Partager l'article ! Et voici les critiques plus critiques que vous attendez tous.: RECTIFICATIF AVEC MES EXCUSES : J'ai mis en ligne, hier soir, le t ...
Salons prévus...
Plus de salons prévus jusqu'à nouvel ordre. Ce n'est pas que je les boude, mais je ne dois pas me fatiguer. Parce que, si, si, rester assis, écouter et signer, c'est épuisant.
Pour une lecture plus structurée, cliquez juste en dessous : pavé "pages" ou pavé "catégories".
Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur
Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.
Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.
Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.
Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.
Le tout dernier de Magali Duru

Le tout dernier d'Emmanuelle Urien


RECTIFICATIF AVEC MES EXCUSES :
J'ai mis en ligne, hier soir, le texte des deux critiques les plus critiques concernant "La commissaire n'a point l'esprit club". Cela dans une volonté de transparence (je n'aime pas trop ce mot qui cache souvent des motivations obscures), ou simplement pour faire chic. Cette mise en ligne était in extenso.
Un ami me signale que cette pratique part d'un bon sentiment, mais est contraire aux bonnes manières de la planète blog : un billet de critique est une oeuvre littéraire, sa mise en ligne intégrale lèse son auteur. Je corrige donc le tir ci-dessous, pour ne présenter que des extraits (les passages les plus critiques y figurent, rassurez-vous). L'interview de Boojum, en revanche, y figure sans coupes, puisque j'y ai mis la main à la pâte.
Je demande humblement pardon aux deux auteurs envers lesquels je me suis mal conduit, l'espace d'une nuit : il n'y avait pas d'intention malévole. Excuses, contrition et repentance à Boojum et à Dasola.
Texte publié hier soir :
Peut-être suis-je bizarre, mais il m'a paru équitable de publier aussi, sur ce blog, les chroniques moins amènes à l'égard de "La commissaire n'a point l'esprit club". Je crois être le seul auteur-blogueur à donner ainsi la parole à l'accusation, ce sera une façon de me singulariser.
Des critiques plus critiques, désolé, je n'en ai trouvé que deux. Un très bon magazine culturel Boojum, dont j'ai déjà dit grand bien par ailleurs : je vous encourage vivement à le fréquenter en plongeant prioritairement sur les très fins billets de FAL. Et le blog de Dasola, bien connu des blogueurs et blogueuses pour la qualité et l'engagement de ses chroniques. Deux, c'est peu, j'en suis presque navré. Pour meubler, dans le cas de Boojum, j'ai ajouté l'interview qui, elle, n'est pas négative (quand je réponds, j'ai des difficultés à dire trop de mal de moi).
Je tiens cependant à préciser deux points :
1. Je ne suis pas fâché avec les deux auteurs de ces chroniques : il m'a été fort agréable de bavarder avec Dasola au salon "Lire à Limoges", et j'ai eu grand plaisir à répondre à l'interview de FAL (Boojum).
2. Le reproche que me fait Boojum me chagrine : ce qu'il prend pour une grosse invraisemblance est au contraire un gros indice. Je ne peux en dire plus, de peur de détendre le nerf de l'intrigue, pour ceux qui n'ont pas encore lu le roman. Mais ceux qui l'ont lu comprendront aussitôt ce que je veux dire. Peut-être aurais-je dû clairement le décoder à la fin du roman. En tout cas, ce point ne semble avoir gêné personne d'autre. Ouf !
Je mettrai prochainement en ligne les nouvelles chroniques positives. Parce que la mortification a des limites.
http://dasola.canalblog.com/archives/2011/03/16/20582588.html
J'ai été très déçue par ce roman (encore plus que l'autre) [...] Je ne vous parlerai pas des personnages aux surnoms génériques ou particuliers [...] je n'ai pas bien compris comment Viviane et Willy arrivaient à démasquer le ou les coupables [...] je n'ai pas trouvé l'enquête clairement menée et décrite. Sinon, moi non plus, je n'ai pas l'esprit club.
