Jeudi 29 mai 2008

 


« Où allez-vous chercher vos sujets de nouvelles ? » me demande-t-on parfois dans les rencontres avec des lecteurs. Je dois avouer que je les cherche rarement : je les trouve. Ou je ne les trouve pas, autre cas très fréquent. Sur un sujet donné, l’histoire arrive souvent assez vite. Parce que l’histoire, c’est le plus facile, c’est le moins important.

L’intérêt d’une nouvelle, sa difficulté, c’est de lui trouver un ton. Une ambiance, un cadre. Des caractères pour les personnages. Un rythme qui combine les ellipses et les longues incidentes.

C’est une évidence pour la plupart des nouvellistes. Ce l’est un peu moins pour leurs lecteurs. Combien de fois, dans les dîners, m’a-t-on interpellé « Ah, j’ai un bon sujet de nouvelles pour toi… ». Et l’on me raconte une anecdote, surprenante, burlesque, souvent bien trop forte pour faire un sujet de nouvelle.

Un bref passage de mon roman "Le Vertige des auteurs" évoque d’ailleurs ces généreux apports qui ne seront de futures bonnes nouvelles que le temps d’un éclat de rire à table.

 

Sylvain garda un souvenir confus de la suite du pot. Ses collègues avaient compris que son roman était trop complexe pour être évoqué entre deux verres. On se rabattit donc sur ses nouvelles. Le gros Pandier lui demanda d’en raconter au moins une, mais Sylvain refusa, très ferme – tu comprends, mon éditeur… Pandier ne se vexa pas, et lui proposa :

       Si ça t’intéresse, j’ai un magnifique sujet de nouvelle pour toi, un truc qui m’est arrivé cet hiver…

La soirée devint alors un bouillonnement d’idées, un véritable café littéraire. Tout le monde avait vécu une histoire extraordinaire, ou rencontré un personnage hors du commun, tout le monde avait un fabuleux sujet de nouvelle à suggérer. La compétition était lancée, et chacun était prêt à inventer les souvenirs les plus ridicules pour être sûr d’entrer dans le recueil de Sylvain : « Et moi, j’étais seule, à poil sur le palier de l’hôtel, ne parlant pas un mot de serbo-croate... » « La voyante me dit qu’il va m’arriver un grand malheur le lendemain. Et le lendemain, je prends mon auto, ce que je crois être mon auto…»

Et Sylvain écoutait, gravement, en buvant son whisky. Il comprenait que la mission de l’écrivain n’était pas seulement d’être créatif, mais d’éveiller la créativité chez ses lecteurs, chez ses admirateurs. Il était heureux. Écrasé par sa mission, mais heureux.

 

En fait, mes plus beaux sujets de nouvelles m’ont été apportés par des donateurs inconscients du cadeau qu’ils me faisaient. Ils me décrivaient, sans en comprendre l’importance, une émotion ressentie à l’occasion d’une rencontre, le baroque d’une situation, l’étrangeté d’un décor. Il m’est arrivé de revoir ces donateurs pour une interview plus détaillée : l’accumulation des traits, les nuances d’un rapport conflictuel, le pathétique d’un personnage demandent une écoute longue et intime. Mais l’histoire elle-même, je l’écoute à peine, juste assez pour imaginer comment la déformer, comment la tordre pour la rendre intéressante : quel conflit, quelle tension, y glisser, quel personnage introduire, pour que le lecteur ait envie d’aller jusqu’au bout ?

 

Plus tard, après parution, le narrateur vient parfois me retrouver : « Le cadre, l’ambiance, c’est bien décrit. Mais l’histoire, ce n’était pas du tout ça, tu as tout changé ».

Comment expliquer que l’histoire, ce sera toujours le boulot de l’auteur. Le boulot le plus facile.

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Dimanche 25 mai 2008



Un recueil de nouvelles est, paraît-il, plus facile à écrire qu’un roman. Après avoir commis trois romans et trois recueils, je n’en suis toujours pas convaincu. Par contre (0ui, j’ai écrit par contre, et non en revanche, par contre, c’est de l’excellent français, et ces braves recueils n’ont aucune revanche à prendre contre qui que ce soit), par contre, écrivais-je, un recueil de nouvelles est plus difficile à préparer, même quand tout se passe bien à chaque étape, je viens encore d’en faire l’expérience.

 

J’ai déposé ce vendredi chez Anne C., mon éditeur,  la version définitivement définitive de mon prochain recueil « Qui comme Ulysse », quatorze nouvelles sur le thème des voyages, et plus exactement des voyageurs. La version définitivement définitive, c’est la version modifiée après remarques de la correctrice. Pour en arriver là, il a fallu serrer plusieurs boulons propres à la nouvelle.

