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Actualité littéraire, vos ??? et vos !!!

Jeudi 1 octobre 2009

Je voudrais saluer le visiteur qui est arrivé sur ce blog après avoir tapé dans Google "Tout sur Georges Flipo". Oui, avec des guillemets, il avait d'abord lancé la recherche avec des guillemets. Sans doute ne voulait-il pas se donner la peine de compiler les 59.600 pages en français, je me mets à sa place.
Il a préféré taper "Tout sur Georges Flipo", n'était-ce pas plus simple ? Il voulait un site qui aurait fait le travail, qui lui donnerait tout ça d'un coup.
Mais Google n'est pas sympa : "aucun résultat trouvé", déclare-t-il péremptoirement. Quelle leçon d'humilité pour moi ! Quelle déception pour le visiteur : le voilà condamné à chercher dans les 23.000 pages qui restent pour faire son marché. Si ça tombe, au moment où j'écris ce billet, il est encore en train de dépouiller ces sites. A-t-il enfin trouvé tout cela ? Pourrait-il me prévenir en cas de succès ? Je rêve de savoir tout sur moi.

Je ne suis donc qu'un écrivain minimal. Le genre d'écrivain dont on ne dit même pas de mal chez Wrath. Un écrivain inaperçu, couleur grisâtre qui rase les murs en s'y fondant.
Les autres écrivains, les vrais, ceux qui ont eu le Goncourt ou le Nobel, par exemple, ont droit à cette page "tout sur", guillemets inclus.
J'ai essayé pour voir. J'ai tapé " Tout sur Romain Gary", puis " Tout sur Gao Xingjian", ça marche. Vérifiez vous-mêmes.

Je trouve cela terrifiant. Terrifiant qu'un inconnu veuille tranquillement, innocemment, savoir tout sur moi. Où s'arrêtera-t-il ? Va-t-il découvrir que j'ai obtenu 4/20 à l'oral de français d'HEC ? C'est un des drames de ma vie, un truc intime qui m'est toujours resté en travers de la gorge, j'ai préféré le confesser ici pour enfin m'en débarrasser. Si je suis devenu écrivain, c'est pour prendre ma revanche sur ces deux cons. Et le chercheur va-t-il aussi savoir que je n'ai toujours pas pu passer à vélo la côte des Forges-de-Clermont sans mettre pied à terre (je le raconte dans "L'Acide lactique", in La Diablada, c'est une histoire vraie. Enfin, presque, je dis ça pour préserver notre couple.)

Et si jamais je gagne le Prix Littéraire Ozoir'Elles, vais-je avoir droit à cette page "Tout sur..." ? Le Prix Ozoir'Elles, c'est un très beau prix littéraire dont j'aurai l'occasion de vous reparler. Il couronne un recueil de nouvelles, et a m'a fait la joie de glisser "Qui comme Ulysse" dans la sélection finale. J'en suis tout fébrile. Je vous raconterai tout cela prochainement. Ce ne sera peut-être pas la peine, il vous suffira de taper "Tout sur Georges Flipo".

En attendant, j'ai eu droit à une autre attention : la réunion d'un public de qualité, à Bordeaux, pour écouter la lecture d'extraits du roman "Le film va faire un malheur" en buvant un excellent vin. Les plus perfides corrigeront : ils étaient venus boire un excellent vin en écoutant...  Je n'en crois pas un mot, surtout s'il vient des perfides. Si vous voulez vous faire votre propre idée, allez lire le reportage, il est très bien :
c'est ici. 

Merci et bravo à Actualitte.com, excellent site litteéraire.

C'est tout pour ce jeudi. Vous pouvez repartir, vous savez tout sur le Tout sur moi du jour. Ah, j'allais oublier, ce midi, j'ai mangé du jambon et des poireaux à la crème. Et j'ai bu de l'eau. Tout, tout, vous savez tout.



