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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Mais rien ne vous empêche d'aller faire un tour sur le site www.georges-flipo-auteur.com  

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Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

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Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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813
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Aude (Mots dits)
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Biblioblog (Laurence)
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Bibliophagie (Sybilline)
Bibliosurf
Biffures chroniques
Blog de Thomas Clément
Bloghotel
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Caro[line] 5ème de couverture, 
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Journal  d’une lectrice (Papillon)
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Valérie (Un fil à la page)
Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)

Yspaddaden

Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:57

" Puisqu'il semble que vous soyez en train de le lire, il est bien, ce roman ? " demande Keisha. J'ai une réelle affection d'auteur pour Keisha, qui est une lectrice très stimulante. Elle lit bien, elle chronique bien, ce qui ne veut pas dire qu'elle applaudit n'importe quoi, même quand c'est moi qui l'écris.

La politesse voudrait donc que je prenne la peine de répondre quand elle me pose une question d'une impitoyable clarté.

 

J'en suis hélas incapable. 

Je ne sais jamais si un roman est bien, même quand je le lis, enfin édité. Je suis toujours très content de moi, donc de mes oeuvres. Stupidement content, c'est probable : celui de mes romans que j'ai préféré, et dont je suis le plus fier ("Le film va faire un malheur") a été bien accueilli par la critique, mais a frôlé le bide chez les libraires et dans le public. Parmi les quatre nouvelles dont je suis le plus content, en tout cas celles que j'ai le plus travaillées (plus de six mois chacune), ( "Le parfum des profondeurs", "Rapace", "Le passage du Sphinx" et "La partie des petits saints" ) les trois premières sont passées presque totalement inaperçues lors de leur publication.

Je suis un peu supertitieux, je vais donc me garder de dire du bien de ce septième livre, cela pourrait me valoir quelques tonitruances des puissances tutélaires de l'écriture.

 

Ce que je peux en dire, sans trop me risquer, c'est que j'ai beaucoup travaillé. J'aime bien cet argument, ça sent son élève besogneux qui vient solliciter une notation "AB" du professeur.

 

J'ai beaucoup travaillé l'intrigue. Plus encore que pour le premier roman policier. En l'écrivant, je l'ai simplifiée : c'était si complexe que je m'y perdais. En la relisant, je l'ai re-compliquée : c'était vraiment trop simple. 

J'ai beaucoup travaillé sur la relation entre Viviane et son lieutenant. Je suis le seul à savoir ce qui se passe vraiment dans la tête de la commissaire, car j'ai finalement supprimé tous ces passages : ils alourdissaient l'histoire.

J'ai beaucoup travaillé la documentation : j'ai vraiment passé huit jours au Club Lookea Princess Sun de Lindos, dans l'île de Rhodes. Mais ce que j'en raconte est une falsification malhonnête : les animateurs sont plutôt sympathiques, plus dévoués, plus passionnés que dans le livre. En ce qui concerne le public, c'est malheureusement d'une terrible vérité, c'est presque un constat d'huissier.

J'ai beaucoup travaillé aussi les descriptions : le vieux village de Lindos, c'est exactement comme ça. Je ne le décris pas pour faire joli, mais parce que la description joue un rôle dans le récit. Tout ce qui s'y passe aura son importance. Les ânes, le Captain's house, et l'Acropole.

 Bref, j'ai beaucoup travaillé, sans parler des corrections. A ce propos, le correcteur s'est permis, en dernière heure, une correction inopportune, une correction qui change le sens d'une phrase. C'est en page 127, je vous laisse la chercher et la trouver. Le correcteur a été sévèrement puni : il devra passer 8 jours au club Lookea.

Le premier visiteur qui aura repéré la phrase ainsi dénaturée et rétabli la ponctuation d'origine gagnera un livre dédicacé, celui qu'il voudra, à choisir dans ma bibliographie. Il suffit de répondre ici, en commentaire. Ca, c'est du jeu promotionnel, autrement plus intelligent que les jeux téléphoniques de TF 1.

Je vous donne, juste en dessous, quelques photos de Lindos pour que vous puissiez mieux imaginer le cadre quand vous lirez ce polar. Il n'y a pas de photos du soleil, mais on ne voit que lui. Il n'y a pas non plus de photos du village-club, car il n'existe pas. Mais, si vous voulez, j'ai le plan.

 

Lindos-Acropole.jpglindos-anes.jpglindos-captains-s-house.jpglindos-vue-generale.jpglindos-vue-de-la-colline.jpg

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 16:20

Voilà, c'est arrivé. Et ça m'arrive une fois par an.  

pour-blog-lecture-commissaire.JPG

 

Je continue ce billet demain. Le choc émotif est trop violent. Il faut que j'aille me reposer. C'est peut-être tout ce champagne, aussi.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 19:10

Je reçois fréquemment des mails charmants de visiteurs de ce blog qui me gênent. Après quelques gentillesses sur tel ou tel billet, ils me proposent joyeusement la lecture d’un de leurs textes : nouvelle ou roman. Les plus prudents m’annoncent un envoi de quelques pages, en m’assurant qu’ils m’enverront aussitôt la suite dès que j’aurai manifesté mon enthousiasme pour le premier chapitre.