 

1er boulon : le choix.  Quand on écrit un roman, il est rare que l’auteur et l’éditeur se réunissent pour décider d’emblée quels devraient être les chapitres à supprimer. Mais, quand on prépare un nouveau recueil, il est classique que l’auteur propose un excédent d’environ 20%. Il ne s’agit pas de 20% de repoussoirs : l’éditeur, le directeur littéraire, peut avoir sur le recueil un œil neuf que l’auteur n’a plus, tant il connaît ses textes presque par cœur, tant il aime chacun d’un amour déraisonnable. Mais certains textes, même jugés bons, peuvent ne pas avoir leur place dans le recueil : parce qu’ils ne traitent le thème que de façon marginale, parce qu’ils peuvent être jugés répétitifs par rapport à d’autres, ou  parce qu’ils risquent de créer chez le lecteur une certaine crispation. C’est ainsi que, dans ma liste, a disparu une nouvelle qui n’était pas une vraie nouvelle de voyage (elle était simplement délocalisée, le voyage ne créait pas l’histoire). Exit aussi une courte nouvelle racontant les malheurs d’un touriste français dansant le tango en un lieu étrange : il y en avait deux trop similaires, écrites à trois ans d’intervalle. À la trappe une nouvelle excessivement cruelle, qui risquait de créer un décrochage définitif de lecture. Échafaud aussi pour une nouvelle dont le héros meurt d’une façon proche d’un collègue d’une autre nouvelle, même si les deux intrigues n’ont rien à voir. Toutes ces nouvelles ne sont pas définitivement condamnées, elles pourront trouver plus tard leur place dans un autre recueil.

 

2ème boulon : cohérence et différence. La cohérence des partis-pris typographiques paraît évidente, même si on l’oublie parfois. Celle des rythmes de ponctuation l’est un peu moins. Le plus difficile est d’éviter les répétitions de détails entre nouvelles :  dans un recueil, par exemple, une profession, un prénom, ne doivent servir qu’une fois. Sauf à adopter le système de Marcel Aymé qui appelle Martin tous ses héros. La répétition de mots rares, d’expressions, d’images, peut devenir odieuse. Une femme qui frotte sa jambe contre celle d’un homme, c’est charmant. Une autre femme qui en fait autant 100 pages plus loin, ça devient grossier. Or, curieusement, l’auteur ne voit pas ces boulons desserrés : il a trop tendance à considérer chaque nouvelle comme œuvre en soi, et ne pratique pas la lecture d’ensemble. Un œil extérieur le fait bien mieux.

 

3ème boulon : l’ordre des nouvelles. Il y a un peu plus de 87 milliards de façons d’ordonner 14 nouvelles (si, si, j’ai compté). Si on resserre, on arrive à une dizaine d’options. Comment choisir ? En intégrant différents critères qui permettront de répondre à un souci majeur : le rythme. Le rythme d’un recueil, les rebonds entre les différentes nouvelles, sont encore plus complexes que le rythme d’un roman. Quelques exemples : une légère minorité de mes 14 nouvelles sont ancrées en Amérique du Sud, que je connais à peu près aussi bien que le Quartier latin. Il était important d’alterner ces nouvelles et celles situées en Asie, en Afrique, ou même en France, pour éviter la lassitude, l’impression de déjà vu. De même, j’ai voulu alterner les nouvelles plutôt dures et celles plutôt ironiques ou souriantes (N.B : celles où l’on meurt ne sont pas forcément les plus dures). A cela s’ajoutent d’autres critères moins immédiats : alternance de nouvelles longues et courtes, de nouvelles écrites au présent et au passé, etc. L’objectif majeur est que chaque nouvelle paraisse très différente de la précédente. Quand on a compilé tout ça, on croit avoir résolu l’équation magique. Hélas non ! Le travail d’ingénieur ne suffit pas, il faut aussi que la compilation ait un sens littéraire : quelques nouvelles qui donnent la vision du voyage, je dirais presque de l’idéologie, pour commencer. Puis une progression en allant plus loin dans les thèmes. Et, en conclusion, quelques nouvelles qui constituent presque la chute du recueil.

 

4ème boulon : la quatrième de couverture. Toujours bien plus complexe dans le cas d’un recueil que dans le cas d’un roman. De quoi parler quand les nouvelles se veulent différentes ? Il faut quand même faciliter le travail du critique, puis du libraire. Sans parler de celui du lecteur. La solution, c’est de parler de la vision globale qui oriente ce recueil. Ce qui est possible quand il y a un thème fédérateur, mais impossible en cas de recueil disparate. Voilà pourquoi les recueils tous azimuts partent a priori plombés, sauf en cas de forte notoriété de l’auteur (dans ce cas, la 4ème  de couv. parle de l’auteur).  

 

5ème boulon : la couverture. Plus difficile quand il s’agit de parler de quatorze histoires, non ? Eh bien non. Une solution a été trouvée, ce sera une formidable couverture. Attendez un peu, laissez-moi vous faire la surprise.

