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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Mais rien ne vous empêche d'aller faire un tour sur le site www.georges-flipo-auteur.com  

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Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

Archives

Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
Actu du noir (Jean-Marc Laherrère)
Actualitte.com, Nicolas
Alex (Mot à mots)
Amanda Meyre
Annick Dor
Antigone (Les écrits d’Antigone)
Armande 22,  Les livres-bonheur
Aude (Mots dits)
Balmeyer
Biblioblog (Laurence)
BibliObs
Bibliophagie (Sybilline)
Bibliosurf
Biffures chroniques
Blog de Thomas Clément
Bloghotel
Blog-o-book
Boojum
Bookingdom
Bric à book, Leiloona
Brigit Hache
BSC News
C’était demain, Dominique Boudou
Cabinet de curiosités d’Eric Poindron
Cafebook (Emma)
Calipso,
Calibre 47 (Claude Mesplède)
Calou, L’Ivre de lectures
Carnet de lectures
Carnets de Pierre
Carnets de sel (Essel)
Caro[line] 5ème de couverture, 
Catherine (La culture se partage)
Cathulu
Chaperlipopette
Chez Lo
Chiffonnette
Chimère (A livre ouvert)
Choupynette (Y'a d'la joie)
Chroniques littéraires
Clair et net
Clarinesse (L'œil du vent)
Claude Le Nocher
Clopin-clopant (Clopine)  
Comme dans un livre
Cozop
Critico-blog
CulturesFrance
Cunéipage (Cuné)
Daniel Fattore
Danielle, Maux d’auteurs
Dasola
De livres en livres
Digressions (Joseph Vebret)
Ecrivains-voyageurs
Eireann (Yvon)
Eloah (À lire, à croquer)
Emmanuelle Urien
En lisant, en voyageant, (Keisha)
Encres vagabondes, Patricia Châtel
Enna lit, Enna vit
Eric Fouassier
Espaces, CNES
Eulalie
Evene
Extra-ball, (Dorham)
Fabelire
Fabula Bovarya,
Flof 13 (Lire et délires)
Florinette, Les lectures de Florinette,
Fluctuat.net
Forum A vos plumes
Forum Tir Na N’Og et Cie
Frédérique Martin
Gaëlle Pingault
Géothèque
Géraldine (Les coups de cœur)
Gwenaelle (Skriban)
Happy Few, Fashion Victim
Hautefort, club Littérature
Hebdo des notes,
Indications
Initiales
Interlignage
Jean Calbrix
Journal  d’une lectrice (Papillon)
Kalistina
Kathel, Lettres exprès
Kheops
La bibliothèque du dolmen
La caverne d'Ankya
La cuisine des mots (Ciorane)
La Factory
La liseuse (au fil de mes lectures)
La Mère Castor
La Péniche.net ( Bureau des Arts de Sc. Po )
La pile à lire d'Hécléa
La plume et le citoyen
La Revue Littéraire (Blog Leo Scheer)
La scribouillarde
La tête dans les pages
Labyrinthes avec vue
Le bibliomane
Le blog d’Ameleia,
Le goût des livres (Aifelle)
Le retour de l'être aimé
Le Scribe
Lechoixdesbibliothécaires
Lecture & Ecriture
Lectures et autres (Sylvie)
Leo Scheer (La revue littéraire)
Les chroniques de Mandor
Les jardins d’Hélène
Les lectures de Martine,
Les livres de l'Arrajou
Les penchants du roseau
Levraoueg (La tourneuse de pages)
Librairie des voyageurs, Les 5 continents.
Lignes de fuite
L'île, la petite île
Lili (Des livres et moi)
Liliba
Lily et ses livres
Lire et délires (Flof13)
Litote en tête
Livres pour vous
Livres et Cinéma (Yohann)
Lou, My Loubook 
LVE, Lire Voir Entendre
Lyvres (Yv)
Magali Duru
Maïté Bernard (sur Bibliosurf)
Malice
Manu Causse
Marc Sefaris
Mary's colors
Maud et les mots
Mercedes G.F.
Mes lectures (Phil)
Mille et une pages (Stephie)
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Monde du livre.com,
Mot Compte Double (Françoise Guérin)
Mots en bouche
N.U.L.L.E., Erzebeth
Nicolas Ancion
Nuit blanche
Obiwi
Oceanicus in folio
One big day
Pages à pages
Parfum de livres
Pascal, Le disque 
Pickendorf (Qui hodie agisti)
Pimprenelle
Posuto
Pralineries (Pralines)
Pr'Ose (Emma Bovary)
Prudence
Quichottine,
Quoi de 9 Cécile ?
Roseau
Rue des Livres
Salondulivre.net
Saxaoul
Scriptural (Schlabaya)
Serial lecteur
Site de Brigitte Niquet
 
Sylire
Tamara (Tamacultire)
Thaïs, Arc-en-ciel, 
Turquoise (Un moment Turquoise)
Valérie (Un fil à la page)
Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)

Yspaddaden

Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

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      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 08:54

Anniversaires et cocktails littéraires sont-ils indispensables dans une carrière d’auteur ?

 

Il y a dix ans, j’allais à mon premier cocktail littéraire. Pour fêter cet anniversaire, je suis de nouveau allé à un cocktail littéraire. Les mal-aimés de l’écriture et leurs blogs pleurnichards ont raison : finalement, une carrière d’auteur, c’est une histoire de cocktails littéraires, du début à la fin, dans mon cas. Bon, la fin, c'est une façon de parler, je vais attendre un peu pour finir.

