Avant d'entrer. Ou de sortir.

Vous trouverez dans ce blog des billets écrits au fil des jours et des humeurs. Pour une lecture plus structurée, cliquez donc, juste en desous, dans le pavé "pages" ou dans le pavé "catégories". Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site . 
Si vous avez aimé ce blog ou ce site, ou si vous l'avez mis en lien sur votre blog, ou si vous avez chroniqué un de mes livres, aurez-vous la gentillesse de me le dire ?
Gratitude et bénédictions assurées.

Présentation

Recherche

Divers, vos ??? et vos !!!

Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 12:24

Il y a un volet des statistiques de ce blog que je chéris : c’est l’origine de mes visiteurs. Bien sûr, il y a ceux qui viennent des quelques blogs littéraires qui mentionnent mon blog dans leurs liens –merci, moi aussi je vous aime – mais il y a aussi ceux qui débarquent après une recherche Google.

 

Parmi ces recherches, je vois fréquemment apparaître « Comment écrire un roman ». Citons aussi les plus prudents qui demandent seulement « Comment commencer un roman », ce qui n’est déjà pas mal. Je n’ai, par contre, jamais vu de « Comment terminer un roman » : j’imagine que, lorsqu’il en est arrivé là, chacun préfère finir tout seul. J’ai vu aussi : « Comment écrire un best-seller », et cette confiance m’honore et me trouble : Google me considère-t-il comme un auteur de best-sellers pour m’envoyer des visiteurs aussi ambitieux ? Ah, s’il savait !

 

Quoi qu'il en soit, puisqu'ils arrivent chez moi, je ne peux pas les décevoir. Restez, restez, je vous explique. C'est juste en dessous du beau tableau.

2ecrivain.jpg
 

Comment écrire un roman ? C’est très facile. il suffit de se mettre devant son clavier à 5 H du matin. Et vous pensez alors : il y a dans le monde des milliers d’écrivains, dont plusieurs pas douchés, en pyjama,  penchés sur leur clavier, qui sont en train d’écrire un roman en buvant du café. Je fais partie de la grande famille, je me laisse emporter par cet élan collectif et, comme eux, je vois venir les idées, les phrases, il ne me reste plus qu’à taper sans fautes d’orthographe. Vous voyez, c’est facile. Mais c’est le plus dur. Surtout en hiver, quand la chaudière fait grève.

 

Si ça ne suffit pas, je peux ajouter quelques suggestions, mais modestes : je n’en suis qu’à mon septième livre, mon quatrième roman, et je n’ai toujours pas obtenu le Prix Goncourt – ça commence d’ailleurs à devenir humiliant. Pas non plus de Palmes académiques, et là ça frise le scandale.

 

Ce sont, j’insiste, mes repères. Des repères très personnels ; il est permis de penser autrement, il est même permis de réussir autrement. Quand j’écris un roman, voici ce que je me fais un devoir de mettre dans ma recette :

  2mains

- des personnages porteurs d’un trait de caractère fort, ou d’une idée forte, mais évolutifs. Le trait de caractère fort n’est pas forcément un caractère fort (ce trait peut être la mollesse, ou l'indécision, comme l'Alexis du roman "Le film va faire un malheur") ; ce trait permet de guider le personnage, de lui donner un mouvement dans la vie. Je ne l’ai pas inventé, c’est une ficelle des écrivains du XVIIème au XIXème, de la commedia dell’arte. Des Grecs aussi, quelques milliers d’années plus tôt. Le péril, c’est de tomber dans le personnage monomaniaque, caricatural. Il faut donc en permanence nuancer cette poussée par des contradictions : contradiction de la réalité, contradiction apportée par d’autres personnages, contradiction du héros lui-même.

J’évite les héros héroïques, parés de trop de vertus, ou simplement positifs, méritant tellement la sympathie qu’ils en deviennent détestables. Je ne cherche pas non plus à provoquer à tout prix l’identification du lecteur à mes héros : s’il a besoin de ça, il n’a pas besoin de moi. Et cette contrainte freine les mouvements des personnages, leur descente aux enfers.

 

- les personnages secondaires doivent être plus simples, pour ne pas perturber la narration. Ce sont des masques, il faut les utiliser comme tels. Je réserve les nuances aux héros.


- une intrigue. Elle est parfois complexe, parfois minimale, mais elle doit être là. En tout cas, dans mes romans. L’intrigue doit pouvoir se résumer sous la forme « Est-ce que le héros arrivera à... », la phrase pouvant être mise au pluriel.

Exemple, dans « Le Vertige des auteurs » : Est-ce que Sylvain Vasseur arrivera à devenir un écrivain publié ? ». Ou, dans « Le film va faire un malheur » : Est-ce qu’Alexis finira par tourner le film sur la vie de Sammy, le malfrat ?

C’est, pour moi, une question de respect pour le lecteur : il a le droit d'être embarqué. Embarqué dans une histoire, donc dans une intrigue. Il me paraît impensable de me lancer dans un roman sans avoir travaillé sur l’intrigue, sans en avoir une vision claire : je veux savoir où je vais mener le lecteur, même si je ne sais pas exactement par quels chemins.

 

- une intrigue secondaire, il faudrait plutôt dire « une tension ». Elle concernera souvent les rapports entre deux héros du roman. Cette tension n’est pas décorative, elle sera souvent le piment de l’intrigue. Est-ce que Sylvain Vasseur et Arlette parviendront à sauver leur couple ? (Le Vertige...). Est-ce que Sammy et Alexis finiront par devenir amis ? (Le film...). Cette tension permet de donner un sens aux rapports humains, une progression, dans les dialogues. Elle peut finir par devenir plus importante que la vraie intrigue, et ce n’est pas grave.

 

- un regard. C’est un impératif absolu. Regard sur la société, sur une micro-société (le monde de la publicité et du cinéma, le monde de l’édition), regard sur la nature humaine. L’intrigue est essentielle, la tension aussi, mais elles ne sont là que comme prétexte à exprimer ce regard. « La littérature, c’est ce qui reste quand on enlève l’histoire ». Voilà pourquoi je déteste la majorité des thrillers américains du genre Da Vinci Code : ils ne me thrillent pas du tout, ils s’épuisent à me lancer dans des rebondissements (généralement tous construits selon la même trame), mais ils n’ont regardé que quelques clichés, de vagues décors. Ils n’ont rien fait voir.

J’évite, dans ce regard, comme dans la création des personnages qui le portent, tout ce qui peut ressembler à de la bien-pensance. Penser en se moulant dans les clichés d’une époque, c’est entrer dans la littérature servile.

 

- un ton. C’est le plus difficile à expliquer, c’est aussi le plus difficile à obtenir. Le ton, c’est la voix du comédien qui lirait le texte. J’en suis obsédé quand je commence un roman, ou même une nouvelle. Il ne suffit pas de se dire « Je vais prendre une voix émue – ou grave, ou drôle, ou amère ». il faut aller plus loin dans l’intonation d’écriture. Je peux passer des semaines à écrire, effacer, récrire, effacer à nouveau, car le ton ne me convient pas. Une fois qu’il est installé dans les 100.000 premiers signes, le ton devient si évident que l’on n’y pense plus. Sauf si on interrompt trop longtemps l’écriture. Cela m’est arrivé pour mon prochain policier, « La commissaire n’aime point les vers ». Je m’étais offert une longue pause avant d’achever ce roman. La directrice littéraire de La Table Ronde, qui est fine mouche, a tout de suite remarqué que quelque chose avait changé. C'était le ton. J’ai décidé de tout reprendre, et je ne l’ai pas regretté.

  2tas
- une qualité d’écriture. Ce devoir de peaufinage, c’est en devenant auteur publié que j’en ai compris l’importance. Je passe deux fois plus de temps à corriger qu’à écrire. Faut-il que ça se voie, ou que ça ne se voie pas ? Je veux en tout cas que chaque page puisse être parcourue sans ennui de lecture, sans agacement, sans froncement de sourcils. Certes, je ne suis pas forcément le meilleur juge, mais il m’arrive de changer l’histoire si sa narration passe par une page, ou même un paragraphe, qui persiste dans la balourdise, malgré tous mes efforts. Le style est toujours plus important que le récit.

