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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
  • Blog de Georges Flipo, auteur
  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

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Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

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Yves Mabon, Prix Orange du Livre
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Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 11:43

Dans 15 heures à Fuveau, dans 15 jours à Lauzerte. Et Anouar Benm.alek

Quelques nouvelles de « Qui comme Ulysse » : il vogue plutôt bien. De nouveaux très bons articles dans la presse, sans parler de ceux qui s’annoncent maintenant comme sûrs, de beaux premiers comptes-rendus dans les blogs littéraires (et j’en attends d’autres), de réjouissantes mises en place en librairies (vos brefs rapports de visite sont importants pour moi), et même de bonnes premières ventes (plus on lance tôt le mouvement, plus il pourra monter en puissance avec l’appui des libraires : votre appui est ici décisif, et je remercie ceux qui y contribuent). Je ferai prochainement un billet sur le sujet.

 Quelques nouvelles de l’auteur : je suis ce week-end au salon de Fuveau « Écrivains en Provence ». Vous me trouverez facilement : je suis en légère lévitation, un mètre au-dessus de mon stand.

 Et dans quinze jours, le dimanche 21 septembre, je serai à Lauzerte. Venez-y nombreux, il y aura des tas de nouvellistes bien plus fréquentables que moi. Car à Lauzerte, les auteurs sont fréquentables, ils sont venus pour ça : c’est l’esprit de Lauzerte. Je cite ici le récent commentaire de Marty, sur ce blog : elle décrit excellemment le climat qui règne dans ces rencontres de Lauzerte où l’on n’attend plus que vous.

« …L'atmosphère est "sympa" et détendue. on se sent à l'aise durant les différentes manifestations du jour (les lectures faites par les auteurs eux-mêmes) - ce qui est bien aussi pour Lauzerte est ce "bouillon de culture(s)" - ça grouille- qui attire beaucoup de gens assoiffés non pas de bière (!) malgré le beau temps mais de mots, de phrases, d'émotions et d'inconnu. J'attends "la place aux nouvelles" cette année comme l'heureux événement de l'année. Qu'ai-je lu ? qu'est ce qui me plait ? qu'a-t-il à dire, cet écrivain, pour défendre sa cause ? tiens, ce n'est pas comme cela que j'avais vu cette scène, surprise, surprise... »

 

Parmi les auteurs présents à Lauzerte, cette fois encore, il y aura Anouar Benm.alek. J’ai beaucoup aimé son recueil « L’anné.e de la putain » (Fayard). L’an dernier, il était candidat, comme moi, au Prix du Scribe (« Place aux nouvelles ») qui se tient à Lauzerte. Quand j’ai lu son recueil, j’ai annoncé à Jacques Griffault, l’organisateur : « Tous les candidats sont bons. Mais il y en a un par qui je serais enchanté d’être battu, c’est Anouar Benm.alek».
Il y en avait une autre, Françoise Guérin et son très bon recueil « Mot Compte Double » (oui, comme son blog-carrefour littéraire), mais elle m’a si souvent battu dans les concours de nouvelles que ça me dérangeait moins de la battre, hé, pour une fois ! Ils ont tous deux été sympa, ils m’ont laissé gagner. J ‘en ai été un peu gêné, mais ça m’a fait tellement de bien : ce prix a été décisif dans ma décision de continuer à écrire des nouvelles, à un moment où je me demandais si…
Tout le monde connaît Françoise Guérin, mais on connaît moins Anouar. Le temps d’un week-end à Lauzerte, j’ai découvert qu’il était excellent mathématicien : c’est même son métier, il est docteur en probabilités et statistiques, qu'il enseigne à l’université de Rennes. Cela me ravit, j’avais toujours cru que la littérature était le seul art interdit aux mathématiciens. Il y en a en dessin (Piranese), en peinture (Duchamp). Mozart était excellent en mathématiques quand il était enfant. Il se débrouillait assez bien en musique aussi. Je crois qu’il voulait faire les deux : en écoutant certains morceaux, on croit voir se dessiner les courbes, légèrement décalées, de ses partitions.