 

buffet-OK.jpg

 

Le premier cocktail littéraire, celui de 2002, dix ans plus tôt, c’était pour la remise des prix du concours Espace Icare d’Issy-les-Moulineaux, dont j’étais lauréat. J’en étais tout ébahi de bonheur : je venais de commencer à écrire des nouvelles, deux plus précisément, et on me servait le champagne pour fêter ça.

 

Ces deux nouvelles, je les avais écrites pour occuper mes vacances. Un poignet abimé par un accident de scooter m’interdisait la pratique du vélo, ce qui présageait des vacances épouvantables. Ma fille m’a encouragé à les remplacer par l’écriture de nouvelles : nous avions remarqué, à la bibliothèque municipale, l’affiche annonçant le concours Icare.  J’ai donc écrit deux nouvelles, postées le jour de clôture, et sans y penser plus, j’ai repris le travail et mon scooter. Deux mois plus tard, on m’a appelé pour me prier d’être présent à la remise des prix. C’est très impressionnant d’entendre son texte dit sur scène par un comédien. Encore plus impressionnant de le lire sur un presque vrai livre (une micro-édition reliée par un serpentin). J’étais très heureux d’avoir ainsi vécu une belle aventure littéraire, et je pensais m’en arrêter là.

 

Il a fallu que, pendant le cocktail, une dame très gentille, une des jurés, me prenne à part et me conseille de continuer à écrire. J’ai dit que oui oui bien sûr hein pourquoi pas, ne voulant pas la vexer, et j’ai pris un second champagne. Peut-être même un troisième, c’était si loin. Mais la dame est revenue à la charge « La dernière gagnante à qui j’ai dit ça a suivi mon conseil, elle est devenue Anna Gavalda ». Ai-je, du coup, repris un champagne ? Je ne sais plus, mais j’ai suivi son conseil.

 

Je suis alors devenu accro des concours. Que ne ferait-on pas pour s’imbiber gratuitement de champagne ! Je n’y ai plus jamais proposé la première nouvelle « Les oiseaux n’aiment pas le sel », puisqu’elle avait été primée, mais j’y ai souvent proposé la seconde « La croisée des chemins », qui me semblait bien meilleure : et la pauvre a été blackboulée partout. 

 

Un an et demi après ce concours, mon premier recueil, « La diablada » a été publié, chez Anne Carrière. « Les oiseaux n’aiment pas le sel » y figurait. Mais pas « La croisée des chemins » qui avait bien sûr été refusée par mon éditeur. Je continue à l’aimer, elle a même failli faire partie de « Tous ensemble, mais sans plus », mais c’est moi qui l’ai finalement retirée. Par superstition, je l'avoue.

 

Dix ans plus tard, ce jeudi 17, je suis allé à un autre cocktail, celui de la soirée anniversaire de « Paroles d’encre ». Un formidable club de lecteurs à Versailles, talentueusement animé par Alain et Martine Gottvallès. On deviendrait Versaillais rien que pour eux. Ils ont invité tout le gratin de l'écriture en France, tous les rpix littéraires y sont passés. J’y ai même été invité deux fois en solo, pour présenter mes livres, moi qui n'ai même pas les Palmes académiques ou le Prix Nobel. Cette fois-ci, j’étais invité à ce cocktail en ouverture de rideau, les deux invités majeurs étant Metin Arditi et Laurent Gaudé (tous deux fort intéressants). Le tout avec accompagnement musical de Gianni Gambardella (piano) et Marie Verhoeven (mezzo-soprano). J’ai lu quelques extraits de « Tous ensemble, mais sans plus » qui ont été bien accueillis. En clôture, après avoir dédicacé tous mes exemplaires (il n’en restait plus), je suis allé me goinfrer de canapés en les arrosant de champagne.  

 

Et là, une dame très gentille, m’a pris à part et m’a conseillé de continuer à écrire. Ce n’était pas la même qu’il y a dix ans, mais j’ai dit que oui oui bien sûr hein pourquoi pas. Et j’ai repris un champagne. On ne se refait pas.

 

 


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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 11:12

J'ai mis des fleurs pour changer des pingouins, ça fait plus printanier. Ce sont des tulipes botaniques, ça tient l'hiver et ça repousse bien l'année suivante. 

 

tulipes.jpg

 

Des fleurs qui feront plaisir aux petits pinchots-mangouins qui continuent à trotter dans la blogochose. Cette semaine encore, deux très beaux billets sont parus. Celui d'Aifelle (clic, ça vaut le voyage), et celui de la librairie Saint-Christophe (clic derechef, ça vaut aussi le voyage, même si c'est un peu loin, à Lesneven, en Bretagne).

 

Voici un extrait de la chronique d'Aifelle, juste un extrait, hein, que ça ne vous prive pas de cliquer.


 

J'ai fort apprécié les quatorze nouvelles, d'une qualité égale, bourrées d'humour, de causticité et d'une justesse d'observation bluffante. Il regarde autour de lui cet auteur là !  [… ] J'ai savouré le plaisir de ces histoires courtes, à la fois tendres et drôles . Faites-en donc autant.

 

Et un extrait de la chronique de Saint-Christophe, là encore, ne vous dispensez pas de cliquer pour autant.


Attention danger, ce G.Flipo est vraiment un de ces auteurs qui ne ressemble à aucun autre [ …]  sinon j’allais dire à mon cher Woody Allen. […] quand on fouille, quand on se laisse embringuer par la prose de G.Flipo, on se dit qu’il est un des rares à savoir comment vous trousser des nouvelles qui allient bonheur de lecture et méchanceté du propos.

