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Dimanche 21 décembre 2008
Le dimanche, ce n'est pas en traînant au lit ou sur les blogs que vous vous cultiverez, lisez plutôt le journal.


Quel journal ? me direz-vous. Celui que vous voulez, du moment que ce soit le journal du jour. Disons le journal du dimanche, pour être plus clair. Et même Le Journal du Dimanche.

Je vous entends déjà pleurnicher, 44 pages, ça fait trop à lire, autant repartir sous la couette. Bon, lisez juste une page. Tiens, la page 40, par exemple, c'est la page "Lire", c'est tout indiqué. L'article "Les intellectuels passent-ils bien à la télé ?" vous paraît trop long ? J'en conviens. Et puis le débat est un faux débat  ; la vraie question, c'est "Faut-il bien passer à la télé pour passer à la télé ?". Ainsi, moi qui vous parle, je ... Non, je rien du tout, on pourrait y voir une digression. Jamais le dimanche.

Lisez plutôt l'article en bas à gauche, c'est plus dense. Même pas de photos, que du texte. Et du bon.

Excusez-moi, je file le relire sous la couette.
C'est dimanche.

Par Georges F. - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Mardi 4 novembre 2008

Ce billet n’a aucun intérêt, revenez donc plus tard. Allez, allez…

 

Comme photo, je ne savais que mettre. J'ai trouvé ça : c'est un gars et une fille


C’est la suite du billet précédent. Ah , vous êtes toujours là ? C’est vraiment que vous n’avez rien à lire. Très bien, je vous la donne, cette suite. Vous en serez probablement le seul lecteur.

Tiens, pendant que vous y êtes, laissez donc le seul commentaire. Et ne faites pas de bruit en repartant.

 

Voici donc, en complément des excellents sites et blogs littéraires :

-          Les sites et blogs qui, sans en faire un billet spécifique, ont eu quelques mots plus que sympathiques pour Qui comme Ulysse.

-          Puis quelques sites des médias (tous n’en ont pas).

-         Puis enfin les sites, littéraires ou marchands, sur lesquels on a repris les excellents billets des uns, ou lu les affriolants commentaires des autres. 

Je ne sais plus comment le demander, personne ne répond : n’hésitez pas à me signaler les éventuels absents (j’en demande pardon aux oubliés).

 

 

Les sites qui, sans en faire un billet spécifique, ont eu quelques mots plus que sympathiques pour Qui comme Ulysse

 

Balmeyer

 

Cabinet de curiosités d’Eric Poindron

 

C’était demain, Dominique Boudou

 

Emmanuelle Urien

 

Géothèque

 

Labyrinthe avec vue

 

Litote en tête

 

Manu Causse

République des Livres

 
 


 

 

Quelques sites des médias

 

Bibli Obs, le 21/08/08

Avec ces «nouvelles en partance» pathétiques, absurdes, teintées d'humour noir, l'auteur de la «Diablada» affirme son incroyable talent de conteur et d'analyste des passions humaines.

Femmes.com, août 08

Ces nouvelles en partance sont le résultat d’un savant dosage d’humour, d’équilibre et d’observation. Car il y a de l’art dans cette façon d’évoquer le voyage – qu’il soit intérieur ou géographique- et d’emmener le lecteur en quelques réflexions inspirées à l’autre bout du monde.

 

 Hebdo des notes, 9/09/08, Livre du mois YYYY

Dédaignant les conventions et les bons sentiments, [l’auteur] joue de la surprise, des contrastes de points de vue et manie avec art l’humour, l’ironie, la dérision voire le cynisme. Distrayant et subtil. Le recueil semble trop court.

 

La Revue littéraire (Léo Scheer), le 04/09/08

Le point commun entre le voyage d’Ulysse et ces quatorze nouvelles réside dans ce sentiment d’accompli, cette quête personnelle, cette fin heureuse, quoi qu’il arrive. Quant à nous, nous avons passé un bon moment, nous avons été pris dans l’enchaînement des récits comme s’ils n’en formaient qu’un. Le livre parvient à nous emmener dans chacun des lieux qu’il évoque, c’est donc une évasion réussie.

 

Et les sites, littéraires ou marchands, sur lesquels on a repris les excellents billets des uns, ou lu les affriolants commentaires des autres. 

 

Alapage.com, septembre 08

 

Amazon, octobre 08

 

Babelio, octobre 08

 

Bibliosurf, octobre 08

 

Confrérie des 10001 pages

 

Decitre, septembre 08

 

Ecrivains-voyageurs, septembre 08

Esprits libres, le 01/09/08

 

Evene, octobre 08

 

Fnac.com, septembre 08

 

Forum Au Féminin.com

 

Hautefort, club Littérature

 

La librairie.com, septembre 08

 

La tête dans les pages

 

Lecture & Ecriture

 

L île, 8 octobre 08

 

La Procure, octobre 08

 

Medium 4 You Belgique, 15/09/08, Coup de cœur  Y

 

Mollat Librairie, Septembre 08

 

Parfum de livres, octobre 08

 

Wikio, octobre 08

 

 

Par Georges F. - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Vendredi 24 octobre 2008

 

Billet écrit le 31 mars 09. Le lancement du recueil "Qui comme Ulysse" s'est finalement bien passé.  Et il faut en remercier les médias qui y ont beaucoup contribué, car les librairies, au début, n'étaient guère coopératives : mettre en place un recueil de NOU-VEL-LES sur la table "nouveautés" de la rentrée de septembre, enfin, quelle impudence !
Et puis, tout doucement, entre les trois étoiles du Nouvel Obs, la nomination comme "Livre du mois" par Les Notes Bibliographiques, et le "Coup de coeur de l'année" de Femmes, et tant d'autres que j'aime comme ils m'aiment, les choses ont changé, le vent a soufflé dans les voiles d'Ulysse. Merci aux critiques littéraires et merci aux lecteurs qui les suivent !


 






































Par Georges F. - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Lundi 13 octobre 2008

Assez parlé de moi. Parlons modestement de gens formidables (ils pensent du bien de moi)

 


Je vais vous parler, très sérieusement mais pas longtemps, de "CULTURE ET BIBLIOTHÈQUES POUR TOUS". On dit plus communément "Bibliothèques pour tous". Vous les avez sûrement connues dans la petite ville de votre enfance. Ou dans la station balnéaire où vous avez appris à nager. Celle où il pleuvait tous les matins, alors, pour vous occuper, vous alliez à la Bibliothèque pour tous, avec papa. Parce qu'elle proposait (elle les propose toujours) des livres pour adultes et des livres pour enfants (1/3 de leurs livres). Je crois même que c'est là que vous avez vraiment appris à lire. Ca vous revient ? Oui, c'est celle-là, celle avec la dame si gentille. Elles sont mille comme ça : les bibliothèques pour tous, c'est un réseau de mille bibliothèques animées par des bénévoles. Des vrais amoureux des livres et de la lecture, puisqu'ils les prêtent. Ils les prêtent même beaucoup puisqu'ils en prêtent quatre millions par an. En chiffre, ça fait plus chic : 4 000 000 par an. Disons 80.000 par semaine.

Et attention, je vous ai parlé des stations balnéaires pour évoquer des bons souvenirs, mais elles sont aussi ailleurs, et même partout. Du vrai partout : dans les quartiers difficiles où ça ne rigole pas, en milieu rural où elles tiennent bon, même quand la Poste ferme son bureau. Et dans les crèches, les écoles, les collèges, les centres de loisirs. Il y a même du moins agréable comme décor : dans les hôpitaux, les centres de convalescence et de rééducation. Et dans les prisons aussi : je le sais bien, la dernière fois que j'y suis allé pour un débat, lors du Festival de Chambéry, c'était à l'initiative de la bibliothécaire. Dans une  prison, la bibliothèque pour tous, c'est la seule évasion qui marche : elle a sauvé beaucoup de monde. Les bibliothèques pour tous sont même aux portes de l'enfer : dans les entreprises. Si vous n'êtes jamais allé dans aucun de ces endroits, il est temps de rattraper votre retard social : allez vite vous inscrire comme bibliothécaire bénévole, vous vous ferez des copines. Et peut-être même huit mille (je vous préviens, dans les huit mille, il y aura aussi des copains).



Oui, 8.000.
Le réseau est animé par 8.000 bibliothécaires bénévoles. Avec vous, ça fera 8.001, c'est un joli chiffre. Complètement bénévoles, bien plus bénévoles que les bibliothécaires des, euh, disons les  Cnaf qui ne prêtent rien du tout. Plus souriantes aussi. Bien plus compétentes, surtout, puisqu'elles ont élu le cher "Qui comme Ulysse" livre du mois. 

Ha, Houellebecq, ha, B.H.L., c'était bien la peine de vous mettre à deux pour écrire un livre, trop tard, la place est prise. Ha ! on ne le dira jamais assez, le vrai bonheur ne suffit pas : il faut qu'il se complète de la vision du malheur des autres, quand ce sont des auteurs.



J'irais volontiers faire le tour des mille bibliothèques, juste pour y voir mon brave Ulysse trôner mille fois sur leur table des nouveautés, bien plus belle que celle des Cnaf (ce n'est pas que j'en fasse une idée fixe, mais ça me fait du bien d'en parler). Cependant, Ulysse n'y sera peut-être pas, il sera déjà sorti. C'est son destin, il est fait pour naviguer dans les bibliothèues pour tous : il partira, il reviendra, dans des milliers de mains délicates (les lecteurs des Bibliothèques pour tous ont les mains bien plus délicates que celles des lecteurs des Cnaf - oui, excusez-moi, mais c'est plus fort que moi). Mon grand héros, juste après Ulysse, c'est le Comte de Monte-Cristo.