  Où en étais-je ? Ah oui, tout ça pour dire que je ne connaissais pas d’écrivain mathématicien (vous en connaissez, vous ?) Maintenant, je connais Anouar. Dans un premier temps, j’ai d’abord trouvé Anouar très sympa, mais je garde un doute : ne serait-ce pas lui qui m’aurait piqué ma bière tandis que j’écrivais mes dédicaces ? Ensuite, je l’ai trouvé drôle, et même vif et très drôle. Bien trop drôle pour un mathématicien, je me demande s’il est si bon que ça en maths. Tiens, à Lauzerte, je lui ferai calculer de tête des racines cubiques pour en avoir le cœur net.

 
Mais je découvre aussi, un peu tard, qu’il sait être très sérieux. Et même grave quand il parle de problèmes graves. Courageusement grave. Lisez ses réponses aux questions de Rémi Yacine pour le quotidien algérien El Watan, c’est tout chaud, ça date de moins d’un mois. C’est beau, ses réponses sur l’enfer et le paradis. C’est à l’honneur de notre métier d’écrivain.

Voyez ce que déclare celui que L’Express appelle « un Faulkner méditerranéen. El Watan le considère comme « l’écrivain algérien le plus talentueux ». Si vous voulez en savoir plus, allez sur son site.

Le questionnaire, c’est celui de Proust. Je vais finir par aimer Proust quand je lis les réponses que lui donne Anouar.

« Docteur d’Etat en probabilités et statistiques, enseignant à l’université, l’écrivain algérien le plus talentueux déroute aussi bien ses lecteurs que ses critiques. Qualifié de « Faulkner méditerranéen » en France, honni par une certaine presse de son pays qui avait appelé au boycott de son dernier livre Ô Maria, Anouar Benm.alek atteint l’universalité dès ses premières œuvres. Il avait fait parler de lui après les émeutes d’octobre 1988, en créant le Comité algérien contre la torture »
(Rémi Y.acine) 
          

 

Que représente pour vous le Paradis ?
« Comprendre », voilà ce que serait pour moi, libre penseur, le Paradis comme objectif ultime d’une vie : comprendre l’univers, comprendre le pourquoi de notre si dérisoire et si microscopique présence dans cet univers. Ou, plus exactement, comprendre sans trop de chagrin qu’il ne saurait y avoir de raison à cette présence autre que celle du hasard, hasard ni bienveillant ni malveillant en soi, s’accommoder de cette terrible constatation de la parfaite contingence de l’existence de l’être humain, en tirer le courage de passer le restant de sa vie à apprécier malgré tout la chance, — écrasante parfois — d’avoir été muni par l’évolution d’un cerveau capable à la fois d’admirer et d’interroger le fonctionnement et la structure de ce monde qui nous transcende si infiniment.
Comprendre, c’est, pour moi, dépasser l’humiliation de l’indifférence de la nature et du temps à notre égard ; c’est l’âpre fierté d’appartenir à la descendance de ce minuscule primate humain capable, après plusieurs millions d’années de tâtonnement dans la jungle et dans la savane africaine, de se dresser sur ses deux pattes arrière pour tenter de fouiller, « les yeux dans les yeux », l’insondable noirceur du cosmos qui l’environne.

 