 

- une vision autre. Peut-être ne suis-je pas assez sûr de moi, mais je suis très soucieux de savoir ce qu’en pensent les autres. J’ai la chance de pouvoir compter sur trois ou quatre lecteurs qui ont aussi une excellente écriture. Je leur soumets ce que j’écris, parfois en cours d’accouchement, quand je ne suis pas sûr. Leur retour de lecture m’est toujours salutaire – même quand ils se contredisent entre eux, même quand je ne tiens pas compte de tous leurs commentaires. Ces retours me rappellent qu’en écrivain est toujours trop vite content de lui.

 

C’est d’ailleurs l’impression que je vais donner en terminant ce billet. Il va maintenant que j’écrive en me conformant à tout ce que je viens d’expliquer, ce sera difficile. Mais ce serait encore plus difficile d'écrire, de vraiment évcrire, sans ces balises.

 

Il peut bien sûr y avoir d’autres critères, qui complètent ou précisent, ou qui contredisent, ceux que j’ai donnés ici. Le contraire serait inquiétant. Peut-être aurai-je changé de balises dans dix ans, quand j'aurai eu le Prix Goncourt.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?
Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander
Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 17:26

La documentation est un problème fréquent pour les auteurs, mais ils en parlent peu. Ce doit être comme un prurit suintant, on le gratte, mais on le cache. C'est dégoûtant, ce début de billet, je vais enchaîner sur les échecs, ça fera plus chic.

 

Quelques lecteurs joueurs d’échecs m’ont demandé le détail de la partie d’échecs qui, dans « La partie des petits saints » (Qui comme Ulysse), est jouée par les deux héros. Et d’abord, ont suspecté les plus méfiants, est-elle jouable ?

 

La partie existe bel et bien : elle commence par un contre-gambit Greco, et elle a été jouée entre les maîtres Evans (blancs) et Grivainis (noirs) au tournoi de Munich en 1958. Il m’a fallu pas mal de recherches pour trouver ce que j’avais en tête. Je la donne un peu plus bas. Avant d’en parler, je voudrais donner quelques points de vue sur la documentation. Ce ne sont que les miens, et d’autres peuvent en avoir de différents, il seront les bienvenus en commentaires.

 

Je suis grand amateur de documentation. Elle est assez pourtant assez peu présente dans le récit final, mais elle me sert à créer ce récit, à l’installer. Parfois à le modifier.

 

Un récit épuré, sans indications de décors, de personnages, ressemble aux histoires inventées par un enfant : il y a un gentil qui se promène dans la rue, et il y a un méchant qui lui donne un coup de poing, heureusement, il y a la police qui passe, ils arrêtent le méchant et hop, ils l’emmènent en prison*. L’enfant, en racontant cela, imagine très bien les personnages, les décors, il en a même peur, mais il garde tout cela pour lui : son interlocuteur, lui, ne reçoit qu’un pitch et sourit, gêné.

Beaucoup de nouvelles d’amateurs, même celles que je lis quand je suis juré dans des concours, sont assez proches de ce schéma : elles comptent simplement 10.000 signes au lieu de 200. Du récit, encore du récit, puis une fin de récit, puis une chute. Un long pitch plein de sous-pitches.

 

L’excès inverse est tout aussi pénible.

Certaines nouvelles (certains romans aussi, d’ailleurs) donnent l’impression d’être payées à la ligne ; mais c’est au Guide Vert ou à Wikipedia qu’il faudrait payer les piges. On accumule les détails graisseux qui empâtent le texte sans lui donner d’ambiance, ni même d’évocation. Lisez donc « L’abri »**, le texte tout récent de Balmeyer, qui fait mon admiration (ce n’est pas pour rien que je lui répands myrrhe et encens sur le crâne dans mon billet précédent) : il ne décrit qu’à peine les catacombes capucines de Palerme, il aurait pourtant pu en trouver des kilos sur internet, ç’aurait été passionnant (j’ai en tête, depuis longtemps, une nouvelle sur le sujet), il préfère évoquer brièvement quelques images que ça lui inspire, le ventre des momies rempli d'herbes, leurs éventuelles odeurs, et hop, la description, il la garde pour les jeux et les jouets du petit Kéké.  La liaison est superbe, le subtil déséquilibre aussi. La documentation a fait son travail, le bon, le minimal.

 

J’ai failli tomber dans cette erreur quand j’ai écrit « La partie des petits saints » : j’évoquais à peine le périple de Zlatko dans le nord de l’Equateur (je pouvais en mettre vingt fois plus, j’ai fait ce parcours – mais cela aurait fait moins vrai), j’ai gardé le minimum pour créer le climat. Mais, pour décrire la partie d’échecs, je m’étais attardé à la détailler bien plus longuement. C’est Anne Carrière qui m’a alerté : ce ne devait pas être une nouvelle sur les échecs, mais sur une rencontre, une sorte de conversion. J’ai coupé, et je n’ai pas regretté son conseil.

 

Bon, assez parlé, le voici, ce contre-gambit Greco. J’ai eu du mal à trouver la partie, car je voulais à la fois une partie commençant par une ouverture rare (le contre-gambit Greco), avec un très faible rôle des cavaliers pour les Blancs, et un rôle très important de leur dame (au début, je voulais qu’elle joue le rôle de la Vierge, et j’ai d’abord appelé la nouvelle « L’errance de la dame blanche », idées ensuite abandonnées car alourdissant le propos).

Je précise que la fin de la partie n’a rien à voir avec celle que je raconte, évidemment.

 

1. e2-e4             e7-e5

2. Cg1-f3           f7-f5

3. e4xf5            e5-e4

4. Cf3-d4           Dd8-f6

5. Dd1-h5+         g7-g6

6. f5xg6            h7xg6

7. Dh5-d5          Cg8-e7

8. Dd5xe4         Th8-h4 !

9. g2-g4            d7-d5

10. De4-d3        Th4xg4

11. c2-c3           Cb8-c6

12. Ff1-e2         Cc6-e3

13. Dd3-e3        Tg4-e4

14. De3-g3         Fc8-g4 !

On remarque ici à quel point la sortie prématurée de la dame blanche était imprudente : elle en est à son sixième coup. Heureusement qu’Elias avait avec lui les petits saints du paradis.

15 f2-f4                Fg4xe2 !

16. Cd4xe2          Ce5-f7 ??

Zlatko est un champion, mais il fait ici une belle gaffe, comme le maître Grivainis. Il aurait dû jouer Df6-a6 ! pour obtenir : 17. Dg3-g2       Ce5-d3+.

17. d2-d3           Te4-e6

18. Dg3-g4        Ce2-f5

Dans la nouvelle, c’est ici que je quitte la partie réellement jouée : dans la vraie partie, les deux joueurs roquent au 19ème coup.

19. o-o                        o-o-o

20. Ce2-g3                  Rc8-b8

21. a2-a4 !                  Ff8-d6

22. Cb1-a3                  Td8-h8

23. Ca3-b5                  Th8-h4

24. Dg4-f3                   Cf7-h6

25. Cb5xd6                  c7xd6

26. Fc1-d2                   Ch6-g4

27. Tf1-e1                   Cg4xh2

28. Df3xd5 !!               Te6xe1+

29. Ta1xe1                  Th4-h8

30. Cg3-f5                    g6xf5 ?

31. Te1-e2 !                 Df6-h6 ?

32. Te2-e7                   Dh6-g6+

33. Rg1-f2                   Les Noirs abandonnent.

 

J’ai rejoué cette partie une dizaine de fois, sans en comprendre 10% des finesses, je finissais par la connaître par cœur. Dans la nouvelle, on n’en voit presque rien : ce sont les joies de la documentation.