 
Par Georges F.
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Lundi 21 septembre 2009

Avant de reprendre la série de chroniques "comment optimiser ses chances quand on envoie un manuscrit chez un éditeur", je fais un point rapide et complet sur le prochain roman que je vous ai annoncé de façon fragmentée :

 

> Ce sera un roman policier, mon premier vrai roman policier ( " Le film va faire un malheur " narrait une histoire de taulards, de malfrat, de casses, de commissaire de police, de meurtres, mais ce n'était pas un polar : c'était bien plus méchant)

 

> Il racontera l’édifiante histoire d’une femme, commissaire de police, dans une D.P.J. Vous ne savez pas ce qu’est une D.P.J. ? Ouf, c’est donc qu’on n’en a jamais parlé dans aucun roman policier, tant mieux ! Il y aura déjà ça qui sortira des sentiers et boulevards battus de la littérature policière. Une D.P.J., c’est une Division de la Police Judiciaire, une succursale de la P.J, en quelque sorte. C’est un haut magistrat en retraite qui me l’a expliqué. Je l’ai rencontré lors d’une journée de signatures à la kermesse paroissiale. Non seulement, je dédicace beaucoup lors des kermesses paroissiales, mais j’y rencontre de délicieux experts qui me donnent d’irremplaçables tuyaux pour les romans suivants. Tout auteur sérieux ne perd jamais son temps en fréquentant les kermesses paroissiales.

 

> Il aura pour titre « La commissaire n’aime point les vers ».  Je le re-précise car je découvre ce matin que Rue des Livres, comme Amazon, annonce « La commissaire n’aime pas les vers ». Il ne manque plus que la Fnac...

 

> Ce roman sera publié aux Éditions de la Table Ronde. Je suis très impressionné d’être accueilli dans une si belle maison. Le plus drôle, c’est que j’y entre grâce à un roman policier. Mais c’est un roman policier littéraire, sur un sujet littéraire, dans un milieu littéraire. Hé, on ne se refait pas. C’est comme quand je veux acheter de nouvelles chaussures, je finis toujours par acheter presque les mêmes que les précédentes.

 

> La coopération avec la Table Ronde se passe idylliquement. On prépare tout soigneusement à l’avance, on discute de façon approfondie, que ce soit pour la couverture ou pour la quatrième de couv’.

 

Je vous ai tout dit, on n’en parle plus avant l’an prochain, revenons à nos ovins : le prochain billet sera consacré aux documents accompagnant le manuscrit que l’on envoie chez l’éditeur.

Comme visuel, j’ai choisi un alambic. Je n’avais pas d’autre idée. Et même un alambic, ce n’est pas une vraie idée, j’en conviens.


Par Georges F.
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Samedi 19 septembre 2009
La sagacité de mes visiteurs me laisse pantois : comment ont-ils fait pour déchiffrer l'énigme ? Comment ont-ils trouvé le nom de mon éditeur ?

L'un d'eux a fait mieux, il a déjà trouvé le titre de ce roman sur Amazon.

Ce serait, paraît-il :
 " La commissaire n'aime pas les vers ".

Manque de chance, Amazon s'est trompé. Le titre exact est :

" La commissaire n'aime point les vers "

Je tiens beaucoup à ce point. Point ce n'est pas pas. N'est-ce pas ?
Par Georges F.
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Vendredi 18 septembre 2009
Certains d'entre vous m'ont demandé quel était le nom de mon nouvel éditeur.


Je ne sais pas si je dois répondre, c'est peut-être un peu tôt.


C'est en tout cas un éditeur chez qui je suis très fier d'être accueilli, car il a dans son catalogue quelques auteurs qui me sont chers.


Je pense notamment à Jean Anouilh qui n'était pas seulement publicitaire, mais dramaturge plein de talent. Comme quoi tout est possible, ouf !


Je pense aussi à quelques plumes impertinentes et stylées : Roger Nimier, Antoine Blondin, Jacques Laurent, Michel Déon, Kléber Haedens.


Et comme il en faut pour tous les goûts, on y trouve aussi Frédéric Fajardie, Léo Ferré, je vous laisse chercher la suite. Du beau monde, je vous dis.


D'ici quelques mois, je serai le nouveau dans la liste. Je suis déjà très intimidé. Tellement intimidé que je ne donne pas le nom tout de suite : les mots me manquent.

