écrit cette nouvelle, sur le sujet le plus nécessaire dans ce thème, une nouvelle qui portait le titre… et qui était une sorte d'agrandissement de l’extrait (mais quand même retravaillée pour mieux cadrer avec le ton du héros). Tout le monde suit?

 

 Je résume donc la démarche : d’abord un titre, puis glisser naturellement ce titre dans une longue phrase résumant la problématique du recueil (pour la quatrième), phrase qui sera, après ajustements, glissée (ici, en dialogue) dans une nouvelle appelée à devenir majeure dans ce recueil, et portant légitimement le même nom que le recueil (euh… il faut quand même l’écrire).

 

À l’arrivée, tout paraît agréablement simple pour le lecteur, même si le processus a été assez complexe pour l’auteur (ça ne marche pas du premier coup, il faut souvent tenter plusieurs pistes).

 

Pour « Tous ensemble, mais sans plus », il ne restait plus qu’à présenter le visuel. Ce visuel, celui des « animaux » en groupe serré, tenant à l’écart deux ou trois autres, était en quelque sorte dicté par le dialogue : « Des pingouins ! Vous êtes comme des pingouins sur la banquise, tous à vous renifler, à lustrer votre plumage… ».

On a cherché quelques autres visuels, quelques autres animaux, mais on revenait toujours aux pingouins. La couverture était pour eux, pour personne d’autre. Le graphiste d’Anne Carrière a retravaillé les photos de manchots pour aboutir très esthétiquement à cette situation d’exclusion, avec le léger humour qui se promène dans les nouvelles.  

Et tout le monde a été très content ?

 

Sauf que les pingouins, ce sont les pingouins, ce ne sont pas des manchots.

 

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Les pingouins, c’est petit, c’est moche, et ça ne se serre pas les uns contre les autres.  Les animaux du visuel que j’avais en tête, étaient des manchots. Et, chez Anne Carrière, on me l’a soudain fait remarquer.

 

Fallait-il changer le visuel ? Non, les photos des pingouins étaient sans intérêt, ces sales bêtes n’évoquaient rien du tout.

Fallait-il changer le texte et faire dire par le jeune Raoul, candidat à un job, « Des manchots ! Vous êtes comme des manchots… ». Non plus : ça n’évoque rien. Et pire encore, le dialogue se mettait à sonner faux. En France, on dit pingouin quand on pense manchot. En anglais, ils disent comme ils pensent, c’est le même mot, penguin.

 

J’ai donc pris la responsabilité vis-à-vis de l’équipe d’Anne Carrière « Il n’y aura pas un lecteur sur mille qui nous fera le distinguo entre ces alcidés » (oui, ce sont des alcidés).

 

Et voilà que la première à déposer un commentaire sur ce blog vient gentiment me demander si ce sont des pingouins ou des manchots. La première, c’est Didouchka, à l’excellent blog (un peu au ralenti, cette année, Didouchka, ranimez-le, les visiteurs patientent, trépignent).

 

 

 

Disons donc que « le lecteur sur mille » a été trouvé, c’est une lectrice, c’est Didouchka. Les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf autres sont priés de ne rien remarquer.

 

Et pour ceux qui veulent quand même remarquer, ils ont tort. Le texte parle de pingouins, le visuel montre des manchots, et alors ? Je n’ai jamais dit que ce visuel illustre ce texte. Quand on est en tort, il faut savoir être de mauvaise foi.

 

De toute façon, le jeune Raoul, le héros de la nouvelle, a le droit d’être aussi nul que moi en zoologie. Cela ne l’empêchera pas de faire une brillante carrière. Je l’espère. Actuellement, il a d’autres priorités, Raoul. On en reparlera plus tard.

 


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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 08:48

J'avais préparé un beau planning, et j'en tenais le décompte avec fièvre : pile 15 jours avant la sortie en librairie de mon nouveau recueil, "Tous ensemble mais sans plus", j'allais l'annoncer sur ce blog. O joie, ou plutôt waouw, quelle belle surprise ! Et 15 jours après, le 4 octobre, l'oeuvre, sortant de chez Anne Carrière, la chère Anne, l'oeuvre donc aurait été là, sur les étals des marchands de lectures.