 

Pour répondre à un autre commentaire récemment lu, je précise que, contrairement aux apparences, je ne me suis guère fatigué pour la documentation des nouvelles de « Qui comme Ulysse » : tous les endroits décrits, j’y suis allé, j’en avais gardé de nombreuses photos et notes, des pages et des pages, dont je n’ai conservé que quelques lignes. Car finalement, les trois mendiants que j’ai croisés devant la cathédrale de Salta sont plus importants pour l’ambiance que l’architecture de la cathédrale. La seule nouvelle que j’ai bidonnée, en piochant dans la documentation internet, c’est celle de Joseph, le gardien de phare qui bidonne sa Route de la soie en piochant dans la documentation internet. C’était donc, là aussi, du vécu.

 

·          * Histoire évidemment invraisemblable : dans la vraie vie, ça ne se passerait jamais comme ça, faut-il le dire.

·        ** Je ne dois rien à Balmeyer, je ne veux pas lui emprunter quelques milliers d’euros, ni son vélo, je le cite simplement parce que je n’ai pas d’autres exemples sous la main : ça ne court pas les blogs, des textes de ce genre.                                                   

                       

 

 

 

 

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 10:19

J'ai commencé à écrire mon nouveau roman. Puis j’ai arrêté : c’était trop facile. J’ai alors écrit le plan détaillé de ce futur roman, ce qui est beaucoup plus ardu. Et je recommence à écrire : ah, c’est plus facile ! Et cette facilité est maintenant saine. Mais…
Je viens de la nouvelle, où la préparation d’un plan serait dérisoire : une nouvelle, c’est une succession de trois ou quatre étapes, que l’on rejoint par des chemins qu’on improvise, selon le besoin de vitesse. Dans la nouvelle, le changement de rythme a une importance majeure : il faut savoir ralentir, ou même se perdre en digressions à condition qu’elles soient belles à lire, et qu’elle permettent de créer un climat ou de dessiner un personnage, puis accélérer en une ou deux ellipses, sans se soucier de leur brutalité. C’est ce qui crée les rebonds. J’évite autant que possible les nouvelles au rythme constant, elles ont une allure et un parfum de diesel.

En roman, c’est le contraire. Les relances brutales perturbent la lecture. Et les digressions de plusieurs pages perdent vite le lecteur. Mais le rythme doit pourtant être constamment relancé. La préparation d’un plan permet-elle de mieux maîtriser cette contrainte ? Oui et non. Cela dépend de la façon dont il est construit.

Dans mon premier roman, « Le Vertige des auteurs », je n’avais pas fait de vrai plan : il tenait en douze lignes qui n’étaient même pas des phrases, simplement des étapes d’un long enlisement. Chaque étape, je la concevais presque comme une nouvelle. Avec du recul, j’ai eu tort : un vrai plan m’aurait alerté sur le risque d’enlisement pour décrire l'enlisement, dans un chapitre, au milieu du roman. Et encore, j’ai eu de la chance : dans une première version, ce chapitre durait trois chapitres. Si j’avais laissé les trois chapitres, j’aurais peut-être eu trois jolies petites nouvelles. Mais le roman se serait carrément embourbé. En revanche, j’ai coupé, vers la fin, un chapitre que je regrette toujours (il tenait en cinq mots dans le plan).

Dans le second roman, « Le film va faire un malheur », l’intrigue était bien plus complexe : j’ai donc écrit un vrai plan détaillé de deux pages, en phrases-flashes, pour mieux voir où j’allais. C’est très pratique un plan, ça vous donne une sorte de G.P.S. quand vous écrivez. Mais il faut savoir quitter l’itinéraire trop balisé quand une vicinale vous tente. Je me suis plusieurs fois écarté du plan : notamment pour donner plus d’importance à Clara (et je crois avoir bien fait, si j’en crois les réactions des lecteurs), ou pour déployer les pseudo-échanges sur la littérature, et c’était une bonne idée. Mais je l’ai quitté aussi pour raccourcir le voyage en Afrique et je continue à me demander si j’ai eu raison : certains lecteurs en sont frustrés. Mais il y a des moments où il ne faut pas tout raconter, il faut laisser le lecteur continuer seul une certaine écriture mentale.

En gros, un plan c’est une très bonne chose car ça permet de ne pas le suivre : on peut s’en éloigner en toute sécurité si un bonheur d’écriture se présente. On sait qu’on pourra toujours y revenir si on se perd. Je dirais même que c’est une très bonne chose à condition de ne pas le suivre : les petites routes de traverse sont souvent les meilleurs passages d’un roman.

Dans ce nouveau roman, l’intrigue est encore bien plus complexe. J’ai donc écrit une très longue note, plus proche du synopsis que du plan. Avec des vraies phrases. En tout, plus de 40.000 signes. C’est long : quasiment trois nouvelles. J’ai écrit cette note comme si je racontais vraiment toute l’histoire à un ami, avec ses détails parfois anecdotiques, ses effets de conteur, presque avec ses intonations. En l’écrivant, j’ai corrigé le plan, car des déséquilibres apparaissaient , des fadeurs d’écriture paraissaient à craindre dans certains passages. Maintenant, tout y est. Mais…

Je l’ai relue plusieurs fois et une étrange sensation me vient parfois : elle est très bien, cette histoire. Á quoi bon écrire ce roman ?

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires - Recommander
Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /2009 15:44

J'ai connu Alexis Bogatchek à l'époque où j'étais dangereusement normal : je n'écrivais pas. Ou plutôt, j'écrivais de bouleversants films de pub de 15", des lettres de marketing direct pour convaincre les destinataires de soutenir SOS Sahel, des trucs que personne ne lisait ou n'écoutait, à part le client qui nous payait.
Donc je n'écrivais pas, mais Alexis me parlait quand même avec déférence : c'était moi qui l'avais embauché. Je n'ai plus aucun souvenir de l'entretien d'embauche, il n'avait pas dû me faire forte impression. Mais je l'avais embauché, sans doute parce qu'il était grand et fort, c'était sa façon de faire forte impression, je devais avoir peur qu'il me passe à tabac si je disais non. C'est un bon critère de recrutement.
Je dois l'existence de ce blog à Alexis, c'est lui qui m'a expliqué ce qu'était un PC : je me souviens très bien du jour où je suis venu lui demander si le Mac Windows, c'était une bonne marque, j'envisageais d'en acheter un. Il est resté très calme durant les quatre heures qu'il m'a fallu pour continuer à n'y rien comprendre, mais avec plus d'assurance.
Alexis avait de l'oeil, il était directeur artistique. J'avais des mots, 800, pas plus, j'étais directeur de création. Chacun ne comprenait rien aux émotions de l'autre, on s'entendait donc bien.
Il a fini par partir avec son oeil, il est devenu directeur artistique free-lance. Et, photographe : j'aime ses photos, elles débanalisent le quotidien, elles rendent beau tout ce qu'il regarde.
Et moi j'ai fini par partir avec mes 800 mots. J'en ai fait de l'élevage intensif. Le jour où j'en ai eu suffisamment, je suis devenu auteur.
Alexis ne me rappelle que de mauvais souvenirs, mais aujourd'hui, j'en souris, c'est pour ça que je l'aime bien. Et j'aime bien son oeil, allez voir son site. 

J'aurais volontiers déposé ici une photo d'Alexis Bogatchek pour faire plus joli, mais je ne veux pas déflorer votre découverte
Je vais mettre une photo de topinambours, ce sera bien aussi.
Je précise enfin que le Alexis Pirief de mon récent roman n'a rien à voir avec le Alexis Bogatchek de ce blog. Je m'épuise à le lui expliquer. Si un jour je suis assassiné, ne cherchez pas, ce sera Alexis le coupable. Ou son copain Sammy.

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /2008 15:25

L'inculture, c'est comme la culture, en plus chic à faire mousser (Acte 2/2)

Rappel des faits : on m'a tagué, comme un blogueur simplex. On me fait répondre à un questionnaire qui ne peut que me faire du tort, au moment où ma carrière est promise aux plus belles espérances. Un questionnaire où je suis supposé étaler mon inculture ! Vous imaginez, cette fascination du vide ? Et c'est l'illustre Balmeyer qui me fait ça. Je suis trop lâche pour m'échapper, alors je réponds. Il prétend que ça lui permettra de faire un peu de publicité pour mon roman "Le film va faire un malheur". Je n'en crois pas un mot, mais je réponds. Et sincèrement, pour aggraver mon cas.