S'il vous plaît, Georges, laissez Viviane à ses amours hypothétiques, à son (mauvais) caractère et à ses régimes amaigrissants et réécrivez des nouvelles, genre dans lequel vous êtes tellement doué (lire ici et là). Voilà, c'est dit.
PS: tous les goûts sont dans la nature: je dois ajouter que mon ami, qui l'avait lu avant moi, avait ri à plusieurs reprises lors des 30 premières pages...
Boojum, L’animal littéraire (Chronique de FAL), Mars 2011
http://www.boojum-mag.net/f/index.php?sp=liv&livre_id=2349
MALVENUE AU CLUB
Second volet d’une série entamée avec la Commissaire n’aime point les
vers, voici la Commissaire n’a point l’esprit club. Ce récit policier de Georges Flipo ne manquera pas de plaire aux habitués des clubs de vacances. Mais il plaira encore plus à ceux qui
auraient préféré ne jamais connaître de tels clubs.
Dans la Commissaire n’a point l’esprit club, l’héroïne se trouve catapultée du jour au lendemain en Grèce dans un club de vacances du style Club Med pour enquêter sur le meurtre du responsable dudit club. Toutefois, [... ] elle est censée être scénariste et vient rechercher là, dit-elle, tout le background qui lui permettra de bâtir l’intrigue d’un téléfilm. [... ] Jusque-là, tout va bien. Mais, comme Madame la Commissaire ne parvient point à se défaire de ses habitudes, pour ne pas dire de ses réflexes de flic, elle se met à poser des questions beaucoup plus précises que celles que poserait un scénariste. [... ]
Il y a donc dans cette Commissaire II tout un second acte
auquel il est difficile de croire. Mais il serait malhonnête de bouder son plaisir. Parce que l’humour de Flipo est toujours là. Parce que sa Commissaire, qui ne cesse de se lancer dans des
régimes, mais qui trouve constamment tout un tas de raisons — à commencer par son mal-être permanent — pour faire des entorses à ces régimes, ne saurait nous laisser indifférents, puisqu’elle
nous renvoie, tous autant que nous sommes, à nos contradictions intérieures....
Interview
Boojum. La Commissaire n’aime point… La Commissaire n’a point…Tous les titres de votre série seront-ils négatifs ? Pensez-vous qu’on devienne policier (ou écrivain ?) par insatisfaction ?
G.F. Oui, tous les titres de cette éventuelle série seront construits sur ce mode négatif. Et je remplacerai toujours le « pas », logiquement attendu, par ce
« point », qui ressemble à une minauderie d’auteur. C’est un peu pour suggérer la touche littéraire de ces polars ; c’est surtout parce que la formulation « La Commissaire
n’aime pas les vers » faisait trop roman de gare. Cela dit, j’ai peut-être tort : si j’en crois les recherches Google menant à mon blog, de nombreux lecteurs récrivent le titre en
remplaçant le point par le pas.
J’ai du mal à imaginer qu’on devienne écrivain ou
policier par insatisfaction, tant ces métiers sont frustrants. Moi, je le suis devenu par curiosité. Mais il est vrai que la commissaire se définit « par rejets » : elle déteste
beaucoup de choses et beaucoup de gens.
Boojum. Certes, tout roman policier est construit sur des faux-semblants, mais… Dans la première aventure de votre Commissaire, on avait un suicide déguisé
en crime maquillé en suicide. Ici, vous évoquez une « fausse fausse piste », et l’affaire commence par un mannequin censé représenter un cadavre, mais qui
est vraiment le cadavre. Avez-vous
une fascination pour le baroque ? Pensez-vous que Victor Hugo était un fou qui se prenait pour Victor Hugo ?
G.F. Je viens d’aller voir sur Internet la définition précise du baroque, et j’en reviens bouleversé : je suis baroque, et je l’ignorais. J’ai toujours aimé les choses
qui paraissent ne pas être pour mieux être. Je chéris l’idée du doigt qui montre la lune pour éviter qu’on ne regarde le doigt.