 

L'important n'est pas pour moi de collectionner les bonnes notes pour les montrer à mes parents. Mais c'est très important. Pourquoi ?


D'abord pour me "légitimer" dans ce retour aux nouvelles. Certes, il ne s'agit pas vraiment de retour : j'ai continué en à écrire, durant ces quatre années, après la parution de "Qui comme Ulysse", en 2008. Mais écrire est une chose, publier en est une autre. Après un roman et deux romans policiers, cette publication de quatorze nouvelles risquait-elle de perturber le lecteur ? Risquait-elle une comparaison défavorable avec "Qui comme Ulysse" ? Jusqu'ici, tout se passe bien dans la blogochose qui, pour moi, représente l'avant-garde du public des lecteurs et de leurs médias.


 

Ensuite, parce que le public des blogs lance le bouche-à-oreille. Buzz très appréciable, lorsque les médias, eux, sont plus longs que d'habitude à se mettre en mouvement. Certes, c'est la rentrée, 647 romans, rubriques saturées, bla bla, etc... Mais c'est quand même angoissant pour l'auteur qui ne voit venir que des promesses. Heureusement, deux beaux billets sont parus cette semaine, dans Sud-Ouest, et surtout dans Le Dauphiné Libéré (Merci Martine Galati, j'en fus ému). Billets lisibles dès ce soir sur mon site d'auteur (clic encore, je viens de les mettre en ligne).


 

En attendant que la cavalerie des médias arrive, si vous avez aimé ce recueil, n'hésitez pas à en parler autour de vous, dans la blogochose, et dans la vraie vie, notamment chez votre libraire. Recommandez-lui de le lire, fermement, hein, il n 'y a pas de raison que ce soit toujours lui qui vous donne des ordres. Ah, mais !

 

 


 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:57

Interviews orales, en public, ou écrites : ce qu’on cache, ce qu’on dévoile. 

 interview-les-deux.jpg

 

Une nouvelle pratique se répand de plus en plus, et j’applaudis : celle des interviews par écrit. Elles permettent des réponses plus spontanées et plus profondes. Mais si, mais si !

 

Je l’ai encore constaté en accordant une interview à Liliba (clic, plus tard si vous voulez, mais ça vaudra le clic ) – accorder une interview, encore un cliché que je déteste. Le verbe vient tragiquement en tête des cooccurences associées à « interview », que ce soit en épithète « interview accordée » ou en complément d’objet direct « accorder une interview » (Source : mon Antidote de Druide), J’ai toujours considéré qu’une bonne interview se partage, je le dis sans démagogie, vous verrez plus loin.

 

Une interview partagée, c’est quand celui qui a apporté les questions repart serein avec les réponses. Et quand celui qui a apporté les réponses repart, parfois moins serein, avec les questions qui continuent à lui trotter dans la tête.

 

J’ai toujours une gêne, durant les interviews orales, en tête à tête. J'y viens heureux comme un homme politique, avec les réponses déjà prêtes, les réponses qu’il doit caser même si on ne lui pose pas les questions. J’arrive en me disant « Voilà ce que je dirai lorsqu’on me demandera quel était mon projet en écrivant ce livre, voilà ce que je pense de mes personnages, voilà pourquoi l’histoire est une merveille, voilà pourquoi il faut le lire ».

 

Tu parles ! Rien du tout, oui. Je me laisse embarquer par chaque question, en la traitant isolément,  en pensant qu’il sera toujours temps de caser ensuite mes morceaux de bravoure préfabriqués. En attendant, je réponds. Bêtement, car je fais l’intéressant, je veux que chaque réponse soit un peu piquante, peut-être même amusante, quitte à bricoler la vérité. Je veux que l’intervieweur soit heureux, pour qu’il soit gentil avec moi. Réponses superficielles, maladroites, parfois contradictoires. A la fin, quand l’intervieweur commence à regarder sa montre, je tente d’ajouter d’un ton enjoué « Ah, je n’ai peut-être pas bien répondu à vos questions précédentes, ce que je veux ajouter, c’est que mon projet, en écrivant ce livre, c’était… » Mais l’intervieweur n’est pas dupe, il m’interrompt en me rassurant, le temps imparti, bla bla bla, il a ce qu’il voulait. Et je repars comme un nigaud. Encore plus nigaud suis-je, dans les interviews enregistrées pour diffusion ultérieure, quand je découvre que mes meilleures réponses ont été coupées au montage. C'erst évidemment le cas le plus fréquent.

 

Je mets à part les discussions en salle, ou débats, face à un groupe, qui permettent plus de spontanéité. On se dit qu’on peut chauffer la salle, les questions viennent de personnes différentes, ce qui permet de réponses dans des registres différents. Et surtout, on a le temps. Notamment le temps de conclure : « Ah, je n’ai peut-être pas bien répondu à vos questions précédentes, ce que je veux ajouter… ». On me laisse ajouter, mais généralement ça tombe à plat, l'ambiance n'est plus la même. C'est moi qui l'ai cassée, alors c’est moi qui abrège.

 

Mais les vraies interviews, les belles, les indiscrètes, ce sont les interviews par écrit. Je ne sais pourquoi, mais j’y réponds plus profondément aux questions. Et même plus sincèrement. Certes, je connais le fil conducteur de l’ensemble, mais je ne m’inquiète pas du chemin où je vais. Et, bizarrement, je ne me demande pas s’il sera possible de glisser mon projet en écrivant ce livre, mon opinion sur  personnages, mon émerveillement devant mon histoire, mon encouragement à  le lire etc.. Hors sujet, bon, à virer, c’est comme au lycée.