 

Et depuis ce week-end, les boulons sont serrés. Ce qui explique pourquoi je recommence à chanter sous ma douche. Je me donne deux mois sans écrire. À part ce blog, bien sûr. Histoire de garder la main.  

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Dimanche 25 mai 2008
Elle était belle, ma chronique fraîche du jour. Mais il a fallu que je l'écrive directement sur le blog. Elle a fait "Pffoouiiit" au moment où je faisais les réglages de typo avant la mise en ligne. En fait, le "Pffoouiiit" était silencieux, j'écris "Pffoouiiit" pour faire plus drôle, mais ce n'est pas drôle du tout. Désolé, je suis de mauvaise humeur, je garde le peu de bonne humeur qui me reste pour célébrer la Fête des Mères. C'est promis, je reviens ce soir, sans "Pffoouiiit". En attendant, pas de visuel pour cette chronique : je n'ai trouvé aucun document visuel, aucune photo, aucune illustration, quand je tape "Pffoouiiit" en recherche d'images sur "Pffoouiiit". Si vous avez des idées de visuel "Pffoouiiit", elles sont les bienvenues.

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Jeudi 22 mai 2008



Évidemment, la juxtaposition des deux mots est très vilaine, une sorte d’oxymore obscène, non ? Et pourtant…

Et pourtant on n’est pas choqué par la « musique de commande » (Les messes de Mozart) ou par la « peinture de commande » : Van Eyck, le mystique et bouleversant Van Eyck, peignait sur commande. L’illustre Léonard allait chercher les commandes : la Joconde en était une. Il a encaissé l’avance et n’a jamais remis le tableau. Roooh Léonard !

 

Alors pourquoi frémit-on à l’idée de littérature de commande ? Les uns penseront tout de suite à Eluard maculant son honneur dans une ode à Staline, à Aragon dont un poème exalte le bonheur de faire fusiller les méchants médecins par les gentils révolutionnaires… les autres citeront certains textes effarants de Céline halluciné et déclinant, ou de Brasillach, gamin aveugle. Réactions compréhensibles mais trop rapides : contrairement à l’idée répandue, il n’y a pas eu de commande pour tous ces textes. La commande a été interne, c’est encore plus triste. Elle n’a fait que répondre à un besoin de louer. Ce n’est que de la littérature militante poussée à son extrême, dans l’horreur de la bêtise où elle peut mener.

 

La littérature de commande, je devrais l'accueillir bras ouverts, j'en suis presque familier. J’ai, pendant des années, écrit des titres (on dit « des accroches »), des textes courts ou très longs, des films de 15 secondes ou 30 minutes pour célébrer des produits, des entreprises, et je n’en ai jamais eu honte. C’était de la pub, c’était bien payé, c’étaient des commandes, c’était même parfois bien écrit. De là à pratiquer la littérature de commande, il y a pour moi un gouffre.

 

À l’époque où je n’écrivais qu’en pur amateur, je n’ai jamais voulu participer aux concours de nouvelles dont le thème impliquait une vision idéologique (« L’amitié entre les peuples », etc.). Je m’en sentais incapable, car je n'aime pas qu'on me dise où est le bien et le mal, j'aime encore moins qu'on me dise de le dire. J’aime trop que les méchants soient sympa ou que les braves gens soient des salauds. Je ne veux pas montrer mes personnages en modèles. Je ne me vois pas prendre commande d'un texte supposé défendre une position  politique, idéologique, ou simplement morale, qui ne serait pas la mienne. J'en ai déjà si peu.

Et quand c'est la mienne ? A mon retour de Thaïlande, j’ai voulu écrire une nouvelle sur la prostitution des très jeunes filles, tant la vision de Pattaya m’avait révolté. Elle sera d’ailleurs dans mon prochain recueil (Qui comme Ulysse). Mais il m’a été très difficile d’en accoucher : j’ai eu besoin d’ambiguïté pour mieux dénoncer. En l’écrivant, je me suis souvent demandé ce qu’elle serait devenue si une O.N.G. m’avait commandé ce sujet. Elle aurait sans doute été plus clairement engagée, mais moins convaincante.

 

Et voilà que je tombe, dans le blog de Stéphane Laurent, sur une passionnante interview de Sylvain Rossignol par Stéphane, et toutes mes convictions vacillent. Sylvain Rossignol est un auteur de talent, dont j’ai déjà croisé les textes. Il vient d’écrire un livre Notre usine est un roman  commandé, oui, commandé, en juin 2006 par les salariés d'une usine pharmaceutique qui venait de fermer. Et soudain, je me suis senti très jaloux. J’aurais aimé travailler sur un tel sujet. J’aurais aimé avoir le talent pour mener à bien ce chantier ; je ne crois pas que j’aurais réussi. Je suis très vexé, voilà que mes convictions me quittent à la première tentation.