Et les Bibliothèques pour tous ont non seulement des très belles bibliothèques et des très belles lectrices aux très belles mains, mais une très belle revue, Notes Bibliographiques. Et, tout esprit de revanche mis à part mais pas trop, Notes bibliographiques, c'est autre chose que Lire, qui fait ses sélections n'importe comment, à tel point que le cher Ulysse n'y figure même pas. Je ne devrais pas écrire ça, ça peut me faire du tort pour le suivant, mais tant pis, c'est si bon, je le censurerai plus tard. 

Dans Notes bibliographiques, ils ne se laissent pas influencer : ils ne parlent même pas de ma coloc du Furet du Nord, la brave petite Christine Angot. Ni de toutes mes coloc du Salon du Mans, même pas de la troisième, la pas revêche qui sentait bon et qui n'est restée que cinq minutes, je vous raconterai demain. Où en étais-je ? Ah oui, L'Hebdo des Notes, lui, il parle des vrais événements littéraires de la rentrée : il annonce haut et fort (eh, la régie, un peu plus haut, un peu plus fort, SVP) que le livre du mois c'est Qui comme Ulysse. Et les 675 autres ? Eh bien, ils se consoleront avec ces prix de consoltaion, c'est fait pour ça : le Goncourt, le Renaudot, le Femina. Euh, cela dit, le Goncourt, le Renaudot, je veux bien aussi.

Vous lisez ça, vous dites "il affabule". Moi aussi, je me dis ça en me relisant. Alors, pour être sûr, je mets le lien vers la version internet de Notes bibliographiques, nommée 
l'Hebdo des notes, je l'ai ouvert à la bonne page.

Si j'avais publié ça plus tôt, ma 3ème coloc du Mans serait restée plus de 5 minutes, avec ses sourires et son exquise fragrance. C'est ma faute, ma modestie me perdra.

P.S. Je me relis et je corrige : le Femina, ça m'intéresse aussi. Beaucoup des héros de mes nouvelles sont des femmes, ça peut aider ? Qui, parmi les visiteurs de ce blog, pourrait s'occuper de ça ? Merci.

Par Georges F. - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Mercredi 8 octobre 2008

Ah le bon auteur qui répond à toute question, tout commentaire !
 Il n’y a pas un prix littéraire pour récompenser cela ?

 

 La photo, c’est moi, dans ma chambre d’hôtel préférée à Buenos Aires. Chic, hein ? À côté de moi, B.H.L. ne fait vraiment pas le poids.

 

Je reçois aujourd’hui ce commentaire si beau que je préfère en faire un billet. Remercions le valeureux scripteur « ta d loi du cine ». Oui, ça se prononce comme ça se lit, c’est un prénom étranger, c’est à la mode. Ta d loi du cine pose plusieurs questions, je vais donc y répondre, et dans le même ordre, ce sera plus compréhensible.

 

À l'attention de Georges Flipo ...

  Parle, ô lecteur, ton auteur écoute. Toute son attention t’est consacrée.

 

... Bonjour, je viens d'avaler en 2 jours de trajets en métro "Qui comme Ulysse", et m'autorise à vous faire part de quelques rapprochements ou questionnements qui me sont venus à l'esprit.

  Autorisez-vous, je vous en prie. Asseyez-vous, après deux jours de métro, vous l’avez bien mérité, non pas sur ce fauteuil, aïïïïe, bon, il n’a pas souffert, tant pis, je n’y tenais plus vraiment à ce vieux chat. Vous l’emporterez en partant, ça ne vous dérange pas ? Attention, ne vous trompez pas de poubelle, ils sont très pointilleux pour le tri. Allons-y.

 

1/ Avez-vous des attaches particulières avec l'Argentine, citée dans plusieurs nouvelles ? Votre site (consulté aussi !)  signale une scolarité de Grande Ecole française (sauf erreur de ma part).

  Réponse : j’ai plusieurs attaches avec l’Argentine, où je suis allé une quinzaine de fois. J’éprouve notamment une grande passion pour le tango argentin, les empanadas argentins et une femme argentine — la mienne, rencontrée lors d’un voyage en Amérique du Sud.

La scolarité n’a rien à voir avec tout ça : je n’ai d’ailleurs jamais eu grand chose à voir avec ma scolarité. En tout cas, ce n’est pas là que j’ai appris à écrire, au contraire. Mais j’y ai appris à lire.

 

2/ La nouvelle qui donne son nom au recueil (Qui comme Ulysse) est je crois celle où le recueil a vraiment commencé à me plaire. Où va se nicher la vocation...

  Réponse : ouf ! Cette nouvelle, j’avais hésité à la mettre en dernière position dans le recueil. Je suis navré de ne pas vous avoir plu plus tôt. La prochaine fois, je ferai un effort.

 

3/ La partie des petits saints : je suppose que vous connaissez "Le joueur d'échecs" de Stefan Zweig. Maintenant, seriez-vous capable de "reconstituer" réellement la partie jouée (à mettre en annexe dans la prochaine édition?).

  Réponse : vous supposez excellemment, oui, je connais et j’apprécie "Le joueur d'échecs" de Stefan Zweig. Mais je n’y ai jamais pensé en écrivant cette nouvelle : j'en aurais pourtant eu le temps, car elle m’a demandé plusieurs mois de travail (non continu, mais quand même…).

 Le cadre est, comme chez Zweig, celui d’un voyage : je l’ai situé dans le nord de l’Équateur que je connais bien (je suis allé, ville par ville, dans tous les lieux où passe Zlatko).

L’histoire m’a été inspirée à la fois par la folie du grand Steinitz qui ne voulait plus jouer qu’avec Dieu (et encore, en lui rendant un pion !) et par une anecdote authentique, celle d’un grand joueur russe qui, dans une petite gare slovaque, joua une partie serrée contre un inconnu à la défense surprenante. L’inconnu obtint le nul, et confessa alors au champion qu’il avait le plus grand mal… à déplacer les cavaliers.

La partie décrite en est une autre, elle existe jusqu’au quinzième coup. J’ai eu du mal à la trouver car je voulais une partie de haut niveau commençant par une ouverture déconcertante (j’ai choisi le très baroque contre-gambit Greco), et dans laquelle la dame jouerait très vite un rôle essentiel. Je peux vous retrouver les références de cette partie si vous le souhaitez. Au-delà du quinzième coup, je m’en suis écarté pour aboutir à la surprise finale.

 

 4/ Le voyage vers le frère : avez-vous entendu déjà la chanson de Maxime Le Forestier "Mon frère"?

  Réponse : non. Les seules chansons qui m’aient inspiré des nouvelles sont des tangos. Le voyage vers le frère est une nouvelle écrite à l’époque où je participais aux concours. Je l’avais écrite pour un concours sur le thème « Un homme lit dans le journal un avis de décès le concernant ». Cette nouvelle a été blackboulée dans tous les concours où je l’ai présentée. J’ai fini par l’envoyer à Flammarion qui m’en a fait un commentaire élogieux. Comme quoi, hein, les concours, quand on les perd, pff, c’est de la rigolade. Les seuls sérieux sont ceux qu’on gagne, c’est évident.

 

5/ Une incartade : cette nouvelle m'a fait penser à du Maupassant du 21ème siècle (avec portables et sport d'hiver). j'espère que ce n'est pas vexant ? J'adore les recueils de nouvelles de Maupassant.

  Réponse : non, ce n’est pas vexant. C'est simplement un peu trop élogieux pour cette nouvelle qui ne voulait être qu'une pochade. Mais devenir le Maupassant du XXIème siècle, ça ne se refuse pas. Moi aussi, j’aime Maupassant. Mais pas tous ses textes, car il en a écrit d’exécrables, dans la panique quotidienne du bouclage de journal. Lui-même le reconnaissait

 

6/ Et à l'heure de notre mort : m'a fait penser à "La puissance et la gloire"; mais aussi à l'épisode de l'histoire d'Alvaro dans "La femme pressée", un des romans signés P.L. Sulitzer (désolé! J'espère que...).

  Réponse : là, c'est vexant ; vous m’auriez dit « L’homme pressé » de Paul Morand, j’aurais été tout content, mais sa conjointe de P.L. Sulitzer, je suis offensé, car ce type écrit avec ses pieds. Je vous interdis de penser à Sulitzer en me lisant. Bon, tant pis, le mal est fait. Je me console avec « La Puissance et la gloire » : là, je vous suis. Les deux prêtres ont un truc en commun. Peut-être parce qu’ils sont prêtres, ça doit aider.

 

7/ La route de la soie : la nouvelle la plus courte (sauf erreur de ma part). Mais là, je souriais aux anges tout seul dans le métro. Probablement parce que c'est celle qui parle le plus à qui fréquente le monde des blogs...

  Réponse : oui, c'est une nouvelle pour blogueurs, et je l'ai écrite comme son héros, en voyageant sur les blogs de voyage, car je n'ai jamais parcouru la route de la soie.
Et oui encore, c’est de loin la plus courte, elle l’a même été dans sa phase d’écriture. Je l’ai mise bas en quelques heures, et corrigée en deux jours. Mais il m’a fallu aller loin pour cela : à Buenos Aires. Je ne sais pourquoi, les idées me viennent plus aisément à Buenos Aires. C’est bien, c’est chic, ça fait grand auteur. Mais ça revient cher le kilo d’idées.
Surtout au prix où est l'hôtel : vous avez vu la chambre ? Vous imaginez le nombre d'exemplaires du recueil que je dois vendre pour amortir tout ça ?