Ce visuel, c'est une photo d'oeufs battus en neige. C'était ça ou des topinambours.

Ce concours de vantardise dans l'inculture porte sur sept sujets : mathématiques, géographie, nourriture (pouah, quel affreux mot !), vins, théâtre, cinéma, livres 

Mathématiques. J’aime les maths car elles sont incontestables. Si j’étais Dieu, j’aurais écrit quelques équations pour définir le monde, et je me serais arrêté là. Nous serions tous des petits x, des petits y, nous aurions tous notre place dans de grandes courbes, même Balmeyer, et je ne serais pas en train de répondre aux questions stupides de ce tag. J’ai toujours rêvé d’être un surdoué des maths, un type qui calculerait les intégrales de tête, j’en ai connu un, et c’était impressionnant. Très beau à regarder, on avait l’impression de voir défiler les équations sur son front.

 

Géographie. J’ai été obligé d’apprendre la géographie de mon pays pour l’expliquer à ma femme, étrangère, lorsqu’elle venait de débarquer en France. Elle n’était pas encore ma femme, elle l’est devenue après mes cours de géographie. Un amour qui résiste aux cours de géo, ça ne court pas les rues. D’autant que les miens étaient assez rustiques : en France, il y a le Nord au nord, l’Ouest à l’ouest, et le reste etc,  aussi logique. Et il y a LE MASSIF CENTRAL, une grande région qui, en gros, se balade entre Paris, Lyon, Montpellier et Bordeaux. Avec ça, sa curiosité a été comblée pendant des mois. Puis elle a commencé à me poser des questions sur des villes moins connues : Bourges, Agen, Mâcon, des villes qui ne devraient même pas exister, il faudrait les fusionner. J’avais une réponse imparable « C’est dans le Massif Central ». Un peu à la fois, le Massif Central est devenu énorme. Un cancer, une région goulue qui bouffait toutes les autres. Elle a fini par s’en inquiéter, par vouloir regarder des cartes. Alors je l’ai épousée et on a parlé d’autre chose.

 

Nourriture. Je suis incapable de parler de recettes, et les conversations portant sur les spécialités de pays ou de restaurants m’ennuient, surtout quand je dois faire semblant d’être passionné. Je suis bien plus à l’aise pour décrire des recettes dans des passages de nouvelles ou de romans : je recopie des fiches trouvées sur des sites, et je les mêle alors à des sentiments aussi confus que la recette, cela suffit, le lecteur salive avec moi. Le seul plat raffiné qui m’enchante est le homard. J’aimerais que mes admirateurs viennent m’apporter un homard dans les salons du livre. Vivant le homard, s’il vous plaît. Et breton, bien sûr.

 

Vins. J’aime les bons vins, mais je ne peux en parler avec subtilité : je ne leur vois pas de différences avec les très bons. J’aime les poèmes qui chantent le vin, décrivent l’ivresse. Avez-vous jamais lu Omar Khayyam ? Il a écrit de jolies choses dans les rubaiyat. Par exemple :

Boire du vin et étreindre la beauté

Vaut mieux que l'hypocrisie du dévot ;

Si l'amoureux et si l'ivrogne sont voués à l'Enfer,

Personne, alors, ne verra la face du ciel.

Il a eu la chance d’écrire cela à une époque arriérée : aujourd’hui, le dévot ne le raterait pas, le pauvre Omar. 

 

Théâtre. La première pièce que j’aie vu au théâtre était du Marivaux, au début de mon adolescence. J’en ai oublié le titre, mais je n’ai jamais oublié le décolleté de l’actrice. Fascinant, lumineux. Chez moi, le théâtre est, pour toujours, resté associé à l’idée de décolleté. C’est pour ça que je suis si souvent déçu par le théâtre moderne. Surtout quand les actrices s’y baladent bêtement à poil. Et rien ne m’enchante plus qu’un somptueux décolleté, je pense alors immédiatement à Marivaux, c'est dire si je suis un cérébral. Cela dit, il est inutile que mes admiratrices viennent me voir très décolletées dans les salons du livre : qu'elles se contentent de venir avec un homard. Les plus coquines le porteront en sautoir.

 

Cinéma. Je suis cinéphile, j’aime le cinéma, mais pas les films. Je m’en vais souvent au bout d’une demi-heure quand je les vois sur DVD. Au cinéma, je reste, coincé, bougon, les yeux fixés sur ma montre. Ce qui m'intéresse surtout, dans un film, c’est sa technique : le montage, les cadrages, la lumière, la qualité des dialogues. C’est idiot, je sais. Les très bons films sont ceux où j’oublie de regarder ça. Mon meilleur souvenir de cinéphile reste mon invitation au Festival de Cannes 2004, avec un badge d’accès permanent V.I.P, montée des marches, palace et tralala. J’ai vu 29 films en 5 jours. J’avais gagné ce truc de rêve, pour ma femme et moi, à un concours de nouvelles. Au retour, j’étais imbuvable, je ne ratais pas une occasion d’en parler. Quatre ans plus tard, c’est moins fréquent, mais je continue. Finalement, il est bien, ce tag, hein !

 

Livres. Je ne sais pas quoi raconter sur le sujet. Je suis si peu littéraire que je ne peux même pas parler de mon ignorance en la matière : mon inculture est immense, avec des trous. Mais je parle très volontiers des livres que je n’ai pas lus. Je lis tout le temps, n’importe quoi, je ne peux me passer de livres pendant plus de 24 heures. Maintenant que je suis écrivain, je ne suis plus assez riche pour les acheter : je les emprunte à la bibliothèque municipale. Je m’imagine le paradis comme une immense bibliothèque. L’enfer, c’est pareil, mais il n’y aurait que les couvertures.

 

Tag. Je relis ce tag, et je suis consterné : à chaque question, j’aurais pu répondre exactement le contraire en étant presque aussi sincère. Ç’aurait été meilleur pour mon image. Quant à faire circuler ce tag, il n'en est pas question, je ne veux me fâcher avec personne. Réponde qui veut, vous pouvez même le signaler, avec lien, dans vos commentaires.
Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /2008 20:08

A défaut des Palmes Académiques, je serais volontiers preneur du Prix Nobel de Littérature, Je prépare déjà mon discours.
-
Ma vraie ambition dans la vie, c'est de recevoir les Palmes Académiques. Je harcèle mes amis influents, je vais jusqu'à m'en faire de nouveaux tout exprès, mais ça ne donne rien. J'en ai même parlé au Vice-Chancelier de la Sorbonne, si, si, c'est vrai, mais sans résultats. J'avais quelques espérances du côté de la brave petite Ségolène, mais il me semble qu'elle n'ait pas la tête à ça. Vous connaissez quelqu'un, vous ? Merci de faire suivre. Je veux les Palmes toutes simples, sans flonflon, sans ministre (sauf si c'est indispensable), sans réception, pas de petits fours, pas de champagne, pas de cahouètes, juste les bêtes petites palmes, on épingle, on se donne l'abrazo, et ciao, merci pour tout. J'offre mes oeuvres complètes longuement dédicacées au visiteur influent qui pourrait...

A quel titre ? me demanderez-vous en ricanant. J'en ai un, et un beau : je suis le seul enseignant conférencier à avoir fait cadeau à l'Université de mes émoluments. Une série de six cours d'une heure trente, donnés à Dauphine, sur le thème des "Stratégies de communication globale", tout ça à l'oeil, pour les bonnes oeuvres de l'Université. J'avais tellement de dossiers à remplir pour me faire payer que j'ai fini par renoncer. J'ai écrit une belle lettre à l'Université pour leur annoncer ce royal cadeau. Mais, sur un post-it, j'avais dûment ajouté qu'un petit retour d'ascenseur me ferait plaisir, et j'ai proposé les palmes. Je suis toujours en bas de l'ascenseur en attendant qu'on me le renvoie. Le post-it a dû se perdre. ou peut-être qu'il circule dans les ministères depuis 15 ans. Je ne désespère pas.