Je réponds toujours non. J’essaie d’exprimer ce refus avec courtoisie et gentillesse, car leur démarche est louable. Il se trouve simplement que je ne suis pas le bon interlocuteur.

 

 

La démarche est louable. Un auteur a toujours intérêt à soumettre son manuscrit à quelques regards Banville 2.extérieurs avant de l’envoyer aux éditeurs. Une observation n’est pas forcément significative. Mais quand elle est exprimée par trois ou quatre lecteurs, elle devient un signal pour l’auteur. On ne perd jamais son temps en faisant lire son manuscrit par autrui. C’est plutôt ce brave autrui qui perd souvent le sien.

Si l’on sent qu’on embête le volontaire, on peut lui proposer la simple lecture du premier chapitre, ou même des trois premières pages – puisque, chez l’éditeur, le lecteur professionnel n’ira généralement pas plus loin.

Curieusement, la plupart des auteurs candidats à l’édition manifestent une réticence proche de la pudeur vis-à-vis de cette démarche. Ils sont prêts à soumettre leur œuvre aux plus exigeants des regards, ceux de Gallimard, Grasset et autres, mais pas à celui de leur voisin de palier.

 

Les plus finauds proposent cette lecture à ceux qu’ils considèrent comme des semi-professionnels : les auteurs. L’idée n’est pas absurde, elle n’est pas non plus très originale, si j’en crois la fréquence avec laquelle on vient me proposer ces lectures en avant-première, parfois de façon très plaisante (salut à vous, A.M. !).

 

 

Mais je ne suis pas la bonne cible. Je peux, les jours d’ivresse, me considérer comme un auteur professionnel, mais je n’ai aucune vanité de lecteur. Je crois atteindre les sommets de la nullité en ce domaine.

Quand je suis juré dans un concours de nouvelles, mon vote ne converge jamais avec ceux de mes collègues, qu’ils soient vieux instituteurs ou jeunes écrivains à la mode. Je m’emballe pour des nouvelles qui laissent mes voisins indifférents. Je les défends avec un enthousiasme qui les gêne. Et quand vient leur tour de défendre un texte, j’ai toujours l’impression qu’on me monte un canular quand je les vois présenter leurs favoris.

Banville-1.jpgPour les romans, c’est encore pire. Je referme définitivement, au bout de 50 pages, les deux tiers des romans (je précise, des vrais romans, publiés, vendus, parfois connus) dont j’entame la lecture. Je m’enflamme pour des oeuvres mineures de grands écrivains, ou pour des auteurs de seconde zone. Et c’est pareil pour la poésie : j’ai une grande admiration pour Théodore de Banville, et, quand j’essaie de la partager, on m’approuve avec un petit sourire, comme s’il s’agissait d’une coquetterie d’auteur un peu snob.

 

Vous l’aurez compris, je suis le plus mauvais des lecteurs. Je n’ai aucune vocation de coach : je risque de vous donner de fausses espérances, et je vais vous donner de mauvaises pistes de correction. Je ne pratique cet exercice qu’avec quelques rares écrivains que je connais de longue date. Je les fréquente suffisamment pour savoir en quelle optique mon regard peut les intéresser, je sais qu’ils filtreront mes commentaires.

 

Tout cela pour dire que je suis trop jeune pour apprendre à lire. J’ai bien assez de mal à écrire. J'en suis désolé. Que cela ne vous empêche pas de persévérer. 

 

La statue et le portrait sont ceux de Banville. J'ai toujours rêvé d'être un jour immortalisé dans la même attitude, sur un piédestal. Ce serait dans le parc d'une petite ville. A côté d'un saule. Il faut toujours avoir une grande ambition qaund on s'obstine à écrire.

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Published by Georges F.
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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:09

"inventer un text de présentation dans la 4émé couverture de antigone"

 

Parmi toutes les requêtes qui ont mené hier à ce blog, celle-là ne m'a pas fait rire. Mais vraiment pas du tout.

 

Antigone, de Jean Anouilh, est un beau texte. Peut-être un peu pompier, par sa gravité, par le maniement habile de grandes idées, par la brillance de ses phrases, mais un beau texte qui ne peut laisser indifférent lorsqu'on dix-huit ans et qu'on se prend à réfléchir sur le monde.

Un texte qui se lit facilement, plus facilement que l'Antigone de Sophocle ou de Brecht. Et je ne parle pas de l'Antigone et de son journal façon Henry Bauchau, puisque je ne l'ai jamais lu ce livre. Je n'avais jamais entendu parler de son auteur avant de commencer ce billet, merci Wikipedia.

L'Antigone d'Anouilh est un texte moderne, qui continue à trouver son public. C'est chaque année une des meilleures ventes de mon éditeur, La Table Ronde. 70.000 exemplaires par an, m'a-t-on dit. Il les mérite.