Les images aussi : comme visuel, je ne savais quoi mettre. Alors, j'ai pris ce qui me venait à l'esprit.
Par Georges F.
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Mardi 18 août 2009

Dix auteurs inconnus découverts, merci Le Figaro !

 Le Figaro est bien connu pour ses prises de risque, ses partis pris à contre-courant, bref son anti-conformisme. Il s’est surpassé en publiant la semaine dernière un grand et bel article littéraire : « Rentrée littéraire : dix auteurs à ne pas manquer »

http://www.lefigaro.fr/livres/2009/08/13/03005-20090813ARTFIG00009-rentree-litteraire-dix-auteurs-a-ne-pas-manquer-.php

Je vous recommande vivement la lecture de cet article : les occasions de manquer ces dix auteurs sont si nombreuses. Remercions ici Mohammed Aïssaoui, Bruno Corty, Thierry Clermont, Françoise Dargent, Pauline Grousset, journalistes au Figaro. Sans leurs talents d’explorateurs, nous n’aurions jamais entendu parler de :

-         Amélie Nothomb

-         Patrick Poivre d’Arvor

-         Marie NDiaye,

-         Eliette Abécassis

-         Frédéric Beigbeder

-         Pascal Quignard

-         Jean-Marc Parisis

-         Philippe Delerm

-         Nicolas Fargues

-         Patrick Besson

 

Oui, bravo pour cette prise de risques ; d’autant plus que ces écrivains méconnus (il arrive même, parfois, qu'on puisse passer UNE journée sans entendre parler d'eux dans les journaux ou à la télé) sont publiés chez d’obscurs éditeurs auxquels les libraires et les médias ne donnent jamais leurs chances : Albin Michel (deux auteurs cités), Grasset (deux auteurs cités), Gallimard,  Le Seuil,  et, à un degré moindre : Stock, Mercure de France, P.O.L., Fayard. On se croirait dans la pré-sélection du Goncourt.

 

Cet article devrait me faire rire. Je n’y arrive pas.

 

Est-ce parce que jamais aucun de mes livres n’a jamais obtenu la moindre ligne dans Le Figaro, Le Figaro Magazine, ou Madame Figaro (heureusement, je suis mieux accueilli dans Le Monde, Le Nouvel Obs, Marie-Claire, Le Magazine Littéraire et quelques autres) ?

 

La réponse est plus simple : c’est l’étalage impudent d’un système qui se mord la queue :
Temps 1 : quelques médias dodus annoncent par avance les livres qui DEVRONT avoir du succès lors de la rentrée littéraire.

Temps 2 : Le 1er septembre, les Fnac et quelques autres libraires mettent fortement en avant ces pré-best-sellers, puisqu’ils devront se vendre.

Temps 3 : et, assez curieusement, ces livres se vendent plutôt bien, en période de lancement

Temps 4 : les médias dodus peuvent alors produire des articles satisfaits « Le phénomène X », « L’incroyable succès d’Y ».

Temps 5 : les best-sellers deviennent des best-sellers. Hé, tout le monde se croit obligé de les lire, puisque tout le monde en parle. Tant mieux pour lesdits auteurs qui, l’an prochain, dès le 15 août 2010, auront à nouveau droit au même traitement.

 

Des histoires pareilles devraient me dégoûter d’écrire. Mais non, tout se passe bien ces temps-ci. L’inspiration est allègre. Plus important que l’inspiration ; le plaisir d’écrire, d’inventer. C’est encore plus jouissif que le vélo. On en reparle bientôt.

Par Georges F.
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Dimanche 9 août 2009

Avec tout ce que je raconte dans ce billet, j'aurais eu de quoi en écrire quatre. Mais, pour une fois que ma connexion de vacances marche bien, je dépose tout. Ne cherchez pas de fil conducteur.