Victor Hugo, que je révère surtout dans ses excès, était-il un fou qui se prenait pour Victor Hugo ? Oui, sans doute, comme Salvador Dali, comme Léonard de Vinci. Dans les arts, c’est très bien, ça débloque. Quand c’est Khadafi ou Chavez, cela m’amuse moins.
Boojum. Ne peut-on pas trouver une autre trace de baroque dans la parenté entre la Commissaire et les estivants du Club ? Elle les méprise à cause de
leurs jeux idiots et essaie constamment de rester en retrait. Mais ne jouent-ils pas, eux, à ces jeux idiots parce qu’eux aussi, même s’ils ne le disent pas, trouvent leur existence
insupportable ?
G.F. La Commissaire, face à cette humanité mollassonne, éprouve à la fois de l’attirance et de la répulsion. Elle sait bien qu’elle est comme eux ; elle en rêve, elle
en a peur. Elle s’en rend compte dès qu’elle découvre le troupeau autour de la piscine : « La commissaire sentit tomber sur ses épaules une étrange honte, celle de la
solidarité : elle pourrait, sans crainte, quitter son paréo. »
Initialement, j’avais écrit : « elle était nuement comme eux, elle pouvait, sans crainte, quitter son
paréo ». Je regrette de l’avoir corrigé. C’est cette nudité partagée qui facilite le rapprochement et qui lui répugne. Chaque estivant est « son semblable, son frère », et je
pense à l’admirable poème de Baudelaire :
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent.
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
N’a-t-on pas l’impression qu’il décrit ici les vacanciers d’un village-club ?
Je ne rejoins pas votre analyse concernant les estivants : leur comportement s’explique, je crois, par une aspiration à régresser ensemble, à vivre bêtes ensemble.
Bêtes jusqu’au sens animal : lions de mer autour de la piscine, pingouins quand ils partent à la soirée-spectacle...
Boojum. Avez-vous vous-même l’esprit club ? Racontez-nous vos vacances.
G.F. Pour écrire ce livre, j’ai passé huit jours dans un village-club situé à la sortie de Lindos. J’y ai pratiqué toutes les activités, je suis allé à toutes les soirées,
je me suis même essayé au karaoké. Il le fallait, car je voulais me documenter. Et ce fut une traumatisante expérience. Comme la Commissaire, j’ai été confronté à l’effet « mon
semblable, mon frère ». Mais je suis trop chrétien pour être misanthrope.
Boojum. À une époque où le roman policier (qui n’est d’ailleurs plus vraiment policier) se complaît dans des histoires
de serial killers, vous maintenez
une tradition classique, celle du roman policier humoristique, dans la lignée d’Exbrayat. Ce choix est-il le résultat d’une politique concertée ?
G.F. J’exècre les prétendus thrillers à ressort serial killer ; je voulais faire autre chose. Le choix de l’enquête classique,
narrée sur le mode souriant ne résulte d’aucune politique concertée : je ne sais rien écrire d’autre. La Table Ronde a aussitôt approuvé ce choix, relativement innovant, lorsque la
directrice littéraire a reçu le manuscrit. Je suis touché de cette référence à Exbrayat, c’est exactement ce que j’avais en tête, toute modestie gardée. Nous sommes, je crois, très peu nombreux
sur ce créneau.
Boojum. Vos romans policiers sont la partie de votre production littéraire qui se vend le mieux, mais vous insistez sur le fait que vous n’écrivez pas uniquement des romans policiers.
Comme tous les génies, vous êtes incompris ?
G.F. J’écris des nouvelles, et des romans, et des romans policiers. Dès qu’on aime trop un de mes livres, je me sens forcément amoindri. Vous avez raison, je suis un génie
incompris, merci de m’avoir compris.
Boojum. TF1 et FR2 et FR3 se déchirent déjà pour vous acheter les droits d’adaptation pour une série télévisée, bien entendu ?