J'ai vu cette requête, et j'ai imaginé le jeune prof de lycée, courageux, idéaliste qui a voulu encourager ses élèves goguenards à lire intelligemment. Il s'est dit que le devoir proposé, dans son aspect ludique, moderne, allait les stimuler. Il allait les inciter à lire en se posant d'incroyables questions telles que "De quoi ça parle ?", "Quels sont les grands problèmes que ça pose ?", "En quoi est-ce actuel ?" "Pourquoi cette pièce me plaît-elle ?". Il allait peut-être créer chez eux une vocation de lecteur.

Et le lycéen est rentré chez lui, pensif. Pas facile, ce devoir. Il n'a même pas ouvert son cahier de textes pour voir le libellé exact de la question, il s'en souvenait à peu près. Il est allé au plus simple, il a ouvert son P.C. il a tapé dans google "inventer un text de présentation dans la 4émé couverture de antigone" et il a vu apparaître mon blog dans la liste. Il est arrivé chez moi, il a fouillé partout en pestant "Nul, ce blog, fait chier", et il est reparti. Peut-être est-il reparti chez Antigone '("Les écrits d'Antigone"), bon blog littéraire donc trop intelligent pour lui. Je ne sais pas où il est parti butiner maintenant. Il doit courir sur la toile, en faisant des bzz bzz comme une grosse mouche verte contre une vitre.

Et je me sens un peu sali par sa visite.

Cette grande feignasse est en train de casser une vocation de prof de lettres. 

Je voudrais simplement dire à ce jeune prof de tenir bon. Peut-être, parmi les trente-cinq élèves de sa classe, va-t-il trouver une ou deux copies d'élèves qui préfèrent trouver les réponses dans leur tête plutôt que dans celle des autres. C'est pour eux qu'il fait vraiment cours.

Ce billet n'a apparemment rien à voir avec mon roman "La commissaire n'a point l'esprit club", que j'aurai entre les mains dans moins d'une semaine. Pourtant, quand j'ai commencé ce billet, il y avait un rapprochement, je l'avais en tête. Et maintenant, je ne vois plus lequel. Seraut-ce que je  n'écris mes livres que pour un visiteur sur trente-cinq ? Je pars faire le calcul, mais ce ne serait guère stimulant. Il y aurait même de quoi briser une vocation.

Le visuel, c'est Antigone arrêtée par les gardes alors qu'elle vient d'ensevelir la dépouille de Polynice. J'aime bien, l'ambiance est très grecque. C'est comme dans mon roman. Ah, ça y est, je l'ai retrouvé, le rapprochement. C'était idiot, comme si ce roman allait rester enfoui !

Antigone-et-le-cadavre-de-Polynice.jpg


 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 11:46

 

Malsaines habitudes...

J’ai toujours éprouvé une certaine fascination pour la laideur. Il y a longtemps, presque dans une vie antérieure, je fréquentais volontiers les salles des ventes pour y acquérir les toiles d’amateurs  les plus laides qui soient. Cela ne coûtait rien, deux ou trois euros, et je me faisais un plaisir de les offrir à mes amis lorsque j’allais dîner chez eux.

Leur mine embarrassée lorsqu’ils déballaient le cadeau m’enchantait. Mais mon plus grand bonheur m’attendait quelques mois plus tard, lorsque je revenais pour un autre dîner : je n’offrais bien sûr pas de nouveau chef-d’oeuvre. La vue de mon cadeau précédent, extirpé du placard à la cave et courtoisement accroché au-dessus de la cheminée pour l’occasion, suffisait à mes ravissements artistiques.

Ce goût pour la laideur n’étais pas seulement altruiste : chez moi, je collectionnais les statuettes de chiens en plâtre – ceux peints en argenté ou en doré de préférence. Une statue de berger allemand toute seule, ce n’est pas très beau, j’en conviens. Mais quand il y en a plusieurs, il se dégage de l’ensemble une trouble harmonie, une esthétique, n’ayons pas peur du mot.

J’ai renoncé à ces malsaines habitudes le jour où j’ai épousé une artiste-peintre. Il lui arrive de faire figurer sur ses toiles des personnages laids, grotesques ou grimaçants pour lesquels j’ai une tendresse particulière. Ce ne sont pas ceux qui se vendent le mieux, j’ai donc la chance de les croiser longtemps sur mes murs.

 

Cranach

Je repensais à cela en réservant hier mes billets pour l’exposition Cranach. Certains lui trouvent une cranachperverse sensualité, moi pas. Je vois d’abord dans ses tableaux le triomphe d’une certaine laideur : même quand les corps et les visages sont beaux, on sent chez eux une laideur intérieure, une hideur de l’âme qui plane sur le tableau et semble effleurer le visiteur. Il y a aussi de la laideur chez certains personnages de Velazquez, de Goya, mais elle est naturelle, attendrissante, elle a une certaine pureté. Dans la laideur de Jérôme Bosch, elle touche à la spiritualité. Celle des toiles de Cranach est plus dérangeante. Elle est si insidieuse qu’elle semble morbide, et plus exactement mortuaire. Tous les personnages de Cranach sont pour moi de futurs cadavres. La camarde est dans leur ombre, elle corrompt déjà les chairs. On pourrait presque en sentir l’odeur. La peinture de Cranach est un culte de la mort. Après l’avoir visitée, j’écouterai le Requiem allemand, de Brahms.