J’ai écrit ce recueil pour faire sourire dans le métro. Je suis donc heureux. Grâce à vous, je peux sourire, comme dans le métro, merci.

  
Vivement un prochain recueil. 

 Commençons par « Vivement le dix millième lecteur de Qui comme Ulysse », je compte sur vous, le bouche-à-oreille est tout entier suspendu à votre bouche, merci.

Par Georges F. - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Mardi 16 septembre 2008

Ulysse ? Uuulyyysse ?
Rrraah, encore à faire le beau dans les blogs littéraires !

Ce billet a été récrit beaucoup plus tard, en début avril 08, alors que les premiers (bons) chiffres de vente de "Qui comme Ulysse" sont disponibles. Un grand merci à tous les blogs qui y ont contribué. A tous les commentaires aussi. Mais il est plus facile de citer les excellents blogs que j'étreins avec gratitude de mes bras noueux. Je donne ici les blogs, avec quelques lignes extraites de chaque billet. Pour ceux à qui ça ne suffirait pas, vous cliquez sur le nom du blog, et vous découvrez le billet in-extenso. Saisissant, non ?
Il se peut que certains blogs aient été oubliés dans cette liste. Merci à leurs tenanciers ou à leurs visiteurs de me les signaler. Il y a deux ou trois blogs boudeurs que j'ai volontairement oubliés, car ils mettaient une mauvaise ambiance dans la fête. Je les inviterai plus tard, dans une petite chronique à part, juste pour eux. Pas de champagne, juste de la Badoit et des chips. 

Amanda Meyre, le 15/09/08

Au-delà des voyages, des histoires et des anecdotes, il y a dans ce recueil une toute autre balade que nous offre Georges Flipo : une peinture très subtile de toutes ces petites choses et pensées qui révèlent l’âme humaine, des fragments d’humanité touchants, émouvants, parfois poignants ou révoltants…

 

Antigone, le 27/10/08

Ces contes modernes, légers et fins, ont été une agréable bouffée d'oxygène après quelques lectures bien denses. J'ai un peu dérapé sur un ou deux récits frôlant l'onirisme (Et à l'heure de notre mort), mais ai été largement conquise par l'ironie de certains autres (La route de la soie, Rapace).

 

Aude (Mots dits), le 19/09/08 et 21/09/08

Et bien voilà, j'ai le livre de Georges Flipo qui m'attend. J'ai commencé à tourner quelques pages pour l'apprivoiser, je l'ai humé. Je crois qu'on va bien s'entendre lui et moi.

 

A vos plumes, le 03/09/08

des histoires passionnantes, savamment teintées de couleur locale lorsque c’est nécessaire, dans lesquelles les personnages, à l’occasion d’une « partance » se découvrent, se redécouvrent …prennent un nouveau départ, des leçons de vie. 

 

Biblioblog (Laurence) le 30/09/09

L'écriture de Georges Flipo enrobe tout cela avec merveille : sans ostentation mais avec une poésie discrète et tenace, elle nous fait parcourir des kilomètres pour nous obliger à regarder au plus profond de nous. Et c'est toujours là, que le voyage est le plus beau.

 

Blog de Thomas Clément, le 22/10/09  Coup de cœur Y

« Vous l'aurez compris, Georges Flipo est un formidable conteur, une véritable découverte pour moi que je suis très heureux de pouvoir partager avec vous.

 

Cafe Book (Emma) le 10/11/08

Vous êtes plongé avec délice dans Qui comme Ulysse, son dernier recueil de nouvelles, vous lirez bientôt Le film va faire un malheur (son nouveau roman à paraître au mois de décembre).

 

Calipso, le 23/09/08

Nouvelle après nouvelle, Georges Flipo invite le lecteur à entendre les voix de ce périple intérieur, à percevoir l’incessante errance de l’homme dans la nuit terrestre, son besoin de franchir les frontières, de les déplacer, de les détruire… et à mesurer combien est grande son obstination à les reconstruire. 

 

Calou, L’Ivre de lectures, septembre 08

On se régale car il a l’acuité du regard, la bonne prise de vue et sait planter le décor en quelques touches élégantes. Ensuite, c’est selon son humeur, soit il décoche des flèches meurtrières en salves dans des dialogues percutants, soit il caresse en douceur et nous fait pleurer .

 

Caro[line] 5ème de couverture, le 27/09/08

Vous l’aurez bien compris, ce recueil n’est pas seulement un voyage vers l’ailleurs, mais aussi un voyage vers les autres et vers soi... En conclusion, voilà un recueil de nouvelles que je trouve très réussi et que je vous recommande chaudement !

 

Cathulu, le 15/09/08

Mais tout n'est pas noir pour autant et de jolies bulles de nostalgie ou de tendresse viennent  réconforter le lecteur embarqué dans un périple qui nous conduit  en Amérique Latine, en Asie, à Venise ou bien plus près de chez nous... 

 

Chiffonnette, le 29/09/08

J'ai eu le grand plaisir de trouver l'Ulysse et ses valises, et de pouvoir me plonger dans des histoires qui m'ont fait voyager de par le monde et dans l'âme humaine par les odeurs, les goûts, les couleurs et l'imagination.

 

Clarinesse, le 21/10/08

Et je ne me vois pas causer à la place d’un monsieur qui cause bien mieux lui-même. S’il est mauvais, (ce qui n’est pas le cas ici, et il semblerait que je ne sois pas seule à le penser dans ces parages du blogo-cosme), cela m’évitera la peine de le descendre.  Voici donc un petit florilège de Qui comme Ulysse, recueil de nouvelles publié par Georges Flipo chez Anne Carrière, et qu’on ne présente plus.

 

Clopin-clopant, le 25/09/08

Dans les nouvelles de Georges, on trouve tous les ingrédients qui donnent de la vie à un texte bref: humour - réflexion - sensibilité - pertinence - mouvement. 

 

Culture France, page 34, sélection rentrée littéraire pour le salon de Francfort, octobre 08

The subtitle, Nouvelles en partance, provides further detail on the particular interest of this book, the opposite of two-bit folklorism and rarely-met promises of escapism. For Flipo trains his lively, lucid, sometimes merciless, sometimes warm, often humorous eye on the other and the elsewhere..

 

Culturofil, le 06/09/08

On a plaisir à suivre le rythme imposé par l’auteur et on n’hésite pas à revenir sur un passage, un extrait ou même une nouvelle dans son intégralité. Tout simplement parce qu’elle est belle ! Est-ce cela qu’on appelle le talent ?

 

Cunéipage, le 26/08/08

Quatorze nouvelles qui nous emmènent en voyage, ou plus exactement dans la tête d'un voyageur. Jamais le même, et dans des horizons très différents les uns des autres, pour nous distraire, nous émouvoir, nous écœurer ou nous interroger.

 

Daniel Fattore, le 22/09/08

Ses textes s'éteignent souvent dans le calme, calme de la mort parfois, et laissent le lecteur rêver dans des conclusions souvent ouvertes. Une bonne nouvelle a-t-elle besoin d'une bonne chute? Avec talent, Georges Flipo démontre que non.

 

Danielle, Maux d’auteurs, le 02/09/08

Point n’est besoin de vanter la qualité du style de Georges Flipo et sa maîtrise de la délicate technique de la nouvelle. Atterrissage en douceur ou chute bluffante, dans les deux cas, pour le lecteur, bonheur et nostalgie du voyage achevé et envie de prendre sans tarder son billet pour le suivant.

 

Dasola, le 07/10/08

Maintenant ce livre confirme un talent d'écrivain qui sort des sentiers battus.

 

Ecrivains-voyageurs, 29/11/08

Nous sommes tous des Ulysse, des voyageurs. Et nous pouvons parfois nous reconnaître, dans l'un ou l'autre des portrais dressés par Georges FLIPO dans ces 14 nouvelles. Quand on voyage, n'est-on pas tous parfois un peu voyeurs, un peu lâches, un peu méchants, un peu cyniques?

 
En lisant, en voyageant, ( Keisha) le 30/08/08

Voilà, le menu est varié et copieux, et disons-le, savoureux. Style musclé, sans graisse inutile. J'aurais bien aimé un peu de "rab" de nouvelles que j'ai qualifiées de souriantes.

 

Eric Fouassier, site d’auteur

Jamais sans doute autant que dans son dernier livre intitulé Qui comme Ulysse, G. Flipo n'aura fait preuve d'une telle maîtrise dans le récit court, d'une telle densité. Presque toutes les nouvelles méritent d'être citées tant elles nous bouleversent, nous emportent, nous intriguent ou nous dérangent...

 

Fashion victim (Happy Few)), le 08/09/08

Le tout est servi par un style souvent piquant, parfois acéré et toujours fluide. Un très bon recueil  : je vous conseille d'embarquer à votre tour à la suite de ces voyageurs, sans quitter votre fauteuil (ou votre lit, ne soyons pas sectaires), ce qui est quand même la meilleure façon de voyager !

 

Florinette, Les lectures de Florinette, le 12/10/08

Quel plaisir de retrouver Georges Flipo après le corrosif et drolatique « Le vertige des auteurs » !…Tantôt risibles, tantôt émouvantes, les nouvelles de ce recueil dépaysant au rythme enlevé se dégustent.