Et voilà que caramba ! ce mois de septembre ne compte que 30 jours. 30, pas 31. C'est pareil chaque année, je me fais piéger. Même chose pour le mois d'avril qui, lui aussi, persiste à ne compter que 30 jours. C'est d'un radin ! Toujours est-il que, ce 21 septembre, jour supposé de gloire, n'est qu'un jour de retard. Mon planning s'écroule.


J'annonce quand même la sortie de ce recueil ; et, pour commencer, je vous en donne la photo.

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Attendez ! Et vu de dos :

Tous-ensemble--4eme-de-couv-500-L.jpg

En attendant de l'avoir lu, ce qui ne manquera pas, que pensez-vous de cette couverture (première ou quatrième) ? Ne répondez pas tous ensemble, commençons par ceux qui en pensent du bien. Allez-y, les commentaires sont ouverts :

 

Tous les magazines d'actualité, français et internationaux, seront contents : ce recueil, diront-ils, probablement en couverture, est plus que jamais d'actualité. Quatorze nouvelles cruelles sur l'actualité, affirmeront-ils.


Que nenni : ce ne sont pas les nouvelles qui sont cruelles, c'est l'actualité. C'est elle qui a commencé. Et, pour ceux qui prendront la peine de bien le lire, en lisant même ce qui n'est pas écrit, ces nouvelles ne sont pas cruelles. Tout ce recueil est plein de tendresse et de pitié, j'ai trouvé cela en écrivant une dédicace, et c'est exactement ça, exactement moi. Je vais le répéter partout. Le vinaigre ajouté, c'est pour me relever, c'est pour me donner plus de goût. De toute façon, j'ai trop de mal à écrire autrement.


Ce billet est écrit à la va-vite, il s'agit de rattraper ce jour perdu. Pour le scoop du visuel, il est trop tard : on le trouve déjà sur tous les sites des libraires. Ah, ce qu'ils n'ont pas, c'est la quatrième de couverture.


Et j'en profite pour expliquer à tous les errants de la Googlechose qui arrivent en demandant, confiants, "Qu'est-ce que la quatrième de couverture ?" La réponse est ici, ne cherchez pas plus loin. La quatrième de couverture, c'est ça, là en dessous, et c'est pas autrement. Toute autre réponse qu'on vous donnerait par ailleurs est erronée. Si, si, faites-moi confiance. Je suis le seul auteur à offrir une quatrième de couv à mes lecteurs. Tous les autres s'arrêtent à la troisième. Sordide avarice qui les perdra.

Tous ensemble, 4ème de couv 500 L <<  C'est comme ça, et c'est pas autrement ! Bien noté ?

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 15:57

 

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Bonjour,

 

Puiqu'on parle de nouvelles, ces temps-ci, je viendrai demain pour parler d'un recueil de nouvelles. Aujourd'hui, je ne peux pas, c'est l'émotion. Cela dit, demain, je serai encore ému. Mais je pourrai.

 

Je vais me faire un shampoing, au cas où la télé débarque. 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 15:59

 

 

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Cette chronique fait suite aux trois chroniques précédentes, répondant comme elles peuvent à la question "Comment écrire une bonne nouvelle littéraire". "Bonne" et "littéraire", je ne sais pas. Le reste, j'essaie. Je vous recommande de lire l'ensemble avant de finir par cette dernière fournée de suggestions. Vous y trouverez peut-être  quelques évidences, mais ce ne seront pas les mêmes pour chacun.

 

Mes précédentes chroniques sur mes techniques, certains diront même conseils, pour écrire des nouvelles m’ont valu très peu de commentaires, ce qui m’a déçu. J’aurais aimé entendre sur ce blog quelques points de vue différents. Je révère la contradiction (merci, Didouchka). D’autant plus que je suis toujours d’accord avec mes contradicteurs, ce qui les frustre beaucoup.

 

Très peu de commentaires, dis-je, je les apprécie donc particulièrement.

 

Mais beaucoup de visites.