 

Peut-on avoir semblable démarche en littérature ? J’éprouve une grande admiration pour l’habileté avec laquelle Baudelaire nous fait partager sa fascination pour la laideur. Relisez donc «  Une charogne ». Verlaine et parfois Rimbaud, notamment dans sa « Vénus anadyomène », sont dans la même mouvance. Les personnages laids de Victor Hugo sont différents : comme chez Velazquez, L’Homme qui rit ou Quasimodo incarnent une certaine pureté.

 

 

Et moi, et moi...

Tout cela pour dire que le laid peut être beau, c’est possible. Quand c’est moi qui écris, la chose devient plus malaisée. J’aime décrire la laideur vue par mes héros. J’aime que leur regard se pose, avec dégoût ou causticité, sur la hideur de certaines rencontres. Mais, curieusement, beaucoup de lecteurs (y compris d’excellents lecteurs, à l’oeil affûté) me le reprochent aussitôt : ils considèrent que ce regard est trop vrai, trop méchant, ce doit être le mien, forcément. « On sent bien que vous n’aimez pas les gens, que vous les méprisez », me dira-t-on quand, dans mon prochain roman, la commissaire contemple avec répulsion le troupeau des vacanciers aux chairs flasques, qui s’alanguit autour de la piscine, ou quand elle participe aux consternantes soirées du club de vacances où elle enquête.

 

 

Que dois-je faire ?

Publier une note en bas de chaque page fleurant la misanthropie pour rassurer les lecteurs inquiets, pour me désolidariser de Viviane Lancier ? Emma Bovary, c’est moi mais là ce n’est pas moi...

Traverser ces situations sans les décrire ? Je n’écris pas de thrillers façon U.S., j’aime décrire les cadres et le regard du héros sur ces cadres, c’est là que je dépose ma maigre participation à la littérature.

Décrire les mêmes scènes avec un bel enthousiasme humaniste, un regard débordant d’amour universel et de fraternité multipolaire ? Je n’ai pas assez d’imagination pour cela.

 

Voilà les pensées qui m’envahissent depuis que j’ai réservé, hier, mes billets pour Cranach. Tout bien réfléchi, j’aurais mieux fait d’aller voir Tony Cragg

 

Pour illustrer ce billet, j’ai choisi deux tableaux de Mercedes Gómez-Flipo. Certains crieront au copinage, mais les Velazquez et les Goya n’étaient pas libres de droits. Et je n'en ai pas sur mes murs.

 

Les-comediens--gravure--cadre-noir.jpgLe-maitre-de-ballet--cadre-noir.jpg

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 15:36

 Rappel préalable : dans cette chronique, je réponds aux requêtes Google par lesquelles certains visiteurs débarquent sur ce blog.

Nombre d’entre elles sont du type « Je veux faire publier mon roman » ou « Comment se faire éditer » chez Gallimard, Grasset, Le Seuil, Albin Michel, Flammarion, Actes Sud et quelques autres.

Si vraiment vous voulez vous faire éditer, allez faire un tour sur mon site,  ou sur les archives de ce blog

Vous y trouverez des conseils concrets et sérieux pour les auteurs désirant transformer un bon manuscrit en bon livre publié. Votre projet n’a rien d’insensé, même si vous n’avez pas de relations dans l’édition, même si vous n’habitez pas Saint-Germain-des-Prés, même si vous ne sortez pas de Normale Sup. L’important, c’est d’avoir un bon manuscrit, un peu de persistance et d'humilité. Plus un zeste de chance.

Et si vous voulez savoir comment ça se passe quand on veut se faire éditer et quand on y parvient, je vous suggère de lire « Le Vertige des auteurs », publié chez Le Castor Astral. Ce roman n’est pas autobiographique – même si j’en suis l’auteur, mais il est, hélas, assez bien documenté. Les retours de lecture des candidats à l’édition me l’ont confirmé. C’est quand même un vrai roman : il a été co-lauréat du Festival du premier roman et a raté d’une voix le Grand Prix de l’Humour noir.

Plus de renseignements sur mon site    ou sur ce blog    

 

  Ouverture de la neuvième Chambre des requêtes

 visu chambre des requêtes

     

Nous rappelons que toutes les requêtes sont citées dans leur formulation et leur orthographe d’origine.

 

 

Huissiers, faites entrer les requérants !

 

Requête : « on est inséparable »

Et vous venez toute seule pour me dire ça ? Sans même un petit pluriel ? Je ne veux pas vous inquiéter, ma brave dame, mais c’est mal parti. Attendez, restez, restez : vous faites quelque chose ce soir ?