 

Fluctuat.net 20 octobre 08

Un recueil de nouvelles franchement excellentes, sur le thème du voyage [… ] Elles sont très variées, du périple au long cours au voyage intérieur, en passant par les pérégrinations du blog-trotteur qui fait le tour du monde sans bouger de son fauteuil...

 

Kathel, Lettres exprès, le 13/09/08

Ayant placé quelques attentes dans cette lecture, je n’ai pas été déçue. Ces nouvelles sont pour la plupart courtes, écrites avec concision, précision, l’émotion affleure au détour d’une petite phrase

 

Katell, Chatperlipopette, le 01/10/08

J'avais beaucoup lu de jolies chroniques sur G. Flipo et je dois avouer que sa belle réputation de nouvelliste est loin d'être usurpée! Mon voyage a été d'une grande diversité et c'est avec un immense plaisir que j'ai visité une riche partie du monde, encore à explorer, qu'est la nature humaine!

 

La Péniche.net ( Bureau des Arts de Sciences Po ), le 5 /11/08

Le petit recueil que nous offre cette année Georges Flipo, Qui comme Ulysse, surprend par la richesse et la cohérence des histoires… Dans un style clair et agréable, l’auteur nous embarque dans un univers florissant… Petit bijou aux facettes multiples, ce recueil saura charmer chaque lecteur par la richesse des genres.

 

Le bibliomane, le 21/09/08

Le lecteur aura découvert, au cours de ces différents récits, les multiples facettes du voyage telles qu'elles se déclinent dans notre monde contemporain mais il aura aussi et surtout effectué un magnifique voyage dans le cœur des hommes, un voyage poétique et burlesque, parfois cruel, parfois émouvant…

 

Le blog de Magali Duru, le 13/11/08

Georges Flipo est un conteur. Un vrai conteur, à l’imagination sans frontières, un conteur de vraies histoires, qui avancent, se nouent, se déroulent, se dénouent, déclinent toute une variété de lieux, de situations, de personnages… Pas une histoire ne ressemble à la précédente, (bénie soit cette variété en cette époque où la mode veut le recueil de nouvelles aussi monochrome qu’un carré de Malevitch).

 

Les jardins d’Hélène, le 26/08/09

Des nouvelles très différentes, variées, touchantes ou drôles, il y en a vraiment pour tous les goûts, et forcément quelques unes qui vous plairont, si ce n’est toutes !

 

Liliba, le 16/10/08

Qui comme Ulysse a traversé notre blogosphère telle une étoile filante, laissant derrière lui de le scintillement de son sillage, et une petite lumière au fond de mon cœur, une douce chaleur, comme quand on a fait un vœu et qu’on souhaite qu’il réussisse…

 

Livres et cinéma, le 24/12/08

Dans toutes les nouvelles, on vit le déracinement, la découverte d’un ailleurs, qui est un parfois un ici pour le lecteur… c’est un ouvrage cohérent, construit autour d’un thème, mais l’auteur parvient à surprendre le lecteur dans le traitement de celui-ci. On n’a ainsi jamais l’impression de relire deux fois la même chose, ce qui aurait pu être un risque pour ce type d’ouvrage. Vraiment une belle réussite !

 

Lou, My Loubook,  le 21/09/08

Ce que j’ai apprécié c’est avant tout la richesse de ce recueil : les histoires sont toutes uniques et les personnages très différents. Chaque nouvelle est une surprise et crée le dépaysement, entraînant souvent le lecteur là où il ne s’y attendait pas. 

 

LVE, Lire Voir Entendre, le 15/09/08

Manifestement, Georges Flipo s’amuse. Il s’amuse à plomber l’ambiance et à mettre au net les travers de personnages très enclins à foncer dans des murs qu’ils pensent invisibles. Des personnages qui s’égarent, qui sont à leur propre recherche en regardant les autres, ceux qui vivent, même mal.

 

Marc Sefaris, le 04/09/08

En homme qui a beaucoup voyagé et beaucoup observé, Georges Flipo n'est dupe de rien, et surtout pas de lui-même, traînant derrière lui un don de conteur très habile et un humanisme sans niaiserie.


Monde du livre.com
, octobre 08

Un recueil de nouvelles franchement excellentes, sur le thème du voyage….Elles sont très variées, du périple au long cours au voyage intérieur, en passant par les pérégrinations du blog-trotteur qui fait le tour du monde sans bouger de son fauteuil...

 

Mot Compte Double (animé par Françoise Guérin), le 01/09/08

[L’île Sainte-Absence…] pour l’histoire, un seul mot : bouleversante. Oui, elle est triste, mais écrite avec douceur, empathie, respect et légèreté, bref, écrite avec intelligence.

 

Nouvelle Donne, fin septembre 08

Toutes ces nouvelles ont le goût tranquille et sûr d’une écriture maîtrisée et, même si l’une ou l’autre de ces histoires frôle le lieu commun ou la facilité de scénario, l’ensemble est une belle réussite, un invitation non seulement au(x) voyage(s) mais aussi aux plaisirs de l’imagination.

 

Papillon, Le journal d’une lectrice, 3/09/08

La plume de Georges Flipo m’a enchantée par son inventivité et son acidité. Il croque avec ironie tous les petits travers humains, c’est drôle, piquant, souvent féroce

 

Pascal, Le disque, 11 décembre 08

0n voyage allègrement d’une nouvelle, d’un continent à l’autre. Pas le temps de défaire le sac, une nouvelle aventure vous attend à la prochaine page. Les histoires sont bien ficelées, et le voyageur se retrouve alors face à lui-même dans un contexte qu’il ne maîtrise pas. Elles rappellent aussi des souvenirs de voyage, ou bien les situations narrées vous en rappellent d’autres, vécues celles-là…

 

Posuto, le 06/09/08

L’auteur nous emmène en tribulations parfois exotiques, c’est un fait. Mais en plus, il nous emmène dans la peau d’autres, pas toujours estimables, pas forcément des héros, mais des personnages avec assez de corps pour nous tendre un solide miroir. Ça n’arrive pas très souvent, des voyages comme ceux-là.

 

Praline, Pralineries, le16 novembre 08

Certaines font sourire, d'autres très touchantes, inquiétantes, douces-amères laissent le lecteur muet. A chaque fois, Georges (quelle familiarité, diable !) nous a bien mené en bateau !
PS : J'ai particulièrement aimé Le rapace qui met en scène le processus de création littéraire, entre un café et la visite d'une galerie.

 

Quichottine, le 01/09/08

Je dis que tout l'art de ce texte réside dans le passage entre le rêve que l'on se donne et la réalité que l'on vit. Merci Monsieur Flipo. Je retourne à vos histoires, elles me plaisent beaucoup !

 

Rue des Livres, 20/09/08, Coup de cœur Y

Ce que j'ai apprécié, c'est avant tout la richesse de ce recueil : si certains lieux reviennent plus souvent, les histoires sont toutes uniques et les personnages très différents. Chaque nouvelle est une surprise et crée le dépaysement, entraînant souvent le lecteur là où il ne s'y attendait pas.

 

Scriptural (Schlabaya), le 15/10/08

Ce recueil de nouvelles, dont le titre fait référence au poème de Du Bellay  "Heureux qui comme Ulysse", comporte quatorze nouvelles étincelantes. J'en ai adoré la plupart.

 

Sortir, Lille Eurorégion, décembre 08

Quinze voyageurs croisent la route du lecteur : on n'est pas ici dans le folklore (d'ailleurs dénoncé à maintes reprises par l'auteur), mais dans le vécu, drôle ou terrible…  Une lecture qui vous fera voyager, en Asie, en Europe, Afrique, jusqu'en Amérique du Surd mais surtout au plus profond de l'âme humaine...

 

 Tamara, le 29/10/08

Moderne, certes, ce recueil l'est. Mais aussi terriblement humain, avec tout ce que l'humanité compte de déchets mais aussi de générosité et de diversité. Alors je ne puis que vous recommander de vous laisser bercer par la jolie plume de l'auteur et de vous envoler vers d'autres horizons.

 

Thaïs, Arc-en-ciel, le 04/09/08

G. Flipo nous fait voyager à travers les continents, oui bien sûr, mais surtout il nous entraîne dans des voyages insolites auxquels on ne s'attend pas. On flirte avec l'interdit, les racines, le temps, la mort, les femmes, l'inspiration... L'analyse des personnages, faite en trois coups de phrases, est efficace et subtile.
Par Georges F. - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Mercredi 10 septembre 2008

Entrée en littérature : des belles chutes sans se faire mal ?

 Après quelques agressions trollesques, j’avais décidé de ne publier que très épisodiquement le point sur les critiques, celles que les médias consacrent à « Qui comme Ulysse » et je suis donc resté discret. Je publierai très prochainement un billet faisant le point sur les retombées dans les blogs. En attendant, je cite aujourd’hui un bel article qui me permet un double billet.

  

 

1. Je suis entré en littérature.

 C’est fait, et j’en suis encore tout pantelant : ce n’est pas encore le Lagarde et Michard, c’est la marche juste en dessous : Qui comme Ulysse fait l’objet d’un long (plus de deux pages) et chaleureux article dans la très chic Revue littéraire, numéro de la rentrée.

Il n’y a que du beau monde dans ce numéro, et je suis un peu intimidé d’être aux côtés d’écrivains dont tout le monde parle. Comme dans ces dîners d’été où l'on arrive en bermudas et tee-shirt alors que tous les hommes sont en costume –cravate. Tous les sélectionnés pour le Goncourt sont dedans, mais tous ceux qui sont dedans ne sont pas sélectionnés pour le Goncourt, c’est un peu décevant, j’aurais bien aimé, le Goncourt. Bon, comme l’article est intelligent, subtil, je me console.