 

Les unes viennent de forums littéraires,  disons fora pour faire plus pédant, ou laissons au singulier : disons le bon forum « Maux d’auteurs »  où j’ai toujours de bons amis et de bons souvenirs, datant de l’époque de mes débuts.

 

D’autres visites viennent de recherches Google.  Je suis admiratif devant tous ces auteurs qui ont l’humilité de chercher à apprendre sur Google « comment écrire une nouvelle ». Il y a les plus ambitieux, j’en ai déjà parlé, qui ne tergiversent pas et veulent savoir : « comment écrire une bonne nouvelle littéraire ». Sans oublier les plus circonspects qui ne viennent que pour « écrire une nouvelle policière », « écrire une nouvelle fantastique », « écrire une nouvelle de S.F. » ou même "écrire une nouvelle érotique".  Pour eux, c’est simple : écrivez une bonne nouvelle, mais parlez-y  de police, de fantastique ou de SF. Ou d'érotisme, si ça vous fait du bien.

Et saluons le paresseux venu demander comment « écrire une nouvelle à plusieurs mains ». Celui-là, je lui conseille de chercher d’abord les autres mains, hé, profiteur. En revanche, pas de requête "comment écrire une nouvelle érotique à plusieurs mains". Là, je ne suis pas la bonne adresse : je n'aurais pas pu répondre, ne voyant que faire de toutes ces mains désoeuvrées. 

 

Tous  ces visiteurs arrivent chez moi, et je suis honteux de les recevoir si simplement. Asseyez-vous, je n’ai qu’un paquet de chips, ça ira ? Il est entamé, ce n’est pas grave ? Et à boire, un verre d’eau, je suis certain que vous aimez ça, vous avez une tête à aimer l’eau. Moi aussi, mais je la préfère avec un verre de vin à côté, ça permet de mieux apprécier.

 

Bon, puisque vous êtes là, deux autres conseils, notamment pour ceux venus savoir « comment gagner des concours de nouvelles ».

 

Mon premier conseil, c’est de jouer au lit de Procuste. Si vous ne savez pas ce que c’est, allez sur Google. Inutile de chercher ce lit sur « Au bon coin ». C’est un « truc » qui m’est resté de mes débuts dans la nouvelle, quand je m’adonnais aux concours. Ceux-ci avaient souvent un calibrage imposé, parfois par maximum (exemple : 15.000 signes, blancs et signes inclus), parfois, plus rares, aussi par minimum (exemple : 10.000 signes).

Il m’est donc fréquemment arrivé de devoir alléger une nouvelle de 20 ou 30% (mon calibrage naturel tourne plutôt vers les 20.000 signes). Très souvent, cette nouvelle n’en souffrait pas, au contraire. Il ne s’agissait pas de supprimer seulement quelques adverbes ou adjectifs, mais de couper des paragraphes entiers, dans des pages apparemment indispensables, pour produire des nouvelles plus nerveuses, notamment dans les introductions, mais aussi dans les portraits ou cadres, que j’ai appris à brosser en deux ou trois touches.

Il m’est aussi arrivé de devoir rallonger, de devoir muscler des nouvelles trop rachitiques. Là encore, pas question d’ajouter des adverbes ou adjectifs (pouah !), mais d'épaissir un personnage secondaire, de me permettre une séquence plus nonchalante, souvent à caractère plus psy, ou de donner plus de souffle à l’action.

 

Pourquoi vous raconter tout cela ? Parce que je continue à pratiquer l’exercice, alors que je n’ai plus de calibrage imposé.  Quand une nouvelle me paraît terminée, j’en tente pârfois, en parallèle, une version allégée, en me posant la question « Et si je supprime 20 %, où vais-je les trouver ? ». Puis de tenter, en parallèle à la parallèle (donc toujours en parallèle, on apprend ça en géométrie), une version avec rondeurs, avec 20% de plus. Et je compare. J’obtiens souvent des résultats intéressants, parfois surprenants.