 

 Il m’arrive, en répondant, d’être surpris : surpris  par ma réponse quand j’essaie d’expliquer telle ou telle technique si on m’en parle. Surpris parce que je n’y avais jamais réfléchi. C’est en la détaillant que je la découvre. Surpris plus encore quand je tente de répondre à des questions plus personnelles, plus intimes : la réponse tourne vite à l’introspection. Comme c’est par écrit, je me lâche : ça ne se passe qu’entre mon clavier et moi. Quand tout est fini, je me relis et suis tout étonné : je me connais mieux, je ne m’étais pas vu comme ça. A la re-lecture, je corrige très rarement mes réponses aux interviews écrites. Il ne faut pas y toucher, c'est moi mais ce n'est plus à moi, c'est un peu difficile à expliquer.

 

Deux interviews de ce registre me restent particulièrement en tête : la longue et belle interview menée par Joseph Vebret pour « Le Magazine des Livres ». Et, tout récemment, une interview bellement longue aussi, finement menée pour un blog littéraire. Vous l’aurez deviné, c’est celle dont m’a fait accoucher Liliba (ici, le clic ). Je l’ai relue sur son blog, tout troublé : mais oui, c’est moi, ça. Bravo, Liliba, grand travail de professionnelle.

 

Ah, tenez, avant de partir, puisqu’on en parle, je voudrais préciser quel était mon projet en écrivant ce livre, ce que je pense de mes personnages, pourquoi ces histoires  sont des merveilles, et vous expliquer pourquoi il faut le lire…  Ah, c’est hors sujet ? Bon tant pis, ce sera pour une autre interview.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:29

Voici cinq jours que le recueil est sorti, et mon pouls commence à retrouver un rythme normal, remontant quand même allègrement chaque fois qu'une nouvelle chronique paraît dans la blogochose.

 

Déjà 4 beaux billets sont parus. Je ne sais s'ils vont inciter les visiteurs à le lire, mais ils vont inciter l'auteur à écrire.

Je vais dès maintenant entreprendre une collecte nationale pour ériger quatre statues en honneur de : Cathulu Keisha, En lisant, en voyageantKathel,  Lettres exprès,  Liliba , Les lectures de Lili .

Voici un avant-goût de leurs chroniques. Cliquez, le voyage en vaut la peine.

 

 
 Cathulu (4 octobre 2012)

Les nouvelles rassemblées dans ce recueil corrosif font exploser les faux-semblants et craquer le vernis ! [...] En tout cas, tous ceux qui aiment la causticité et l'humour féroce, dévoreront comme moi tous ces textes, tout sauf sentencieux et donneurs de leçons, d'une seule traite !


L'ironie caustique fait mouche, bien que l'on sente que l'auteur les aime, ses personnages, et qu'il suffirait de peu pour que change leur sort. Sainte Pauline des Tandas, qui fait la part belle au tango, L'heure du bain, et La montée vers le ciel, offrent des échappées vers un Ensemble c'est tout...

Kathel (Lettres Exprès) (7 octobre 2012)

Elles sont plutôt du genre à être englouties les une à la suite des autres, tels les carrés de chocolat d'une plaque qui n'a pas eu le temps de réintégrer le placard... [...] Beaucoup de sourires et quelques grincements de dents plus tard, on s'étonne de quitter avec regrets cette foule pas si sentimentale... A lire et à faire lire !

Liliba (10 octobre 2012 

 Sous un ton léger, le fond est là. G. Flipo ne se permet pas de juger, jamais, non, il constate, il témoigne, il partage. […..]. A la fin de la lecture, en plus du plaisir immense de retrouver cet auteur proche des gens et de leurs souffrances, de la vie de tous les jours, se pose une question : sommes-nous donc tous des pingouins ?

 

Clic, clic, clic et clic, je vous recommande d'aller visiter ces excellents blogs. Excellents même quand ils ne parlent pas de moi, c'est dire.

 

Pour elles, les pichots-mangouins vont danser, rien que pour elles, la danse Louange et Allégresse des palmipèdes. Veuillez battre des palmes pour leur donner le rythme, merci.


 

danse-pingouins.jpg

 

Du côté des médias : rien encore, ils n'ont pas fini de digérer le déversement de la rentrée. Mais, dès maintenant, une agréable réaction : un grand magazine a aimé, et lui consacrera bientôt un beau billet. Vite, vite, vite ! La patience est une vertu vitale quand on est auteur en phase de post-accouchement.

 

Du côté des libraires : "Tous ensemble, mais sans plus" est bien mis en avant chez Virgin, je les embrasse, chez Le Furet du Nord, j'embrasse encore, il y a des jours comme ça. Mais même pas sur la table nouveautés à la Fnac Montparnasse. Non, non, pas de baisers madame, pas même pour le plaisir. N'hésitez pas à grogner, quand vous passez à la Fnac, et à vous étonner de la difficulté à trouver le recueil, "je ne comprends pas, il vient de sortir, il n'est même pas à la table nouveautés". Quand la dame vous l'aura trouvé, ne remettez pas tout de suite le lvre dans le bac, sous les yeux de ladite dame, attendez qu'elle ait le dos tourné. Si elle ne tourne pas le dos, tant pis, achetez-le.

 

Du côté des lecteurs : si vous avez aimé ce recueil, n'hésitez pas à le dire en passant sur les blogs qui en parlent, sans envahir ni troller pour autant. Ou n'hésitez pas à me le dire sur ce blog. Dites-moi, particulèrement, les nouvelles que vous avez le plus aimées, et celles que vous avez moins le plus aimées, cela m'intéresse.