Cet article est opportun, il facilitera la bonne mise en avant chez les libraires. Vous avez bien lu, eh, les libraires ? Je dis que cet article facilitera la bon-ne-mise-en-a-vant-chez-les-li-brai-res. 57 auteurs sur les 676 de la rentrée ont été sélectionnés par la Revue Littéraire, je suis dedans, on s'arrête là, c’est un nombre idéal, une sélection parfaite ! Pourquoi mal refaire ce qui a été bien fait ? Ne cherchez pas plus loin pour composer votre table « Sélection Nouveautés », pour distribuer vos « Coups de cœur » ou « Nous avons aimé ». Et pour les invitations aux conférences-débats-présentations, soyez simple, mailez-moi, je reste quelqu’un de très abordable, surtout depuis que je n’ai pas eu le Goncourt. Je peux, si vous le souhaitez, venir avec Christine Angot, je la connais très bien, nous cohabitons depuis huit jours.
Fin de mon message aux libraires, et notamment aux grandes librairies à succursales multiples, vous voyez ?

Je vous donne la version intégrale de cet article. Il y en a une version encore plus intégrale sur internet, mais avec des commentaires qui me font rougir : je suis marié, père de famille et vertueux.

 
Qui comme Ulysse

Le voyage d’Ulysse, c’est une errance de vingt ans – longue initiation –, ce sont les sirènes aux chants enchanteurs, le cyclope Polyphème, la nymphe Calypso, la magicienne Circé… Quel rapport avec les personnages de ces quatorze nouvelles ?

Ici, pas d’aventures grandioses, de récits fantastiques ou de personnages mythiques. Mais, comme dans L’Odyssée, le voyage est raconté à travers les épisodes qui le composent : conversations, rencontres, instants, menus événements. Surtout, le thème du voyage est décliné à l’infini : voyage d’affaire, dernier voyage, voyage à l’envers, voyage imaginaire, voyage source d’inspiration, voyage organisé, exil, voyage spirituel, cyber-voyage, voyage aux sports d’hiver, voyage dont on ne revient pas. En fin de compte, ce n’est même pas le voyage qui est raconté, mais des morceaux de voyage : un départ, une arrivée, un séjour, un retour.

Dans « Nocturne », c’est à qui aura pris le plus de photos, à qui aura le plus de pittoresque à ramener d’Inde. Monsieur Dupont est agacé lorsque sa femme s’attriste devant tant de misère. C’est vrai, quoi, la misère après tout, ils sont venus pour ça. C’est comme aller à Abou Dhabi et se plaindre du désert, ça n’a pas de sens. Dans « La marche dans le désert », Raoul Danville – « Raoul Danville, nappes, serviettes et accessoires de tables, pour que les fêtes soient inoubliables » –, petit chef d’entreprise en quête de nouvelles méthodes de management, décide d’organiser un séminaire dans le désert tunisien. Dans le package : danseuses du ventre, chakchouka épicée, lampes frontales, GPS, délocalisation et un rachat de la marque par un groupe hollandais. « La route de la soie » est un récit de voyage, sur le blog de Joseph. Peu importe où l’on part, du moment que l’on peut en raconter quelque chose… Le tout oscille entre les constats topographiques à la Bougainville, le romantisme de Gérard de Nerval et les bonnes astuces style Routard.

Ces nouvelles prennent leur temps, parfois restent suspendues, s’arrêtent sur un détail. Si bien que l’on a parfois l’impression d’une berceuse. L’ambiance est feutrée, le rythme lancinant. Le même thème revient de nouvelle en nouvelle, tel un leitmotiv, mais avec un autre décor, une autre ambiance, d’autres personnages. Georges Flipo joue avec les espaces paradoxaux des voyages. Il nous balance entre de grandes évasions et des destinations proches. Mais c’est lorsqu’il nous emmène le plus loin géographiquement qu’il parvient le mieux à créer un espace confiné à l’intérieur de la nouvelle. Le paradoxe tient donc du jeu entre l’espace ténu de la scène qu’il raconte, et le grand large des voyages dans lesquels il les inscrit. Ou inversement : un voyage presque sur place donne lieu à un imaginaire débordant. Comme dans toute nouvelle, la résolution est primordiale, et l’auteur manie cet exercice avec talent. La fin est toujours surprenante, inattendue, déconcertante. Cependant, parfois, justement, elle est amenée de manière trop fabriquée. On a alors l’impression que la nouvelle n’a été écrite que pour raconter cette fin ; que le voyage n’a été fait que pour pouvoir en faire le récit à son retour. Quoi qu’il en soit, le plaisir n’en est en rien altéré.

 « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage »… Le point commun entre le voyage d’Ulysse et ces quatorze nouvelles réside dans ce sentiment d’accompli, cette quête personnelle, cette fin heureuse, quoi qu’il arrive. Quant à nous, nous avons passé un bon moment, nous avons été pris dans l’enchaînement des récits comme s’ils n’en formaient qu’un. Le livre parvient à nous emmener dans chacun des lieux qu’il évoque, c’est donc une évasion réussie.

Marion Prigent

 
Je suis troublé, charmé, par ce texte : il pointe des rapprochements, des volontés vagues, qui m’avaient accompagné dans la création de ce recueil, parfois inconsciemment, et les voici soudain décodées. « Le point commun entre le voyage d’Ulysse et ces quatorze nouvelles réside dans ce sentiment d’accompli, cette quête personnelle, cette fin heureuse, quoi qu’il arrive. »
Oui, Marion Prigent, vous avez compris ce que je n’arrivais pas à formuler, c’est exactement cela. Merci et bravo.  Si vous m'écrivez encore d'aussi beaux articles, j'écrirai encore d'aussi beaux recueils. Ou même un roman.


2. Des belles chutes sans se faire mal ?

Il n’y a qu’un point qui me crée, dans ce superbe article, un léger flottement : « La fin est toujours surprenante, inattendue, déconcertante. Cependant, parfois, justement, elle est amenée de manière trop fabriquée. On a alors l’impression que la nouvelle n’a été écrite que pour raconter cette fin ; que le voyage n’a été fait que pour pouvoir en faire le récit à son retour. Quoi qu’il en soit, le plaisir n’en est en rien altéré. »

J’aimerais que ce fût vrai. Il n’en est rien, je n’ai pas ce talent. Je n’écris pas de nouvelles pour aboutir à leur fin. Sur ce point, je suis beaucoup plus proche de l’école sud-américaine que de la française : la chute m’importe peu. J’écris mes nouvelles en sachant comment elles finiront, ne serait-ce qu’en termes de situation, mais je ne cherche généralement pas de chute qui résolve l’énigme posée par le texte, ou qui renverse brutalement la situation, spécialités bien françaises. Je ne refuse pas l'idée de la chute, mais ce n'est pour moi qu'une figure de style parmi d'autres, une option parfois intéressante. Rarement. J’aime les fins qui laissent flotter l’imagination du lecteur, qui lui laissent continuer l’histoire.

C’est si vrai que la plupart de mes nouvelles ont été tentées avec trois ou quatre fins différentes, entre lesquelles j’ai du mal à choisir (mes quelques correspondantes-conseil pourraient en témoigner). Je cherche plutôt une jolie phrase de fin pour créer ce flottement.

À force d’hésiter, il m’arrive de faire des fins un peu lourdes, et la remarque de Marco Sefaris sur la fin de Confitería Ideal ne m’est pas indifférente : j’ai probablement écrit une dizaine de sorties pour cette nouvelle, que je sentais finie avant la fin.

Il m’arrive quand même de terminer par des fins qui, une fois bouclées, me demandent une marche arrière, des petites inclusions dans le texte, qui donneront plus de force à cette sortie (« Et le curé ? » dans Rapace, ou les parties de Pictionary dans Une incartade).

Mais la chute ? Je suis comme le héros de la nouvelle éponyme Qui comme Ulysse  : « Il a un petit souci dans cette histoire, c’est cette absence de chute. Il se demande si c’est important »

Tiens, c’est comme ce billet, je n’arrive pas à le conclure. Faites ça vous même…

Par Georges Flipo - Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Mardi 2 septembre 2008

 Allez, un peu de tapas pour faire descendre les zakouski (littéraires ? ) 

 J’ai été très sensible au commentaire de Françoise Guérin qui, la semaine dernière, me déconseillait de publier des extraits de mes nouvelles. Et cela, très joliment : «  Quelle horreur ! Mis bout à bout, ces extraits couperaient l'appétit d'un ogre ! Ca me fait penser à ces cocktails où on avale, en discutant, des petites bouchées de n'importe quoi, toutes plus délicieuses les unes que les autres, mais, au final, on ne sait pas ce qu'on a mangé et on rêve d'avaler des pâtes au beurre pour faire tenir le tout au fond d'un estomac malmené. Georges, ton travail, c'est de la littérature, pas de la restauration rapide ! Tes textes méritent mieux que ce traitement de goujat ! »

 Elle a bien sûr raison, Françoise dont je vous recommande plus que jamais l’excellent carrefour littéraire, elle a raison une fois de plus. Ah oui, mon travail est de la littérature, et pas qu’un peu ! (Maintenant que j’ai les honneurs de la Revue Littéraire, je me le répète toutes les heures). Et l’on est le 2 septembre, la paie est arrivée, vous n’avez pas encore fait les achats scolaires de rentrée ni payé le troisième tiers, il vous reste forcément 18 euros dans votre portefeuille pour vous offrir l’intégrale de Qui comme Ulysse avant que le tirage ne soit épuisé.