Il m’arrive même que la nouvelle finalement retenue soit de même longueur qu’au départ, mais avec à la fois une partie des dégraissements et des ajouts apportés. C’est le cas dans certaines nouvelles de mon prochain recueil, (Tous ensemble, mais sans plus) notamment dans « La montée vers le ciel ». Il va bientôt être temps que je vienne en parler.

 

Mon deuxième conseil, c’est de lire des nouvelles de bons auteurs, surtout ceux écrivant souvent des nouvelles. Cela ne manque pas. En France, bien sûr. Mais aussi chez les Sud-américains, les Espagnols, les Russes, les Vietnamiens, les Coréens, je vous laisse faire votre marché chez votre libraire. Demandez-lui des conseils, il en sera ravi. Ou changez de libraire.  S’il vous conseille Georges Flipo, félicitez-le et donnez-moi son nom, j’irai lui porter un paquet de chips – même pas entamé.

 

Et lisez-les. Pas seulement pour passer vite à la suivante. Décortiquez votre bonheur ou votre admiration après chaque nouvelle qui vous a plu. Comment a fait l’auteur pour entrer dans son texte ? Quelles sont ses digressions qui créent du plaisir  ou de l’intérêt ? A quels moments change-t-il de rythme pour tonifier le récit ? Quel ton utilise-t-il pour dérouler son texte ? A-t-il des techniques propres, des trucs ? C’est en pratiquant ces exercices que j’ai appris à écrire des nouvelles. En lisant Kipling, Borges, Buzzati, Mrozeck, Maupassant et quelques autres. Pas en allant sur internet.

 

Bon, Pierre, ai-je bien répondu à votre question de la semaine dernière ? C'était bien Pierre ? Pfff, les prénoms et moi, si je vous disais que pas plus tard que cet été...  bon, c'est une autre histoire.

 

Le visuel, c’est le lit de Procuste. En fait, on devrait dire les lits de Procuste, puisqu’il en avait deux. Mais dans le cas présent, on peut se contenter d’un seul, c’est vraiment son lit, et même son lit de mort, puisque Thésée y vient lui couper le chef. Mais Thésée n’est pas un méchant, c’est Procuste qui est un brigand. Ayons une pensée pour tous les voyageurs athéniens qui se sont fourvoyés dans ces lits, et gardez-les à l’esprit quand vous relisez vos nouvelles.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:33

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 La chronique précédente a obtenu un succès immesurable : aucun commentaire. Une seule explication : chaque visiteur, après lecture, a décidé de s’engloutir dans son PC pour écrire quelques nouvelles.

 

Attendez, ne vous lancez pas si vite, j’ai encore quelques trucs à déballer, des trucs que je trouve parfois utiles, notamment quand je tente d’écrire "une bonne nouvelle littéraire" puisque c’est mon seul et noble objectif – enfin, ne prenons pas les moyens pour les fins : mon seul véritable objectif reste d’obtenir les Palmes académiques. Eh, vous, les nouveaux, là-haut, vous pourriez y faire quelque chose ?

 

 Je vais ici parler du rythme de la nouvelle, de l’ellipse et du ralenti, du ton de narration, de la focalisation interne, de la réécriture. Et je ferai un zoom sur les personnages et les dialogues. Ah que ce sera instructif !

 

Le rythme, l’ellipse et le ralenti, ça va ensemble. On croit souvent qu’une nouvelle doit être courte, ce qui est idiot, elle doit simplement être de la longueur nécessaire. Exactement comme celle des pattes des vaches, vous savez, les fameuses pattes qui descendent jusqu’à terre.

 

Une nouvelle n’est pas une contraction de texte. Elle n’est pas non plus une P.M.E. soumise à la rage d’un consultant venu dégraisser. Pour avoir de l’appétition, une nouvelle doit avoir ses rondeurs, ses replis, comme une nymphe de Rubens. Et si vous devez alléger pour tenir dans le calibrage d’un concours de nouvelles, supprimez des paragraphes, mais ne supprimez pas de phrases, sauf si elles sont moches ou plates. Elles devraient l’avoir été de toute façon.