Que représente l’Enfer ?
Au contraire du Paradis qui, lui, peine à se concrétiser de notre vivant, l’Enfer est d’abord éminemment terrestre. On peut douter du Paradis, pas de l’Enfer ! Particulièrement protéiforme, il s’adapte à tous les pays, à toutes les cultures, tirant profit de l’éternelle alliance de la cruauté, de la cupidité et de la bêtise des hommes. L’esclavage, la colonisation, les guerres de conquête, les situations de famine, en sont quelques-uns des exemples les plus « réussis ».
Dans nos pays, une de ces versions contemporaines de l’Enfer apparaît lorsque les « Autres » s’évertuent à vous imposer coûte que coûte leur propre variante du Paradis céleste, en ne reculant devant aucune extrémité, la force brute, la propagande imbécile, les manipulations politiques et juridiques les plus indignes ou même l’assassinat pour les plus barbares.
Je pense aux terribles massacres de la décennie dite noire, par exemple où des villages entiers d’Algérie ont pu être décimés. Je pense également, en ce qui concerne l’actualité récente, à ces scandaleuses histoires d’inculpation et de condamnation à des années de prison ferme de certains citoyens algériens au motif que ceux-ci se sont convertis à une religion autre que la religion dominante en Algérie. Il paraît que des « textes » prévoient maintenant dans notre pays une interdiction de facto de ces conversions, relevant pourtant de l’ordre le plus privé de l’existence.
Ces textes scélérats, votés par un parlement aux ordres, ne peuvent être que des textes contraires au texte fondamental censé régir la vie du pays : la Constitution prévoit explicitement le droit à la liberté de conscience. Et qu’y a-t-il de plus fort, en matière juridique, que la Constitution ?
Qui peut ignorer cette règle d’acier de la primauté de la Constitution sur toute élucubration juridique attentatoire à l’intime conviction religieuse : le président, le premier ministre, le gouvernement, le parlement, le sénat, le député de base, le chef de parti dit démocratique ? Et je ne cite même pas le Conseil constitutionnel, juge ultime, bien étrangement absent dans cette question !
Le plus triste, dans cette histoire, réside à mon sens dans le fait que les textes sur la conversion et sur l’exercice des cultes autres que le culte majoritaire aient été malgré tout votés sans opposition par toutes les sensibilités et les partis politiques siégeant à l’Assemblée nationale, de la gauche extrême (mais oui !)  à son symétrique islamiste de l’autre côté ! N’y a-t-il donc pas eu au moins un député s’élevant publiquement contre cet assassinat de la liberté individuelle ou soulevant, même timidement, l’argument de l’inconstitutionnalité de ces nouvelles « lois » ? Notre désespérant parlement ne restera-t-il, quoi qu’il arrive, que la chambre d’enregistrement par des opportunistes de tout poil des desiderata des courants les plus obscurantistes du pouvoir en place ?  Est-ce que les prébendes généreusement distribuées par les caisses de l’État anesthésient à ce point les supposées convictions démocratiques de tous les représentants du peuple ?
Et quel spectacle affligeant la grande Algérie offre à présent aux autres nations, quels dommages profonds infligés de manière durable à l’image internationale de ce pays qui a tant lutté pourtant pour sa liberté et celle des autres peuples ! Comment l’Algérie pourrait-elle à présent siéger sans rougir dans n’importe quelle assemblée défendant les droits de l’homme ?

Quel est pour vous le comble de la misère ?
Si je prends ce mot dans son sens premier, le comble de la misère est atteint lorsque des enfants sont obligés de mendier, de se prostituer ou, plus abominablement encore, meurent de faim. Le lieu géographique importe peu puisque nous sommes tous, que nous le voulions ou non, solidairement comptables du devenir des enfants de l’Humanité. N’ayons surtout pas, dans ce domaine, des indignations à géométrie variable, véhémentes (à juste titre) quand elles concernent les enfants de Palestine, mais criminellement silencieuses quand il s’agit des enfants noirs et animistes (deux « tares » aux yeux de certains) du Darfour !
Sur le plan personnel, presque indécent par la proximité qu’impose l’exercice au fond assez complaisant de l’autoportrait, le comble de la misère serait d’être placé dans des conditions telles que je ne puisse plus lire, lire et encore lire. Je me rends compte qu’il me serait infiniment plus pénible de me priver définitivement de lire que d’écrire : j’écris, au fond, parce que je lis. Le monde peut, bien entendu, se passer de ce que j’écris ; je ne peux, en revanche, me passer, sauf à vivre un déchirement, de ce que le monde a produit de livres !

  Vos qualités préférées chez l’homme ?
L’intelligence, l’honnêteté, la compassion et le courage — plus intellectuel que physique, d’ailleurs, dans ce dernier cas. Le courage physique se retrouve à foison chez les fanatiques les plus divers : qu’y a-t-il, en effet, de plus « courageux » qu’un kamikaze ? ; et qu’y a-t-il, en même temps, de plus fondamentalement lâche et opposé aux trois premières qualités de mon choix ?

 

Vos qualités préférées chez la femme ?
Les mêmes que chez l’homme, auxquelles j’ajouterais, bien sûr, les qualités complémentaires que l’hétérosexuel de sexe masculin que je suis apprécie le plus chez le représentant du sexe opposé : une certaine harmonie du corps et la sensualité. La beauté ne correspond pas, pour moi, à « coller » stupidement aux canons bien versatiles de la mode. Non, la femme (ou, du moins, certaines femmes…) est bien ce que j’ai toujours pensé : un stade plus évolué que celui du banal mâle humain que je suis. En un sens, la femme, dans la conjonction amoureuse et intellectuelle, peut « réaliser » la quintessence de l’homme ! Le meilleur d’Adam naît d’Ève…

 

Votre vertu préférée ?