1. On vient de me signaler une très belle chronique sur "Le film va faire un malheur".  Si vous êtes auteur, je vous souhaite que votre prochain roman soit aussi finement lu, aussi empathiquement analysé.
Le type qui a écrit ça, un certain Nicolas G., a une belle carrière de critique devant lui. C'est mon point de vue, à vous de juger. Alllez faire un tour chez :
http://www.actualitte.com/dossiers/541-film-faire-malheur-Georges-Flipo.htm
et puisque que vous y serez, visitez le site, vous ne perdrez pas votre temps.
Et pendant que j'y suis, merci encore à tous les blogueurs qui, par leurs chroniques, ont amplifié les réactions des médias concernant ce roman. Il est instructif, pour un auteur, de compléter les éclairages, d'encaisser les réactions négatives (elles sont parfois très utiles, si on ne les prend pas au pied de la lettre), de comparer celles qui sont positives (elles sont parfois contradictoires, même quand elles font gonfler l'ego). La grande vertu des blogs, c'est que l'espace y est gratuit : le blogueur a donc le temps d'analyser, de préciser, de nuancer. Et l'auteur a le temps de les lire.

2. Si vous ne savez où aller en vacances, allez donc faire un tour chez mon amie Françoise Guérin : son blog, "Mot compte double" est la plus sympathique auberge littéraire qu'on puisse trouver. C'est mon point de vue, à vous de juger. Auberge ouverte tout l'été. J'en suis certain, je viens d'y passer. Ne me dites pas que vous ne connaissez pas Mot Compte Double. Allez vite y faire un tour, je suis le type au zinc;
http://motcomptedouble.blog.lemonde.fr/2009/08/09/meurtre-en-1000-signes/. Comme tous les clients, je viens de laisser un "Mille signes" sur le comptoir. Le mille signes, c'est le cocktail de l'été chez Françoise Guérin. Ne me dites pas non plus que vous ne connaissez pas Françoise, je ne vous croirai pas. 

3. Je suis en train de lire "En inquiétante compagnie" de Carlos Fuentes. Il y avait longtemps que je n'avais plus lu Fuentes, et on ne m'y reprendra plus, car il écrit vraiment mieux que moi. Un talent pareil, ça donne des complexes. Un seul reproche : pourquoi Gallimard le présente-t-il comme un ensemble de "récits". Ce sont tout simplement des longues nouvelles. C'est un gros mot, "nouvelles" ?
Il y a, chez Fuentes, ce don, fraquent chez les auteurs sud-américains, d'installer très vite un univers imaginaire, voire délirant et de le rendre très quotidien, presque évident. Et plus il est imaginaire, plus il nous paraît quotidien. Je déplore la faible présence de l'imagination dans les romans contemporains français (heureusement il y a des exceptions). C'est très français, cette méfiance envers l'imaginaire. On l'enseigne dès l'école, dès le secondaire. J'ai longtemps gardé une copie de français, que j'avais commise en 5ème. Le professeur l'avait assassinée, en me jetant, en rouge, en haut de la première page "Vous avez trop d'imagination". Je me suis soumis, je me suis débarrassé de cette tare et je suis alors devenu pour lui un bon élève, docile. Un aligneur de clichés, un scribe répétant sur le papier les idées que le maître avait doctement émises en classe. C'est peut-être pour ça que, bien plus tard, je suis devenu auteur. J'ai fait de la littérature pour être enfin en paix avec ma conscience. Enfin, littérature, c'est mon point de vue, à vous de juger.

4. Je viens à bout d'une nouvelle sur les échecs. Elle pourra bien sûr être lue par les réfractaires aux joies de l'échiquier. Mais qu'en penseront les joueurs d'échecs ? J'aimerais avoir les réactions de deux ou trois visiteurs accros des 64 cases (m'écrire à gflipo at wanadoo point fr ) Ensuite, je l'enverrai à un autre connaisseur qui saura quoi en faire (salut, F.G.) ... s'il y a quelque chose à en faire. Pourquoi y a-t-il si peu de textes sur les échecs  depuis Zweig ? La rareté crée la rareté, on n'ose plus produire de littérature sur le sujet. Je suis un exécrable joueur, mais le thème me fascine. Reste à savoir si le résultat peut être considéré comme de la littérature. C'est à peine mon point de vue, à vous de juger.