Lisez cette interview, vous en apprécierez la sincérité, l’intérêt. Elle va au fond du sujet.

http://st-phanelaurent.over-blog.com/article-19424020.html

 

Et vous, que pensez-vous de la littérature de commande ? Je dis bien DE COMMANDE, je ne parle pas de littérature militante. Je classerai à part les commentaires hors sujet.

Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo georgesf  

 

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Lundi 19 mai 2008

 Je reviens enchanté du Festival du Premier Roman (Chambéry). Enchanté comme les 13 autres auteurs français, et comme les 4 étrangers. Enchanté parce que nous sommes tous vainqueurs (j’avais mal compris le principe de ce festival) : il n’y avait pas de premier prix, ni de médailles en nougatine  Le trophée, c'était de faire partie des 14 invités. Et cette absence de compétition a créé une formidable ambiance, et facilité les échanges.

Comment expliquer ce Festival ? Le plus simple est de le faire dans l’ordre des découvertes et émotions.

C’est d’abord très valorisant d’y être invité. Très doux  pour l’ego inassouvi. Pouvoir se dire que son premier roman fait partie des 14 meilleurs parmi les 300 ou 500 de l’année (je n’ai pas pu savoir quel était finalement le bon chiffre). 14 romans *sélectionnés par un jury, par des comités de lecture qui, depuis quinze ans, ont toujours eu le nez subtil pour butiner dans la floraison des éditeurs : il n’y a pas de grands noms qui leur ait échappé. Le mien reste petit, mais ça rassure.

Ensuite le plaisir de se découvrir entre auteurs, d’âges différents, d’éditeurs différents, de genres littéraires différents (j’étais le seul dans la mouvance ironique), de renommées déjà différentes. Pas de compétition, pas de couteaux sortis ou cachés, on était là pour parler littérature (voir liste plus bas). Ou de plein d’autres choses.

Très vite l’impression d’un partage plus large : toute la ville et même la région sont mobilisées autour de l’événement. Les rencontres sont multiples, qui nous permettent de discuter avec des publics très différents, des publics qui ont lu nos œuvres avec une attention qui va très loin. On va, à Chambéry et dans la région, d’une bibliothèque à un club de lecture, d’un amphi de lycée à une petite classe de primaire ou à un dîner avec des lectrices. Sans oublier le grand auditorium où, pendant toute une soirée, nous avons tous été présentés au grand public . J’ai aussi participé à une rencontre dans un hôpital spécialisé et en centre de détention (expérience impressionnante). Et toujours, chez les interlocuteurs, cette avidité de lecture, ce besoin d’en savoir plus.

Les organisateurs, les bénévoles, n'aiment pas seulement les livres, ils aiment les auteurs. Ils se sont comportés pendant quatre jours en amis prévenants, attentifs. Ils ont compté pour beaucoup dans la création de ce climat d'euphorie. C'est agréable, cette sensation de se sentir aimés, certains salons pourraient en prendre de la graine.
 
En fin de séjour, le regret de quitter des amis, parmi les auteurs, parmi les organisateurs. Oui, je sais, c’est un cliché, mais c’est quand même vrai. L’impression d’être devenu écrivain ? Oh, je n’irais pas jusque là. Mais l’impression de faire partie d’une bande d’écrivains, oui, je le confesse.

Je souhaite à tous les jeunes auteurs, à tous les primo-parturients, de pouvoir être un jour invités à Chambéry.

Je me relis : pas une once de méchanceté ou d’ironie dans ce billet. Ca m’inquiète : les aurais-je oubliées à Chambéry ? Je vais les glisser ci-dessous dans le deuxième **.

* José, de Richard Andrieux. La Boîte à orages, de Christophe Bouquerel. Perla, de Frédéric Brun. Vermicelle au pays des sourds, de Caroline Capossela. Je suis morte et je n’ai rien appris, de Solenn Colleter. Le Vertige des auteurs, de Georges Flipo. L’Obscur, de Jeanne Labrune. Le Cœur cousu, de Carole Martinez. Les inattendus, de Eva Kristina Mindszenti, La Donation, de Florence Noiville. Le Cœur des enfants léopards, de Wilfrid N’Sondé. Bleu poussière, de Jennifer D. Richard. La Princesse et le pêcheur, de Minh Tran Huy. La dernière sonate de l’hiver, de Béatrice Wilmos. Sans oublier les auteurs étrangers : Berta Tabor (La pértiga del funambulista), Luigi Cojazzi (Alluminio), Emma Braslavsky (Aus dem sinn), et Héléna Marienské (Le degré suprême de la tendresse).

**  Au moment où l’on me présente, sur la scène, la lumière du projecteur tombe sur moi et m’éblouit, la voix ironique de Xavier Houssin l’animateur de la soirée (salut Xavier !) m’interpelle sur ma vocation d’écrivain, silence respectueux dans la salle, et soudain, panique : j’ai l’impression de revivre très exactement la tragique séquence, la presque dernière, du Vertige des auteurs, celle où Sylvain Vasseur ouvre enfin les yeux, face aux caméras, sur la vacuité de sa vocation. Croa, croa, le héros revenait se poser sur mon épaule.