 

Du côté de moi : ça va, merci. Un peu mal à la tête, c'est tout ce champagne. 

 

Cette chronique reviendra de temps à autre sur ce blog, avec les mises à jour.

 

 

 

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 09:57

Voilà, le recueil est sorti, la fête est finie ou presque, le temps de ramasser les coupes vides qui traînent partout, les bouteilles cassées, les mégots dans les coupes à moitié pleines (ah, les sagouins !) 

bouteilles-vides.JPG

Et c'est là que commence la séquence la plus pénible dans la vie d'un auteur : l'attente. L'attente des premiers articles dans les médias, l'attente des billets dans les blogs, l'attente de leurs commentaires. Bref, l'attente de savoir si on a aimé. Une façon de savoir si on est aimé ? Allez donc savoir.

 

Et vous, pendant ce temps, que pouvez-vous y faire ?


Si vous passez sur d'autres blogs, ayez la gentillesse de me signaler ici, en commentaires, tous les billets que vous y trouverez.


Si vous avez lu le recueil (bon, je sais, en 24 heures, c'est peu de temps), n'hésitez pas à en parler dans lesdits blogs, en commentaires sans troller pour autant.


Si vous passez en librairie, ayez la gentillesse de m'indiquer, toujours ici, en commentaires, si le livre est bien présenté. 


Si vous avez encore plus de gentillesse, demandez à votre libraire ce qu'il en a pensé.


S'il n'en pense rien, ne l'ayant pas lu, perdez toute gentillesse pour le tancer vertement.

 

Et si, et si...

 

Et si je pouvais vivre tout ça plus sereinement ? La seule solution, c'est de travailler. C'est de repartir au côté de la commissaire, dans sa nouvelle enquête, où elle en bave. J'y vais.

 

Je ne parlerai plus du recueil sur ce blog, sauf à pointer épisodiquement les nouveaux billets dans les blogs, et les nouvelles critiques dans les médias.

 

Le premier épisode, c'est aujourd'hui :

- un très beau billet de Keisha, sur son blog "En lisant, en voyageant". On peut cliquer, ça marche.

- un très beau billet de Cathulu, sur son blog "Des bouquins, des bestioles, du bric-à-brac". On peut cliquer, ça marche, vous dis-je.

 

Oh, je viens de retrouver une bouteille de champagne intacte. Je vous sers ?bouteille-de-champagne-piper.jpg

 

 


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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 09:08

Libiamo tous, libiamo ensemble, libiamo avec modération, mais sans plus.

Bref, libiamo.

libiamo 1

 

La Traviata de Verdi est, paraît-il, un opéra facile. Cela n'empêche pas qu'il soit mon opéra préféré. Et spécialement aujourd'hui, où je vais chanter le chanter tout seul, toute la journée.

 

Non, pas vraiment tout seul, Cathulu et Keisha (clic et clic) sont aussi de la fête. Libiamo, le grand air du premier acte, (appelé aussi le brindis ) est fait pour être chanté tous ensemble, avec un plaisir fou. Plus on est de fous...


Avant de vous donner les paroles pour vous aider à vous joindre au choeur, une petite anecdote : c'est grâce à La Traviata que j'ai commencé à travailler pour la radio. La productrice m'avait proposé d'écrire quelques nouvelles noires, ou d'humour noir, pour "Les petits polars". En échantillon, je lui ai écrit l'histoire d'une vieille dame demandant à se faire opérer de la cataracte en écoutant "LaTraviata". Coup de chance, le chirurgien et son assistante sont aussi fana de cet opéra. Au milieu de l'opération, le CD s'enraie, et le coeur de la patiente commence à lâcher. Il ne leur reste qu'une issue : poursuivre l'opération en chantant à deux l'opéra. L'opération sera un désastre, mais leur interprétation de l'opéra obtiendra un triomphe de toute l'équipe du bloc opératoire. On leur demandera même un rappel, celui de l'air de Libiamo.

 

Si vous avez oublié la musique, voici le Libiamo, avec Placido Domingo, dans deux interprétations différentes :

 

http://www.youtube.com/watch?v=z1ohegoq_IA  et http://www.youtube.com/watch?v=_9lJsDsFFR4

 

Et voici les paroles. Ah, il faut aussi une raison de le chanter. Bon, si vous ne voyez pas, je vous donnerai la réponse demain. En attendant, chantons-le tous ensemble, mais sans plus. Pourquoi sans plus ?


 

Livret original

           Traduction en français

Alfredo :
Libiamo, libiamo ne'lieti calici
Che la bellezza infiora.
E la fuggevol, fuggevol ora
S'inebrii a voluttà.
Libiamo ne'dolci fremiti
Che suscita l'amore,
Poiché quell'ochio
Al core onnipotente va.
Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà.

 

Coro :
Ah ! Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà

 

Violetta :
Tra voi tra voi saprò dividere
Il tempo mio giocondo;
Tutto è follia, follia nel mondo
Ciò che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
E il gaudio dell’amore,
E un fior che nasce e muore,
Ne più si può goder.
Godiamo, c'invita, c'invita
Un fervido accento lusinghier.

 

Coro :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico,
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

 

Violetta :
La vita è nel tripudio

Alfredo :
quando non s'ami ancora...

Violetta :
Nol dite a chi l'ignora ,

Alfredo :
e' il mio destin così.