Je ne savais que mettre comme visuel. J'ai trouvé une casquette Eroïk. Qui me dira ce qu'est une casquette Eroïk ? Je crois que ça n'a rien à voir avec la littérature. A vous de juger.





Par Georges F.
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Dimanche 2 août 2009
L’écriture d’un roman est un bonheur sont on ne sort jamais innocent. C’est un ton, un registre de dialogues, un maniement des incidentes qui envahissent l’auteur pendant des mois.
Pas seulement l’écriture, mais la correction, plus envahissante encore.
J’en sors.
J’en sors et je m’y replonge, mais ce n’est pas la même eau. Le roman que je tente de reprendre n’est pas un polar, il a une vocation un peu plus littéraire (même si le polar achevé est très littéraire). Mais, bizarrement, un de mes nouveaux personnages a tendance à s’exprimer avec le ton onctueux d’un des suspects de mon polar, un autre ne peut observer le monde sans se laisser parasiter par le regard focalisé de ma commissaire : l’ancien roman tente de se réincarner dans le nouveau.
Ce sont les billets sur Lauzerte (septembre) et sur Ozoir-la-Ferrière (novembre), ces deux grands festivals de la nouvelle, qui m’ont soufflé le remède : écrire quelques nouvelles pour retrouver une certaine liberté d’écriture.
Il ne restait plus qu’à trouver le sujet : je suis allé au plus facile, j’ai tenté de parler de ce que j’aimais. J’ai voulu écrire une nouvelle sur le vélo : une randonnée de deux ou trois heures, et hop, les idées arrivent, non ? J’ai randonné trois heures, et je n’ai vu arriver que les crampes. J’ai recommencé deux jours plus tard, les crampes ont aussi recommencé. Mais les idées, nenni ! Je pourrais écrire une nouvelle sur les crampes, me direz-vous. Hélas, c’est déjà fait : « L’acide lactique » dans La Diablada a définitivement traité le sujet.

Restait l’autre solution : parler d’un sujet que je connais mal. Je commence une nouvelle sur les échecs. Je suis un pitoyable joueur d’échecs. Mais le jeu royal a un avantage : on peut le pratiquer sans attraper de crampes. Je me suis donc lancé dans cette nouvelle, dont l’écriture m’a obligé à lire plus d’une centaine de parties de grands joueurs. Et plus je les lis, plus je tente de les comprendre, et moins, tout bien réfléchi, le vélo me paraît fatigant.
Mais la nouvelle avance plus vite que moi à vélo. Elle s’appellera « Cravates et chemises ». Ce titre m’a paru plus racoleur que « La défense hollandaise ».
Voilà, c’était une chronique sur les arrière-cuisines de l’écriture.
Par Georges F.
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Vendredi 24 juillet 2009
En vrac : nouvelles, nouvelle, vélo, nouvelle, échecs, nouvelle

 

Si vous ne savez quoi faire cet été, vous pourriez commencer votre carrière de juré de prix littéraire. Un vrai prix littéraire, et même très sérieux puisque les jurés sont obligés de lire les livres qu’ils vont devoir classer. Ce prix, c’est le Prix du Scribe, « Place aux Nouvelles » (Lauzerte). Un prix très chic puisque je l’ai gagné il y a deux ans. Il n’y a pas beaucoup de prix qui peuvent en dire autant, ha !

 

Ce prix couronne chaque année un nouvelliste, élu entre cinq élus finalistes. Il est remis lors du Festival littéraire de Lauzerte. C’est dans le 82, peut-être le Tarn-et-Garonne, je ne suis pas sûr, c’est le 82 vous dis-je. Mais c’est un très beau département. Lauzerte aussi, c’est beau, c’est très ancien, bien préservé : c’est un des plus jolis villages de France (je ne sais pas qui les élit, ces villages, mais ce sont de bons électeurs).