 

Comment donner du rythme à une nouvelle ? Justement en changeant ce rythme. N’hésitez pas à la ralentir pour quelques légères digressions, même à la limite du hors-sujet : c’est souvent là que la nouvelle devient intéressante, si ces digressions sont brossées d’un pinceau léger et preste. N’hésitez pas, à la page suivante, à supprimer des paragraphes de transition, à faire des ellipses brutales (j’ai fait une fois une ellipse de plusieurs années dans une nouvelle, après avoir consacré longues deux pages au seul parfum d'une femme. C'était dans Le parfum des profondeurs ; l'ellipse était non seulement possible mais indispensable au rythme). L’ellipse brutale passera toujpursmieux si la narration s'offre, par ailleurs, d’indolentes remarques presque des notules.

 

Pour donner de la nervosité à une nouvelle, une fois qu’elle est terminée, n’hésitez pas à couper la première page. C''est presque toujours possible. Vous verrez alors que le lecteur, plongé brutalement dans le récit, ou dans un dialogue, y surnagera volontiers.

 

Trouvez un ton pour chaque nouvelle.  Le ton, c’est la voix, l’intonation que prendrait un comédien s’il la lisait à haute voix. Une fois que vous avez trouvé ce ton, gardez-le pour toute la nouvelle, mis à part les dialogues (et encore…). Il peut-être narquois, rigolard, admiratif, distancié, dégoûté, glacial, naïf, mais il doit être là. Le lecteur ne le percevra pas forcément, mais il sera dans l’ambiance. Le ton se crée dès le départ avec quelques adjectifs, quelques verbes bien choisis, quelques premières digressions qui, l’air de rien, orienteront la lecture. Il m’arrive de chercher plusieurs semaines le ton d’une nouvelle. Il m’arrive même de l’abandonner, faute de lui trouver un ton. J’a failli le faire dans la nouvelle « Les choses du marais » (dans le prochain recueil Tous ensemble mais sans plus), avant de trouver le ton distancié, légèrement navré, qui colore la nouvelle.

 

Une ficelle personnelle : quand vous écrivez le premier jet d’une nouvelle, ne vous arrêtez pas pour corriger un passage qui vous paraît maladroit. Contentez-vous de le surligner pour le retrouver, et continuez pour ne pas perdre l’élan, et surtout pour ne pas perdre le ton. Ensuite, revenez-y, mais seulement quand vous aurez fini. Et quand vous y revenez, relisez lentement depuis le départ, pour être bien dans le ton. Ne retravaillez pas en zoomant aussitôt sur un passage précis. Baignez-vous, ne plongez pas.

 

Focalisez votre récit. L’auteur tient une caméra légère qu’il doit poser sur une épaule. Elle peut être la sienne, pour les nouvelles narrées de l’extérieur. Le plus souvent, je la pose discrètement sur celle du personnage principal (même dans les séquences où il ne joue pas, cela paraît paradoxal, mais vous écrivez comme s’il était là). La focalisation n’est pas la narration en moi-je, c’est une façon de décrire comme si vous étiez à la fois dans la tête du héros et dans son œil. Vous savez ce qu’il pense, ce qu’il cache, vous observez ce qu’il veut voir. Ne changez pas de focalisation dans une nouvelle : un regard, un seul, sinon le lecteur se perd, et l’auteur aussi. Si, dans quelques passages, la focalisation vous embarrasse, abandonnez-la, et passez au récit neutre. Mais ne posez la caméra sur aucune autre épaule, vous n’êtes pas au cinéma.

 

Contentez-vous de quelques traits pour décrire vos personnages : le regard, les mains, ou le vêtement par exemple. Ou plus souvent un trait de caractère. Ces traits, il n’est pas élégant de les décoder : glissez-les très vite dans l’action, pour les rendre évidents. Dans la nouvelle « Le club Vie intense » (là aussi, dans le prochain recueil Tous ensemble mais sans plus), je me contente de mentionner que le héros ne porte pas de cravate et qu’il porte tristement la quarantaine. Cela suffit pour le décaler par rapport à l’assistance, et de crédibiliser ses premiers propos : il est là pour surprendre. Soyez encore plus elliptiques pour les personnages secondaires, sauf si leur description participe à l’ambiance.