 

Tutti :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

 

Alfredo :
Buvons, buvons dans ces joyeuses coupes,
Que la beauté fleurit ;
Et que l'heure fugitive
S'enivre de volupté.
Buvons dans les doux frissons
Que suscite l'amour,
Puisque ces yeux tout-puissants
Percent le cœur.
Buvons ! l'amour, l'amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

 

Le chœur :
Ah ! buvons ; l'amour, l'amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

 

Violetta :
Parmi vous je saurai partager
Mes heures les plus joyeuses ;
Tout ce qui n'est du plaisir
Est folie dans le monde.
Amusons-nous, rapide et fugace
Est le plaisir de l'amour.
C'est une fleur qui naît et meurt,
Et l'on ne peut plus en jouir.
Réjouissons-nous !
De fervents et flatteurs accents
Nous y invitent.

 

Le chœur :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau.

 

Violetta (à Alfredo) :
La vie est allégresse.

Alfredo (à Violetta):
Quand on ne s'aime pas encore...

Violetta :
N'en parlez pas à qui l'ignore.

Alfredo :
C'est là mon destin.

 

Tous :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau

 

Bien entendu, le champagne est offert par le tenancier. Sinon, vous ne pourriez godere de la tazza e del cantico !

La coupe est emplie, vous êtes prêts ? On reprend : Ah ! Libiamo, amore, amore fra i calici, Più caldi baci avrà. On peut le dire en français aussi, "Ah ! buvons ; l'amour, l'amour entre les coupes, Aura des baisers plus ardents.", mais les caldi baci semblent plus ardents en italien, non ?


Libiamo 2

 

 


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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 09:29

Mais non, je ne lis pas que mes propres livres, contrairement à ce que je raconte pour faire l'intéresssant. Je lis aussi des livres récents de jeunes auteurs étrangers.

 

Pas plus tard que maintenant, je suis en train de lire "Le Grand Roman indien" de Shashi Tharoor (paru 1989 à Londres, traduit et publié en 1993 au Seuil), et "Femelles" de Joyce Carol Oates (paru en 2005 àNew-York, traduit et publié en 2007 chez Philippe Rey). Mal traduit, au moins dans le second cas, en ce qui concerne le titre. En anglais, The Female of the species avait plus d'allure. Ce doit être un choix de l'éditeur. Le reste de la traduction est très agréable.

 

Deux livres dont on a peu parlé dans la blogochose littéraire (n'hésitez pas à me contredire en me citant les blogs). 

 

Au risque de me gaspiller, je vais faire une chronique pour le prix de deux, puisque demain, je dois absolument parler d'un autre livre, qui sortira ce jour-là - ah, vous saviez déjà . - si je l'oubliais, l'auteur ne me pardonnerait pas.

 

Commençons par une image. 


Shashi Tharoor et Joyce Carol Oates

 

"East will never meet West", disait Kipling *. Eh bien non, la chose s'est faite, au moins sur ma table de nuit. Et c'est en préparant ce billet que j'ai soudain remarqué l'incroyable symétrie de ces deux livres. Symétrie parfaite : luxuriance de l'un, réserve de l'autre.

 

On retrouve cette symétrie à l'intérieur : le Grand Roman indien est un long et voluptueux récit romancé, très romancé, de l'histoire récente de l'Inde, de la colonisation anglaise à son indépendance, calqué sur la construction du Mahàbhàrata. Evidemment, si vous n'avez pas lu le grand, l'immense Mahàbhàrata, le propos perd tout son sel. Moi, par exemple, je ne l'ai pas lu. Je croyais l'avoir lu à 20 ans, mais j'ai dû me tromper, ce devait être un extrait. Ou un résumé. Ou autre chose. Mais je n'ai rien reconnu en lisant le Grand Roman indien. En tout cas, même sans sel, c'est remarquable. Touffu, prolixe, riche en digressions, en personnages que l'on confond (heureusement qu'il y a un arbre généalogique à la page de garde). Mais aussi drôle (le vrai humour indien n'a rien à voir avec celui des films Bollywood), passionnant. On y retrouve Gandhi, Nehru, Mountbatten et quelques grandes figures, mais transposées, masquées en quelque sorte. Mais je vous rassure, les masques sont transparents. Passionnant, j'insiste. Je pense l'avoir fini avant Noël, mais je n'en suis pas certain, car cela se lit lentement, quelques pages chaque soir. 

 

Juste en face, le livre avec la femme plus réservée sur la couverture, c'est un recueil de nouvelles de Joyce Carol Oates. Donc courtes, donc ne montrant pas tout.  C'est Femelles. Ce n'est pas le meilleur livre de la grande Joyce Carol Oates, mais elle y montre, en une brillante démonstration, de nouvelle en nouvelle, sa capacité à changer de registre, de ton, presque de style (ne craignez rien, c'est toujours du pur J. C. Oates). Des femmes féroces dont l'auteur fait comprendre, presque partager, la férocité. La création d'empathie, c'est le point fort de J. C. Oates. On souffre avec les femmes de ces nouvelles, on espère une vengeance parfois avant elle, on la trouve avec soulagement grâce à elle. Mais des femmes très différentes, dans des histoires très différentes. Jamais glauque ni trash. Elle réussit, comme en démonstration, là où Claire Castillon avait échoué dans "Bulles" : Oates réussit à ne jamais lasser, alors même que le thème est constant.

 

Tout cela pour vous dire que je lis, que j'aime, et que j'aime en parler, et pas seulement de ce que j'écris.

Demain, je parlerai d'autre chose. Si je ne trouve pas les mots, je trouverai bien des images.

 

* En fait, Kipling a plus exactement écrit "East is East, West is West, and never the twain shall meet”, ("L'Est est l'Est, l'Ouest est l'Ouest, et jamais les deux ne se rencontreront"), mais j'ai voulu faire court : le tempérament du nouvelliste a repris le dessus.