 

Le 13 septembre, Lauzerte sera encore plus beau (plus belle ?), puisque vous y trouverez les 24 plus séduisants - et antes - nouvellistes de France, sur la place des Cornières. (voyez donc la liste sur l’affiche ci-dessous). A partir de11 heures, ils dédicaceront leurs livres. Mieux encore, ils vous parleront. A mon avis, ils vous parleront surtout de leurs livres, peut-être de leurs vacances ou de leur chat. Si vous avez un chat, si vous avez passé des vacances, si vous avez lu leur livre, vous pourrez vous aussi leur parler. Ce sera quasiment une vraie conversation. Si vous n’avez pas aimé leur livre, parlez plutôt du chat.

 

La sélection finale de cette année est, comme d’habitude, d’un excellent niveau. Les jurés vont avoir du travail, je les plains : ils devront choisir entre :

Maison buissonnière, d'Isabelle Minière, (Editions Delphine Montalant)

Saga italienne, d'Alain Absire (NIL éditions)

Tu vas me manquer, de Danièle Pétrès (Editions Denoël)

Combien de fois je t'aime, de Serge Joncour (Flammarion / J'ai lu)

Toute la nuit devant nous, de Marcus Malte (Editions Zulma)

Attention, le billet continue en dessous de cette affiche

 

 

Si vous voulez être juré, venez à Lauzerte le 13 septembre et proposez-vous (allez voir comment chez http://www.lescribe.com/nouvelles.html ) Affichez une mine avantageuse. Préparez des phrases en bon français pour dire du bien de vous, de la librairie Le Scribe, formidable librairie qui organise ce prix, dites aussi du bien, des auteurs sélectionnes en finale, des auteurs précédemment couronnés, surtout ceux d’il y a deux ans.  Si votre candidature n’est pas retenue, venez boire au Café du Commerce, sur la place des Cornières – admirable café, admirables tenanciers, parlez-leur en alexandrins, ils vous serviront avant les autres. Enfin, je crois, je dis ça sans garanties. Mais essayez.

 

Assistez aussi aux lectures données (oui, données, c’est gratuit) par les auteurs, aux débats littéraires auxquels participeront les auteurs invités. Je ne vous annonce pas les thèmes retenus, c’est sans importance : de toute façon, ils ne sont jamais traités. C’est pour ça que ce sont d’excellents débats.

 

Je vous attends donc à Lauzerte pour dédicacer modestement mes œuvres .  Notez bien : le 13 septembre, dès 11 heures du matin, Place des Cornières. Vous trouverez aisément mon stand, c’est celui qu’entoureront des dizaines de groupies trépignantes.  Sérieusement : je remettrai à tout dédicataire un tiré à part, une nouvelle inédite un peu scabreuse, qui aurait dû figurer dans mon dernier recueil si elle n’avait pas été scabreuse. Si avec ça je ne signe pas ma soixantaine de recueils, c’est à me dégoûter de scabrer.

 

D’après le titre de ce billet, j’aurais également dû parler ici de nouvelle, vélo, nouvelle, échecs, nouvelle, mais ça va faire trop long. Ce sera pour le prochain billet, donc très bientôt. Intenable suspense. Haletez moins fort, on va vous entendre.

Par Georges F.
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Jeudi 9 juillet 2009

 
Récrire un manuscrit, réécrire un manuscrit, pour en écrire un autre.

J’ai une certaine tendresse pour le verbe récrire, et je l’ai beaucoup conjugué depuis quelques mois.

 

 Commençons par l’infinitif : récrire ou réécrire ?

Le  Trésor de la Langue Française met les deux dans le même sac. Mais, curieusement, les bons auteurs qu’il cite en exemple optent tous pour récrire. À commencer par Proust : « La Berma avait récrit avec insistance à quelques fidèles pour qu'ils ne manquassent pas à son goûter »(PROUST, Temps retr., 1922, p. 995). Comme quoi, Proust et moi, nous avons quand même quelques affinités en commun.

Le Jouette donne les deux, sans nuances, sans explications.

Le Girodet (Bordas) indique que réécrire est moins conseillé, et ne peut s’employer qu’au sens  de « rédiger selon une nouvelle forme ». Il préfère récrire, moi aussi.

 

Tout cela pour dire que j’ai beaucoup récrit ces derniers temps.

