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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
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  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

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      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

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Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:24

 

J’écris ce billet pour Pierre (oui, excusez-moi, je dis bien Pierre, pas Patrick, voir hier), qui voulait savoir "comment écrire une bonne nouvelle littéraire ", mais j’autorise les autres visiteurs à le lire.

 

bebe-hippopotame.jpg


 

Puisque, cher Pierre, vous me posez la question avec une telle confiance, mieux vaut être prudent : je ne suis que nouvelliste, je ne suis pas tous les nouvellistes. D’autres répondraient autrement, et leur réponse serait néanmoins très respectable. Surtout s’ils s’appellent Kipling, Quiroga, Maupassant, Ambrose Bierce, J.L. Borges, Francis Scott Fitzgerald. Ou, si vous préférez les vivants, Annie Saumont, Claude Pujade-Renaud, et presque tous les chers nouvellistes qui sont invités à « Place aux Nouvelles », chaque année à Lauzerte. Je dis presque tous, car il y en a que je n’ai pas encore lus.


 

"Comment écrire une bonne nouvelle littéraire ?" Je réponds pour moi, ce qui est déjà assez difficile. D’autant plus qu’il y a deux adjectifs de trop dans la question : bonne et littéraire.


 

Il m’arrive rarement d’ouvrir mon PC en me disant « Ah, cette semaine, je vais écrire une mauvaise nouvelle, j’ai déjà une bonne mauvaise idée de départ ». Et pourtant, j’ai écrit de mauvaises nouvelles. Vous ne les avez pas lues, car elles n’ont pas été publiées. Une mauvaise nouvelle, ça s’écrit exactement comme une bonne, sauf qu’à l’arrivée elle est moins bonne sur tous les piliers – quels piliers, on verra ça un peu plus loin.

 

 

De même, il m’arrive rarement de me décider à écrire "une bonne nouvelle littéraire". Comment écrire une bonne nouvelle policière ? Là, oui, d’accord. Comment écrire une bonne nouvelle fantastique ? Oui aussi. Ou noire, historique ou science-fiction . Tout cela a un sens, car il s’agit d’un genre, d’un registre, avec parfois ses codes. Mais il n’y a pas de genre "littéraire", et heureusement. Tout peut être littéraire si c’est bien écrit. Ou si cela apporte quelque chose à l’histoire de la nouvelle : un style, une vision du monde, etc. C'est un autre débat.

 

Le sujet traité sera donc, plus simplement "Comment écrire une nouvelle". Vous ajouterez autour les qualificatifs qui vous arrangent. Et tant mieux si elle est bonne ou littéraire. 


Ouvrez les cahiers, sortez les crayons, et notez.

 

Je pars presque toujours d’une situation : la confrontation de deux ou plusieurs personnages, ou d’un personnage face à un obstacle. Très vite, je donne un cadre, un décor, autour de cette situation. Généralement, je ne fais qu’esquisser ce décor. Mais il m’est arrivé de traînasser volontiers sur ce décor, même quand je l’installe dès le début de la nouvelle. Mon record de traînasserie, c’est le début de l’Étage de Dieu :

 

 

Il y avait sept étages. Le septième, c’était celui de Dieu.


Dans l’agence de publicité Théodos & Associés, toute carrière ne pouvait être qu’ascensionnelle, on l’avait expliqué à Tanguy dès son entrée. Au rez-de-chaussée, derrière le hall d’accueil, il y avait les services généraux et les coursiers. Les seuls qui avaient le droit de sentir la transpiration. Au premier, la fabrication, le studio d’exécution et les stagiaires, le petit peuple taillable et corvéable sans un merci. Au deuxième, les départements hors-média, le marketing direct, le hors-média, ceux qui n’osaient pas toucher à la publicité ; on parlait d’eux avec un sourire condescendant, comme de cousins de Belgique. Au troisième, la création. Jadis, elle avait occupé le cinquième, mais elle était redescendue – un signe des temps. Au quatrième, les commerciaux, les chiens de chasse : ils tenaient les clients, ils rapportaient l’argent. Au cinquième, la finance-comptabilité qui traquait et qui encaissait, le département médias qui brassait les millions, et les Relations Humaines qui considéraient toute humanité comme trop humaine. Au sixième, les seigneurs et les salles de bal : les directeurs et les espaces de réunions.


Le septième, c’était l’étage de Dieu.


Achille Théodos, le président Théodos, savait que personne au sein de l’agence ne l’appelait Achille, ni Théodos, encore moins le Grec ou le président. On disait Dieu, et il en parlait avec un sourire indulgent. Il régnait sur l’agence, elle n’était qu’une cathédrale à sa gloire. Dieu est partout, Dieu voit tout : il était réputé pour sa capacité à débarquer dans une réunion client qui tournait mal, et à la reprendre en main. Dieu était omniprésent dans les étages. Chacun craignait sa terrible requête Où en est-on sur le dossier X, voyons un peu ça… Il pointait du doigt la stratégie approximative, refusait le casting d’un film, recadrait la mise en page d’une annonce, modifiait un plan-média ou gonflait un devis. Il n’y avait là aucun excès de pouvoir, simplement un surcroît de compétence, tout le monde le reconnaissait. Puis il repartait à son étage, seul, et chacun diffusait quelques nouveaux versets de la divine parole : Les signatures jeux de mots, c’est fini, ça ne se fait plus chez nous ou Il ne veut plus voir une stratégie sans un volet Relations Presse…


Juste en dessous de l’étage de Dieu, il y avait maintenant Tanguy.