 Mais seulement voilà, je suis en retard, je n'ai pas le temps de parler de sujets sérieux, je vais donc parler de moi, ça va plus vite, je ne m’en lasse pas, et c'est déjà écrit. Voici, en tapas, pour changer des zakouski, la nouvelle série d’extraits des nouvelles de Qui comme Ulysse. Mais après ça, pas question de rester assoupis à table, vous filez chez votre libraire, même pas le préféré, le plus proche car ça devient urgent, et vous achetez Qui comme Ulysse pour comparer les extraits et la version intégrale. Vous préférerez l’intégrale, si vous êtes bien élevés. Ensuite, vous publiez sur votre blog un billet pour dire tout le bien que vous en avez pensé. Si vous n’avez pas de blog, allez donc bloguer chez les autres : il y a plus de 400 blogs littéraires ouverts aux commentaires en France (oui, Daniel Fattore, il faut penser à la Suisse, oui, Nicolas Ancion, il faut penser à la Belgique, et j’allais oublier le Canada de Jules).

 Ah, pendant que vous y êtes, laissez quelques mots pour ma coloc’ de présentoir au Furet du Nord, la pauvre Christine Angot : tous les passants se ruent sur elle (enfin, sur son bouquin), feuillettent en laissant des traces de doigts gras et suintants, rougissent et gloussent en passant dans les zones les plus érogènes, et repartent palpitants, sans oublier de prendre Qui comme Ulysse pour faire bonne figure.

 

Quelques extraits à citer dans les dîners en ville
(Et à la cantine, on peut aussi ? Mais comment donc, faites, faites...)

   Ici, le temps n’était plus qu’une grotesque pelote de fils élastiques enchevêtrés, dont chaque individu tirait un brin, au gré de ses humeurs. Les brins se mêlaient, se nouaient, s’allongeaient, se rompaient, et alors ? Chacun avait ses tronçons de temps et ne se souciait pas de ceux des autres. Zlatko le savait bien, chaque heure avait ici sa durée propre : celle qu’on savoure en buvant une bière morne avec un ami, celle qu’on brûle à veiller gaiement un parent mort, ou celle qu’on égrène, poussiéreuse, dans l’espérance d’un autocar qui ne viendra jamais. Il fallait la folie raisonneuse d’un Occidental pour tenter de les superposer. Parfois, par miracle, quelques brins se croisaient, se tressaient, et le temps commun de quelques-uns devenait alors un toron plus solide, presque un câble. Mais chacun savait qu’une telle coïncidence était éphémère : le temps, le vrai temps, ne pouvait qu’être individuel, discontinu. Impartageable.

(La partie des petits saints)

 

  Il leva les yeux et vit le gris du ciel, cerné de lourdes montagnes blanches. Jamais il n’avait eu si froid. C’était un froid pénétrant, presque doux dans son étreinte, et ce froid le paralysait avant de le tuer. Non, ce n’était pas le froid, c’était simplement l’étrange lit dans lequel il était couché. Pas un lit, un cercueil. Michel Pelluaz se réveilla en nage, encore frigorifié. C’était donc encore et toujours ce même cauchemar.

(Le voyage vers le frère)

 
   Elles ont presque tout en commun, presque tout pour presque toutes. Elles sont toutes de Meudon,sauf Betty qui habite Sèvres, c’est bien mais c’est plus mélangé, et Margot qui vit exilée à Vélizy du vilain côté de la nationale, à cinq minutes, une autre planète. Elles jouent presque toutes au tennis le vendredi après-midi, sauf Marie-Do qui monte à l’Étrier de Meudon, et Martine qui n’a pas le temps, elle n’a jamais le temps de rien. C’est d’ailleurs pénible, sa façon de le rappeler à tout propos.

   Elles envoient toutes leurs enfants à Notre- Dame, sauf Vicky qui préfère mettre les siens au lycée Rabelais – il faut qu’ils apprennent à se frotter à toutes les catégories sociales, ce sera une force dans la vie. Et Isabelle qui les confie à l’École alsacienne, parce qu’on peut dire ce qu’on veut mais... Elles sont toutes plus ou moins actives à la paroisse Saint-Martin, même Margot, mais pas Martine qui dit fréquenter Notre-Dame de l’Assomption – tu parles, elle ne connaît même pas les heures des messes.

(Une incartade)

 

 Guillermo R. était natif de Séville, vicaire à Séville, aficionado à Séville. Il avait reçu du Seigneur ces trois grâces et les vivait en une confusion fervente : quand approchait la fête de Pâques, en son for intime, il s’apprêtait aussi à fêter la résurrection de la saison des corridas.

  D’un pas allègre mais recueilli, il traversait alors le Guadalquivir au pont de San Telmo,  empruntait le long paseo Cristóbal Colón et, tremblant d’effusion, s’engouffrait dans la Plaza de Toros de la Maestranza comme on pénètre dans une cathédrale : il venait communier à la joyeuse messe de la mort, l’office noir et chamarré.

(Et à l’heure de notre mort)

 

  C’est le jour du blog de voyage. Joseph l’écrit chez lui, confortablement installé devant son PC. Il s’est servi un café allongé, il a choisi la musique qu’il écoutera ; aujourd’hui ce sera l’intégrale des sonates de Liszt, c’est si agréable de voyager en compagnie de Franz Liszt. Sur sa table traînent des atlas, un dictionnaire français-anglais. Son étagère est pleine de Guides du routard, de Lonely Planet.

  Joseph hésite : où partira-t-il cette fois-ci ? Il ouvre l’atlas, surfe sur internet, consulte les blogs de voyage des autres. Tiens, la route de la soie, ce ne serait pas mal. Un peu long, peut-être. Il la prendra à la sortie de la Turquie, ça raccourcira le voyage.

(La route de la soie)

 

   Venise ? Que m’importe Venise ? Je me moque de Venise comme de son carnaval, mais j’aime Watteau, et c’est à cause de lui que nous sommes allés au carnaval de Venise.

  À cause de Watteau, et plus précisément de son Indifférent, une huile plus petite qu’une feuille de courrier. Proust le classait parmi les huit plus beaux tableaux du Louvre, je me demande ce qu’il trouvait aux sept autres. L’Indifférent n’est que grâce. Il s’avance, solitaire, léger et gravement insouciant. Il ignore, il s’en va. Il me fascine, comme un miroir : je suis l’Indifférent, j’ai la certitude d’avoir un jour posé pour ce tableau. J’ai toujours rêvé de m’habiller en Indifférent, de me promener comme lui dans la foule, les bras dansants. Admiré, mais pas trop regardé, comme on ne peut le faire qu’à Venise, quelques jours avant le carême.

  Va pour Venise.

 (L’Indifférent)

 

 Nous passons devant la cathédrale aux murs rose et crème : les mendiants sont toujours là. Elena donne une pièce à l’aveugle :

¡ Dios le bendiga !

Elle le gratifie de quelques bonnes paroles. Mais les plus belles sont pour moi, quelques mètres plus loin :

– Tu sais qu’il vit avec la grosse folle ? Il l’a séduite quand elle était encore jeune, toute belle et innocente, la pauvre.

  Bien sûr, j’avais la tragédie devant moi, et je l’avais manquée. Un drame shakespearien. Le tombeur au regard tendre séduit la jeune folle qui vivait recluse chez son père. Ce dernier est outragé, le vaurien a vu la nudité de sa fille, il lui fait crever les yeux. La jeune éplorée comprend, elle suit son amant. Ils s’installent sur les marches de l’église où le don Juan chantera toute sa vie les splendeurs cachées de sa belle. Grand scandale chez les prudes paroissiens.
                                                                                                                                         (Rapace)   

- Publié dans : Billets sur "Qui comme Ulysse"
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Vendredi 29 août 2008

Un scoop : depuis huit jours, je cohabite avec Christine Angot.

 

Elle bouge beaucoup, et moi un peu. Mais ne croyez pas que je vais vous déballer ça comme ça, il faudra d’abord lire ce billet. Et défense de sauter des paragraphes.

Pour calmer votre impatience, je vais vous parler du libraire. Celui qui vend les livres, c’est le libraire, celui qui les achète, c’est le client. On ne le dira jamais assez. Sans client, pas de libraire. Sans libraire, pas de client. Ah, il y a aussi le livre, c’est celui-là qui embrouille tout.

Quand un libraire aime un livre, il en favorise la vente. Quand il ne l’aime pas, il laisse le livre se défendre tout seul, ou de défendre ailleurs. Là où tout se complique, c’est que pour aimer ou ne pas aimer, il faut l’avoir lu. Imaginons un livre qui sort, je dis une période au hasard, bien sûr, qui sort, euh… en fin août. Il débarquera au milieu de 675 autres. Si le libraire veut les avoir tous lus dans le mois qui suit leur sortie, ça lui en fait 22 par jour. Si on laisse le libraire dormir deux heures par jour, il devra donc lire un livre par heure. Pendant cette heure, il devra aussi, s’il est consciencieux, vendre les livres déjà lus, en dire du bien. Ajoutez à cela que certains libraires veulent dormir plus de deux heures par jour en septembre. Tout ça pour dire que c’est dur d’être libraire, bien plus dur que d’être client.

Il faut donc aider les libraires. 