 

Requête : « quand ils ont cassé leur ficelle »   

Quand ils ont cassé leur ficelle, euh...attendez, je vais trouver... « Quand ils ont cassé leur ficelle, les strings ne savent plus à quoi se raccrocher ? » C’est ça que vous vouliez me faire dire ? C'est moi le plus drôle, non ? Qu’est-ce que je gagne ?

 

Requête : « palme académique mauve  »

C’est très gentil à vous, mais je la préfèrerais en bleu ciel, et une seule ne suffira pas. Les palmes, je veux les palmes !

 

Requête : « ceci n'est pas une pipe une blague »

Ha, ha, ha, elle est bien bonne, elle est fumante ! Eh, huissier, psst, venez que je vous cause en catimini : vous avez compris, vous ? Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?

  

Requête : « qelle sont les autres écrivain qui écris antigone »

Vous voulez vraiment les lire ? Je ne veux pas jouer les rabat-joie, mais... Puisque vous y tenez, vous notez ? Sophocle, Anouilh, Brecht...  comment, qu’est-ce que ça raconte ? Ah, il faudrait aussi que je les lise ? Il n’en est pas question, je suis écrivain, je ne lis que mes oeuvres.

 

Requête : « aurait il une librairie de manga a chatellerault »  

Je n’ai pas l’adresse en tête, mais je sais y aller. Vous voyez, la grande avenue, celle qui part de la gare, non, pas celle-là, l’autre, avec des arbres. Vous la descendez, vous tournez dans la rue, après le café à gauche. Ou à droite, vous verrez bien. Quand vous aurez dépassé la boîte aux lettres, vous tournez juste après la vieille 2 CV, vous voyez ? Comment, il n’y a plus de 2 CV ? Moi, la dernière fois que j’ai acheté un manga, elle y était. C’était l’année avant celle où j’ai eu une crevaison de vélo... ou peu après, je ne sais plus, ce n’est pas grave, j’ai l’impression que vous ne m’écoutez plus. Ils sont comme ça, les lecteurs de manga, ils veulent du facile, de l’immédiat. Ah, je me souviens, c’était à Château-Thierry, pas à Châtellerault. Non, non, c'était au métro Château-Rouge.

  

Requête : « lettre d'accompagnement manuscrit georges flipo »  

Vous allez offrir à l’être aimé un manuscrit de Georges Flipo ? Mon conseil, c’est de ne pas l’envoyer, ça a trop de valeur. Portez-le vous même à l'objet de vos désirs. Tendez le livre, tendez aussi les lèvres et venez recevoir votre récompense.

 

Requête : « que risque ulysse si il écouter les chant des sirènes »  

Plouf. Au suivant !

 

Requête : « écrire un roman est difficile »  

Et le lire, mon pauvre vieux ! Et le lire ! Surtout quand on l’a écrit.

 

Requête : « je c'est écrire plutôt »  

Oui, je aussi moi pareil. Plutôt.

 

Requête : « listes de mauvais écrivains »  

C’est très gênant, ce que vous me demandez là, ce sont d’estimables concurrents, presque des collègues, nous finirons même par devenir amis.  Surtout s’ils sont jurés de prix littéraires.

 

Requête : « photo de chien zakouski »  

Ah, c’est idiot, vous seriez venue dix minutes plus tôt, il était là, dans mon assiette. Vous auriez pu la prendre tranquillement, votre photo. Il reste des olives et des crevettes. Je sais, en photo c'est moins bien, mais c’est plus goûtu. Plus léger, surtout.   

 

 

Requête : « je veux ecrire un texte puis l imprimer sur l hodi »  

J’ai confiance, vous y arriverez. C’est très impressionnant, j’assiste en direct à la naissance d’un écrivain.

 

 Requête : « pub actuel (monsieur je vous masse le pied »  

Bon, puisque vous y tenez, passez sous mon bureau et soyez discret.  

 

Requête : « la tendresse.. qu'est-ce que c'est exactement »  

Vous avez raison, l’important, c’est de savoir e-xac-te-ment. Moi, je le sais, mais je ne vais pas vous l’expliquer. Vous avez une tête à ne pas comprendre e-xac-te-ment. Comment, je vous prends pour un naze ? Oui monsieur, e-xac-te-ment.  

 

Requête : « juste pour vous rappeler »  

Vous avez très bien fait, merci. J’ai failli l’oublier. Attendez, revenez, je ne me souviens plus : qu’est-ce que j’ai failli oublier ?

 

Requête : « j'ai gagné un concours de nouvelles »   

Vous êtes absolument extraordinaire. Prodigieux. Permettez que je me prosterne pour vous baiser les pieds. Oh, ils sont un peu enflés, là, au niveau de la cheville. Et encore, ce n’est rien, attendez d’être devenu écrivain, et alors là, vous verrez.

 

Requête : « femme écriture »   

Femme écriture, mari vaisselle, oui, je sais, c’est dur. Mais c’est comme ça, il ne fallait pas épouser une femme écriture.