G.F. Et M6, et Arte ! Je serais enchanté que ce roman soit adapté, et les choses se présentent bien. Mais je ne veux pas m’en occuper : un roman est fait pour
être trahi, et il y a des gens dont c’est le métier. Je dépose le gamin à la porte de l’école maternelle, et je m’en vais confiant. S’ils ont besoin de moi, pour les dialogues, par exemple, ils
appelleront.
Boojum. Comment avez-vous réglé, et allez-vous régler, s’il y a un vol. III, l’impératif du « changement dans la continuité » en passant d’une enquête de la
Commissaire à une nouvelle enquête ? S’il y a un III, nous allons nous retrouver avec une pléthore d’adjoints mâles.
G.F. Je viens de raconter cela sur mon site : Dès la sortie de la Commissaire n'aime point les vers, La
Table Ronde m'a demandé de préparer une suite. J’ai très vite eu l’idée du cadre, puis celle de l’intrigue, mais j’ai eu du mal à faire le raccord avec l’enquête précédente. Je voyais à peu près
comment écrire des recueils de nouvelles et des romans, mais pas des « suites de livre » : combien de fois fallait-il faire référence au livre précédent ? Fallait-il un faux
chapitre de départ, remettant en scène les personnages majeurs ? Fallait-il viser prioritairement les lecteurs du premier livre, ou les nouveaux venus découvrant la Commissaire ? Je
suis allé voir comment avaient procédé quelques-uns de mes prédécesseurs, notamment Georges Simenon, puis je me suis rendu compte que c'était stupide. Les glorieux pionniers avaient d'emblée
rencontré un gros succès, dans un marché différent. J'en étais loin. J'ai donc écrit « comme pour moi ».
Il y aura un opus III, mais pas cette année. Une pléthore d’adjoints mâles ? Vous posez une bonne question, et je ne sais encore comment y répondre : vais-je offrir de la chair
fraîche à la Commissaire pour chaque nouvelle enquête ? La logique le voudrait. La dialectique de chacun des deux romans repose sur l’initiation réciproque : que faire ensuite d’un
jeune adjoint dépucelé ? Le jeter du haut de la Tour de Nesle ? Cela dit, j’aime bien Monot, j’aime bien Willy. Viviane aussi, la pauvre. Je vais
réfléchir.
Propos recueillis par FAL
FIN DE LA FLAGELLATION. ET VOUS, CA VA ?
Mais qui publiera un billet de blog assez beau pour panser mes plaies, et celles de la commissaire ?
Une petite remarque concernant votre singularité de flagellant: désolé de vous contester, mais vous n'êtes pas pionnier en la matière, d'autres parfois s'auto-mutilent avec jubilation, même si je reconnais que vous citez vos amicaux détracteurs avec plus d'élégance que la moyenne.
Mais venons-en au but de ma visite, qui n'a point de rapport avec madame la commissaire (qu'elle me pardonne). J'ai lu et commenté votre nouvelle "La route de la soie" devant mes étudiants (qui vont transpirer bientôt aux concours d'HEC sur le thème: "l'imagination"), pour illustrer le pouvoir de persuasion de l'imagination; outre l'intérêt évident qu'ils y ont trouvé, j'ai été heureux de voir leur sourire au terme de la lecture, un vrai sourire d'auditeurs embarqués dans la naissance d'une vraie amitié née d'un faux voyage. Je peux vous assurer que tous les grands textes classiques que je peux lire et commenter ne leur font pas le même effet ;)
Voilà, c'est tout, évidemment mon anecdote aurait plus de sens dans les commentaires d'un billet intitulé "Au fait, lecteurs de "Qui comme Ulysse", auriez-vous quelque chose à raconter à propos de mon recueil?", mais comme je n'étais pas tout à fait sûr que vous écririez ce billet un jour, boum, c'est là.
Marco, votre commentaire m'a profondément touché. Je crois écrire pour du quantitaif (les ventes, le nombre de critiques, de billets de blog, les traductions), et je découvre que les plus grandes joies post-littéraires sont qualitatives : une seule réaction comme celle dont vous me faites part vaut pour moi tous les chiffres de l'année.
Oh, Liliba, épargnez ma légendaire modestie, je vous en prie.