J’ai patiemment gravi tous les étages  disait Tanguy avec un sourire modeste. Et le patiemment en faisait ricaner beaucoup, car on le trouvait très pressé ce jeunot. Assistant, chef de publicité, directeur de clientèle, directeur commercial, à vingt-huit ans il avait déjà pris ses quartiers au sixième. Mais comme Dieu l’aimait, tout le monde lui trouvait beaucoup de talent. Il était d’ailleurs fréquemment invité au septième étage, celui de Dieu. Car on n’allait pas au septième étage, on y était invité.


 

Un peu long, n’est-ce pas ? C’était un cas extrême : ce préambule volontairement bavard permettait en même temps d’installer les personnages majeurs et la tension qui les relie. En fait, toute la nouvelle était posée dans ce long incipit. Il ne restait plus qu’à imaginer l’histoire. La tension, qu’est-ce ? me direz-vous, si vous n’avez pas encore décroché. Parlons-en.


 

La tension, c’est le fil rouge qui guidera le récit, c’est aussi l’épice qui donnera un goût aux dialogues, aux focalisations sur tel ou tel personnage. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit décodée, mais elle doit être constante, même invisible, omniprésente dans l’esprit de l’auteur.

 

 

Exemple de tension : dans la nouvelle L’incartade in « Qui comme Ulysse », la tension se pressent puis se précise : « Qu’est-ce qui va craquer dans la micro-société trop parfaite de ces sept copines bourgeoises aux sports d’hiver ? » ou dans L’indifférent (même recueil) : « Comment se dénouera la confrontation entre deux personnages qui, chacun, joue jusqu’à l’incarnation son personnage au Carnaval de Venise ? »


 

Une situation avec des personnages, plus une tension, il ne reste plus qu’à créer une histoire.


 

Quand je débutais, cette histoire me paraissait primordiale. J’y réfléchissais dans son déroulé, ses rebonds, je me la récitais comme si je racontais un scénario à un producteur. Après en avoir écrit ainsi une bonne quinzaine, le résultat n’était pas satisfaisant (et d’ailleurs seules cinq sur les quinze ont plus tard été publiées, après amples modifications). J’ai fini par remarquer que, dans presque toutes ces nouvelles, les meilleurs passages étaient ceux en décrochage du récit, ceux qui ne lui semblaient pas indispensables.  J’ai donc changé de méthode, et j’ai tenté quelques nouvelles où l’histoire se contentait de quelques évolutions, de quelques changements des états d’âme des personnages, annoncés par les dialogues ou par la voix off, en focalisation. Des nouvelles psy, ou à effets artistiques. Des nouvelles sans intérêt, qu’on quittait avec soulagement. Je n'ai pas persisté longtemps. La solution n'était pas entre les deux, elle était plus ou moins les deux.


 

J’ai fini par comprendre qu’une solide histoire est nécessaire, mais qu’elle ne doit être que le support sur lequel s’accrochent la situation, le cadre, la tension. C’est avec ces trois éléments qu’on crée de la beauté, « de la littérature ». Je ne néglige nullement l’histoire – TOUTES mes nouvelles publiées sont construites sur une vraie histoire, une histoire de conteur. Mais je n’ai aucun scrupule à modifier cette histoire, si son déroulé nécessite un passage trop laborieux, une explication trop balourde. Dans mon prochain recueil (Tous ensemble mais sans plus, sortie début octobre), l’histoire de certaines nouvelles a été complètement modifiée, à plusieurs reprises, sans dommages.


 

Généralement, les « histoires » de mes meilleures nouvelles sont simples à résumer : quelques phrases suffisent. Les histoires à multiples rebonds, à entrelacs, donnent des nouvelles laborieuses, pénibles à lire : le lecteur y devine une structure de roman, et s’y sent frustré : il y manque le souffle, le drapé du roman. La pauvre nouvelle court de toutes ses forces pour tout raconter en moins de 30.000 signes, elle pue la transpiration. À titre d’exemple, mon roman « Le film va faire un malheur » était, à l’origine, une nouvelle. Une de mes toutes premières. Epouvantable, il faut le reconnaître. C’est bien plus tard après l’avoir transformée en scénario, puis en roman, qu’elle a commencé à respirer, à devenir lisible. Je le raconte dans mon site, voir http://www.georges-flipo-auteur.com/pages/9._le_film_va_faire_un_malheur.html


 

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.


 

Dans la prochaine chronique, je parlerai de mes « ficelles », du rythme de la nouvelle, de l’ellipse et du ralenti, du ton de narration, de la focalisation interne, de la réécriture. Et je ferai un zoom sur les personnages et les dialogues. Ah que ce sera instructif !


 

En attendant, dépêchez-vous de réfléchir, d’inventer une situation, un décor et des héros, une tension, une histoire. Vous aurez déjà votre prochaine nouvelle presque prête


 

Hasta luego ! 

 

Le visuel, c'est un bébé hippopotame. Cela n'a pas de rapport, mais ça fera plaisir à mes petits-enfants.

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commentaires

Lystig 22/09/2012 21:38

petits enfants heureux ,
merci pour cette explication !

Georges F. 25/09/2012 09:47



Mes petits-enfants ne m'ont pas encore parlé de ce billet de blog : c'est scandaleux, cette indifférence à la culture. Impardonnable pour des enfants de 6, 4, et
2 ans.