 

Requête : « merci pour vos soutien »   

Je vous en prie, madame, c’était volontiers. Vous êtes la vingtième à venir me le dire ce mois-ci, merci pour ce soutien, Georges ! Wouah, soutien-georges, qu’est-ce que je suis drôle, vous ne trouvez pas ?

 

Requête :  « je suis en passe de changer »   

Vous vous rendez compte, mesdames et messieurs de l’assistance, cette demoiselle est en passe de changer ! Qui aurait cru ça d’elle, hein ? Vous avez eu le courage d’en faire état devant cette immense assistance, il n’y a plus qu’à.

   

Requête : «  je veux lire les pensés des grand s'ecrivains du monde »  

Et vous voulez commencer par moi ? Je suis très ému. Eh bien, allez-y, lisez, lisez. Comment, c’est illisible ? C’est normal, puisque je suis un grand écrivain.

 

Requête : « éditeur manuscrit approche directe wrath »   

Allez-y, allez-y, ce sera très amusant, j’en suis sûr. Hi, hi, lui demander des conseils pour vous faire éditer ! C’est comme si vous demandiez des conseils de coiffure à Harry Roselmack.

 

Requête : «non non ce n'est pas pile ou face. quoi qu'il arrive c'est par moi que tout doit arriver analyse   »   

Bon, puisque c’est par vous que ça doit arriver, je vous laisse analyser, mon ami. Huissiers, accompagnez monsieur en salle d’analyse.

 

Requête : « qui a peint ces tableaux ?  vous le saurez à la fin ... (ne trichez pas !!)  »   

Très amusant, votre petit jeu. Vous surestimez la probité des visiteurs de ce blog. Regardez, ça y est, ils sont tous partis. Comment, où ça ? Mais à la fin, bien sûr.

 

Requête : «corrigé : lire un roman, c'est faire l'effort d'entrer dans un univers différent. qu'apporte cette démarche ? »   

Oh, le vilain tricheur, je vais vous dénoncer à votre professeur de français. Ah, le professeur de français, c’est vous ! Bon, je vais vous dénoncer au Ministre de l’Education nationale. Ah, c’est lui qui vous a posé la question ! Eh bien, tant pis, je vais le dénoncer... ah, c’était pour aider le... Lui-même ? Bon que Sa Seigneurie vienne me voir. J’en profiterai pour lui demander les palmes académiques.  

 

Requête :  « images gratuites des coupe de champagne  »   

Parfait. Et moi, chère madame, j’ai les images gratuites de caviar et de homard : nous allons pouvoir commencer notre petite fête. J'ai même une image gratuite de violons tziganes.

   

Requête : « dimanche au lit  »  

C’est une excellente idée, justement, je ne savais pas quoi faire. J’y vais de ce pas. Huissiers, veuillez tirer les rideaux de ce lit à baldaquin et m’y porter. Huissiers ! Huissiers ? Mais où sont-ils ? Ah, eux aussi, dimanche au lit ! Bon, puisqu’il en est ainsi, allez tous passer dimanche au lit, l’audience est close. Ah, avant de vous coucher, pensez à faire le tour de vos blogs préférés pour signaler cette chronique : un peu plus de visiteurs, ça me remontera le moral.


 

 

L'audience est close.

Fermeture de la neuvième Chambre des requêtes

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Published by Georges F. - dans Chambre des requêtes
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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 15:04

Assez plaisanté, assez d'histoires de commissaire, de meurtres, de régimes et de tentations de la chair.

Assez de gaudriole.

Dans deux jours, nous reviendrons à des sujets plus sérieux : dimanche, à une heure indéterminée, ouverture d'une nouvelle Chambre des Requêtes.

Ne sachant que mettre pour illustrer une chronique aussi grave, je vous propose ce magnifique calendrier de la poste. Les petits animaux de l'image, ce sont des cafards. Les cafards sont des animaux comme les autres, ils ont droit, eux aussi, aux honneurs du calendrier.

Je remercie Dame Schlabaya d'avoir attiré mon attention sur ces méritantes petites bêtes en quête d'amour.

calendrier-cafards.jpg

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 10:41

 

Club-couv.jpgIl y a dans les milieux de l’édition une certaine malédiction qui plane. Je ne sais pas si elle plane au-dessus des auteurs quand ils écrivent, mais elle plane dans les dîners quand on parle d’eux. [ Nota : je n’ai pas ajouté « en ville » en mentionnant les dîners. Je n’ai jamais su pourquoi il fallait que les dîners où l’on cause se passent en ville. J’en ai fait d’excellents, savoureux et jacassiers, à la campagne, notamment sur la pelouse, sous mon pommier, les soirs d’été à Cabourg. ]

 

C’est la malédiction

du deuxième livre...

[ Cette typo est du Chiller, elle est supposée faire trembler. Mais je m’éloigne du sujet ]« Son premier roman était bien, mais son deuxième... ». Le deuxième est toujours très attendu et n’est jamais ce qu’on attend. S’il innove, on lui reprochera de se trahir (lisez les critiques sur le nouveau roman de Tristan Garcia « Ah bah non, ce n’est même plus historique »). S’il poursuit dans la même veine, on critiquera le déjà vu, l’épuisement de l’inspiration. Et l’on ajoutera, sourire en coin, « c’était son deuxième, ce sera son second ».