Alors, faute de mieux, je ne cracherais pas sur le Nobel de Littérature. Là, je suis plus optimiste. En tout cas, je commence à préparer mon discours. Je sais déjà ce que je ne veux pas écrire, c'est un discours façon Le Clézio. Jean Marie Gustave, tu m'as terriblement déçu. Tiens, mon prochain billet parlera de ça, en attendant les extraits de mon roman "Le Film va faire un malheur". 

Le billet, ce sera peut-être même pour demain. Les extraits, pour ce week-end.

Et les Palmes, c'est pour quand ?

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /2008 13:26




Je suis désolé de vous décevoir, je passe mon temps à décevoir, c'est une seconde nature.  Je veux juste vous signaler que vous devrez finalement attendre jeudi pour savoir qui était cette mystérieuse troisième femme aux 5 minutes : j'ai un problème, je ne trouve nulle part sa photo. En attendant, j'ai ce tableau. Il est de Nicolas Poussin. Il était, je crois, presque autodidacte. Si même les peintres peuvent être autodidactes, les écrivains aussi devraient pouvoir y arriver. En tout cas, moi, ça fait six ans que j'essaie.

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /2008 14:10

Quelques livres lus récemment, histoire d’y piquer des idées

 

 

L’ennui, quand on est en phase d’écriture, surtout en phase démarrage, c’est que toute lecture est faussée. On a confusément l’impression d’y chercher des pistes, des idées à piquer, pour ce qu’on va écrire. C’est évidemment absurde, mais, le pire, c’est que parfois on en trouve. Pas toujours.

 

Un point rapide sur cette chasse au trésor.

 

Le Cantique de l’apocalypse joyeuse, d’Arto Paasilinna. La plus belle surprise de cette fin d’été. L’arrivée de ce roman sur le marché français est déjà romanesque : Paasilinna écrit un livre par an (Tiens, ça c’est une idée que je vais lui piquer : écrire un livre par an, comme une jument met bas son poulain chaque printemps). Mais Denoël, son éditeur en France, n’en traduit qu’un tous les deux ans. Les livres de Paasilinna ont donc de plus en plus de retard chaque année. Le Cantique de l’apocalypse joyeuse a été écrit en 1992, il nous arrive en 2008. et c’est là que ça devient très drôle : ce livre est un roman de politique-fiction, qui nous prévoit une Europe partant en catastrophe. Une Europe où ne survit vraiment bien qu’une petite communauté vivant en autarcie au fond d’une immense forêt finlandaise. Une communauté rigolarde, en butte aux tracasseries administratives d’une civilisation qui s’écroule. Ça se lit avec des gloussements de plaisir. Et des bêlements d’admiration (désolé pour tous ces bruits de la ferme dès que je lis un bon livre). D’admiration devant l’art avec lequel Paasilinna nous fait entrer dans les histoires les plus invraisemblables. Il a pour cela une ficelle qu’on retrouve dans plusieurs de ses romans (La Cavale du géomètre, par exemple) : il accumule les détails techniques, les précisions d’ingénieur. Il nous écrit pendant plusieurs pages la construction de l’église voulue par le fondateur de la communauté. Les plans, les matériaux, les procédés de construction. Du coup, on ne se pose plus de question quand les fonctionnaires tracassins vont s’y retrouver bloqués. En refermant ce livre, on se demande si ce retard n’est pas providentiel : c’est peut-être maintenant que ce livre va devenir actuel. Je suis clair, là ? Non, pas du tout, tant pis, passons au livre suivant.

 

Ultimes vérités sur la mort du nageur, de Jean-Yves Masson. Un recueil qui serait passé inaperçu s’il n’avait obtenu le Goncourt de la Nouvelle (Tiens, la voilà, l’idée que je vais piquer : je vais demander le Goncourt de la Nouvelle pour passer aperçu). Une série d’histoires de personnages étranges à la recherche de leur secret, de leur passé, de leur mystère. C’est très finement écrit, dans une langue où le drapé des phrases enveloppe parfois de trop près les idées délicatement posées au fil des paragraphes. Il y a dans tout ce recueil une volonté d’esthétique. Une certaine esthétique de la vie, presque une façon de se comporter face aux ombres de son existence. Une façon délicieusement surannée, hésitante. C’est subtil. La subtilité, ce serait aussi une idée à piquer, mais je ne saurais qu’en faire.

 

L’Iliade et l’Odyssée, d’Alberto Manguel. Vous le connaissez sûrement de non, ce Manguel. Il m’agace un peu, car il s’est permis, il y  a quelques années, de publier coup sur coup deux très bons livres sur mes deux auteurs préférés : J.L. Borges et R. Kipling. Je me suis senti dépossédé. Mais, dans le cas de Borgès, il avait une excuse :  Manguel a été le lecteur de J.L. Borges durant deux ans, quand celui-ci était aveugle. Vous imaginez, deux ans avec Borges ? Ça doit rendre cultivé et intelligent. Moi je n’ai passé que deux heures avec le vieux génie (nous étions plus de cent en petit amphi, à la Sorbonne), et ça me marque encore, des décennies plus tard. Deux heures seulement au lieu de deux années, c’est pour ça que je suis moins cultivé, moins intelligent que Manguel. Lui, il l’est un peu trop : son livre sur L’Iliade et l’Odyssée est un monument de savoir. Il nous présente Homère sous tous les éclairages possibles : Homère chrétien, Homère et l’Islam, Homère poète, Homère et la femme, on en sort en sachant tout ce qu’il y a à dire sur Homère, l’Iliade et l’Odyssée. De quoi briller dans les dîners littéraires en ville le jour où j’y serai invité. Mais, bizarrement, en sortant de ce livre, j’avais l’impression de moins bien connaître l’Iliade et l’Odyssée qu’avant. Ulysse ou Hector étaient plus vivants, plus incarnés dans mes souvenirs incultes. Finalement, dans les dîners en ville, je parlerai de mon Ulysse à moi, c’est moins risqué. Surtout s’il y a Manguel. Idée à piquer : s’il y a des auteurs que vous aimez bien, vous devez écrire sur eux des livres avant qu’Alberto Manguel ne se les approprie.

 

Retour en Atlantide, d’Hubert Lampo. Si l’Atlantide vous passionne, achetez autre chose, le livre n’en parle qu’indirectement, pendant dix lignes. De quoi parle-t-il, alors, ce livre ? Je ne sais pas trop l’expliquer, mais il en parle bien. Il parle du temps passé, d’un homme qui le cherche, qui essaie de le comprendre, qui croit croiser des souvenirs, qui mélange tout ça, présent et passé, imaginaire et réalité. C’est très confus, assez lourd à avaler. On le quitte soulagé. Et pourtant, à la sortie, on a la bizarre impression d’être passé à côté d’une vérité essentielle. Le livre reste, obscur, comme lors de ces matins où l’on se réveille en ayant l’impression d’avoir rêvé d’un truc important dont il fallait absolument se souvenir. Lequel ? On ne sait plus, et l’on se sent misérable.

Et voilà : il y a dans ce livre une idée essentielle à piquer, mais je ne sais plus laquelle.