 

J’ai récrit parce que je n’arrivais pas à écrire.

 

J’avais écrit l’an dernier un roman policier que je n’avais présenté à aucun éditeur, pas même les miens : je ne savais pas s’il était bon ou mauvais, je me disais qu’il était perfectible, mais je ne voyais pas très bien comment. Je l’avais donc archivé dans un tiroir, lui laissant le temps de mûrir, et je me suis lancé dans un nouveau roman, à demi-historique.

 

Pas moyen d’avancer : le roman policier semblait tambouriner contre le fond du tiroir : « Pourquoi lui et pas moi ? ».

 

J’ai fini par le sortir, le dépoussiérer, et le présenter à une personne dont le jugement m’a toujours paru très sûr. Elle me l’a rendu en me disant qu’il restait beaucoup à faire pour l’améliorer. Comme quoi, hein...

 

Nouvelle décision de classement-archivage dans un tiroir, avec les mêmes conséquences.

 

J’ai alors ressorti le manuscrit et l’ai beaucoup retravaillé. Puis je l’ai envoyé par la poste à 4 éditeurs (enfin, par la poste, ou presque : je suis passé le déposer anonymement aux 4 réceptions dans une enveloppe kraft. Ca revient moins cher.)  Dès le lendemain, l’un des quatre m’a appelé pour me dire qu’il était preneur. Mais qu’il restait perfectible, etc.  Hé, sinon ce serait trop facile, de se faire publier !

 

Je viens de passer six semaines à le retravailler jour et nuit (ce n’est pas une image). Changement d’intrigue, allègements de paragraphes (certaines incidentes n’apportaient rien, je ne les gardais que par fidélité au plaisir que j’avais éprouvé à les écrire), coupes de chapitres, peaufinements de style.

 

Depuis deux jours je crois qu’il n’est plus perfectible. Je ne dis pas parfait, mais il est en tout cas nettement plus fort qu’il ne l’était six mois plus tôt.

 

Résultat : il sortira début janvier. Ou février. 

Je vous en reparlerai bientôt.

 

Moralité

 

On perd souvent de vue l’importance de la remise sur chevalet de certains manuscrits. L’auteur est constamment tenté de se dire « Je l’ai fini, il plaira ou il ne plaira pas, tant pis ».

Variantes :

« Je l’ai fini, à lui de trouver ses lecteurs ». 

« C’est mon style, et c’est comme ça que je le voyais. Je l’ai écrit pour moi ».

Cette tentation de la paresse se déguise en orgueil ou en fatalisme pour paraître plus honorable : mais combien de bons manuscrits a-t-elle tués ? Et mlême combien d’auteurs ?

 

Je crois que c’est dans le travail de finition, voire de correction, que l’on devient vraiment écrivain : quand on veut, bizarrement, que le livre soit meilleur que l’auteur.

 

Dans un mois, le temps de faire le vide, je reprends l’écriture du roman à demi-historique. Les cognements du polar dans le fond du tiroir vont peut-être me manquer.


Cela me donnera un peu de temps pour déposer sur ce blog quelques chroniques estivales. Merci pour votre fidélité à ce blog, elle est plus grande que la mienne. J'ai honte.
 

Je vais peut-être aussi écrire des nouvelles, histoire de respirer. Les nouvelles sont humbles et fugitives, aucun roman ne peut en être jaloux.

Comme visuel, j'ai choisi une scène d'Othello. C'est le premier truc qui m'est passé par la tête. Ca vous va ?