 

Soyez prudent dans l’usage des dialogues, sauf si vous avez la virtuosité d’une virtuose comme Annie Saumont qui sait écrire de superbes nouvelles uniquement faites de dialogues. Le dialogue est souvent là que craque la nouvelle qu’elle montre ses faiblesses. Les faiblesses les plus courantes sont :

La confusion des voix. L’auteur amateur fait souvent parler tous les personnages de la même voix, même vocabulaire, mêmes idées, mêmes constructions : ils parlent tous comme lui. Le lecteur ne sait plus qui parle. Différenciez ces dialogues.

Le bavardage. Nous ne sommes pas au théâtre, sabrez tous les dialogues intermédiaires, tous les « Bonjour, c’est moi » « Ah, je suis content de vous voir, ça va ? »

La balourdise. Il y a parfois des choses indispensables à dire, mais qui paraissent pataudes dans les dialogues. Si vous ne parvenez pas à leur donner de l’allure (difficile, car elles doivent aussi rester naturelles), si vous ne pouvez pas les supprimer, il reste une solution très simple, passez en mode indirect. « Je vous ai toujours aimée, ça m’est tombé dessus, qu’y puis-je ? », c’est plaffieux.

        Si c’est raconté par le narrateur, ça passe mieux.

     Il lui dit, comme un reproche, qu’il l’avait toujours aimée. Il aurait voulu trouver un autre verbe, aimer, ça faisait pauvre. Il ajouta, comme pour s’en excuser, que ça lui était tombé dessus. Il n’y  pouvait rien, conclut-il. Oui, c’était ça, il n’y pouvait rien. C’est plus long, mais plus léger. Bon, là ce n'est pas très concluant, je viens d'improviser. Quand vous relisez vos dialogues, posez-vous souvent la question « Et si je passais en indirect, est-ce que ça ne sonnerait pas mieux ? »

 

Dernier conseil : relisez. Ne relisez pas seulement pour trouver des fautes, relisez-la pour la redécouvrir avec chaque fois un œil neuf. Vous y trouverez beaucoup plus de fautes. Et, même si tout vous paraît bien, relisez encore en vous demandant « Où cela pourrait-il être mieux ? ». Je passe beaucoup plus de temps, vraiment beaucoup beaucoup plus à corriger mes nouvelles qu'à les écrire. En fait, c'est en les corrigeant que je les écris vraiment.

 

Ah, avant de finir, j’oubliais un truc. C’est significatif : j’oubliais la chute. Ne vous inquiétez pas de la chute. Ayez une fin en tête, bon, très bien. Ne cherchez pas forcément à en faire une chute, c’est une manie française, un rituel désuet. Arrangez-vous pour trouver une jolie phrase, qui sonne bien. Ne cherchez pas à surprendre ou à bouleverser la perception de votre nouvelle.

 

La chute, c’est une obsession bonne pour les jeunes comiques passant en première partie à l’Olympia. Vous ne racontez pas une histoire drôle à la fin d’un dîner, vous racontez une histoire dans l’intimité à un lecteur confiant. Respectez-le, ne cherchez pas à tout prix une pirouette qui dise « Ah, je t’ai bien eu, hein ! »

Les auteurs étrangers, à l’Est comme à l’Ouest, au Sud aussi, écrivent de remarquables nouvelles sans chute. Elles se contentent de finir, souvent fortement. Et parfois même en ne finissant pas, en laissant le lecteur continuer, imaginer la suite. Ils ne refusent pas la chute, ils en glissent parfois, mais seulement quand ça les arrange. C’est une option, rien de plus. Ce ne doit pas être l’objectif de la narration.

 

Bien des lecteurs, bien des auteurs, pensent autrement. Il y en a pour tous les goûts, c’est comme la cuisson des omelettes.

 

Je vous ai tout dit, vous savez désormais comment écrire une bonne nouvelle littéraire. Ne me remerciez pas, ou, si vous y tenez, faites le nécessaire pour m’obtenir les Palmes académiques. Je crois vous en avoir déjà parlé, j’y reviendrai.

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