 

Quelle comédie la vie ! de Danielle Akakpo.  Danielle Akakpo est une héroïne de la littérature. Je ne dis pas une héroïne de roman ; non, mieux encore, un personnage important de l’écriture. Elle a le courage, l'héroïsme, d'animer depuis des années un forum littéraire très fréquenté, Maux d’auteur. On voit s’y croiser beaucoup d’auteurs amateurs, candidats à l’édition, ou amateurs volontaires, débutants ou confirmés, des lecteurs librovores, des auteurs publiés, des  concouristes, dont certains sont des serial winners et d’autres de bons soldats, voire de braves soldats Schweick. Et Danielle, par passion de l'écriture, y accomplit un formidable travail :  inlassable, elle encourage l’un, félicite le deuxième, remonte le moral du troisième, relance des ateliers d’écriture, des lieux d’échanges, des chroniques, avec un magnifique amour. Amour de la chose écrite, amour des gens. C’est ça l’idée à piquer, l’amour des gens, mais je n’y arrive pas, il me fait peur cet amour-là. Il ne fait pas peur à Danielle, même quand elle écrit. Dans son recueil qu'elle vient de m'envoyer, on la sent quand même plus à l’aise quand il y a des gens à aimer. Ça manque un peu de méchants, même ses méchants, elle les aime bien, c'est sa nature. Dans le cas de ses nouvelles noires, j’en ai été parfois frustré. Ses meilleurs textes sont ceux où elle entre dans l’intimité des gens, l’observe doucement, sans cruauté : une femme qui découvre, après le décès de son père, que celui-ci avait une fidèle maîtresse, et qu’elle était la seule à ne pas le savoir. Une autre jeune femme qui n’en peut plus de jouer la comédie de la vie, qui n’y croit plus, et tire le rideau un soir de Noël. Pas de dramatisation, peut-être pas assez, mais c’est l’histoire qui se dramatise toute seule. Sans méchanceté.
Autre idée à piquer : demain, je serai gentil.
 

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 09:23

J’ai rempli un questionnaire sans réussir à parler d’Amélie Nothomb, encore une occasion de ratée. 

 

 

Je fuis les tags, et je n’aime pas les questionnaires : mes réponses ont le chic pour les rendre inintéressants. Non seulement je n’aime pas les remplir, mais je n’aime pas les lire. Très souvent, les réponses sonnent faux. On a l’impression que l’interrogé cherche, pour chaque question, la réponse la plus subtile possible, celle qui semblera à la fois candide et brillante. Et, en traitant les questions une par une, il rend une copie non cohérente, mensongère. Une identité fabriquée.

 

Quand j’ai vu débarquer sur ce blog le questionnaire d’Éric Poindron, j’ai grogné, ce questionnaire mono-thématique me paraissait répétitif, suspect. Le genre de questionnaire assené par un flic soupçonneux ou un sergent finaud qui cherche à vous coincer (le flic soupçonneux, je ne le rencontre que dans les polars, tandis que le sergent finaud, j’y ai eu droit pendant quelques heures en Amérique du Sud, je raconterai ça un jour. Dans une nouvelle, on ne me croirait pas. Sur ce blog, ça passera.). Mais le questionnaire venait d’Éric Poindron, le cher tenancier du Cabinet de curiosités, l’illustre fondateur du Club des prosélytes de Jeeves, alors je m’y suis collé. Histoire de montrer le bon exemple que vous suivrez, bien sûr. Eh, Éric, sors la bouteille de Noilly Prat et les vieux biscuits salés, ceux de la boîte en fer, je t’envoie des visiteurs !

 

Finalement, il n’est pas mal du tout, ce questionnaire, bravo Eric, c’est ce que j’ai écrit de mieux depuis très longtemps. Et, tiens, puisqu’on en cause, dans mon prochain billet, il y aura les réponses d’un autre auteur, Anouar Ben Malek, à un autre questionnaire. Vous le lirez, vous méditerez, et là je ne plaisante plus. Anouar est un type bien ; vous le rencontrerez à Lauzerte. Si, parmi vos amis, vous n’avez pas de types bien, venez vous en faire de nouveaux, de meilleurs, à Lauzerte.

 

1 – Qu’est-ce qu’un livre ?

Quand il est bon, c’est un auteur qui raconte une histoire. Quand il est excellent, c’est une histoire qui raconte un auteur.

2 – À quoi sert un livre ?

À rien, par pitié ! La peste soit de la littérature utilitaire. Celle qui sert à prouver, à convaincre, à démontrer, par exemple, ne sert qu’à me faire fuir.

3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?

« L’Odyssée », d’Homère, en version pour enfants puis en version intégrale, lu dans la foulée. Pourquoi ? J’étais encore très enfant, c’était le premier livre sans images que je lisais, et j’avais visé gros. Je l’ai avalé jusqu’au bout. Avalé est le bon terme : une bonne partie des « Chants » a évidemment échappé à mon entendement. Ils ne m’en paraissaient que plus magiques.

4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citer plusieurs) ?

« Histoires comme ça », et toutes les nouvelles de Kipling. J’y ajoute « Kim » et « Puck, lutin de la colline », du même auteur. Les nouvelles de F.S.Fitzgerald. « Le Livre de sable » de J.L. Borges et quelques autres nouvelles du même auteur, dont « La loterie de Babylone » et « Guayaquil ». « Le nom de la rose » d’Umberto Eco. « Les Fleurs du mal » de Baudelaire. Il en manque, j’en ai d’autres, je ne les trouve plus. Ils ne devaient pas être si préférés que ça. Ah, tiens, « Cent ans de solitude » de Garcia Marquez.

5 – Quel est le livre qui vous a le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?

La Bible.

6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Environ deux sur trois, et je n’exagère pas. J’ai une pratique donjuanesque de la lecture, je ne me fais jamais un devoir de finir un livre qui ne m’apporte rien. Ou plus rien au bout de cent pages.

7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?

(L’intégralité de)  La  Comédie humaine. C’est déjà beaucoup.

8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?

Les Fleurs du Mal, à l’époque de leur condamnation.

9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Jamais ? Je suis incapable de répondre à cette question, car une telle pensée ne m’a jamais traversé l’esprit. Et si je vous citais le livre X d’un auteur Y, il est à parier que je m’empresserais de le lire. Même Musso ? Même Marc Lévy ? Roooh, vous alors….

10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?

- Ulysse de James Joyce, que je n’ai pas encore pu complètement lire mais je le lirai un jour jusqu’au bout (j’ai cependant lu le début et les quelques pages de la dernière phrase).

- Marelle de Cortázar (illisible mais très bien quand même).

11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Longtemps, je n’ai jamais acheté de livres pour les offrir, cela me semblait constituer une sorte d’immixtion de ma pensée dans celle d’autrui.

Maintenant que j’écris, mon point de vue a changé, et je ne me gêne plus pour m’immiscer. « Le plus acheté pour offrir », c’est, ce sont les miens (La Diablada, Le Vertige des auteurs) je suis désolé de cette immodestie. Et plus fréquemment encore « L’Étage de Dieu », difficile à trouver hors du Nord-Pas-de-Calais. Je vais aussi offrir « Qui comme Ulysse », mais pas tout de suite, je ne veux pas plomber les ventes en période de lancement (hé, chaque unité compte).

Mais, récemment, j’ai aussi acheté pour offrir « Le Cœur cousu » de Carole Martinez, « La Princesse et le pêcheur » de Minh Tran Huy, « La Collecte des monstres » d’Emmanuelle Urien, et « La Donation » de Florence Noiville. Je ne sais pourquoi, j’aime offrir des livres dont je connais personnellement l’auteur (il faut aussi que je l’aime bien, et son livre aussi). Avant, je n’en connaissais aucun, je ne savais donc pas quoi offrir.

Maintenant que je rencontre des écrivains , c’est très chic, je peux offrir leur œuvre en ajoutant « C‘est une amie ». Le récipiendaire s’en fiche (de cette amitié, pas du livre), mais je me sens meilleur. Je précise ici, pour ne pas me fâcher, que ce n’est pas parce que je n’offre pas un livre que je ne l’aime pas. Ni que je n’aime pas son auteur. Je dis ça pour quelques autres amies qui ont écrit de très bons livres.  Je pense notamment à Françoise Guérin (A la vue, à la mort) et à la troisième mousquetaire. 

Ah, j’ai aussi offert, il y a peu, les Ultimes dialogues de J.L. Borges avec Osvaldo Ferrari. Et pourtant nous n’avons pas vraiment été amis, Borges et moi. Disons que je suis son ami, son proche, mais il ne l’a jamais su.

13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?

« À la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Il y a dans le statut de cette œuvre une vertu qui m’échappe.

14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?

 « Histoires comme ça » de Kipling. Il y en a d’autres, mais c’est en poésie et en théâtre.

15 – Quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la question… et y répondre.

« Quel est le livre dont vous voudriez retrouver la trace, ou le titre ? » , c’est bien ça, la question ? Il y en a deux.

