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(Excellente) Présentation

  • : Blog de Georges Flipo, auteur
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  • : Dans ce blog : chroniques sur l'actualité littéraire (la mienne et celle des autres), sur l'écriture, sur l'édition, sur les auteurs, et tout ce qui se réclame de lalittérature.
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Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.

 

Cherche-jeunes-filles-200-x315.jpg

  Le tout dernier de Françoise Guérin

virages-dangereux-copie-1.jpg

La-vieille-dame-du-riad.jpg


Frederique-Martin-Belfond-Le-Vase-ou-meurt-cette-verveine-3.jpg
Tu-ne-mourras-plus-demain.jpg

 

Les pays

Moulins A paroles


L-eau-des-reves.jpg

Lotus Seven

Un homme perdu-copie-1


Langue-de-pub-copie-1.jpg

Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 22:42

 

 

Françoise Sagan.

 Longtemps, je n’ai su de Françoise Sagan qu’une vérité énigmatique : le seul prof qui nous en ait parlé était celui de philo, en terminale. Un gros prêtre au visage de paysan contrarié et à la lourde odeur de tabac froid qui nous lâchait parfois, lorsque nous commentions nos notes avec un peu trop d’âpreté : « Françoise Sagan, elle a eu 20 en Français au bac ! 20 ! Et pfff… »

 20 au bac, à l’époque, c’était la note impossible. L’éblouissement de la pensée. Et nous nous demandions ce qu’il signifiait par cet « et pfff… » : un scepticisme face aux critères de notation ? un dépit devant le supposé gaspillage qui avait suivi de telles promesses ? un agacement devant nos pitoyables admirations pour le 16 ou le 15 des vedettes de la classe ?… ou le regret de ne pas pouvoir nous parler de ce phénomène hors programme et surtout hors des normes morales dans lesquelles on tentait de nous baigner une dernière fois avant l’envol des aiglons en juin.

 Tous ces souvenirs me sont revenus hier soir quand je suis allé voir « Françoise Sagan », le magnifique film de Diane Kurys, avec l'étonnante et pathétique Sylvie Testud

 

Je suis mal placé pour vous parler de Sagan : ma vie n’a jamais fasciné personne, je n’ai jamais conduit les pieds nus, ni mon vélo, ni ma vieille Ulysse - 13 ans cette année. Les seules lignes auxquelles je suis accro sont celles de l’écriture. Je n’ai jamais été assez riche pour mépriser l’argent. Et j'ai commencé à écrire à l'âge où elle s'essoufflait.  

 Je suis mal placé pour vous parler de Sagan. Je n’ai lu que quelques-unes de ses œuvres, au roman et au théâtre : Bonjour tristesse,  Aimez-vous Brahms, Château en Suède, les autres, j’en suis moins sûr.

Je n’avais pas été impressionné par ses récits, ses histoires. En revanche, la qualité, la finesse de son écriture m’ont toujours fait un fort effet. Et notamment celle du premier paragraphe de son premier roman. Elle l’a écrit à moins de vingt ans : "Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte alors que la tristesse m'a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l'ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd'hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres. Cet été-là, j'avais dix-sept ans et j'étais parfaitement heureuse." Elle avait déjà compris que, pour arrêter un éditeur, la première page est essentielle.  

Il y a des réminiscences latines toutes fraîches dans la cadence de ces phrases. Mais elles paraissent déliées, amples. Et même faciles. Elle était agacée quand on lui parlait de "la petite musique" de ses phrases, et moi aussi. C'est comme si l'on parlait de la petite musique de Brahms. Ses phrases sont indolentes, majestueuses et fines à la fois, souvent très balancées, presque à la Virgile. C’est la beauté de l’écriture de Sagan : elle semble déployée sans effort, elle ne sent pas la transpiration. C’est peut-être ce qui a perdu Sagan, cette facilité. Elle a dû croire que la vie, comme l’écriture, était un jeu. Un jeu dont seuls quelques élus avaient le mode d’emploi.

C’est dans cet état d’esprit commode que je suis allé voir « Françoise Sagan ». Je suis allé m’offrir en voyeur l’histoire d’une surdouée découvrant – au prix de quelles tragédies finales que tout devient difficile, la vie comme l’œuvre,  quand la facilité vous tourne soudain le dos.

 

Et je découvre Sylvie Testud, prodigieuse, sensible, déchirante. Au bout d’un quart d’heure, on ne voit plus que Sagan. On devient un frère, un copain, peut-être un amant, tout ça, mais impuissant. On souffre avec elle, on voudrait tant l’aider.

Et surtout, on entend autrement ces mots de Sagan, dits en off. Des mots qui décrivent les rapports entre l’auteur et l’écrit avec une telle vérité, une telle finesse… et j’ai compris que j’avais très mal lu Sagan. Ces quelques phrases, dites par une cocaïnomane déglinguée, une alcoolique inassouvie, sont des paroles de voyant.

 Je dois être honnête : chacune de ces phrases a été un choc. Un choc si fort que j’en oubliais les mots aussitôt après les avoir entendus. Des mots qui me semblaient soudain dévoiler des rapports très intimes à la vie, à l’écriture, des émotions que je croyais très personnelles, étouffées, même à mes yeux.