Pour cela, certains éditeurs viennent lui présenter leurs livres très en avance. Ils en disent généralement du bien, pour aider le libraire à se faire son opinion. Quand ils en pensent beaucoup de bien, ils en font un peu plus, pour prouver au libraire qu’ils croient vraiment à ce qu’ils disent. C’est, par exemple, ce qu’a fait mon éditeur en envoyant à son réseau de librairies-partenaires un petit livret, avant même les vacances : le livret, c’était un recueil de 4 courtes nouvelles. 4 parmi les 14 qui composent « Qui comme Ulysse ». Et ça a beaucoup aidé. Ne serait-ce qu’à son référencement. Car il faut maintenant vous souffler une vérité cruelle : il y a des livres qui  ne seront pas lus par le lecteur, pas lus par le libraire, et pire encore, même pas mis en place dans la librairie. Il n’y a pas de place pour tout le monde dans la librairie. Je ne le leur reproche pas : dans ma bibliothèque, il doit aussi y a voir 600 ou 700 livres, et ils ne sont toujours pas rangés. Ça fait des années que j’essaie, mais c’est chaque fois pareil : je commence à ranger, je redécouvre un livre timide qui se cachait depuis des années, je commence à le lire, et je laisse tomber les autres.  Oui, je sais, je suis bavard, je m’éloigne du sujet,  Chris-tine An-got, An-got ! clamez-vous en trépignant. Je suis en plein dans le sujet, je vais y venir.

Que peut-on faire de plus pour aider le libraire, surtout celui qui veut dormir deux heures de plus ? On peut lire les livres à sa place. C’est ce que font les critiques. Et les critiques, me direz vous, comment font-ils ? Ils s’y mettent à plusieurs, dans le même magazine. Certains lisent les critiques des autres, pour savoir quoi lire — si j’étais critique littéraire, c’est ce que je ferais. Je ne lirais même pas les livres, je lirais les critiques, j’en ferais une synthèse, en ajoutant quelques phrases de mon cru « L’auteur a un ton bien à lui », ou « Il y a des longueurs au milieu du roman ». C’est pour cela que je ne suis pas critique littéraire, on finirait par démasquer l’imposture. Je préfère être imposteur chez les auteurs, on mettra plus longtemps à me démasquer. Comment, An-got, An-got, An-got ? J’y viens. Mais, ce que je voulais dire, c’est que c’est très utile, pour aider le libraire,  d’avoir très vite de bonnes critiques. Le pavé du Nouvel Obs avec ses trois étoiles, la colonne de Femmes, les autres qui suivent et dont je vous parlerai bientôt, c’est une grosse bouffée d’oxygène pour mon « Qui comme Ulysse ».

Il y a aussi les blogs littéraires, très prisés de certains libraires. Ils ont raison de priser, il faut surtout priser ceux qui disent un peu ou beaucoup de  bien de mon livre. Merci Cuné, Hélène dans ses jardins, et quelques autres qui ne vont pas tarder à être mis en ligne. Je répète « qui ne vont pas tarder à être mis en ligne », en gras, au cas où des gestionnaires de blogs littéraires ne sauraient pas de quel livre parler en cette rentrée. Inutile de lire les 676 pour trouver des idées.

Une autre façon d’aider le libraire, c’est de lui proposer une sélection. Le libraire pourra la modifier, l’enrichir, la restreindre, mais il a une base de départ. C’est ce que fait La Revue Littéraire, très lue par les libraires ; elle propose une sélection  de 57 livres sur les 676 de la rentrée : http://www.leoscheer.com/blog/2008/08/26/722-rl-36-la-rentree-litteraire   Formidable, initiative : les libraires pourront-ils dormir ainsi 22 heures par jour ? Je ne sais. Mais ils pourront en tout cas soutenir « Qui comme Ulysse », puisque mon livre fait partie des 57 élus. Ouf ! Ce qu’il y a de bon, quand on fait partie des 8% de survivants, c’est qu’on peut regarder les autres se noyer, avec de bonnes paroles compatissantes. C’est bon d’être humaniste, quand on est sur le ponton.

Tout ça pour dire que la situation se présente bien pour Ulysse, me direz-vous (en pensant An-got, An-got ! fugacement, car votre éducation est excellente). Eh bien oui, mais même comme ça, il y a des aléas, des impedimenta. Un joli mot que je pique à Mauriac qui le met dans la bouche d’un de ses personnages. Vous savez, Mauriac a écrit… oui, An-got, An-got ! Je vous entends, j’abrège.

En exemples d’impedimenta, trois anecdotes qu’on m’a rapportées

Guylou dans les commentaires de ce blog :

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est qu'il y a, à la librairie Privat d'Orléans, trois exemplaires de "Qui comme Ulysse", la mauvaise, c'est que nul ne sait où ils sont rangés ! Après une heure de pérégrinations entre la rentrée littéraire, les nouveautés, la littérature française, les nouvelles, les deux vendeurs et moi-même avons renoncé et je suis repartie bredouille ! L'éventuelle bonne chose qui en découle, c'est que les deux vendeurs vous connaissent désormais et qu'ils ont fait un commentaire tout à fait élogieux sur la couverture de votre livre ! Mais moi, que vais-je faire ?

Rolando, par mail :

Je suis allé samedi à la Fnac, je venais d’acheter le Nouvel Obs où j’avais lu la critique de ton recueil : pas moyen de trouver « Qui comme Ulysse ». Je demande à un vendeur qui ne le trouve pas non plus. Il allait laisser tomber, mais j’ai fait un petit scandale en montrant l’article : « Comment, il a les trois étoiles du Nouvel Obs, et on ne le trouve pas à la Fnac ! ». Là, il s’est pris par la main, et  il a fini par le trouver.

Du coup, un proche à qui j’avais raconté l’histoire est directement allé à la Fnac, le Nouvel Obs ouvert à la bonne page. Qui comme Ulysse n’était toujours pas en « nouveautés » Il a demandé au vendeur « je voudrais ce livre-là, celui qui a les *** ». Stratégie crédible, puisque le billet du Nouvel Obs ne présente pas la couverture du livre. C’est bien, si tous mes lecteurs font la même chose, je ne sais pas si « Qui comme Ulysse » finira par être présenté sur la table des nouveautés de toutes les Fnac, mais les vendeurs finiront par tous lire le Nouvel Obs.

An-got, An-got ! Oui, j’y suis. Je suis allé hier visiter la plus grande librairie d’Europe, le Furet du Nord à Lille. J’y serai le jeudi 25 septembre à 17 heures, dans l’espace-débat, pour une interview-présentation publique de mon recueil. « Qui comme Ulysse », lui, y est déjà présent. Très présent, fortement mis en valeur au rayon nouveautés : trois facings verticaux. Le livre à côté a lui aussi trois facings verticaux : c’est « Le marché des amants » de Christine Angot. Les deux autres, c’étaient « Peut-être une histoire d’amour » de Martin Page, et « L’incertain » de Virginie Ollagnier. Un tel voisinage est-il favorable ou préjudiciable ? Je suis resté un quart d’heure à observer le présentoir. A la fin, j’avais vendu un livre, et Christine Angot zéro. Je vends donc plus que Christine, c’est constaté, c’est scientifique. Et seuls les esprits perfides feront remarquer que l’exemplaire du recueil, c’est moi qui l’avais acheté.

Le présentoir est là, tout en bas. J’avais pris une photo avec mon téléphone, mais elle est assez confuse. Comme ce billet, direz-vous. J’ai donc redessiné le présentoir avec Photofiltre, excellent logiciel. Dommage qu’il ne redessine pas aussi les billets.

Tout ça pour dire que c’est bien d’aider le libraire, mais qu’il faut aussi aider le livre. En achetant « Qui comme Ulysse », n’hésitez pas à évoquer devant le libraire tout le bien que vous en avez lu… ne serait-ce que sur mon blog.

Et j’allais oublier le plus important (mais, je le crains, vous ne serez plus là pour le lire, maintenant que vous savez tout sur mon histoire avec Christine Angot. Tant pis, je continue, car c'est vraiment important) : si vous envisagez d’acheter Qui comme Ulysse, passez très vite à la réalisation. Car le libraire donnera plus volontiers un coup de pouce aux livres qui commencent déjà à bien se vendre, et je le comprends. C’est bien beau de lire 22 heures par jour, mais il faut aussi qu’il bouffe, le libraire !


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Mardi 26 août 2008

En guise de zakouski, voici quelques premiers extraits des nouvelles de "Qui comme Ulysse".

C'est uniquement pour ceux qui sont obligés d'attendre le 1er septembre et le renflouement de leur compte courant avant se se ruer chez leur libraire, les autres n'ont pas le droit de lire, je compte sur votre probité. Et attention, ce ne sont que des zakouski, ne manquez pas le plat principal !

Une petite et amicale prière : l'idéal serait que ceux qui envisagent d'investir 18 € dans ce recueil (ou de l'offrir, allons, rêvons !) le fassent le plus tôt possible. Non parce que j'ai l'oeil rivé sur les chifffres de vente (ce sera dans six mois), non parce que je leur prédis des ruptures de stock (restons calmes), mais parce que... les déferlantes de la rentrée de septembre ont commencé. Il n'y aura pas de place pour les 676 impétrants, et la loi des chiffres sera impitoyable : même si les critiques sont bonnes ou excellentes, seuls resteront sur les tables des libraires les livres dont les ventes démarrent le plus fort. Le succès ira au succès.

J'en profite pour remercier les nombreux visiteurs qui, sur ce blog ou par mail, m'ont envoyé quelques phrases plus que sympa. Certes, il faut que je m'endurcisse, mais en attendant cela fait du bien.