L’opiniâtreté. Mais comment la différencier de l’entêtement ? me direz-vous ! Au résultat, répondra le cynique qui est en moi.

 

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?

La fidélité (on peut toujours rêver…)

 

Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?

D’abord les miennes ! Je n’ai cependant pas le moindre soupçon d’indulgence ni de compréhension, mais, au contraire, une immense réserve de colère envers les fautes commises contre les plus démunis et, en particulier, les enfants.

 

Le principal trait de votre caractère ?

Le refus de l’argument d’autorité, qu’il soit politique, religieux ou social.

 

Votre principal défaut ?

Une certaine intolérance devant la stupidité.

 

Votre principale qualité ?

Voir la réponse précédente.

 

Votre drogue ?

Le travail.

 

Votre rêve de bonheur ?

Prendre, après une nuit d’amour, le petit-déjeuner avec l’être qu’on aime.

 

Quel serait votre plus grand malheur ?

Je n’ose en parler, parce qu’alors je parlerais de mes enfants.

 

Où aimeriez-vous vivre ?
Dans le pays de mon enfance, quand tout n’était qu’avenir, quand rien n’était encore définitivement joué et que la bonté paraissait, pour moi, le destin naturel de l’humanité. Si je devais lui donner une coloration géographique, je crois qu’il prendrait, pour une part (mais une part seulement) les couleurs de la Constantine des années soixante. Je me rappelle d’une vitrine de la vieille ville où trônait un abat-jour dont la décoration était constituée par un train qui, grâce à la chaleur fournie par la lampe, donnait l’impression de tourner interminablement. L’enfant que j’étais alors pouvait passer de très longs instants à contempler, dans un état presque hypnotique, ce train qui roulait, roulait, roulait sans arrêt vers une destination inconnue, que je supposais confusément, à la fois effrayé et exalté, comme étant celle du mystérieux « Avenir », contrée magique et belle où tout était possible.
Je sais maintenant que tous les trains finissent par s’arrêter quelque part et que les destinations se révèlent en général beaucoup plus prosaïques que ne l’espérait le petit garçon de Constantine.

 

 

Qui auriez-vous aimé être ?
Puisque la question autorise l’immodestie la plus déraisonnable et malgré le fait que je ne possède évidemment (long soupir de l’auteur devant l’injustice de Dame Nature) ni le génie du premier ni celui du second, j’hésite entre Léonard de Vinci et Albert Einstein. Ou encore : entre Ibn Khaldoun et Omar Khayamm…

 

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

Voler comme un oiseau.

 

Votre occupation préférée ?

Écrire, puis lire.

 
Votre préoccupation principale ?
Celle de ne pas écrire le livre essentiel, irremplaçable, qui justifierait les longues années passées à apprendre sans cesse le métier d’écrivain. C’était également le rêve inassouvissable de l’alchimiste ; c’est dire le caractère fou et présomptueux de mon souhait.

 L’animal que vous préférez ?
Le chat, pour sa fidélité faite plus d’indépendance que de soumission.

  Vos auteurs favoris quel que soit le genre ?
Il y en a tellement que je m’en voudrais de manquer de reconnaissance en n’en citant qu’une poignée.

  Vos peintures favorites ?
Un certain tableau de Michel Ange.

Vos réalisateurs favoris ?
Plutôt des films favoris que des réalisateurs favoris.

  Vos héros / héroïnes dans la vie réelle, la fiction et l’Histoire ?
Ben Mhidi, Nelson Mandela, Pasteur et, de manière plus lointaine dans le temps, le premier homme préhistorique qui, vainquant sa peur du feu, l’a maîtrisé et enclenché ainsi la civilisation humaine.

  Ce que vous détestez par-dessus tout ?
La suffisance des dogmatiques, l’arrogance et la cruauté des puissants, la soumission acceptée avec joie par les faibles.

  État présent de votre esprit ?
Il ressemble à un bulletin météo : plutôt couvert par de lourds nuages de pessimisme, avec des éclaircies d’optimisme.

  Avez-vous un regret ?
C’est celui, bête et tragique, de tous les êtres humains : n’avoir qu’une vie, alors qu’une seconde vie serait si nécessaire pour essayer d’autres possibilités et éviter les erreurs commises dans la première.