J’étais avec ma femme dans la salle. À la fin du film, je lui ai demandé d’attendre, je voulais que nous soyons les derniers à sortir, car il m’arrivait un truc que je n’avais pas vécu au cinéma depuis quarante ans : j’étais en larmes.

Si vous écrivez, allez voir ce film : il est bouleversant.

Si vous n’écrivez pas aussi. Que voulez-vous que je dise de plus : 20 et pfff…

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Vincent DAUMAIL 20/08/2012 08:49

Tout à fait ! Outre de savourer chaque oeuvre littéraire pour son miel, j'essaie également d'en user comme d'autres font sonner le diapason : pour faire en sorte que mon instrument joue plus
juste.
Encore faut-il après ficeler ses propres morceaux...
Merci pour votre réponse.

Georges F. 22/08/2012 11:03



C'est simple, vous posez votre miel et votre diapason d'un côté, vos propres morceaux de l'autre, et vous ficelez votre musique sans vous tromper de
côté.



Vincent DAUMAIL 06/08/2012 23:48

Curieux, les mots que vous employez pour parler de Sagan: je me suis dit à peu de chose près les mêmes, lorsque j'ai découvert - tardivement, bien après mes quarante ans... - le premier roman de
celle qui pour moi n'était qu'un nom - certes célèbre. Un nom dont je me promettais depuis longtemps de franchir l'écran de plume.
C'est "Bonjour tristesse" que j'ai rencontré, et là, j'ai pris une claque formidable ! Habitué à relire mes lignes de pauvre tâcheron, moi qui suis pourtant assez fier de mon imaginaire, moi qui
travaille passionément mon style afin d'atteindre un petit niveau pouvant m'ouvrir un jour par bonheur la porte d'un petit éditeur, j'avais sous les yeux ce premier chapitre magistral, où tout
était dit... Il n'y avait rien à y redire, rien à y ajouter. Du point de vue de l'écriture, celui qui justement me fascine, me galvanise, me tire en avant, de ce point de vue, cela m'apparaissait
comme la perfection ! Et puis, mon regard est retourné sur la page biographique du petit ouvrage de chez Pocket, et là, je pris conscience que c'était un premier roman, publié alors qu'elle n'avait
pas vingt ans...
Ce genre d'expérience rend humble, et puis d'une certaine façon est encourageant, aussi, car j'ai tiré de la force de cet exemple, même si la voie que je désire emprunter dans l'immensité de la
fiction n'est pas dans la veine de Sagan.
Aujourd'hui, quatre ans après cette expérience, je ne suis toujours pas publié, mais j'ai puisé à cette onde vivifiante une force nouvelle, supérieure à mon objectif de publier, le désir d'aller au
bout de ce que je peux donner à une histoire, née d'une idée fugitive, d'aller au bout de la qualité d'écriture que je peux y mettre, et là, parvenu à ce point vibrant de mes limites, examiner ce
que je pourrais bien entreprendre encore pour améliorer toujours ma matière !
Et seulement au bout de ce chemin, peut-être, un jour me mettre en quête d'un lecteur à émerveiller... Mais là, ce serait merveilleux !

Georges F. 19/08/2012 17:34



Merci pour la sincérité impressionnante de ce témoignage. Si Sagan vous a aidé à mettre la barre très haut, elle vous a fait un merveilleux cadeau. Peut-être
faudra-t-il un jour oublier cette barre pour mieux trouver votre ton d'écriture.



Florinette 11/11/2008 11:42

Tout à fait d'accord, ce film est bouleversant et j'attends avec impatience sa sortie en DVD !
Bonne journée !

Georges F. 27/11/2008 17:58


>> Nous voici donc deux bouleversés ! Je vous souhaite quand même une bonne soirée, Florinette. Je réponds quinze jours plus tard, ce n'est pas
très poli. Mais j'ai un mot d'absence.


Françoise 18/07/2008 23:33

Non, je ne bégaye pas et je n'ai pas non plus vu le film deux fois. Concernant la scène finale : elles y sont, les mouettes, je t'assure qu'elles y sont !

GF 19/07/2008 15:27


Les mouettes y sont ! Décidément, il va falloir que j'écrive des scénarios télé.


Françoise 18/07/2008 22:33

Je viens d'aller voir ce film que j'ai beaucoup aimé. Est-ce un film sur l'écriture ? C'est cet aspect qui m'a touchée. L'auteur confronté à l'écriture qui se refuse. Pour le reste, une vie qui file le tournis, qui se donne des airs pour ne pas paraître gâchée. Gros regret : la scène finale, avec le fils, est un désastre. Mais qu'est-ce qu'il leur a pris de coller ça là ?
Bon, à part ça, moi aussi, je fais des rencontres à l'intermarché : ma voisine et sa mise en plis ratée, le mari de ma voisine (raté aussi)et plein de gens qui n'écrivent pas de livres et ne sniffent pas de coke. C'est dingue...

GF 18/07/2008 23:13


Ah, Françoise, je suis heureux de voir que tu n'as pas changé d'avis depuis deux minutes. Moi non plus, je n'ai pas changé d'avis, je suis toujours d'accord avec toi. En ce qui concerne
l'intermarché, ouvre les yeux : tes vrais gens, ce sont des figurants.