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Mercredi 14 mai 2008

 

 Ce lundi 12 est une journée historique : pour la première fois, la barre des 100 visiteurs uniques a été franchie sur ce blog. Vous vous rendez compte ? 101 personnes, des vraies personnes, sont venues me lire, alors que je n’avais écrit que des platitudes bougonnes.  Il y a un mois, quand je venais de créer ce blog, il n'y en avait que 31. C’est l’effet Lundi de Pentecôte. Désormais, toutes les journées où, sur ce blog, le cap des 100 visiteurs uniques sera franchi seront décrétées jours fériés.
     Les requêtes par lesquelles on arrive sur ce blog m’apportent d’inépuisables bonheurs. Aujourd’hui : « Lumière d’août, Etude Faulkner ». Je ne veux décevoir aucun de mes 101 visiteurs uniques :  c’est promis, après l’interview d’Ellroy, donnée au Club Méditerranée d’un pays de l’Est (voir épisodes précédents), j’écrirai une étude sur Faulkner à la lumière d’août.
     J’ai reçu ce soir un mail très émouvant : celui d’une jeune femme, bientôt enseignante. Il y a trois ans, c’est elle, en stage au Castor Astral, qui a fait une fiche de lecture très positive sur le manuscrit du « Vertige des auteurs » et l’a recommandé à la lecture de J.Y. Reuzeau. Elle a complètement quitté le monde de l’édition, elle vient de découvrir que Le vertige des auteurs a été publié. Quelle tristesse de la voir partir vers l’enseignement ! Faut-il que l’édition fasse peur pour qu’on lui préfère la jungle des collèges !
     A propos de jungle, le Vertige des auteurs part jeudi en finale du Prix du premier roman où il fraiera avec treize autres meilleurs premiers romans de l’année . Il en est tellement intimidé que je vais l’accompagner. Quatre jours sans visiteurs du blog, ce sera terriblement long. Mais quatre jours avec des lecteurs qui m’auront lu, c’est un plaisir qui me fait rougir d’aise. Voulez-vous des renseignements sur ce Festival du premier roman à Chambéry ? C’est ici. Les quatorze finalistes ne sont pas des tâcherons, ce sera très intéressant. Là, j’accepte d’avance toute défaite honorable. Et même toute victoire.
     J’ai commencé les corrections sur le recueil « Qui comme Ulysse ». Ça se passe bien : je découvre que chaque nouvelle est perfectible, même après des mois de re-lecture.
     Les secrets que nous cachent les people ? Je ne les connais pas, par définition. Mais comme, à chaque création de billet, je dois cliquer sur « autres » dans les référencements thématiques du logiciel over-blog, j’ai voulu changer un peu, et cliquer sur « people ». Pour ne décevoir personne, j’ai donc traité le sujet people. Avec un peu de légèreté, comme tout le monde.

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Lundi 12 mai 2008

 

Deux leçons d’humilité cette semaine. Une bonne et une mauvaise.

 La mauvaise est déjà derrière moi, je l’ai laissée à Nîmes : cette fois encore, je rentre du Prix Hemingway les mains vides, comme les autres finalistes. Et consterné comme eux ? Je ne m'autorise pas à parler en leur nom.
 C’était le premier prix littéraire auquel je participais cette année, et je n’en envisage que deux autres. En couronnant un texte, le jury donne toujours un modèle, qu’il le veuille ou non. Quand on est défait à un concours ou à un prix littéraire, il faut toujours lire le texte du gagnant, sans haine et sans chagrin. Il faut le lire en se disant : « C’est cela qu’il fallait écrire pour gagner ». Et il faut se demander : « Ai-je envie d’écrire comme cela ? En suis-je capable ? ». Dans le cas présent, la réponse est double : oui, j’en suis capable, la chose m’aurait  demandé une heure ou deux. Mais non, je n’ai aucune envie d’écrire comme ça. Aucune. Je n’aime pas les textes reposant sur des artifices. Surtout quand les artifices craquent de partout. 
Si
je suis un jour tenté d'écrire comme ça, j'arrête et je me fais torero.

 La bonne, ce sera le début des corrections du manuscrit de mon prochain recueil de nouvelles « Qui comme Ulysse », chez Anne Carrière. La correction du manuscrit peut constituer un moment difficile pour l’ego d’un auteur, quand il est confronté aux interrogations que son texte peut susciter. La réponse la plus simple, presque primale est le classique « C’est mon style ! ». Réponse idiote : le style n’est pas destiné à repousser le lecteur, à rendre sa lecture désagréable. Un style peut se travailler.