 

Il a, en fait, retravaillé le verset 12 du psaume 102 (ou 103, en raison de la double numérotation) : As far as the east is from the west, so far has He removed our transgressions from us”, ce qui claque moins en français "Comme est loin l'orient de l'occident, Il met loin de nous nos péchés".

 

Relisons bien ce verset : en supposant que nous soyons à l'occident, nos péchés seraient donc à l'orient, ce qui mérite une longue méditation. Mais je m'éloigne complètement du sujet, là c'est le tempérament du blogueur qui revient au galop.

 

 



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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 09:34

 

Et un dernier prélude pour la route, avant la sortie du recueil "Tous ensemble, mais sans plus", le 4 octobre.

Aujourd'hui, prélude n° 7, en mode tango, avec un extrait de la nouvelle « Sainte Pauline des Tandas ». J’aime proposer une nouvelle sur le tango dans chacun de mes recueils : je suis un désastreux danseur de tango, mais j’ai toujours été fasciné par cette danse, avant même de tomber amoureux de l’Argentine que j’ai épousée. Cette danse est plus que sensuelle, elle est belle comme une nuit d’amour verticale.

J’aime aussi glisser dans mes recueils une nouvelle sur le vélo ou sur les échecs. J’y suis à peine meilleur que dans le tango, mais, sur ces sujets, les idées de nouvelles viennent aussitôt. Rassurez-vous, il en reste beaucoup d’autres.

 


  Présentation : durant les nuits de « Tarbes en tango », toute la ville danse. A commencer par Pauline, venue pour cela. Elle danse avec de nombreux partenaires, mais qui dansera Jeannot, avec le fils du patron du bistrot où elle s’est installée ? On l'a prévenue, il est gentil, mais simplet.

 

tango.jpg

 —      Le tango ! Faut le danser avec moi, maintenant !

   C’est encore Jeannot, l’inépuisable Jeannot. 

—      Le tango ! répète-t-il.

   Il semble très résolu, comme si ce tango était devenu un droit. Tous les clients de la terrasse la regardent. Elle ne sait s’ils la jugent ou s’ils la plaignent. Sans même s’asseoir, elle prend la main de Jeannot et l’entraîne sur la piste.

—      Vous savez danser le tango ? lui demande Pauline avec un bon sourire, comme si la réponse n’était guère importante.

   Bien entendu, il assure que oui. Bien entendu, il ne sait pas du tout. Il se contente de la serrer très fort contre lui et de se dandiner. Elle tente de l’entraîner dans quelques petits pas, c’est peine perdue. Elle le suit donc dans son dandinement, essaie d’écouter ce corps maladroit, ses émotions, ses nuances. Il n’est que joie et fierté. Exaltation. En apothéose, son cavalier lui offre une puissante érection. Puissante et innocente. Elle essaie de se rétracter légèrement, mais il s’obstine. Il semble si heureux qu’elle laisse faire, puisque ce corps ne sait rien lui dire d’autre. Elle voit que le public l’observe, narquois ou compatissant – est-ce que ça se voit ? Peu lui importe. Il a droit au bonheur, comme l’aveugle. Quand revient enfin la cortina, elle a presque honte d’en être soulagée.

   Elle retourne à la terrasse, accompagnée de son glorieux cavalier – maintenant, ça se voit, c’est inévitable.

 

 


 

Il en sera ainsi fini avec les préludes. S'il vous en faut plus, allez sur le livre.

J'ai reçu quelques mails privés de visiteurs m'exprimant leur agacement - gentiment, d'ailleurs - quant à ces billets où je parle de mes livres (là, ils le disent moins gentiment).

Je leur exprime toute ma déploration de les avoir importunés. Je voudrais simplement faire valoir trois points :

1. Si ce n'est pas sur mon blog qu'on peut trouver bon nombre d'informations sur le contenu du futur recueil, où sera-ce ? 

2. Ce blog est un blog d'auteur. Il est donc assez logique que l'auteur y parle de son travail d'auteur. Les blogueurs brodeurs qui ouvrent un blog de broderie ne présentent-ils pas leurs oeuvres de broderie ? Les blogs de lecteurs ne présentent-ils pas leurs lectures ? Et moi, que suis-je autorisé à présenter ?

3. J'ai fait un pointage sur plusieurs années : les chroniques consacrées à mes propres livres n'occupent qu'un peu moins de 30% de l'ensemble. 

4. Et rien que pour ceux que j'ai peinés, je publierai prochainement un billet sur Carol Joyce Oates, ou sur Shashi Tharoor. Ou sur mes recettes de clafoutis.



 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 09:24

Ce dimanche, j'ai changé d'avis. A quoi servent les dimanches, sinon à changer d'avis sur tous les projets de la semaine ? Ce prélude N°6 ne sera pas en mode seniorité, mais en mode xéno. Xéno (du grec Xenos, l'étranger), simplement xéno, ni phobe ni phile, pour éviter de tomber dans les clichés et les postures convenues. Elle s'intitule "Le monsieur de l'autre lit".


 C'est une nouvelle qui se passe en hôpital et à vélo, deux rendez-vous que j'honore fréquemment. Elle n'est nullement autobiographique, mais c'est à l'hôpital que je l'ai imaginée.


En sortant, faute de reprendre le vélo, j'ai repris la nouvelle.


 


 

Présentation. Philippe Louvetier arrive à l'hôpital pour une intervention et une convalescence de huit jours. Il entend en profiter pour "faire le vide", dans la chambre seule qu'il a réservée. A son arrivée, il apprend qu'il n'aura finalement droit qu'à une chambre pour deux. Mais l'infirmière-chef le rassure : "il est très sympathique, le-monsieur-de-l'autre-lit".