 

Jusqu’alors, je ne m’étais jamais posé la question.

 

Quand j’ai publié mon deuxième recueil (L’Étage de Dieu), il n’avait rien à voir avec le premier (La Diablada), puisqu’il était thématique : toutes les nouvelles étaient ancrées dans l’entreprise. J’avais simplement gardé le ton des nouvelles les plus caustiques. Cela ne l’a pas empêché de faire une honnête carrière (le tirage est épuisé).

 

Quand j’ai publié mon second roman ( Le film va faire un malheur ), j’ai gardé les mêmes partis pris que dans Le vertige des auteurs, mon premier : le long plongeon du héros, l’écriture compassionnelle et sarcastique, mais avec un cadre différent (le milieu de la publicité et du cinéma), des caractères très différents (deux héros que tout oppose), et un récit beaucoup plus riche en rebondissements. Les trois quarts des lecteurs ont apprécié, le quatrième n’a pas du tout aimé : il trouvait que je me répétais. L’accueil de la presse, lui, a été abondant et flatteur, plus que pour le premier.

 

Et quand il s’agit de mon deuxième roman policier ?

 

Jusqu’où fallait-il s’éloigner de « La commissaire n’aime point les vers ? ».

 

Je me suis constamment posé la question. J’ai évidemment gardé le héros, et plus précisément l’héroïne [ Tiens, pourquoi doit-on écrire LE héros, et non pas l’héros, alors qu’on écrit L’ héroïne et non pas LA héroïne ? La langue française n’est pas cartésienne. D’ailleurs, Descartes lui-même n’était guère cartésien – on reparlera, mais ailleurs ; ici, on s’éloigne du sujet ].

 

J’ai donc gardé la commissaire Viviane Lancier, telle qu’elle était, avec son mauvais caractère, ses appétits, ses frustrations sexuelles, sa hiérarchie, sa façon d’avancer dans l’enquête en pataugeant, ses relations complexes avec son lieutenant (là, je ne vous en dis pas plus, il y  aura une surprise). Je l’ai un peu épaissie (il ne lui manquait plus que ça) en la parant de quelques souvenirs d’adolescence.

 

Et je l’ai surtout changée de décor. Je l’ai emmenée dans un club de vacances, très loin de son commissariat : dans l’île de Rhodes. Elle y sera commissaire, mais anonyme. Elle devra enquêter avoir le droit de garde à vue : pas de scandales, « surtout pas de troubles à l’ordre public, vous m’entendez Viviane ». Facile à dire, car on y meurt beaucoup, pas très joliment. Et tout le monde a de très bonnes raisons de tuer.

 

L’intrigue paraît bien carrée au début, puis devient complexe. Je l’avais beaucoup travaillée mais je l’ai un peu modifiée en cours d’écriture. Un peu simplifiée, puis complexifiée. Je n’y suis pour rien, ce sont les personnages qui veulent ça. On les décrit, on les fait parler, puis on se rend compte que leur rôle ne leur convient pas. Dans ce cas, je préfère changer le rôle que le personnage.

 

Cette intrigue, je l’ai longuement construite avant d’écrire le deuxième paragraphe : le premier, je l’avais déjà. D’ailleurs, en le lisant, vous direz peut-être : le premier paragraphe était bien, c’est le deuxième que j’ai trouvé décevant. Et les suivants. Je vous préviens, il y en a 2.096.

 

Je vous rassure : il paraît que ça se lit bien. J’en ai déjà vendu 1.000  exemplaires avant même sa sortie. Vantardise d’auteur ? Non, non. Je vous raconterai ça plus tard.

 

Voici la quatrième de couverture, un peu plus lisible. Vous me l'avez demandé si gentiment...

 

club quatrième de couve

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 09:49

Me re-voici. Je sors d'un hôpital réputé pour ses compétences en chirurgie cardiaque. J'y suis entré avec de gros pépins qui nécessitaient une intervention lourde, à coeur ouvert, et un changement d'une partie de la plomberie. J'en suis sorti en pleine forme. Il n'y a pas eu d'intervention : les examens pré-opératoire ont montré que les pépins n'étaient pas si gros qu'on le croyait. En tout cas, ils ne nécessitaient pas d'intervention immédiate.

 

" Ah, voilà un bon sujet de nouvelles pour toi ! " m'ont dit mes amis.