Assez causé, passons aux sakouski. Et avec ça, qu'est-ce que je vous sers ? Un jus de pomme-tequila ?


  C’est triste, quand même, cette misère, soupira gravement Dupont Madame.

– Tu ne vas pas recommencer ! s’agaça son mari. C’est comme si tu étais à Abou Dhabi devant le désert.

– Ben, il n’y a pas de rapport !

C’était la réplique qu’attendait Dupont Monsieur.

– Mais si : quand on va à Abou Dhabi, est-ce qu’on se plaint du désert ? Est-ce qu’on dit que c’est ennuyeux ? Non. Le désert, c’est ce qu’on est venu voir. En Inde, c’est pareil, la misère, tu es venue pour ça, tu n’as pas à trouver ça triste. La misère, le désert, c’est pareil, c’est le tourisme.

– Oui, mais quand même...

Dupont Madame savait bien qu’il y avait une faille dans l’argumentation, mais elle ne voyait pas où. Toute sa vie, elle serait bernée par les sophistes.

 

[…………………..]

 

  Les tables avaient été dressées au bord de la piscine. Le vent du soir, en passant sur l’eau, nous apportait une certaine fraîcheur. Sur l’autre bord, l’estrade avait été montée, et une troupe folklorique s’y installait. Comité et Dupont Monsieur préparaient leurs appareils.

– Vous ne prenez pas de photos ? demanda Dupont Madame.

C’était à moi qu’elle avait posé la question, comme chaque fois. Dans sa vision du monde, il appartenait à l’homme de photographier, et à la femme de poser, en inclinant la tête de côté, avec un petit sourire chic, sur fond de Taj Mahal ou de lépreux. Je n’aime pas la photo, Dupont Madame me considérait donc comme peu viril et s’en souciait.

J’ai soupiré, avec un geste d’impuissance, et, l’ayant ainsi contentée, j’ai regardé le spectacle. Les danses se succédaient. Les danseurs manipulaient maintenant sabres et boucliers, Comité était enchanté : les photos seraient superbes, toutes ces couleurs étaient vraiment très locales.

(Nocturne)

 

 

  Elle alla derrière l’oranger. Jadis, c’était là qu’il y avait le trou du grillage par lequel on passait, avec les cousins, pour rejoindre les petits voisins qui leur faisaient payer dix centavos pour aller regarder leur mère, voyante. Il fallait s’approcher de la salle obscure où elle officiait, recevant ses clients dans la plus grande discrétion. La voyante les surprenait toujours, de loin, et les chassait, furieuse. Les enfants en repartaient palpitants. L’endroit évoquait pour eux le mystère absolu, le péché aussi, puisque le curé avait proscrit ce commerce.

Il n’y avait plus de trou dans le grillage, plus de voyante, plus de voisins, mais un parking de banque. Le macadam avait recouvert son enfance.

(Les sources froides)

 

 

En massant sensuellement la pâte, il lui vient une idée, un thème directeur pour son recueil : des histoires de Sud-Américains exilés, de nostalgie, de bruits oubliés, d’odeurs absentes, des vagues à l’âme de voyageur avec billet aller simple, toutes ces bêtises que seul un immigré peut comprendre.

 

[…………………..]

 

Tandis que la farce refroidit, Ulises se demande ce qu’il fait ici. Si le parfum des empanadas lui apporte un tel bonheur, pourquoi avoir quitté son pays où ces senteurs de viande, de graisse et d’épices flottaient sur les trottoirs des boutiques ? Il hésite à rentrer, il inventera une excuse, des histoires de visa. Il reviendra comme un Ulysse d’ici, plein d’usage et de raison. Comme un Ulysse de là-bas, sans illusions et sans un rond.

(Qui comme Ulysse)

 

 

 

Bruno les regardait passer avec dégoût. Il cherchait les images pour les décrire : ils étaient gros, ils étaient gras, ils étaient surtout pesants. Voilà, pesants, l’adjectif était d’une affreuse vérité, ils marchaient pesamment. Ils étaient les éléphants de Pattaya.
  Chacun croyait s’avancer avec la dignité d’un maharadjah, il n’en était que l’éléphant.

L’éléphant blanc.

Ils tenaient leurs petites Thaïlandaises par la main et arpentaient Pattaya comme s’ils avaient acheté la ville pour quelques dollars. Non, pas comme si : c’était vrai.

 

[…………………..]

 

– Encore plus jeunes que tu ne crois ! ricana Michaël. Officiellement, elles doivent avoir dix-huit ans pour exercer leur petit commerce. Mais les plus mignonnes ont moins. Regarde, celle-là, une vraie petite princesse, treize ans maximum. Et bien sûr, ça paraît dégueulasse, ce gros lard, avec sa trogne d’alcoolo, qui joue les don Juan avec elle.

Michaël prononçait donn Rouann, en forçant l’accent espagnol, et cette coquetterie donnait à son propos une étrange justesse : c’était exact, le gros Américain au nez cramoisi ne jouait pas les don Juan, mais les donn Rouann, il y avait dans son entreprise un exotisme de pacotille.

– Il faut relativiser, poursuivit Michaël. Si, au lieu de ce gros tas, c’était un beau surfeur californien de vingt ans qui vivait une amourette avec la petite, tu n’y verrais pas de mal, je me trompe ?

– Non, ça n’aurait rien à voir, concéda Bruno, qui ne voyait jamais où Michaël voulait en venir.

– Et si le jeune surfeur plein aux as faisait un cadeau, disons des dollars, à la petite, tu ne serais  pas choqué, vrai ou pas vrai ?

– Oui, mais là...

– Et pourquoi ce serait le surfeur qui devrait décider combien il donne ? Pourquoi ce ne serait pas la gamine qui pourrait demander ? Pourquoi tu veux la mettre en position de mendiante, d’assistée ? Elle est inférieure parce qu’elle est pauvre, parce qu’elle est jaune ?

 

(Un éléphant de Pattaya)

 

 

Yvon fait le tour de la vaste piste de carrelage gris, il aura le choix. Une majorité de femmes, dont plusieurs très seules. C’est prometteur. Déjà Yvon se prend à imaginer la fin de la soirée, car il n’est pas seulement venu pour le bal. À quoi servirait la sensualité du tango si elle n’enflammait que les sentiments ?

Certaines débarquent du travail en riant, leur sac de voyage à la main, et partent se changer aux toilettes pour revenir en jupe plus longue, plus ouverte. D’autres portent simplement à l’épaule leur sac à chaussures de tango : ces accessoires-là valent une fortune, il n’est pas question de les user dans les rues éventrées qui mènent à la Confitería.

Yvon les regarde enfiler ces chaussures, impudiques. C’est un moment qu’il a toujours trouvé excitant : les doigts féminins resserrent la longue bride autour des chevilles pour bloquer le pied. Il y a de l’alcôve dans ces gestes-là.

(Confitería Ideal)

 


Raoul leur a simplement annoncé, de son petit ton présidentiel :

– Nous avons des décisions importantes à prendre concernant l’entreprise. Nous en discuterons en séminaire ce week-end. Nous partirons samedi matin très tôt, et nous rentrerons dimanche soir très tard. Nous ferons ça dans le désert tunisien. J’espère que ça convient à tout le monde.

Pas un mot de trop, comme d’habitude. D’ailleurs, tout bien remémoré, il n’a pas précisé concernant l’entreprise : tout ce qu’il dit concerne l’entreprise, il ne sait parler que de « Raoul Danville, nappes, serviettes et accessoires de table, pour que les fêtes soient inoubliables ». Et a-t-il vraiment ajouté J’espère que ça convient à tout le monde ? Il n’en est pas sûr. Il a pensé l’ajouter, mais les mots lui sont probablement restés dans la gorge. Il a toujours été comme ça : jamais un mot de trop. Cela fait partie de sa légende.

Il y a tant de nuances qu’il voudrait ajouter à toutes ses phrases, tant de phrases qu’il voudrait glisser pour ne rien dire, juste pour se donner l’impression d’être un peu plus... Un peu plus quoi ? Il ne trouve même pas l’adjectif. Peu importe, il s’est habitué, cela fait vingt-cinq ans qu’il est Raoul le taiseux.

[…………………..]

 

S’est-il vraiment identifié à son entreprise ? Raoul y repense dans l’hélicoptère qui survole le Chott el- Jerid avant de les déposer à Douz, aux confins du désert tunisien. Il est un peu déçu : c’est trop gris, ce n’est que de l’eau, du sel, du sable. Depuis le départ de Laurence, tout le déçoit, même le Chott el-Jerid. Même l’hélicoptère, c’était pourtant une idée à lui. Il avait pensé que ça créerait un climat de fête, d’excitation, mais c’est un échec, et Raoul sait qu’il en est la seule cause. S’ils voyageaient sans le président, les directeurs seraient comme des gamins en excursion, à chahuter, à pousser des cris. David, le directeur de la production, enchaînerait les grosses blagues dont il est coutumier dès que Raoul a le dos tourné, des histoires de cul, de sexe, Raoul sait cela par son assistante qui lui raconte tout, sauf les blagues, bien sûr. Vraiment très inconvenantes, monsieur le président, d’ailleurs je ne comprends pas tout.

                                                                                   (La marche dans le désert)

 
A bientôt pour une nouvelle assiette de zakouski.
Tiens, c'est curieux, personne n'a pris de jus de pomme-tequila. Une grenadine-martini, peut-être ?

 

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