Une bonne correctrice, c'est une chance, pour un auteur. Certaines maisons s'en privent, et c'est une perte pour elles, pour leurs auteurs, pour leurs lecteurs. Les corrections, ce sont des interrogations que l’on pointe du doigt. L’auteur n’est pas obligé de SE corriger, car c’est lui qui en décide, sauf quand l’erreur est flagrante, indiscutable. Dans beaucoup de cas, la correction est une occasion de porter plus haut un texte existant. Et, j’insiste sur ce point, de le porter plus haut sans le dénaturer. J’ai relu il y a peu de temps les nouvelles de La Diablada : j’ai été incapable de repérer les phrases que l’on m’avait demandé de modifier. Les corrections, c'est le peaufinage du tableau avant de passer le vernis.

Tous les auteurs ont en tête la fameuse réponse de Céline, à qui son éditeur avait proposé quelques modifications sur son « Voyage au bout de la nuit » : « Pas une virgule ! Vous n’y toucherez pas une virgule ! ». Mais tous les auteurs ne sont pas Céline. Et, tout bien réfléchi, il y a des passages du Voyage d’une qualité inférieure, moins rythmés, je dirais presque poussifs. Ce sont sans doute ces passages-là que le correcteur proposait de revoir.  

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Jeudi 8 mai 2008
 
 

Bon, ça commence bien : la première partie de ma lumineuse conférence a fait exploser le compteur des visites, avec pourtant un nombre de commentaires resté calme. C’est bien la preuve que c’est si neuf, si intéressant, qu’il n’y  a plus rien à dire ensuite. Avant non plus : si les visiteurs sont venus si nombreux, c’est que les 22.890 réponses apportées sur Google leur ont paru bien légères. Et Sartre, hein ? Même Sartre. Si je le mets sur cette page, c’est par simple déférence, mais il laisse apparemment sur leur faim des milliers de lecteurs. Futurs bacheliers, ne cherchez plus. Appuyez sur "ctrl + P", cachez la feuille dans votre manche de chemise, et vous êtes sauvés si le sujet de cette année est :

Qu’est-ce que la littérature ?


Je ne vais pas chercher tout seul de définition visant à l’universel, je suis bien trop individualiste. Je ne vais pas non plus commencer à piocher dans Google, à faire du copié-collé, c’est bien, mais pour les étudiants. Je donne juste ma perception, très personnelle, sujette à débats, et vous l’accrocherez où bon vous semble. Disons que c'est le point de vue qui me guide quand je me demande : " Est-ce que j'ai fait de la littérature ? " Je me le demande tout le temps quand j’écris. C’est dire si je n’en suis pas sûr. 

 Qu’est-ce que la littérature ?

 C’est d’abord un travail. J'en bave, surtout quand ça paraît facilement écrit. Les textes pondus en « cadavre exquis » sont amusants, mais ce n’est pas de la création. Ce doit même être un travail gravement accompli. Rimbaud qui jouait les gamins surdoués avait raison de citer Baudelaire : "II y a dans le mot, dans le verbe, quelque chose de sacré qui nous défend d'en faire un jeu de hasard. Manier savamment la langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire ». Je n’ai pas cherché cette phrase dans Google, elle m’est chère depuis l’année du bac. La sorcellerie évocatoire, j'y pense chaque fois que je commence une nouvelle, un chapitre de roman. Et tant pis si l'invocation n'attire pas les esprits. 

  
C’est un travail de création. Il y a dans chaque œuvre littéraire un apport de fiction, une vision ajoutée à la réalité. Un constat d’huissier peut être écrit par un académicien, ce ne sera pas de la littérature. En revanche, le récit d’un voyage par Gérard de Nerval, c’est de la littérature. Lisez-le, vous verrez. 

 
C’est un travail qui prétend changer le monde. Ou un tout petit morceau du monde, ne serait-ce que le monde littéraire, ou le changer juste un peu. Ne serait-ce même que la vision de l’auteur (je suis moins ambitieux que Sartre). Chaque œuvre littéraire doit prétendre apporter quelque chose de nouveau, dans les idées ou dans la forme. Si infime soit-ce, si illusoire soit le changement. Un essai de Paul Valéry, c’est de la littérature. Il m'arrive d'être juré dans des concours de nouvelles, et je suis consterné par la quantité de textes qui ne créent rien, qui n'apportent rien. Longue succession de paragraphes déjà vus quelque part, d'idées fortes usées jusqu'à la déchirure par des imaginations faibles. Ou, simplement, accumulation de mots dont on devine celui qui suivra.

 
C’est un travail esthétique.
Il peut y avoir de la beauté partout, même dans la description de l’horreur. Il y a de l’esthétique chez Céline, il y en a dans « Ma petite guerre » de Louis-Paul Boon (Ah, celui-là, qui l’a lu ? C’est pourtant le plus beau roman de guerre que je connaisse. Depuis, je ne veux plus la faire). Il y en a dans Une Charogne, de Baudelaire (oui, encore lui, je sais, mais je n’en ai pas beaucoup d’autres en stock).