 

Ils ont raison, ce serait un beau sujet. Et même plusieurs. L'histoire d'un type qui, se découvrant moins amoindri qu'il ne le craignait, se sent soudain tellement en forme qu'il en fait trop. Retour à la case départ. Ou l'histoire d'un type qui part à l'hôpital, très fier de sa future intervention dont il a parlé à tout son entourage. Et qui en sort piteux quand il apprend que l'opération ne s'impose pas. Il se vexe quand on ne lui pose pas de questions sur sa santé. Ou plein d'autres sujets qui m'assaillent, le temps d'en parler. De beaux sujets, permettant de beaux portraits, de beaux récits bien documentés. Je les aurais écrits avec une jolie image affichée sur mon mur, au-dessus de mon PC. Une image comme celle-ci :

Coeur-humain.jpg

 

Je ne crois pas que je vais les écrire. Ce n'est pas que ce soit gênant, mais ça me gêne. Il y a des sujets que je n'ose pas traiter, peut-être par respect pour ceux qui les vivent sans littérature, les malades comme le personnel médical. Ca leur ferait mal. Je veux bien être féroce, mais je ne veux pas être méchant.

 

Pour être complètement sincère, j'avais un point de vue différent lorsque j'écrivais le billet précédent. Ce séjour, et surtout cette intervention, me faisaient peur : cinq heures, à coeur ouvert, tant d'impedimenta peuvent se produire (allez tout de suite voir "impedimenta" dans le dictionnaire, ça vous servira pour la lecture de "La commissaire n'a point l'esprit club"). Alors, pour me rassurer, pour me consoler, je me disais que ce séjour allait être très utile : en un mois, j'allais pouvoir observer, questionner, noter. J'allais amasser suffisamment de documentation pour écrire une prochaine enquête de la commissaire en milieu hospitalier cardiaque, j'avais déjà le titre : "La commissaire n'a point le coeur à ça".

 

Une fois sur place, quand je suis passé du coro-scanner à l'échographie cardiaque, de l'EFR à la radio du thorax, j'ai trouvé ça de moins en moins intéressant. Un peu trop palpitant.

 

Il va falloir que je trouve autre chose. Mais peut-être aurai-je moins de délicatesse dans quelques mois, quand je serai à court d'idées pour mon prochain recueil.

 

P.S. Pour ceux qui se plaignent de la quatrième de couv illisible que je montrais dans un billet précédent, vos appels ont été entendus : dans le prochain billet, je publierai une couv et une quatrième de couv tellement belles que vous ne voudrez rien lire d'autre.

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 21:21

Finalement, j'ai trouvé plus facile de laisser ici quelques nouvelles.  Des nouvelles et des nouvelles.

 

Des nouvelles de « La commissaire n’aime point les vers ».

 

Couverture 600 L La commissaire...vers,C’était mon premier roman policier : j’appréhendais son entrée dans ce rayon de librairie différent du précédent, sa lecture par des critiques plus spécialisés. Étais-je légitime dans ce monde qui ne m’avait pas attendu ?

Globalement, le bilan est bon.

L’accueil dans les blogs littéraires a été chaleureux, à quelques exceptions près (restez, Schlabaya, restez, tout est pardonné). Ces blogs ont, à eux seuls, compensé le relatif silence des médias. Merci à chacun et chacune des tenanciers de blog, aux chacunes surtout (bien plus nombreuses). Par contre, de beaux et grands titres médias qui, jusqu’ici, m’avaient fait la grâce d’élogieuses critiques m’ont, cette fois-ci, ignoré – peut-être parce que ce ne sont pas les mêmes journalistes qui prennent la parole quand il s’agit d’un roman policier. D’autres m’ont fait le bonheur de belles chroniques.

 

Le résultat a été plus que positif : il semble que les records de « Qui comme Ulysse » aient été battus par ma commissaire.

« La commissaire n’aime point les vers » a été légitimé comme « vrai roman policier » dès son entrée : le roman a été finaliste de plusieurs bons prix littéraires spécialisés en policier. Mais il n’en a gagné aucun. C’est comme ça : ce qui a vraiment de la valeur n’a pas de prix.

 

Il a gagné mieux : le roman ne plaît pas seulement en France, mais à l’étranger. Il fait l’objet de quatre traductions : italien, américain, allemand, et russe. J’irai l’an prochain à Milan, New-York, Berlin et Moscou pour poser devant la vitrine du libraire. Et pour voir comment l’on a traduit le sulfureux poème.

 

Je suis tellement heureux de tout ça que j’ai offert de belles vacances à la commissaire.

Ça, des vacances ? N’allez pas en parler à la commissaire, elle en garde un trouble souvenir. Lisez là dessous.

 

Et bientôt des nouvelles de « La commissaire n’a point l’esprit club ».

 

commissaire-club.jpgCe roman sortira le 3 mars. J’espère être de retour pour être son premier acheteur à 10 h 01 à la Fnac, et pour dire au chef de rayon « On m’en a dit grand bien, vous l’avez lu ? ». Ça ne trompe personne, tous les auteurs lui font le même coup, mais ça me fait du bien. Petites joies futiles, petits bonheurs d’auteur bêtement fier de son enfançon.

 

Rien ne vous empêche d’aller faire la même chose à partir de 10 h 02. Pour vous aider à le trouver sur la table des nouveautés, voici la couverture. Et même la quatrième de couverture.

 

C’est tout pour aujourd’hui. Et pour un moment. Vous me manquez déjà.

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