Je ne participe quasiment plus aux concours de nouvelles, qui constituent pourtant un agréable revenu d’appoint quand on les prépare sérieusement. Ces concours m’ont beaucoup apporté quand je débutais, il y a quelques années, mais il me paraît normal de laisser la place aux nouveaux venus dans ce petit monde.
La situation est assez curieuse : ces concours sont souvent considérés comme destinés aux amateurs, et leur permettent de faire lire leurs travaux de façon délicieusement anonyme par des lecteurs attentifs qui parfois les couronneront. Mais les lauréats de ces concours sont fréquemment les mêmes, et les plus goulus peuvent y devenir de vrais professionnels, gagnant plus que beaucoup d’auteurs publiés. J’en parle par expérience, et d’autres excellents auteurs maintenant édités y ont vendangé de plus belles grappes que les miennes.
Il est pourtant un prix littéraire auquel je continue à participer régulièrement, c’est le Prix Hemingway. Il a plusieurs particularités :
1. C’est le concours de nouvelles le mieux doté en France : 4.000 euros au vainqueur.
2. Il attire beaucoup d’auteurs publiés : cette année, 90 participants, puis 20 finalistes, dont 18 sont des auteurs publiés. Le point 1 explique-t-il le point 2 ? Attendez d’avoir lu le point 3.
3. Le thème des nouvelles est chaque année le même : la corrida.
4. Le recueil des nouvelles finalistes est chaque fois d’excellente qualité. On y a vu passer des plumes telles que Pierre Bordage, Jean-Paul Didierlaurent, Magali Duru, Françoise Guérin, Antoine Martin, Céline Robinet. Je mets par ordre alphabétique, et je m’y glisse d’ailleurs avec délice entre Magali Duru et Françoise Guérin. Les auteurs sont rémunérés : cela me paie les homards du début des vacances, à chaque participation.
Ce Prix a été créée par Marion Mazauric, fondatrice des Editions du Diable Vauvert, et fana de corrida. Quand vous verrez entrer dans l’arène les alguazils à la corrida de la feria, regardez bien
la cavalière sur le cheval gris pommelé, c’est Marion.
Faut-il être fana de corrida pour participer ? Non, et c’est une autre caractéristique de ce prix. La liberté de pensée va, chez les jurés, jusqu’à la liberté de penser contre. Certains des textes primés ne sont nullement des hymnes à la corrida. Dans chacune de mes nouvelles taurines, le toro sort de l’arène indemne, et cela donne des nouvelles qui plaisent au jury. Je n’ai pas fait exprès, c’est maintenant que je le remarque. Je préfère occire les homards plutôt que les toros.
Je serai, comme lors des éditions précédentes, présent pour les différentes opérations d’animation littéraires prévues du 8 au 12 mai, pendant toute la feria de Nîmes. Peut-être y rencontrerai-je certains des passants de ce blog. Prenez-contact avec moi par mail.
En attendant, allez faire un tour sur la page du site du Diable Vauvert qui présente ces
animations :
http://avocatsdudiable.free.fr/ph_anim.htm
L’animation qui m’intéresse le plus se passera dans l’arène, le vendredi soir. Mais ce ne sera pas une corrida, ce sera la remise des prix. Un vainqueur, dix-neuf battus. Si c’était une corrida, le vainqueur sortirait avec 19 banderilles plantées dans l’échine.




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