Tiens, je vous le donne le début ici, ça remplira : si vous voulez l’intégrale, cliquez ici,  ça en vaut la peine.

 
Une charogne

 
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, 
Ce beau matin d'été si doux: 
Au détour d'un sentier une charogne infâme 
Sur un lit semé de cailloux, 

 
Le ventre en l'air, comme une femme lubrique, 
Brûlante et suant les poisons, 
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique 
Son ventre plein d'exhalaisons. 

 
Le soleil rayonnait sur cette pourriture, 
Comme afin de la cuire à point, 
Et de rendre au centuple à la grande Nature 
Tout ce qu'ensemble elle avait joint; 


 
Et le ciel regardait la carcasse superbe 
Comme une fleur s'épanouir. 
La puanteur était si forte, que sur l'herbe 
Vous crûtes vous évanouir.

 Vous aussi vous vous êtes évanouis ? C’est beau, non ? Le jour où je ponds ça, j’écrase mon disque dur et je jure de ne plus jamais rien écrire. Je me crève les yeux, je me coupe les mains et la langue, et je me laisse mourir de vanité.

  
J’ai été un peu long, mais jusqu’ici, je suis d’accord avec ce que j’écris.
J’ajoute un dernier point, essentiel, qui a été un jour relevé par mon ami Stéphane Laurent (je l'intronise ami, même si je ne l’ai jamais rencontré, il comprendra). La littérature, c’est ce qui va au-delà du récit. Stéphane comparait excellemment l’excitation du nouvelliste débutant, impatient de dérouler son récit, à la précipitation des films pornographiques, qui veulent arriver le plus vite possible au cœur du pitch, si on peut dire.

On touche là à l’âme de la littérature, telle que je la vois : il faut un récit intéressant, mais il n’est qu’un prétexte qui intéressera le lecteur à autre chose. Une vision du monde, ou de l’intérieur d’un personnage, ou la puissance d’évocation du langage.

 
Je ne suis pas un littéraire, mais j’ai eu la chance de découvrir la littérature très jeune. Anecdote déjà relatée sur Mot Compte Double, remarquable blog, bonjour Françoise.
Après m’avoir vu lire avec passion « L’Odyssée » en version pour enfants, reçue à une distribution des prix, mon père m’a proposé la version intégrale (traduite en français, je vous rassure, je ne vais pas vous faire le coup du petit génie).
Je commence à le lire avec encore plus de passion, et je remarque une image récurrente, souvent en tête de chapitre : « Dans son berceau de brume, l’aurore aux doigts de rose… »  Je reviens voir mon père :

-  Papa, qu’est-ce que ça veut dire ?
-  C’est pour décrire le matin.
-  Mais on aurait pu dire simplement le matin ?
-  C’est pour faire plus joli. Ça évoque plus de choses, ce n’est pas juste le matin.

 
Découverte bouleversante, qui m’a marqué pour toujours. On peut évoquer, et pas seulement raconter. On peut joliment ou fortement évoquer. Donc on doit.

J’avais compris ce qu’est la littérature. J’ai été un peu long, j’aurais pu arriver directement à l’anecdote, mais vous auriez pu croire que je ne voulais pas traiter le sujet. Dernière remarque : ce billet n'est pas de la littérature. Il ne dit que ce qu'il a à dire.

 
Ai-je répondu à toutes vos questions ? Eh bien, nous allons maintenant passer au bar et boire ensemble le verre de l’amitié. De l’eau, pour moi. Pas trop forte, je suis fatigué. Ah oui, ce tuba, vous avez raison, j’ai oublié de l’ôter, où ai-je la tête !

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Mardi 6 mai 2008

  N.B. Ce tableau fait l'objet d'un copy-right. Voir en bas de ce billet.

 Qu’est-ce que la littérature ?

 J'ai répondu hier soir à cette question par un magnifique exposé que je croyais être le seul à pouvoir lire jusqu'au bout. Une amie, charitable et littéraire, me signale par mail (merci pour cette délicatesse, qui m'évite toute humitaion publique), me signale, disais-je, que mon billet est beaucoup trop long pour un billet de blog. Je le saucissonne donc en deux billets, pour le rendre moins indigeste. Attention, il ne sera pas plus intelligent pour autant. C'est juste du vécu : pourquoi faudrait-il que le vécu soit intelligent ?

Qu'est-ce que la littérature ? Pourquoi faut-il que ce soit à moi qu'on pose une question aussi indiscrète ?  C’est ma faute, j’ai commis une grave imprudence. J’ai confessé que le polar que je venais d’écrire n’était peut-être pas de la littérature. Aveu d’échec, ou excès d’humilité, mais je l’ai écrit. La prochaine fois, j’écrirai que ce sera de la littérature, je serai tout de suite pardonné.