 

velo-Cervelo.jpg

 

 

 

   -   Bonjour, je m’appelle Kristofer Kask.

Il avait dit cela avec un phrasé dur, assez proche du chant d’une emboutisseuse.

    - Excusez-moi, Kristofer comment ?

  - Kask, Kristofer Kask, k, a, s, k, avec deux k, et Kristofer aussi avec un k. Puisque nous serons ensemble pour quelques jours, vous pouvez m’appeler Kristofer. Et vous ?

   - Philippe Louvetier. Philippe, si vous préférez.

Philippe sentit monter une colère muette et impuissante. Il ne pouvait évidemment plus faire un scandale et réclamer sa chambre pour lui seul, ce serait très désobligeant envers ce Kristofer avec tous ses k qui lui souhaitait la bienvenue. Il ne tenait pas à passer pour xénophobe, d’autant que le chirurgien qui devait l’opérer portait un nom imprononçable, genre tchèque ou slovaque, « mais il est français comme vous et moi », l’avait rassuré son médecin traitant. Kristofer Kask, lui, n’était certainement pas français, en tout cas pas comme vous et moi, il avait un affreux accent venu de nulle part, avec des consonnes finales qui claquaient et d’autres qu’il mouillait.

   - C’est très joli, votre accent, vous venez de quel pays ?

   - Je suis estonien, mais il y a longtemps que je vis en France.

   - Ah, parfait.

   Philippe avait hésité à ajouter « J’aime beaucoup l’Estonie », mais il s’en était abstenu, craignant que Kristofer lui demandât ce qu’il aimait en Estonie. Que diable y avait-il à aimer en Estonie ?

 


Si ces préludes vous plaisent, il y en aura peut-être encore un ou deux avant la sortie du recueil complet."Tous ensemble, mais sans plus" fera son apparition sur le marché le 4 octobre, donc jeudi. Les premiers échos de lecture sont assez stimulants.


Vous y retrouverez Philippe et Kristofer en une nouvelle assez perfide. Très incorrecte, je le crains.


Pour ceux et celles que ça intéresse, donc presque tout le monde, le vélo de la photo est un Cervelo RS Ultegra. La Rolls du vélo, en moins m'as-tu-vu.

 


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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 07:21

Comme vous le voyez, on continue la série des préludes. Et je continue à remercier le blog, généreux et anonyme, qui m’envoie tant de visiteurs : la fréquentation de ce blog a plus que doublé depuis le début du mois. Il va falloir que j’aille à Conforama pour acheter des chaises pliantes..

 Aujourd'hui, prélude en mode « enfant », prélude à la nouvelle "Une fâcheuse fièvre". Cette nouvelle avait été, à l’origine, conçue pour la radio. Après diffusion, il m’a fallu amplement la retravailler pour l’édition, qui demande un rythme très différent.


 


Présentation. Les fractures ne dérangent pas tout le monde : il y a ceux qui sont du bon coté de cette fracture. Ceux qui veillent à l’agrandir pour mieux se préserver, eux et leurs proches. Lourde tâche qui demande une vigilance incessante. Allez donc en parler au docteur Plantier, appelé pour une urgence.

 

Facheuse-fievre.jpg

       D’un regard boudeur, il jaugea le docteur Plantier, comme pour vérifier si celui-ci était apte à assurer la prestation.

—   C’est donc vous qui remplacez le docteur Everaert. Il ne nous avait pas prévenus de son départ en vacances.

—   Il n’est pas en vacances, mais à l’hôpital. Il a été agressé hier soir, en allant voir un patient de la Cité des Monts.

—    Le docteur Everaert avait des patients dans la Cité des Monts ? Il ne nous en avait jamais parlé.

Ce qui semblait choquer l’homme n’était pas cette agression, assez banale, mais la patientèle qu’on lui avait cachée. [...]

—   C’est curieux que le docteur Everaert vous ait demandé de le remplacer. Généralement, on demande ça à de tout jeunes médecins.

—   Je suis à la retraite depuis un an, mais je fais encore des remplacements pour des collègues amis.

—   Ah, vous êtes amis !

Il observa de nouveau le médecin. Plus exactement, il le scruta.

—    Je n’aurais pas cru que vous étiez amis. Sans vous vexer, il y a une telle différence d’âge…

—    Nous avons sympathisé à l’occasion de rencontres syndicales, quand j’étais encore en activité.

—    Le docteur Everaert fait du syndicalisme ?

La conversation devenait pénible. Le docteur Plantier coupa court :

—   Si vous voulez bien, je vais voir Fabien, puisque je suis venu pour ça. Vous êtes son père, je suppose.

Le barbu hocha la tête et guida le médecin à travers le vaste appartement, en expliquant que la poussée de fièvre et les douleurs de ventre de leur petit Fabien étaient très ennuyeuses, justement le jour où il avait un devoir sur table de mathématiques, Fabien était bon en maths. 

 

 


 

Le 4 octobre, vous retrouverez le docteur Plantier, vous assisterez à sa consultation. Ce sera dans le recueil "Tous ensemble, mais sans plus"qui sera sorti. Ah, vous êtes déjà au courant ?

 

Demain, je laisse votre dimanche libre, le mien aussi. A lundi pour trouver le prélude N° 6, en mode senioritude.

 

Vous auriez voulu lire autre chose ? Très bien, allez voir là-bas. Vous en connaissez beaucoup, des auteurs qui font preuve de tant d'altruisme ?

 

 

 

 

 

 

 

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