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Salons prévus...
Plus de salons prévus jusqu'à nouvel ordre. Ce n'est pas que je les boude, mais je ne dois pas me fatiguer. Parce que, si, si, rester assis, écouter et signer, c'est épuisant.
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Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur
Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.
Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.
Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.
Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.
Le tout dernier de Magali Duru

Le tout dernier d'Emmanuelle Urien


Je suis très ennuyé. Très ennuyé parce que j’ai lu L’Élégance du hérisson. Et encore plus ennuyé parce que je vais donner mon avis alors que personne ne me le demande. Mais un blog, c’est fait pour ça : hululer dans le désert et recevoir quand même des seaux d’eau jetés par les fenêtres
Et je pressens les réactions que va provoquer ma réaction.
Je vais peiner certaines blogueuses que j’aime bien et dont je rejoins souvent les élans de lecture. Je vais éveiller chez d’autres les commentaires inévitables dès qu’un auteur se permet de
ne pas applaudir un collègue « Qu’il fasse le centième de ses ventes, et ensuite il aura le droit de
parler », « C’est de la jalousie, c’est le pipi du petit chien au pied de la statue », « C’est pour faire
l’intéressant : puisque tout le monde aime, il ne pouvait pas aimer ».
Oui, tout bien réfléchi, le plus sage serait de baver d’admiration avec tout le monde, après tout le monde.
Mais quand on tient un blog, on réfléchit plus tard.
Préalable : je sais que Muriel Barbery est une femme charmante. Je reconnais qu’elle ne m’a jamais causé de tort. J'ai donc attendu que tout le monde ait dit du bien de son livre avant
d'oser dire que je n'ai pas aimé ce roman.
Pour commencer, je repose la question qui m’était venue en lisant «Les Onze » de Pierre Michon. Est-ce bien un roman ?
C’est un peu plus un roman que Les Onze : il y a des héros, un début, une fin. Tout ce qu’il y a entre les deux est un peu plus ennuyeux que Les Onze.
Le pitch de ce roman est simple : il y a trois héros. Ils sont tous les trois surdoués.
La première, c’est Paloma, une adolescente surdouée. Surdouée de l’intelligence. Et déjà un peu de la culture, de façon plus disséminée. Elle envisage de se suicider, mais c’est juste pour donner un peu de tension au roman, pour éviter que le lecteur ne baille. Elle est sympa de penser au lecteur, Paloma.
La deuxième, c'est Renée, une concierge surdouée de la culture. Elle disserte d’Husserl à vous en rendre très humble (hi, hi, une concierge qui cause d’Husserl, quel pied de nez aux conventions, hein !)
Le troisième arrive plus tard, c’est un Japonais
surdoué de la gentillesse. Et de la japonaiserie, et de la délicatesse, et de la richesse. Si, si, on peut être surdoué de la richesse : il suffit de tourner une page et l’argent
arrive.
Au début, on met en scène la surdouée de la culture et la surdouée de l’intelligence. Et comme on ne sait quoi leur faire faire, on les fait causer. De philosophie, de trucs profonds et graves
qui donnent un sens à la vie. Les fiches se succèdent, c’est le monde de Sophie, en moins allègre. De temps en temps, pour donner du rythme, on fait entrer la copine portugaise de la concierge,
une femme bonne comme le pain. Voilà, vous avez là tous les gentils. Les autres sont méchants. Ils sont sots. Et ils sont riches, parce que c’est plus pratique, quand on veut créer des
contrastes : la concierge surdouée est obligée de cacher son savoir aux sots qui se croient supérieurs à cause de leur richesse (leçon de philosophie au passage ).
Même comme ça, on finit par tourner en rond entre
surdoués gentils. Alors on fait entrer Monsieur Ozu, vaguement parent à un autre Monsieur Ozu, un réalisateur que tout le monde connaît et que la concierge admire. Quoi, comment ? Vous ne
connaissez pas l'autre Monsieur Ozu ? Roooh, vous devriez avoir honte de votre ignorance : désormais vous parlerez plus poliment à toutes les concierges, elles sont probablement plus
cultivées que vous.
Et on repart pour un tour : Monsieur Ozu est gentil avec les surdouées, ils ont tous trois de brillants échanges, de petits rires coquins entre deux portes (hi, hi, comme ils sont sots, les autres, les méchants et riches).
Et quand on ne sait plus quoi faire, on boucle avec
la plus vieille ficelle des romans (comme quoi, c’est quand même un roman) : le coup de la mort. On tue un héros, un gentil, au hasard. Je suis un peu déçu, j’aurais préféré qu’on tue les
trois. Cela m’aurait consolé, moi qui, depuis longtemps étais mort d’ennui.
En résumé, ça manque de piquant.