Mon billet a suscité diverses réactions, sur ce blog et par mail :

Réaction 1. « Mais si, un polar peut être de la littérature ». J’en suis malheureusement bien d’accord. J’avais donné quelques exemples d’auteurs qui avaient réussi à faire le grand écart polar-littérature. On m’en a cité de nombreux autres – certains, je le confesse, m’étaient inconnus. Je m’en suis remémoré quelques ultimes excellents aussi  (Chesterton, par exemple). 
J’en suis d’accord, mais d’autres pas. Dans l’édition, par exemple.

Je vous suggère un test dans cet univers. Pendant le Salon – je ne dis pas « du livre », ça ferait du tort à mon image, voir ici . Je disais donc, allez au Salon, avec un tapuscrit de polar sous le coude. Un bon et vrai polar avec un titre du genre « Les cadavres se mettent à table », et un sous-titre « Roman policier », car on ne sait jamais. Et vous demandez à un interlocuteur à tête de responsable :
-  Bonjour, je voudrais savoir à quel directeur littéraire de la maison je peux proposer ce  manuscrit ?
-   Eh bien (après avoir regardé la couverture du polar), à Monsieur Zwffplzwff.
-  Monsieur Zwffplzwff, il dirige bien le département Littérature ?
À votre avis, lequel des deux va regarder l’autre d’un air inquiet ? Vous voyez ce que je veux dire ?

 
Réaction 2. « Un polar, c’est de la littérature ». Non, pas forcément, là, je n’en démordrai pas, hé, ce serait trop facile : ô auteurs, si vous ne savez pas écrire de romans, écrivez un polar, ce sera de la littérature. Non, non, un polar ce n’est pas forcément de la littérature.


 
Réaction 3. «  Tout livre est par définition de la littérature ». Oui, je connais. Et le mec qui a tagué ma boîte aux lettres peut revenir, tout gribouillage est de la peinture, etc. Désolé, mais je n’accepterai jamais ce postulat, j’ai mes élans démagogiques, mais pas sur des sujets aussi graves. Ou alors, il faut trouver un autre mot pour distinguer ce qui est écrit par Borges de ce qui est écrit par Arthur.   


 
4. Enfin, réaction/question ultime « Et d’abord, qu’est-ce que la littérature ? » Là, je reste bouche bée, car j’ai manqué des cours. Je n’ai fait aucune fac de lettres, j’ai toujours lu sans ordre ni méthodes, je sais juste faire semblant d’avoir lu et aimé quelques auteurs indispensables (voulez-vous que je vous parle de l’œuvre complète de Jane Austen ?)

En clair, je ne suis pas un littéraire, j’ai d’ailleurs commencé à écrire tard et par hasard, et à la suite d’un pari. Ça a marché, j’ai continué (« marcher » pour moi, c’est écrire des livres qui trouvent preneurs chez les éditeurs et bon accueil chez les critiques et blogueurs). Mais je ne suis pas un littéraire. J’en garde d’ailleurs un délicieux sentiment d’imposture.

 Qu’est-ce que la littérature ? Je croyais que la question était résolue depuis longtemps. Je sais que Sartre est passé par là pour embrouiller les choses, mais il n’y a pas que lui : tapez Qu’est-ce que la littérature ? et  vous trouverez quand même 228.000 réponses sur Google, et ça ne vous suffit pas ? Des réponses érudites, concoctées en congrès par des tas d’agrégés qui avaient tout lu sur le sujet (peut-être un peu comme moi avec Jane Austen ? Allez savoir…).  À quoi bon écrire une 228.001ème  page, personne ne la lira.

Alors, qu’est-ce que la littérature ?

Je vais quand même répondre, mais ce sera dans la prochaine chronique. Je reviens.

 PS : Si vous aimez le tableau qui illustre ce billet, vous avez bien raison. Ne l'importez pas, ne le copiez pas, les droits sont réservés. Vous pouvez le regarder, mais sans respirer trop bruyamment. Il s’appelle « L’inspiration ». Il aurait pu s'appeler "Qu'est-ce que la littérature ? "Cliquez ici pour accéder au site-galerie de l’artiste (c'est un peu long à ouvrir,  c'est de la peinture, pas du baratin). 

par Georges Flipo publié dans : Actualité littéraire, vos ??? et vos !!!
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Mardi 6 mai 2008

Désolé, pas de chronique aujourd'hui, pas même de réponse à vos commentaires si sympa, je suis en plongée.
Je dois faire face à une légère accélération de planning.
Je me suis levé à 5h45, les oiseaux chantaient, mais pas moi. Je ne chante jamais en bossant, encore moins quand je suis en plongée. Le tuba qui émerge du flot de dossiers et documents, c'est moi.
Quand la chose sera rendue, je m'occuperai de littérature. Je dirai ce que j'en pense. C'est dire si ce sera extraordinaire.
J'écrirai tard s'il le faut, mais j'écrirai le message sur la littérature après lequel plus aucun message sur la littérature ne sera possible. Vous pourrez dire plus tard "J'y étais".
A demain, si vous le voulez bien. 

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