  Comment aimeriez-vous mourir ?
Aimé par mes proches.

Votre devise ?
Vivre libre, autant que faire se peut.

 

  Entretien réalisé par Rémi Y.acine pour le quotidien algérien El Watan, 12 août 2008

 

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commentaires

gaelle 07/09/2008 09:03

Madamedekeravel, c'est très inquiétant, ce qu'affichait cette fenêtre. Remis en on français, ça fait "flippe, ô, auteur!". Pourquoi cette mise en garde subliminale, hein? Pourquoi un simple navigateur internet prend-il la peine de prévenir les auteurs qu'ils ont de quoi flipper? ça fait peur...

GF 08/09/2008 11:19


>> Et voilà, l'ambiance était bonne, et Gaëlle vient déposer des perfidies. C'est malin, au moment où Madamedekeravel allait m'offrir son PC. Bon, tant pis,
offrez-moi le vôtre et je vous pardonne.


madamedekeravel 06/09/2008 19:06

J'ai ouvert votre blog dans une fenêtre réduite et tout en haut j'ai lu :
Georges Flip
o, auteur

(ô, auteur !)

Voilà, c'est tout... Et si vous trouvez que c'est pas la peine de laisser un comm quand on a si peu à dire, je vous ferai la tête pour les 457 prochaines années !

GF 08/09/2008 11:17


Merveilleux, Madame de K. Votre PC est merveilleux. C'est un PC comme celui-là qu'il me faut, un PC qui m'eouvre des fenêtres par lesquelles ma vanité puisse
s'ouvrir d'unfinis horizons : ô auteur ! Jamis mon Compaq ne m'avait dit ça. Je vous achète le vôtre. Non, tout bien réfléchi, pas d'argent entre nous : offrez-le moi.


keisha 06/09/2008 17:48

Et Pascal ? Il est connu dans deux domaines.
En tout cas, les maths c'est pas si dur ! Prenez Lisbeth Salander, dans Millenium 2 page 616 : elle se prépare à attaquer la maison du méchant, en même temps elle continue à réfléchir au grand théorème de Fermat, celui qui a fait sécher des générations de scientifiques, et bingo, elle trouve la démonstration !
Fin du HS et bon week end à Fuveau...

GF 08/09/2008 11:15


>> Ah, Pascal, bien sûr, Keisha ! Plus philosophe qu'écrivain, mais bon auteur, incontestablement, vous avez raison; Mais qui est-ce, cette Lisbeth
Salander ? J'ai relu les Pensées tout le week-end, et pas moyen de trouver trace de cette Lisbeth qui ose s'attaquer à ce bon monsieur de Fermat !


dominique boudou 06/09/2008 08:16

Les écrivains mathématiciens ? Bonne question. En tout cas, les agrégés de lettres ne sont pas forcément les meilleurs auteurs. Celine, médecin, Breton aussi. Perec et Duras n'avaient aucune "formation" littéraire.

GF 08/09/2008 11:08


>> Meilleurs auteurs, je ne sais pas, Dominique. Mais lecteurs de qualité, je peux en témoigner. Je soumets tous mes premiers jets à un proche agrégé de
lettres, et ça leur fait du bien : ils en reviennent parfois tout rouges !
Et moi aussi.


Thaïs 05/09/2008 23:28

Bon un mathématicien ça fait peur... mais je crois savoir que beaucoup d'artistes ont des qualités scientifiques. Et je trouve que pour être écrivain, il faut avoir un côté artiste. Et pas simplement une grande gueule qui n'a rien à dire.Bon Georges, si vous aimez les racines cubiques, moi ce sont les intégrales ça sonne mieux à mon tympan !
Bon week end dans ce joli village de Fuveau !Pas trop de Picon sinon vous aurez la tremblote pour signer... La liseuse va vous surveiller. ;-)

GF 08/09/2008 11:06


>> Ah, une belle intégrale, je vous l'accorde, quel charme !
La Liseuse est passée à Fuveau, elle a illuminé mon stand de son sourire auquel s'est ajouté celui de Kalistina. Toutes deux ont pu constater que j'étais à jeun comme il n'est pas possible de
l'être : je n'avais même pas déjeuné. En revanche, mon rasage était douteux : on m'a confisqué mon coupe-chou à l'aéroport ! Et c'est dans cet état qu'elle m'a photographié. Je crains le pire pour
mon image...