Une bande dessinée des années 50-60 dans laquelle les héros arrivent à Bagdad par un métro clandestin expressissime qu’ils découvrent par hasard dans un souterrain.

Un roman français du XXème siècle dans lequel on dit, à propos d’une femme qui vient de mourir « Encore une qui ne pétera plus ». Ce livre a été la quête de toute une vie, j’en parlerai prochainement dans un billet sur l’excellent, - l’autre excellent – blog Mot compte double

 
Je me relis, il est très bien, ce questionnaire. Mais je n’ai pas réussi à parler d’Amélie Nothomb. C’est dommage. Maintenant que je cohabite avec Christine Angot, j’aimerais bien devenir ami d’Amélie Nothomb. On parlerait peut-être de moi dans Lire. Tandis que là, pas une ligne sur moi dans leur numéro spécial sur les auteurs de la rentrée littéraire. Je suis vexé comme un pou. Si vous connaissez des gens bien placés chez Lire, dites-le leur, il en est encore temps.

 Et maintenant, retirez-vous au cabinet de curiosités d’Eric pour répondre au même questionnaire.

- Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 10:24

Cet espace n'est aucunement consacré aux jeux dits olympiques, mais à deux sujets littéraires bien plus intéressants : le sport, et la Chine.  Le hic, c’est que je m’y connais à peine en littérature du sport, et pas du tout en littérature chinoise. J'ai quand même ouvert un billet sur ces deux thèmes, mais j’ai besoin de vous, passants, visiteurs et chroniqueurs.
Le principe est simple : cette chronique fonctionne en espace littéraire ouvert, sous ma responsabilité légale d’administrateur. La durée de l’action sera celle du spectacle à Pékin.
Ceux qui ont une lecture à nous proposer, concernant le sport ou la Chine, peuvent :
-          nous la signaler simplement. Mais il ne faudrait pas que ça tourne à la liste encyclopédique. L’idéal serait alors de pouvoir en dire quelques mots, même inspirés d’ailleurs.
-          nous la décrire avec un billet de 3.000 signes maximum.
-          nous la relayer, s’ils y ont déjà, précédemment, consacré un billet plus long dans leur propre blog. Dans ce cas, merci de nous donner le début du billet (disons 1.000 premiers signes environ) complétés d’un lien « à suivre » qui fera arriver sur ledit billet complet de leur blog.

 En pratique : vous m’envoyez votre proposition en commentaire. Voici les premières chroniques qui nous ont été envoyées (merci aux chers correspondants)

 

Côté Chine

 

>>> Les conseils de Turquoise.

 Pour commencer, il faut absolument lire le merveilleux Lao She (auteur qui a décrit la vie à Pékin dans les années 1920 environ et qui est mort mystérieusement ; on l'aurait suicidé...)

Pour un premier contact avec cet auteur, choisissez "La cage entrebâillée", par exemple, mais surtout pas son oeuvre majeure "Quatre générations sous un même toit", qui est beaucoup plus difficile d'accès et risquerait de vous décourager. Ce serait vraiment dommage de passer à côté de cet formidable écrivain plein d'humour (je pense qu'il devrait beaucoup vous plaire !)

Ensuite, je pense à 2 romancières contemporaines :

 Fang Fang avec "Début fatal" (hélas épuisé pour l'instant, mais elle a écrit d'autres livres, disponibles à la vente, eux) ou "Une vue splendide" ;

Chi Li
avec "Un homme bien sous tous rapport" (décidément, il faudra que je me pousse plus vite pour écrire mon billet sur ce titre) ou "Préméditation".
Je vous conseille aussi Ye Mang, avec son recueil de nouvelles "La fille de l'ascenseur", qui m'avait beaucoup plu.
Ouf ! J'espère ne pas avoir été trop longue ou trop ennuyeuse avec cette énumération ! Promis, la prochaine fois, je serai légère légère...comme un haïku!!!;-D


   La cage entrebâillée, de Lao She, chronique de Turquoise

Ne vous fiez pas au résumé à mon avis peu attrayant de la 4ème de couverture. Ce n'est pas le divorce qui est au centre du roman, mais la vie de famille, et "La cage entrebâillée" est beaucoup plus drôle qu'il n'y paraît.

Suivez donc les pérégrinations tragi-comiques de Zhang Dage, marieur très fier de ses succès, et d'un de ses "clients", le pauvre Lao Li. Coincés entre leurs femmes choisies selon la tradition, leurs enfants envers lesquels ils éprouvent des sentiments mitigés, et les (mauvais) collègues de bureau (et la bureaucratie chinoise, c'est quelque chose !), nos héros ne savent pas toujours comment faire face à toutes leurs obligations. Et quand leurs épouses respectives se révoltent...
                     La suite sur le blog de Turquoise

 

 

 Début fatal, de Fang Fang, chronique de Turquoise

Ce court et formidable roman d'une romancière chinoise contemporaine m'a beaucoup marqué.

Une jeune fille issue d'une famille révolutionnaire très conformiste choisit de s'enfermer dans le mutisme, alors qu'à l'intérieur de sa tête, elle hurle des torrents d'insultes et d'obscénités.

Un sujet original, une écriture simple et agréable à lire... L'histoire est assez mélodramatique (et finit tragiquement), mais le portrait psychologique de l'héroïne, très juste, rend le récit passionnant.
Source ; le blog de Turquoise, Billet en bas de page  

 

 

>>> Deux billets que je vous recommande, trouvés sur le blog de Kalistina, (encore un blog qu’il me reste à découvrir !)

 

La joueuse de Go, de Shan Sa.

Sur le blog de Kalistina

 

 







Chinoises
, de Xinran 

 
Sur le blog de Kalistina

 

 

 

>


>>> Les conseils de Daniel Fattore
Côté Chine, merci de rappeler Gao Xingjian - sa "Montagne de l'âme" est une splendeur. Et dans le genre "presque chinois, presque français", rappelons M. François Cheng, de l'Académie française.

>>
 Les conseils de Dominique Poursin

  Oui Ye Mang je l'ai lu il y a peu de temps ces trois nouvelles sont excellentes. Je vais bientôt en faire une chronique.
Dernièrement j'ai lu aussi La Danseuse de Mao de Qiu Xiaolong c'est un polar de critique sociale. Entre nous sur vos blogs favoris de lecteurs vous trouverez beaucoup de Xiaolong notamment "Mort d'une héroïne rouge". Cet auteur est exilé aux USA et écrit en anglais.
Vous avez Gao Xingjian, qui fut prix Nobel de littérature en 2000. Je le trouve d'un abord difficile mais ça vaut le coup d'essayer par exemple " La Montagne de l'âme" aux éditions de l'Aube. Je ne l'ai pas encore terminé mais je suis paresseuse, moi. Il ya aussi Xu Xing, exilé lui aussi, qui est très particulier comme auteur mais aussi intéressant. L'ouvrage auquel je pense s'intitule " Variations sans thème" ; il est déconcertant... Vous me faites penser que j'ai emprunté des nouvelles d'un autre chinois Yu Ha : j'ai u peu calé car la première histoire est terrifiante... je vais m'y remettre. Bonne journée

 

 

>>>  Les conseils de Quichottine

 Sans aller dans le détail comme le fait Turquoise... je voulais seulement vous parler d'une amie, Chen Jie, dont le blog devrait vous apporter quelques belles pistes.
Sinon, il y a également parmi mes visiteurs quelques "passeurs" de la culture Chinoise et qui vivent là-bas, ce qui n'est pas le cas de Chen-Jie.