Par Georges F.
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Lundi 6 juillet 2009

En fait, il faudrait écrire "une éditrice", car il s'agit d'Anne Carrière. Mais le terme éditrice m' a toujours gêné. J"ai d'ailleurs du mal à mettre le plupart des métiers au féminin. Je le ferai le jour où l'on pourra dire "une sentinelle", "une vigie" ou "une recrue" au masculin".
Machisme, diront certains. Je ne sais que répondre, j'ai du mal à répondre aux sarcasmes.
En tout cas, Anne Carrière est une éditrice qui m'est chère (ah, vous voyez, je fais des efforts). Même si ce n'est pas la seule.
Certains me demandent si les difficultés que connaît actuellement cette maison me posent des problèmes. Non, mais elles me créent des inquiétudes. Car il est vital qu'une maison comme celle d'Anne puisse survivre dans le paysage de l'édition.
C'est d'abord une question de sentiments : la maison Anne Carrière est ma maison natale, c'est là que je suis né comme auteur. Elle a été la première à me sortir du sac postal ; et elle avait bien du mérite, car le manuscrit que je lui avais envoyé (Le recueil "La Diablada") était encore très perfectible, pour dire les choses gentiment. Chez Anne, j'ai aussi appris à améliorer un manuscrit. Apprentissage parfois mortifiant quand on sort du monde des concours de nouvelles avec un début de grosse tête. Mais apprentissage utile.
Ce rôle qu'Anne a joué pour moi, je ne suis pas le seul à en avoir bénéficié : chaque année, elle publie quelques nouveaux auteurs dont le manuscrit est arrivé, sans appui, par la poste. Je le dis en insistant car sur quelques blogs d'auteurs mal-aimés (là, il faudrait vraiment un féminin), on répète à longueur de chroniques, comme une sorte d'antienne consolatrice, qu'il est impossible ou rarissime de se faire publier en arrivant dans une enveloppe kraft timbrée. C'est faux, et nous sommes de nombreux auteurs, notamment chez Anne, à pouvoir en témoigner.
Ce n'est pas vrai dans toutes les maisons, j'en conviens. Mais Anne Carrière a toujours joué ce rôle de découvreuse (tiens, encore un féminin qui se glisse à mon insu), de pédagogue de l'écriture. C'est pour ça qu'il est important qu'elle demeure.
Certains auteurs lui reprochent de ne pas publier assez de "littérature". Il est vrai que la maison publie aussi des thrillers (et des bons), des romans "de société" (exemple : Fatou Diomé, qu'Anne a lancée), des témoignages, des essais. Elle publie aussi, fréquemment, de la bonne littérature, française et étrangère. Et parfois des romans plus "très grand public  (mais les lecteurs de romans grand public sont parfois, simplement, des lecteurs en apprentissage de lecture. J'aimais bien San Antonio à 20 ans ; ensuite, j'ai préféré Borges ou Kipling).
Quand on s'offre une vue d'ensemble sur le catalogue Anne Carrière, on ne peut qu'admirer cette diversité : elle ne cède jamais à la facilité, encore moins à la vulgarité.

Cette maison m'est chère, car elle est vraiment indépendante : on peut être fille de Robert Laffont sans trouver dans son sabot de Noël une petite maison d'édition à lancer. Anne et Alain son mari ont créé la leur à point zéro, avec leur audace et leurs coups de coeur.
C'est pour ça qu'il est important que cette maison survive, sans pour autant perdre son âme. Je suis certain que la réputation d'Anne et Alain, sans parler de l'affection qu'on leur porte sur la place, permettront de trouver une solution durable. Je le souhaite pour eux deux*, je le souhaite pour les auteurs candidats à l'édition, je le souhaite pour le paysage littéraire en France.

* Et, ne l'oublions pas, je le souhaite pour toute l'équipe qui les entoure : pas seulement des très bons pros (aïe, là il faudrait vraiment ajouter un féminin, vous me comprenez, Sophie, Anne-Sophie, Julia, Yasmina), mais de belles personnes qui ont un sens de l'amitié qui donne envie d'écrire.
Car, vous l'aurez compris, si j'écris, c'est surtout pour me faire des amis.

** Et pour couper court aux fielleux de service : non, il n'y a aucune servilité, aucun bas calcul,  dans ce message : mon prochain roman, ce n'est pas chez Anne que je le publie. J'écris ce long billet par simple amitié. Bon, disons qu'on m'offrira peut-être un café la prochaine fois que je passerai boulevard Saint-Germain.

Ne sachant que mettre comme visuel, j'ai mis un ornithorynque. Ca vous va ?

Par Georges F.
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