C’est bien écrit, un peu comme du Gavalda : on glisse aisément
d’une phrase à l’autre. Si aisément qu’en bas de chaque page on a l’impression de n’avoir rien lu.
C’est le roman le plus snob et le mieux pensant (on ne dit pas « le plus bien pensant ») que j’aie jamais lu depuis la série des Bécassine.
Sinon, dans le genre roman avec un immeuble et concierge, j'ai beaucoup aimé "Paranoïa" de Cizia Zykë.
A fusionner avec le CAF (Club des Adorateurs de Flipo) ?
;-)
Tout comme "trois femmes puissantes".
Je vous offre, oubliant l'injure faite à Bécassine, un bon point, cher écrivain. Dont vous n'avez que faire, tant pis.
En revanche, je vous rejoins sur votre méfiance envers "les livres dont tout le monde parle". Je n'ai presque jamais acheté un prix littéraire dans l'année de son couronnement. Ah si, une exception : j'ai acheté "A la vue, à la mort" dès qu'il a obtenu le Prix du premier roman policier du Festival de Cognac, et je ne l'ai pas regretté. Près de 40.000 lecteurs ont suivi le mouvement (c'est dire mon influence). Les esprits chagrins objecteront que l'auteur, Françoise Guérin, est une amie. Je ne vois pas ce que ça enlève à son talent, je les laisse chgriner.
Ce que je peux dire, c'est que j'aime beaucoup les photos du mari de la dame:
http://www.flickr.com/photos/barbery/collections/72157603864859907/
Tout cela pour dire que vous êtes loin d'être seul, et ce depuis longtemps (ce qui n'enlève à la qualité de votre billet !)
Sincères salutations à Georges Flipo, dont je poursuis la lecture de l'intégrale reliée en peau de hérisson.
Je voulais seulement dire que du fond de ma (très)lointaine enfance elle m'a offert de jolis souvenirs. Du hérisson (pauvre bête) il ne restera rien.
Les raisons pour lesquelles Renée masque son érudition au nez des bobos ne me paraît pas si incompréhensible. On peut y voir une certaine forme d'humour de sa part : elle leur donne à voir ce qu'ils ont envie de voir, et se paie bien leur tête dans leur dos. Mais je crois que la raison principale, c'est ce sentiment, très ancré chez elle, d'être une impostrice. Parce qu'elle vient d'un milieu très modeste et surtout très fruste, parce qu'elle n'a pas eu l'opportunité de faire de longues études, elle ressent un énorme complexe vis-à-vis de la connaissance. Elle est cultivée, mais ne s'autorise pas à en faire état. D'autre part, il est fréquent que les personnes surdouées cherchent à paraître moins intelligentes qu'elles ne le sont en réalité. C'est le cas de Paloma, par exemple.
Mais je suppose que vous aviez bien compris tout cela et que c'était de la mauvaise foi pour amuser la galerie...
Dire que je fais partie de vos mille meilleures lectrices me convainc plus encore, s'il en était besoin, de votre mauvaise foi. Je fais assurément partie des pires.
* Couramment, j'exagère. Disons couramment chez moi.
Snob, c'est le mot...
Je ne n'appesantirai pas davantage sur ce roman, on ne peut pas plaire à tout le monde...
Mais voilà que l'envie de découvrir Georges Flipo me prend !
Grâce à vous, j'ai découvert la façon de conquérir le monde - celui des lectrices en tout cas. Je vais écrire des billets vilipendant les auteurs à plus d'un milliond'exemplaires vendus. Si cela suffit à donner envie de me découvrir, mon avenir est assuré. Une lectrice sur cent, cela me convient. Vous en tout cas. Prochains billets : Marc Lévy, Amélie Nothomb, Dan Brown, Guillaume Musso.
Quoi ? Comment ? Pour en dire du mal, il faudra que je les lise ? Aïe, je n'y avais pas pensé. Je vais réfléchir...
Merci de m'avoir appris un nouveau mot, peut-être que grâce à vous, je ferai une faute en moins lors d'une prochaine dictée.
J'ai pourtant pris un grand plaisir à sa lecture. ça me gênait un peu quand il était encensé et que, suivant le troupeau, j'ai acquis le dernier DVD disponible d'Ozu. ça me dérange beaucoup plus ici.
Indigeste, la soupe au hérisson, je suis d'accord. Et difficile d'aller contre le courant dominant qui trouve ce livre "géniâââl". La langue française réduite à des tests de niveau et le génie de la littérature à des considérations animalières : au moins, l'époque est cohérente avec elle-même! Cher Georges, je ne sais pas ce qui se passe sur votre blog, mais il me fait écrire n'importe quoi! ;-)
Puis-je vous inviter à aller faire un tour sur un blog ami qui a traité des "culturistes de la littérature"?
http://www.latribunedefoncee.fr