 

>>>  Les conseils de Marianne

Si vous en êtes intéressé, je vous propose ces articles publiés antérieurement sur mon blog relatifs à deux auteurs chinois, de sensibilité littéraire très différente :


La Montagne de l’âme, de Gao Xinhjian
,
chronique de Marianne
4ème de couverture  : "Après avoir tutoyé la mort, un homme quitte Pékin pour partir en quête de son Graal intérieur : la mystérieuse "montagne de l'Âme". Entre tradition millénaire et vestiges de la Révolution culturelle, il sillonne la Chine des années quatre-vingts, égrenant récits fantastiques et légendes populaires au fil d'un voyage picaresque, poétique et profondément moderne.
Né en 1940, GAO Xingjian est peintre, dramaturge, critique littéraire, metteur en scène et traducteur. Réfugié politique depuis les événements de Tian'anmen, il vit à Paris. La Montagne de l'Âme est son premier roman. En 2000, il a reçu le Prix Nobel de Littérature pour l'ensemble de son oeuvre."
La suite sur le blog de Marianne

 

 

Amour dans une petite ville, de Anyi Wang, chronique de Marianne
Présentation de l'éditeur : "Dans une petite ville comme les autres en Chine, à l’époque de la Révolution culturelle, un garçon et une fille vivent une passion physique intense et bouleversante. Tous deux danseurs dans la même compagnie luttent avec violence contre l’irrésistible attirance qui les lie l’un à l’autre en défiant tous les interdits. Les corps qui dansent, qui se battent, qui s’aiment avec une fureur désespérée ou une joie radieuse, leurs odeurs, la sueur, la mélopée des porteurs d’eau près du fleuve où ils se rencontrent en secret, l’ardeur du soleil et le refuge de la nuit : dans une langue envoûtante, lancinante, ces pages racontent l’irruption du désir et des corps à une époque où ils étaient bannis. Les deux adolescents combattent en vain cette flamme qui jaillit du plus profond de leur être et qui incarne la force même de la vie.
La suite sur le blog de Marianne

 

>>>  Les conseils de Katell (Chatperlipopette)


Funérailles célestes, de Xinran, chronique de Katell
1956, Wen et Kejun sont jeunes mariés, médecins ayant l'avenir devant eux. Kejun décide de partir au Tibet pour soutenir l'Armée Révolutionnaire et libérer le Tibet. Peu après, l'Etat Major annonce la mort de Kejun à Wen. La douleur est insupportable pour Wen qui se lance à corps perdu à la recherche de son époux: peut-être que l'armée a été mal informée et que Kejun est toujours vivant?

Commence alors pour Wen, une quête interminable qui la mènera aux confins du Tibet où elle rencontrera le peuple tibétain, entre nomadisme et sédentarité, entre espace infini et temple, entre spiritualité et combat pour la liberté d'être eux-mêmes.
Wen découvre les paysages époustouflants des hauts-plateaux du Tibet, la vie rude mais joyeuse des nomades avec la famille de Ge'er et Gela, frères et époux d'une même femme Saierbao, et Zhuoma, une héritière tibétaine rencontrée au hasard du voyage...
La suite sur le blog de Katell 

Quatre générations sous un même toit, de Lao She, chronique de Katell
Lao She met en scène une famille chinoise traditionnelle, au mode de vie ancestral. Quatre générations vivent ensemble dans une maison que l'imagination voit jolie, agréable, pleine de vie et de rires d'enfants. La famille s'est élevée socialement à chaque génération: les petits fils ont reçu une éducation de lettrés.
Dans cette Chine occupée par les Occidentaux, des fissures lézardent le mode de vie millénaire: un vent de changements commence à se lever.
L'angoisse du vieux Qi (le patriarche) est de ne plus voir ses descendants vivre sous le même toit que lui et de ne pas fêter son anniversaire entouré de tous.
Puis c'est la guerre contre le Japon envahisseur. La Chine est asservie et Lao She nous emmène dans les ombres inquiétantes et sordides de l'occupation. Il nous peint une société particulière: la société pékinoise, une Chine dans la Chine. Une société profondément confucéenne: la fatalité est présente, il faut composer avec cette dernière afin de garder la tête haute et l'estime de soi...
La suite sur le blog de Katell 




Côté sport

>>> Les conseils de Daniel Fattore
 
 Le Cimetière de pianos", côté sport (voir infra) - sans oublier certaines nouvelles de Michel de Saint-Pierre. Il y a aussi "L'Angoisse du gardien de but..." d'un certain Peter Handke.
Et si l'on considère la chasse comme un sport, la liste devient soudain infinie...  (Note du tenancier : non, non, on ne la considérera pas comme un sport, la corrida non plus, les échecs non plus, SVP)

 .. et dans le genre grand public et sportif à sa manière, il y a toujours "Marche ou crève" de Stephen King: une course d'endurance où cent personnes courent jusqu'à en crever... avec une seule personne à l'arrivée! Là, ça ne rigole plus.  A noter que Stephen King a une piscine et conduit des motos. Un autre type de sport, encore...

J'oubliais... le sport occupe une place prépondérante dans "Moi, Charlotte Simmons" de Tom Wolfe.
(Note du tenancier : dans ce cas, ajoutons Le Monde selon Garp, de John Irving)

"Le Cimetière de pianos", de José Luis Peixoto. Chronique de Daniel Fattore.

  Une autre étape d'endurance
A plus d'un titre, l'accroche du présent billet s'applique au roman "Le Cimetière de pianos", roman signé de l'écrivain portugais José Luis Peixoto. Il s'agit en effet d'un ouvrage à la lecture difficile, lente, ardue comme un marathon. A ce régime, on s'attache au style plus qu'à l'histoire, et c'est tout bénéfice ! Ceux qui lisent le portugais seront donc bien inspirés de lire ce texte dans sa langue originale pour en savourer les plus fins éléments.
"Le Cimetière de pianos" est un roman déconcertant, découpé en cinq ou six parties, décliné à deux voix. A ma gauche, vous avez Francisco Lazaro, marathonien. A ma droite, son fils - qui sera élevé par son oncle. Le fils est né, en effet, le jour même où son père s'éteint, au trentième kilomètre du marathon des Jeux Olympiques de 1912 à Stockholm. "Quand je suis tombé malade, j'ai su que j'allais mourir", commence le récit. Et les toutes premières pages plantent le décor sur cette base, baignée d'un deuil qui ne quittera jamais l'ambiance du récit...

La suite sur le blog de Daniel Fattore



 >>>  Les conseils du tenancier (avec l'approbation de Nicolas Ancion) 

325 000 Francs, de Roger Vailland. Mini-chronique de Georges Flipo.
Roger Vailland était sportif et libertin.
Dans cette chronique, nous ne parlerons que du sport. Ha, ha, ha et voilà comment on écoeure les blogueurs du sport !
Cela dit, pour vous réconcilier avec lui, lisez 325 000 Francs. 
Il y a eu de très grands textes sur le vélo, notamment ceux d'Antoine Blondin, de Louis Nucera, de Paul Fournel et de René Fallet. Mais celui de Roger Vailland n'est pas largué, il roule avec eux dans le peloton de tête.



 


 

>>>  Les conseils de Quichottine


Le monde de Julien, de Patrice Baluc-Rittener Chronique de Quichottine.
Un roman d'initiation sur fond d'équipe de Rugby, cela vous plairait-il ? Il s'agit d'un vrai roman, celui d'un jeune garçon qui va grandir dans le monde de l'équipe de rugby dirigée par son père. J'ai aimé cette entrée "par les coulisses" dans un monde auquel je ne connaissais rien et qui m'a permis de comprendre ce qui se passait, du plus petit match à celui de coupe du monde. Le sport est là, mais aussi tout ce qui gravite autour de lui, sans oublier ce qui peut faire l'intérêt d'un roman : des personnages forts, des liens qui se tissent entre eux... Bon je ne vais pas continuer à en parler, j'en ai pour des heures !
La suite sur le blog de Quichottine, ici ou .
 

 


 
>>>  Les conseils du tenancier 


Les Héroïques
, de Guy Lagorce.
Mini-chronique de Georges Flipo

Ce sera la chronique la plus courte de ce blog : je l’ai lu il y a dix ans, j’avais beaucoup aimé, je l’ai prêté, je ne l’ai jamais revu. Ce sont des nouvelles qui sentent bon l’algipan et les lauriers, écrites par un ancien sportif de haut niveau, devenu journaliste puis auteur de tout aussi haut niveau.  

 

 

 

 

Si vous avez des messages à proposer sur ces thèmes, déposez-les en commentaires.


 

- Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés