Actualité brûlante

Salons prévus...

Plus de salons prévus jusqu'à nouvel ordre. Ce n'est pas que je les boude, mais je ne dois pas me fatiguer. Parce que, si, si, rester assis, écouter et signer, c'est épuisant.


Avant d'entrer ou de sortir

Pour une lecture plus structurée, cliquez juste en dessous : pavé "pages" ou pavé "catégories".

Pour des informations pérennes, impitoyablement classées, allez faire un saut sur mon site d'auteur

Il vient d'être entièrement remanié. Tout y est très beau, très chic. Même le chien.

(Excellente) présentation

Recherche

Des attaches et des liens

Des blogs que je fréquente souvent ou parfois, mais avec plaisir, sans forcément y laisser de commentaires, des blogs dont le tenancier vient parfois faire un coucou en dessous de mes billets, des blogs qui aiguillent vers le mien, des blogs qui ont donné un coup de pouce à un ou plusieurs de mes livres, tout cela crée des liens.

Si vous pensez que votre absence dans cette liste est un scandale, faites un scandale. Ou, plus simple, faites-moi signe.

-------
813
Actu du noir (Jean-Marc Laherrère)
Actualitte.com, Nicolas
Alex (Mot à mots)
Amanda Meyre
Annick Dor
Antigone (Les écrits d’Antigone)
Armande 22,  Les livres-bonheur
Aude (Mots dits)
Balmeyer
Biblioblog (Laurence)
BibliObs
Bibliophagie (Sybilline)
Bibliosurf
Biffures chroniques
Blog de Thomas Clément
Bloghotel
Blog-o-book
Boojum
Bookingdom
Bric à book, Leiloona
Brigit Hache
BSC News
C’était demain, Dominique Boudou
Cabinet de curiosités d’Eric Poindron
Cafebook (Emma)
Calipso,
Calibre 47 (Claude Mesplède)
Calou, L’Ivre de lectures
Carnet de lectures
Carnets de Pierre
Carnets de sel (Essel)
Caro[line] 5ème de couverture, 
Catherine (La culture se partage)
Cathulu
Chaperlipopette
Chez Lo
Chiffonnette
Chimère (A livre ouvert)
Choupynette (Y'a d'la joie)
Chroniques littéraires
Clair et net
Clarinesse (L'œil du vent)
Claude Le Nocher
Clopin-clopant (Clopine)  
Comme dans un livre
Cozop
Critico-blog
CulturesFrance
Cunéipage (Cuné)
Daniel Fattore
Danielle, Maux d’auteurs
Dasola
De livres en livres
Digressions (Joseph Vebret)
Ecrivains-voyageurs
Eireann (Yvon)
Eloah (À lire, à croquer)
Emmanuelle Urien
En lisant, en voyageant, (Keisha)
Encres vagabondes, Patricia Châtel
Enna lit, Enna vit
Eric Fouassier
Espaces, CNES
Eulalie
Evene
Extra-ball, (Dorham)
Fabelire
Fabula Bovarya,
Flof 13 (Lire et délires)
Florinette, Les lectures de Florinette,
Fluctuat.net
Forum A vos plumes
Forum Tir Na N’Og et Cie
Frédérique Martin
Gaëlle Pingault
Géothèque
Géraldine (Les coups de cœur)
Gwenaelle (Skriban)
Happy Few, Fashion Victim
Hautefort, club Littérature
Hebdo des notes,
Indications
Initiales
Interlignage
Jean Calbrix
Journal  d’une lectrice (Papillon)
Kalistina
Kathel, Lettres exprès
Kheops
La bibliothèque du dolmen
La caverne d'Ankya
La cuisine des mots (Ciorane)
La Factory
La liseuse (au fil de mes lectures)
La Mère Castor
La Péniche.net ( Bureau des Arts de Sc. Po )
La pile à lire d'Hécléa
La plume et le citoyen
La Revue Littéraire (Blog Leo Scheer)
La scribouillarde
La tête dans les pages
Labyrinthes avec vue
Le bibliomane
Le blog d’Ameleia,
Le goût des livres (Aifelle)
Le retour de l'être aimé
Le Scribe
Lechoixdesbibliothécaires
Lecture & Ecriture
Lectures et autres (Sylvie)
Leo Scheer (La revue littéraire)
Les chroniques de Mandor
Les jardins d’Hélène
Les lectures de Martine,
Les livres de l'Arrajou
Les penchants du roseau
Levraoueg (La tourneuse de pages)
Librairie des voyageurs, Les 5 continents.
Lignes de fuite
L'île, la petite île
Lili (Des livres et moi)
Liliba
Lily et ses livres
Lire et délires (Flof13)
Litote en tête
Livres pour vous
Livres et Cinéma (Yohann)
Lou, My Loubook 
LVE, Lire Voir Entendre
Lyvres (Yv)
Magali Duru
Maïté Bernard (sur Bibliosurf)
Malice
Manu Causse
Marc Sefaris
Mary's colors
Maud et les mots
Mercedes G.F.
Mes lectures (Phil)
Mille et une pages (Stephie)
Miss Orchidée 
Monde du livre.com,
Mot Compte Double (Françoise Guérin)
Mots en bouche
N.U.L.L.E., Erzebeth
Nicolas Ancion
Nuit blanche
Obiwi
Oceanicus in folio
One big day
Pages à pages
Parfum de livres
Pascal, Le disque 
Pickendorf (Qui hodie agisti)
Pimprenelle
Posuto
Pralineries (Pralines)
Pr'Ose (Emma Bovary)
Prudence
Quichottine,
Quoi de 9 Cécile ?
Roseau
Rue des Livres
Salondulivre.net
Saxaoul
Scriptural (Schlabaya)
Serial lecteur
Site de Brigitte Niquet
Stéphane Laurent
Sylire
Tamara (Tamacultire)
Thaïs, Arc-en-ciel, 
Turquoise (Un moment Turquoise)
Valérie (Un fil à la page)
Vers Minuit, Franck Garot
Voyage au bout de la lettre (Pitou)
Voyager, lire (Cryssilda)
Yves Mabon, Prix Orange du Livre
Zoé Lucider
Zoridae

Copinage éhonté.

Voici une rubrique dans laquelle je présente des livres écrits par des auteurs avec lesquels j'entretiens d'amicales relations. Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'emplacement publicitaire. C'est beaucoup plus honorable, c'est du copinage. Les livres présentés dans cette rubrique ne seront pas toujours les mêmes : à défaut de renouveler mes copains, mes amis, mes relations, je vais renouveler leurs parutions.


Livre-Magali-Duru.jpgLe tout dernier de Magali Duru

tous-nos-petits-morceaux.jpg

      Le tout dernier d'Emmanuelle Urien

Fouad.jpg

Dominique-Guerin.jpg

 

Quatre carnages..

 

 

 

  Teignes

 

 

 

 

Un escarpin de soie bleue

 

 

Est-ce ainsi

Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 15:36

 Rappel préalable : dans cette chronique, je réponds aux requêtes Google par lesquelles certains visiteurs débarquent sur ce blog.

Nombre d’entre elles sont du type « Je veux faire publier mon roman » ou « Comment se faire éditer » chez Gallimard, Grasset, Le Seuil, Albin Michel, Flammarion, Actes Sud et quelques autres.

Si vraiment vous voulez vous faire éditer, allez faire un tour sur mon site,  ou sur les archives de ce blog

Vous y trouverez des conseils concrets et sérieux pour les auteurs désirant transformer un bon manuscrit en bon livre publié. Votre projet n’a rien d’insensé, même si vous n’avez pas de relations dans l’édition, même si vous n’habitez pas Saint-Germain-des-Prés, même si vous ne sortez pas de Normale Sup. L’important, c’est d’avoir un bon manuscrit, un peu de persistance et d'humilité. Plus un zeste de chance.

Et si vous voulez savoir comment ça se passe quand on veut se faire éditer et quand on y parvient, je vous suggère de lire « Le Vertige des auteurs », publié chez Le Castor Astral. Ce roman n’est pas autobiographique – même si j’en suis l’auteur, mais il est, hélas, assez bien documenté. Les retours de lecture des candidats à l’édition me l’ont confirmé. C’est quand même un vrai roman : il a été co-lauréat du Festival du premier roman et a raté d’une voix le Grand Prix de l’Humour noir.

Plus de renseignements sur mon site    ou sur ce blog    

 

  Ouverture de la neuvième Chambre des requêtes

  visu chambre des requêtes

     

Nous rappelons que toutes les requêtes sont citées dans leur formulation et leur orthographe d’origine.

 

 

Huissiers, faites entrer les requérants !

 

Requête : « on est inséparable »

Et vous venez toute seule pour me dire ça ? Sans même un petit pluriel ? Je ne veux pas vous inquiéter, ma brave dame, mais c’est mal parti. Attendez, restez, restez : vous faites quelque chose ce soir ?

 

Requête : « quand ils ont cassé leur ficelle »   

Quand ils ont cassé leur ficelle, euh...attendez, je vais trouver... « Quand ils ont cassé leur ficelle, les strings ne savent plus à quoi se raccrocher ? » C’est ça que vous vouliez me faire dire ? C'est moi le plus drôle, non ? Qu’est-ce que je gagne ?

 

Requête : « palme académique mauve  »

C’est très gentil à vous, mais je la préfèrerais en bleu ciel, et une seule ne suffira pas. Les palmes, je veux les palmes !

 

Requête : « ceci n'est pas une pipe une blague »

Ha, ha, ha, elle est bien bonne, elle est fumante ! Eh, huissier, psst, venez que je vous cause en catimini : vous avez compris, vous ? Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?

  

Requête : « qelle sont les autres écrivain qui écris antigone »

Vous voulez vraiment les lire ? Je ne veux pas jouer les rabat-joie, mais... Puisque vous y tenez, vous notez ? Sophocle, Anouilh, Brecht...  comment, qu’est-ce que ça raconte ? Ah, il faudrait aussi que je les lise ? Il n’en est pas question, je suis écrivain, je ne lis que mes oeuvres.

 

Requête : « aurait il une librairie de manga a chatellerault »  

Je n’ai pas l’adresse en tête, mais je sais y aller. Vous voyez, la grande avenue, celle qui part de la gare, non, pas celle-là, l’autre, avec des arbres. Vous la descendez, vous tournez dans la rue, après le café à gauche. Ou à droite, vous verrez bien. Quand vous aurez dépassé la boîte aux lettres, vous tournez juste après la vieille 2 CV, vous voyez ? Comment, il n’y a plus de 2 CV ? Moi, la dernière fois que j’ai acheté un manga, elle y était. C’était l’année avant celle où j’ai eu une crevaison de vélo... ou peu après, je ne sais plus, ce n’est pas grave, j’ai l’impression que vous ne m’écoutez plus. Ils sont comme ça, les lecteurs de manga, ils veulent du facile, de l’immédiat. Ah, je me souviens, c’était à Château-Thierry, pas à Châtellerault. Non, non, c'était au métro Château-Rouge.

  

Requête : « lettre d'accompagnement manuscrit georges flipo »  

Vous allez offrir à l’être aimé un manuscrit de Georges Flipo ? Mon conseil, c’est de ne pas l’envoyer, ça a trop de valeur. Portez-le vous même à l'objet de vos désirs. Tendez le livre, tendez aussi les lèvres et venez recevoir votre récompense.

 

Requête : « que risque ulysse si il écouter les chant des sirènes »  

Plouf. Au suivant !

 

Requête : « écrire un roman est difficile »  

Et le lire, mon pauvre vieux ! Et le lire ! Surtout quand on l’a écrit.

 

Requête : « je c'est écrire plutôt »  

Oui, je aussi moi pareil. Plutôt.

 

Requête : « listes de mauvais écrivains »  

C’est très gênant, ce que vous me demandez là, ce sont d’estimables concurrents, presque des collègues, nous finirons même par devenir amis.  Surtout s’ils sont jurés de prix littéraires.

 

Requête : « photo de chien zakouski »  

Ah, c’est idiot, vous seriez venue dix minutes plus tôt, il était là, dans mon assiette. Vous auriez pu la prendre tranquillement, votre photo. Il reste des olives et des crevettes. Je sais, en photo c'est moins bien, mais c’est plus goûtu. Plus léger, surtout.   

 

 

Requête : « je veux ecrire un texte puis l imprimer sur l hodi »  

J’ai confiance, vous y arriverez. C’est très impressionnant, j’assiste en direct à la naissance d’un écrivain.

 

 Requête : « pub actuel (monsieur je vous masse le pied »  

Bon, puisque vous y tenez, passez sous mon bureau et soyez discret.  

 

Requête : « la tendresse.. qu'est-ce que c'est exactement »  

Vous avez raison, l’important, c’est de savoir e-xac-te-ment. Moi, je le sais, mais je ne vais pas vous l’expliquer. Vous avez une tête à ne pas comprendre e-xac-te-ment. Comment, je vous prends pour un naze ? Oui monsieur, e-xac-te-ment.  

 

Requête : « juste pour vous rappeler »  

Vous avez très bien fait, merci. J’ai failli l’oublier. Attendez, revenez, je ne me souviens plus : qu’est-ce que j’ai failli oublier ?

 

Requête : « j'ai gagné un concours de nouvelles »   

Vous êtes absolument extraordinaire. Prodigieux. Permettez que je me prosterne pour vous baiser les pieds. Oh, ils sont un peu enflés, là, au niveau de la cheville. Et encore, ce n’est rien, attendez d’être devenu écrivain, et alors là, vous verrez.

 

Requête : « femme écriture »   

Femme écriture, mari vaisselle, oui, je sais, c’est dur. Mais c’est comme ça, il ne fallait pas épouser une femme écriture.

 

Requête : « merci pour vos soutien »   

Je vous en prie, madame, c’était volontiers. Vous êtes la vingtième à venir me le dire ce mois-ci, merci pour ce soutien, Georges ! Wouah, soutien-georges, qu’est-ce que je suis drôle, vous ne trouvez pas ?

 

Requête :  « je suis en passe de changer »   

Vous vous rendez compte, mesdames et messieurs de l’assistance, cette demoiselle est en passe de changer ! Qui aurait cru ça d’elle, hein ? Vous avez eu le courage d’en faire état devant cette immense assistance, il n’y a plus qu’à.

   

Requête : «  je veux lire les pensés des grand s'ecrivains du monde »  

Et vous voulez commencer par moi ? Je suis très ému. Eh bien, allez-y, lisez, lisez. Comment, c’est illisible ? C’est normal, puisque je suis un grand écrivain.

 

Requête : « éditeur manuscrit approche directe wrath »   

Allez-y, allez-y, ce sera très amusant, j’en suis sûr. Hi, hi, lui demander des conseils pour vous faire éditer ! C’est comme si vous demandiez des conseils de coiffure à Harry Roselmack.

 

Requête : «non non ce n'est pas pile ou face. quoi qu'il arrive c'est par moi que tout doit arriver analyse   »   

Bon, puisque c’est par vous que ça doit arriver, je vous laisse analyser, mon ami. Huissiers, accompagnez monsieur en salle d’analyse.

 

Requête : « qui a peint ces tableaux ?  vous le saurez à la fin ... (ne trichez pas !!)  »   

Très amusant, votre petit jeu. Vous surestimez la probité des visiteurs de ce blog. Regardez, ça y est, ils sont tous partis. Comment, où ça ? Mais à la fin, bien sûr.

 

Requête : «corrigé : lire un roman, c'est faire l'effort d'entrer dans un univers différent. qu'apporte cette démarche ? »   

Oh, le vilain tricheur, je vais vous dénoncer à votre professeur de français. Ah, le professeur de français, c’est vous ! Bon, je vais vous dénoncer au Ministre de l’Education nationale. Ah, c’est lui qui vous a posé la question ! Eh bien, tant pis, je vais le dénoncer... ah, c’était pour aider le... Lui-même ? Bon que Sa Seigneurie vienne me voir. J’en profiterai pour lui demander les palmes académiques.  

 

Requête :  « images gratuites des coupe de champagne  »   

Parfait. Et moi, chère madame, j’ai les images gratuites de caviar et de homard : nous allons pouvoir commencer notre petite fête. J'ai même une image gratuite de violons tziganes.

   

Requête : « dimanche au lit  »  

C’est une excellente idée, justement, je ne savais pas quoi faire. J’y vais de ce pas. Huissiers, veuillez tirer les rideaux de ce lit à baldaquin et m’y porter. Huissiers ! Huissiers ? Mais où sont-ils ? Ah, eux aussi, dimanche au lit ! Bon, puisqu’il en est ainsi, allez tous passer dimanche au lit, l’audience est close. Ah, avant de vous coucher, pensez à faire le tour de vos blogs préférés pour signaler cette chronique : un peu plus de visiteurs, ça me remontera le moral.


 

 

L'audience est close.

Fermeture de la neuvième Chambre des requêtes

Par Georges F. - Publié dans : Chambre des requêtes
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 15:04

Assez plaisanté, assez d'histoires de commissaire, de meurtres, de régimes et de tentations de la chair.

Assez de gaudriole.

Dans deux jours, nous reviendrons à des sujets plus sérieux : dimanche, à une heure indéterminée, ouverture d'une nouvelle Chambre des Requêtes.

Ne sachant que mettre pour illustrer une chronique aussi grave, je vous propose ce magnifique calendrier de la poste. Les petits animaux de l'image, ce sont des cafards. Les cafards sont des animaux comme les autres, ils ont droit, eux aussi, aux honneurs du calendrier.

Je remercie Dame Schlabaya d'avoir attiré mon attention sur ces méritantes petites bêtes en quête d'amour.

calendrier-cafards.jpg

Par Georges F. - Publié dans : Mon site, ce blog, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 10:41

 

Club-couv.jpgIl y a dans les milieux de l’édition une certaine malédiction qui plane. Je ne sais pas si elle plane au-dessus des auteurs quand ils écrivent, mais elle plane dans les dîners quand on parle d’eux. [ Nota : je n’ai pas ajouté « en ville » en mentionnant les dîners. Je n’ai jamais su pourquoi il fallait que les dîners où l’on cause se passent en ville. J’en ai fait d’excellents, savoureux et jacassiers, à la campagne, notamment sur la pelouse, sous mon pommier, les soirs d’été à Cabourg. ]

 

C’est la malédiction

du deuxième livre...

[ Cette typo est du Chiller, elle est supposée faire trembler. Mais je m’éloigne du sujet ]« Son premier roman était bien, mais son deuxième... ». Le deuxième est toujours très attendu et n’est jamais ce qu’on attend. S’il innove, on lui reprochera de se trahir (lisez les critiques sur le nouveau roman de Tristan Garcia « Ah bah non, ce n’est même plus historique »). S’il poursuit dans la même veine, on critiquera le déjà vu, l’épuisement de l’inspiration. Et l’on ajoutera, sourire en coin, « c’était son deuxième, ce sera son second ».

 

Jusqu’alors, je ne m’étais jamais posé la question.

 

Quand j’ai publié mon deuxième recueil (L’Étage de Dieu), il n’avait rien à voir avec le premier (La Diablada), puisqu’il était thématique : toutes les nouvelles étaient ancrées dans l’entreprise. J’avais simplement gardé le ton des nouvelles les plus caustiques. Cela ne l’a pas empêché de faire une honnête carrière (le tirage est épuisé).

 

Quand j’ai publié mon second roman ( Le film va faire un malheur ), j’ai gardé les mêmes partis pris que dans Le vertige des auteurs, mon premier : le long plongeon du héros, l’écriture compassionnelle et sarcastique, mais avec un cadre différent (le milieu de la publicité et du cinéma), des caractères très différents (deux héros que tout oppose), et un récit beaucoup plus riche en rebondissements. Les trois quarts des lecteurs ont apprécié, le quatrième n’a pas du tout aimé : il trouvait que je me répétais. L’accueil de la presse, lui, a été abondant et flatteur, plus que pour le premier.

 

Et quand il s’agit de mon deuxième roman policier ?

 

Jusqu’où fallait-il s’éloigner de « La commissaire n’aime point les vers ? ».

 

Je me suis constamment posé la question. J’ai évidemment gardé le héros, et plus précisément l’héroïne [ Tiens, pourquoi doit-on écrire LE héros, et non pas l’héros, alors qu’on écrit L’ héroïne et non pas LA héroïne ? La langue française n’est pas cartésienne. D’ailleurs, Descartes lui-même n’était guère cartésien – on reparlera, mais ailleurs ; ici, on s’éloigne du sujet ].

 

J’ai donc gardé la commissaire Viviane Lancier, telle qu’elle était, avec son mauvais caractère, ses appétits, ses frustrations sexuelles, sa hiérarchie, sa façon d’avancer dans l’enquête en pataugeant, ses relations complexes avec son lieutenant (là, je ne vous en dis pas plus, il y  aura une surprise). Je l’ai un peu épaissie (il ne lui manquait plus que ça) en la parant de quelques souvenirs d’adolescence.

 

Et je l’ai surtout changée de décor. Je l’ai emmenée dans un club de vacances, très loin de son commissariat : dans l’île de Rhodes. Elle y sera commissaire, mais anonyme. Elle devra enquêter avoir le droit de garde à vue : pas de scandales, « surtout pas de troubles à l’ordre public, vous m’entendez Viviane ». Facile à dire, car on y meurt beaucoup, pas très joliment. Et tout le monde a de très bonnes raisons de tuer.

 

L’intrigue paraît bien carrée au début, puis devient complexe. Je l’avais beaucoup travaillée mais je l’ai un peu modifiée en cours d’écriture. Un peu simplifiée, puis complexifiée. Je n’y suis pour rien, ce sont les personnages qui veulent ça. On les décrit, on les fait parler, puis on se rend compte que leur rôle ne leur convient pas. Dans ce cas, je préfère changer le rôle que le personnage.

 

Cette intrigue, je l’ai longuement construite avant d’écrire le deuxième paragraphe : le premier, je l’avais déjà. D’ailleurs, en le lisant, vous direz peut-être : le premier paragraphe était bien, c’est le deuxième que j’ai trouvé décevant. Et les suivants. Je vous préviens, il y en a 2.096.

 

Je vous rassure : il paraît que ça se lit bien. J’en ai déjà vendu 1.000  exemplaires avant même sa sortie. Vantardise d’auteur ? Non, non. Je vous raconterai ça plus tard.

 

Voici la quatrième de couverture, un peu plus lisible. Vous me l'avez demandé si gentiment...

 

club quatrième de couve

 

Par Georges F. - Publié dans : "La commissaire n'a point l'esprit club"
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 09:49

Me re-voici. Je sors d'un hôpital réputé pour ses compétences en chirurgie cardiaque. J'y suis entré avec de gros pépins qui nécessitaient une intervention lourde, à coeur ouvert, et un changement d'une partie de la plomberie. J'en suis sorti en pleine forme. Il n'y a pas eu d'intervention : les examens pré-opératoire ont montré que les pépins n'étaient pas si gros qu'on le croyait. En tout cas, ils ne nécessitaient pas d'intervention immédiate.

 

" Ah, voilà un bon sujet de nouvelles pour toi ! " m'ont dit mes amis.

 

Ils ont raison, ce serait un beau sujet. Et même plusieurs. L'histoire d'un type qui, se découvrant moins amoindri qu'il ne le craignait, se sent soudain tellement en forme qu'il en fait trop. Retour à la case départ. Ou l'histoire d'un type qui part à l'hôpital, très fier de sa future intervention dont il a parlé à tout son entourage. Et qui en sort piteux quand il apprend que l'opération ne s'impose pas. Il se vexe quand on ne lui pose pas de questions sur sa santé. Ou plein d'autres sujets qui m'assaillent, le temps d'en parler. De beaux sujets, permettant de beaux portraits, de beaux récits bien documentés. Je les aurais écrits avec une jolie image affichée sur mon mur, au-dessus de mon PC. Une image comme celle-ci :

Coeur-humain.jpg

 

Je ne crois pas que je vais les écrire. Ce n'est pas que ce soit gênant, mais ça me gêne. Il y a des sujets que je n'ose pas traiter, peut-être par respect pour ceux qui les vivent sans littérature, les malades comme le personnel médical. Ca leur ferait mal. Je veux bien être féroce, mais je ne veux pas être méchant.

 

Pour être complètement sincère, j'avais un point de vue différent lorsque j'écrivais le billet précédent. Ce séjour, et surtout cette intervention, me faisaient peur : cinq heures, à coeur ouvert, tant d'impedimenta peuvent se produire (allez tout de suite voir "impedimenta" dans le dictionnaire, ça vous servira pour la lecture de "La commissaire n'a point l'esprit club"). Alors, pour me rassurer, pour me consoler, je me disais que ce séjour allait être très utile : en un mois, j'allais pouvoir observer, questionner, noter. J'allais amasser suffisamment de documentation pour écrire une prochaine enquête de la commissaire en milieu hospitalier cardiaque, j'avais déjà le titre : "La commissaire n'a point le coeur à ça".

 

Une fois sur place, quand je suis passé du coro-scanner à l'échographie cardiaque, de l'EFR à la radio du thorax, j'ai trouvé ça de moins en moins intéressant. Un peu trop palpitant.

 

Il va falloir que je trouve autre chose. Mais peut-être aurai-je moins de délicatesse dans quelques mois, quand je serai à court d'idées pour mon prochain recueil.

 

P.S. Pour ceux qui se plaignent de la quatrième de couv illisible que je montrais dans un billet précédent, vos appels ont été entendus : dans le prochain billet, je publierai une couv et une quatrième de couv tellement belles que vous ne voudrez rien lire d'autre.

 

 

Par Georges F. - Publié dans : Mon site, ce blog, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 21:21

Finalement, j'ai trouvé plus facile de laisser ici quelques nouvelles.  Des nouvelles et des nouvelles.

 

Des nouvelles de « La commissaire n’aime point les vers ».

 

Couverture 600 L La commissaire...vers,C’était mon premier roman policier : j’appréhendais son entrée dans ce rayon de librairie différent du précédent, sa lecture par des critiques plus spécialisés. Étais-je légitime dans ce monde qui ne m’avait pas attendu ?

Globalement, le bilan est bon.

L’accueil dans les blogs littéraires a été chaleureux, à quelques exceptions près (restez, Schlabaya, restez, tout est pardonné). Ces blogs ont, à eux seuls, compensé le relatif silence des médias. Merci à chacun et chacune des tenanciers de blog, aux chacunes surtout (bien plus nombreuses). Par contre, de beaux et grands titres médias qui, jusqu’ici, m’avaient fait la grâce d’élogieuses critiques m’ont, cette fois-ci, ignoré – peut-être parce que ce ne sont pas les mêmes journalistes qui prennent la parole quand il s’agit d’un roman policier. D’autres m’ont fait le bonheur de belles chroniques.

 

Le résultat a été plus que positif : il semble que les records de « Qui comme Ulysse » aient été battus par ma commissaire.

« La commissaire n’aime point les vers » a été légitimé comme « vrai roman policier » dès son entrée : le roman a été finaliste de plusieurs bons prix littéraires spécialisés en policier. Mais il n’en a gagné aucun. C’est comme ça : ce qui a vraiment de la valeur n’a pas de prix.

 

Il a gagné mieux : le roman ne plaît pas seulement en France, mais à l’étranger. Il fait l’objet de quatre traductions : italien, américain, allemand, et russe. J’irai l’an prochain à Milan, New-York, Berlin et Moscou pour poser devant la vitrine du libraire. Et pour voir comment l’on a traduit le sulfureux poème.

 

Je suis tellement heureux de tout ça que j’ai offert de belles vacances à la commissaire.

Ça, des vacances ? N’allez pas en parler à la commissaire, elle en garde un trouble souvenir. Lisez là dessous.

 

Et bientôt des nouvelles de « La commissaire n’a point l’esprit club ».

 

commissaire-club.jpgCe roman sortira le 3 mars. J’espère être de retour pour être son premier acheteur à 10 h 01 à la Fnac, et pour dire au chef de rayon « On m’en a dit grand bien, vous l’avez lu ? ». Ça ne trompe personne, tous les auteurs lui font le même coup, mais ça me fait du bien. Petites joies futiles, petits bonheurs d’auteur bêtement fier de son enfançon.

 

Rien ne vous empêche d’aller faire la même chose à partir de 10 h 02. Pour vous aider à le trouver sur la table des nouveautés, voici la couverture. Et même la quatrième de couverture.

 

C’est tout pour aujourd’hui. Et pour un moment. Vous me manquez déjà.

Par Georges F. - Publié dans : "La commissaire n'a point l'esprit club"
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 12:55

 Hôpital silence

 

Voilà, vous avez compris : au moment où ce blog retrouve son souffle, c'est le tenancier qui perd le sien. Pour être plus précis, ce blog va s'offrir une séquence de silence.  Séquence imprévue et imposée.

 

Je vais bientôt revenir vous parler de la commissaire, de mes écritures et de mes lectures, de l'actualité littéraire ou artistique, de tout ce qui me tombe sur le clavier, c'est promis. Je le ferai d'un coeur joyeux. Disons même d'un coeur tout neuf.

 

Dimanche, je déposerai une chronique pour occuper le terrain en mon absence. Je compte sur vous pour la fleurir de vos commentaires, ou même pour parler de n'importe quoi dans les limites de ce que le législateur autorise et de ce que la civilité suggère, bref pour mettre un peu d'ambiance. Cela me fera plaisir à mon retour. C'est bien beau,  le silence, mais c'est vite effrayant.

 

klaxon-interdit.jpg

Par Georges F. - Publié dans : Mon site, ce blog, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 14:51

Blanchard-vernissage-.jpg

 

Le 3 mars est un jour à marquer d'une esperluette :

 

- à 10 heures du matin, le jeudi 3 mars, donc dans quatre semaines, commencera la mise en place, dans toutes les bonnes librairies et même dans les mauvaises (je ne sais pas pourquoi l'on ne leur donne jamais leur chance, les pauvres), la mise en place, disais-je, de mon nouveau roman "La commissaire n'a point l'esprit club" (La Table Ronde).

 

J'avais prévu de vous en parler abondamment sur ce blog, d'ici là, mais je crains que ce ne soit impossible. Le plus simple est que vous le lisiez.  Bon, c'est peut-être un peu trop simple, écrivez aussi, dans votre blog ou dans celui des autres : je serai heureux d'en trouver quelques critiques sur la planète blog.  Cela me fera du bien, vous saurez prochainement pourquoi.

 

& ...

Et, quelques heures plus tard, en apothéose de ce même 3 mars, aura lieu à Paris le vernissage de l'exposition du sculpteur Gilles Blanchard. Gilles Blanchard est l'auteur de la sculpture qui figure en couverture de mon recueil Qui comme Ulysse. Il a eu l'élégance de créer cette sculpture ad hoc, regardez comme c'est beau. Toute son oeuvre est une invitation au voyage, ce thème le fascine et l'obsède. Quand on voit le résultat, on a envie d'avoir ses obsessions. Et son talent.

 

Si vous êtes à Paris ce soir-là, plutôt que de vous embêter ou d'aller claquer 10 euros au cinéma, allez donc à ce vernissage : c''est à la galerie Images de fer, tout en haut de la rue de Seine, juste avant le fleuve du même nom. Allez-y de ma part, émerveillez-vous devant ses étranges machines et ses voyageurs transportés par leurs rêves, et dites à Gilles Blanchard que j'ai une grande admiration pour ses créations. Je le lui ai déjà avoué mais, dit par vous, ce sera plus convaincant. Vous y rencontrerez des tas de gens très bien. Vous trouverez une invitation sur son blog, en rubrique "Quelques nouvelles" (http://www.gillesblanchard-artiste.com/)

 

Des tas de gens très bien, mais pas moi : ce jour-là, je ne serai pas très bien, je ne serai ni dans les librairies ni dans les galeries. Mais je penserai à vous, à Viviane Lancier, à Augustin Monot, à Gilles Blanchard.

 

Si, vous non plus, vous n'êtes pas à Paris, je vous montre ci-dessous quelques-unes de ses oeuvres : vous pourrez en parler sans les avoir vraiment vues. En revanche, ne parlez pas de mon prochain livre sans l'avoir lu, ça ne marchera pas : il y aura une question piège très simple pour repérer les imposteurs. Tiens, je ne sais pourquoi, il n'y a pas de féminin pour "imposteur".

 

C'est tout pour aujourd'hui.

 

Ah si ! Pour ceux qui, après avoir lu mon roman et visité l'expo, persistent à vouloir aller au cinéma, je recommande vivement le film "Même la pluie". Du très beau cinéma. Beau scénario, belle réalisation, bons acteurs, belles images. Que demande le peuple ? Eh bien, justement, dans le film, il demande autre chose.

 

Blanchard-2.jpg

 

 couverture-Qui-comme.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blanchard-3.jpg

Par Georges F. - Publié dans : "La commissaire n'a point l'esprit club"
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 22:08

 éléphant 

Je suis tout ému par le nombre de visites que me vaut le billet précédent concernant les concours de nouvelles. J’avais failli ne pas le publier, tant il me semblait abonder en évidences. Bon, puisque les évidences vous intéressent, en voici quelques autres.

 

Comment gagner plus facilement les concours de nouvelles ?

 

Si vous êtes en début de carrière de concouriste, privilégiez les concours à thème, et jouez ce thème à fond. Vous y remporterez plus facilement des lauriers que dans les concours sans thèmes. Pourquoi ?

- Parce que les serial winners n’ont pas forcément de nouvelle en stock disponible pour le thème proposé. Ils créeront peut-être une nouvelle ad hoc si ce thème les inspire, ou si le concours est très attirant, par son prestige ou par le montant de son prix, mais, dans la plupart des cas, ils déclareront forfait. Ce qui rend le concours plus accessible : on retrouve souvent les mêmes noms dans les palmarès des grands concours sans thème, ce sont des semi-professionnels.

- Parce que, dans la majorité des cas, les autres candidats vont peu ou mal traiter le thème. J’ai été souvent juré de concours, et 50%  des nouvelles que je dépouillais étaient hors sujet. Parfois, le thème était laborieusement emboîté au chausse-pied, mais ça ne trompait pas un juré agacé par deux heures de lecture fastidieuse.

 

Relisez-vous, puis faites-vous relire. Une copie écrite dans une orthographe correcte, dans un style lisible, racontant une histoire compréhensible est aussitôt surcotée, parce que c’est rare. Attention, cette relecture n’est pas si aisée : il faut être auteur aguerri pour repérer ses propres répétitions, ses erreurs de concordances de temps, ses balourdises d’orthographe. En ce dernier domaine, quand j’étais juré, j’avais un principe : à la dixième faute d’orthographe, j’arrêtais la lecture, j’écrivais dans la marge « Pourquoi devrais-je vous lire alors que vous ne voulez pas vous relire ? » et je notais sur ce que j’avais lu. Les correcteurs d’orthographe ne sont pas fait pour les chiens. Il y a aussi le logiciel « Antidote » (Druide), très pratique même s’il n’est pas infaillible.

 

Adoptez une mise en page lisible, ou respectez celle imposée par le règlement. À défaut, des marges verticales de 3,3 cm, et horizontales de 4 cm, avec une typo corps 13, Times ou Arial, interligne 1 ½, c’est très bien. Imprimez-les dans un bel encrage, pour reposer l’oeil du lecteur. Il vous en sera reconnaissant.

 

Ne trichez pas avec le règlement – en tout cas pas trop.  Respectez les contraintes de longueur de texte qui vous sont données, surtout si votre texte est envoyé par mail (il serait alors facile de vérifier sa conformité). En pratique, il m’arrivait de dépasser de 10%. C’est une tolérance acceptable. Au-delà, le dépassement se remarque. Ne pleurez pas si vous êtes éliminé.

 

Si vous disposez déjà d’un bon vivier de nouvelles, allez y pratiquer une pêche intelligente pour trouver la nouvelle la plus adaptable au sujet. Faites l’effort de passer par une vraie adaptation : sachez modifier un personnage, un dialogue, un commentaire, ajouter deux ou trois paragraphes, pour que la nouvelle semble soudain écrite exprès. Calez assez vite dans le texte, si possible dans les deux premières pages, un passage qui indique clairement que le thème est effectivement bien traité. Si cela vient à la page 8, ce sera trop tard, la bienveillance du lecteur sera éteinte.

 

Dans tous les cas, peaufinez votre première page, et peaufinez encore plus votre premier paragraphe : il doit être, plus qu’un échantillon, une version compacte de tout votre style. Peu importe qu’il soit dans le sujet ou hors-sujet, il est là pour faire de l’effet.

 

Avec ces quelques conseils, vous allez certainement monter sur le podium d’un prochain concours, le contraire serait à désespérer. C’est ici que va se jouer la suite de votre carrière :

 

Que faire de votre place sur le podium ?

 

Allez le plus souvent possible aux remises des prix : le but du jeu n’est pas d’écouter le discours du maire-adjoint, c’est toujours le même.

Allez-y pour rencontrer les jurés : ils auront généralement lu votre texte (lu et relu s’il est lauréat), mieux que la plupart des lecteurs, et ils seront prêts à vous en parler, en  bien comme en mal. C’est une occasion de progresser. Plus les reproches que l’on vous fait sont convergents et récurrents, plus vous avez l’occasion de faire un grand bond en avant.

Allez-y pour rencontrer les organisateurs. Ce sont souvent des gens très intéressants, des amoureux de la lecture ou même de l’écriture, des militants passionnés de littérature. Les dîners qu’ils organisent avec les lauréats sont souvent des vrais moments de bonheur. Le dîner de L’Encrier renversé, par exemple.

Allez-y surtout pour rencontrer les autres lauréats. Lisez leur texte avant ou pendant la remise des prix, parlez-en avec eux : vous allez y nouer des amitiés formidables. Pas à tous les coups, ce ne serait pas drôle. Mais de grandes amitiés littéraires, belles et durables.

Si vous êtes fauché, n’hésitez pas à le faire gentiment savoir aux organisateurs : ils feront peut-être un effort pour vous payer les frais de déplacement et pour vous héberger.

 

Cela dit, il arrive aussi que les remises de prix soient consternantes, que le buffet soit indigent, qu’il n’y ait même pas assez de cacahuètes humides et de vin aigre pour tout le monde, que les auteurs présents vous jettent des regards torves et vous tiennent des propos fielleux. Pour éviter cela, je recommande Maux d’auteur qui tient une rubrique spécialisée « Racontez vos remises de prix »  Chez Tir Na N’Og, il y a aussi un Grrrand fichier des concours riche en expériences vécues, mais pas forcément récentes.

 

Que faire de votre nouvelle lauréate ?

 

Déposez-la négligemment sur la table basse de votre séjour, en laissant traîner à côté le magnifique diplôme qu’on vous aura remis, et invitez beaucoup d’amis durant le mois qui suit. Il y aura certainement quelques convives assez polis pour vous adresser une remarque admirative. Il vous suffit alors de grogner « Oh, excuse-moi, la maison est encore en désordre, je rentre tout juste de la remise des prix... ». Mais là, vous n’avez pas besoin de moi, vous le faites déjà.

 

Peut-on recycler une nouvelle lauréate dans d’autres concours ? Oui, mais sans tricher.

 

- Si le règlement précise « réservé aux nouvelles non-publiées », soyez strict : une nouvelle publiée, c’est une nouvelle parue dans un recueil portant au dos un code ISBN. Si elle a été publiée par les organisateurs en micro-édition reliée serpentin, ça ne compte pas. Pour éviter tout déboire, je m’opposais toujours à la publication de mes nouvelles primées, sauf si le règlement m’y obligeait.

 

- De même, si le règlement précise « interdit aux nouvelles primées », soyez vigilant : une nouvelle primée, c’est une nouvelle qui a reçu un prix ou une prime. Si elle a fini deuxième d’un grand concours, sans prix spécial du jury, sans chèque de consolation, elle a encore le droit de concourir.

 

Cas particulier : la nouvelle récrite. Partons d'un exemple concret. Avant de gagner le Prix Pégase, ma nouvelle « La partie des petits saints » avait eu une vie antérieure. Elle avait existé dans une version bien plus longue, beaucoup plus axée sur les échecs. Elle s’appelait alors « L’errance de la dame blanche ». Sous cette forme, elle avait fini deuxième au Prix Albertine Sarrazin (seul concours, avec le Prix Hemingway, à être classé comme Prix littéraire). À la suite de cet échec, j’ai amplement remanié cette nouvelle, et l’ai allégée d’un bon tiers. Je lui ai alors donné un nouveau nom, pour fêter cette rénovation et la distinguer de l’ébauche précédente, tout autre motif relevant du procès d'intention. 

À partir de quand une nouvelle peut-elle être considérée comme vraiment différente d’une ancienne version ? C’est surtout une affaire de conscience : en trichant effrontément, on perdrait l’estime des autres nouvellistes, ce qui est encore plus grave que de perdre un concours.

 

C’est tout pour aujourd’hui. Si vous avez d’autres questions ou remarques sur les concours de nouvelles, posez et déposez,  j’en tirerai peut-être un troisième billet. Rien ne se perd, dans les cuisines de mon blog.

 

 

 

Je voudrais ajouter que j’ai été enchanté des commentaires reçus à propos du billet précédent : j’ai vu revenir des noms familiers de concours et surtout de concouristes, j’ai eu l’impression de revenir à la belle époque. Je me croyais à la remise des prix du Grand Concours de nouvelles de Saint-Julien-les-deux-cailloux. Il ne nous manquait que l’assiette souvenir gravée aux armes du Conseil Général.

 

Par Georges F. - Publié dans : Actualité littéraire, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 18:45

  MD-et-GF-Vivement-dimanche.jpg

 

Quels concours de nouvelles choisir ? Gagner des concours de nouvelles, est-ce que cela facilite les entrées chez les éditeurs ? Les concours de nouvelles sont-ils truqués ? Ce sont quelques-unes des requêtes par lesquelles je vois arriver des visiteurs sur ce blog. Je prends ces requêtes au sérieux : je n’ai même pas la vilenie de les utiliser pour la Chambre des requêtes.

 

Je les prends au sérieux car j’ai une grande gratitude envers les concours de nouvelles. Sans eux, je n’aurais jamais eu l’idée stupide de me lancer dans l’écriture. Sans eux, je n’aurais jamais eu l’effronterie d’envoyer un recueil ni fait ni à faire (La Diablada) aux éditeurs, alors que j’avais le profil-type du looser fantasmé du côté de chez Wrath : je n’avais pas de formation littéraire, je n’avais aucun autre réseau que mes copains de vélo, je vivais dans une ville de banlieue et je ne savais même pas que le Quartier latin était le repère de la plupart des éditeurs. Certes, toutes mes amies vous diront que j’avais un physique irrésistible, mais je le cachais sous des cheveux hirsutes et grisonnants.

 

J’ai commencé à écrire deux nouvelles, en été 2002, pour un concours local (Espace Icare) dont le règlement était affiché à l’entrée de la bibliothèque municipale. Un concours peu connu, mais qui avait précédemment couronné Anna Gavalda à l’époque où, amateur, elle écrivait de bonnes choses. Un antécédent pareil, ça encourage. J’ai continué à écrire quelques autres nouvelles et à les envoyer aux concours que je dénichais sur internet. Elles ont généralement été bien accueillies. Lors de remises de prix, j’ai rencontré des écrivains (Serge Brussolo, Henri Vernes, Grégoire Pollet) qui m’ont incité à publier. J’ai cru que c’était facile, j’ai envoyé un recueil à un paquet d’éditeurs moyens et grands. Anne Carrière m’a dit oui. Le temps que ce premier recueil, puis un second, soient publiés, j’ai participé à beaucoup de concours de nouvelles (près de 150), j’en ai perdu plus que j’en ai gagné, et j’en garde, dans tous les cas, de très bons souvenirs. J’ai ensuite cessé de participer, étant devenu vraiment professionnel, mais je regrette cette époque de fraîcheur, d’enthousiasme, d’innocence.

Fin de la parenthèse ; c’était pourtant l’époque où je me suis senti le plus écrivain.

 

Je relis ces paragraphes, et j’ai l’impression d’être chez Michel Drucker. Je vais bientôt lui parler de mon chat. En attendant, je parle des concours de nouvelles, puisque je crois avoir quelque expérience en ce domaine. Il y a 4 idées toutes faites qui circulent sur les blogs, je m’y arrête :

 

1. Les succès dans les concours de nouvelles aident les auteurs à entrer chez les éditeurs.

Non mais un peu oui.

 

La plupart des éditeurs ne sont pas plus intéressés par les concours de nouvelles que par les tournois de scrabble. C’est un monde qui leur est étranger, ils ne pourraient en citer un seul.

Peut-être parce que la qualité demandée pour être lauréat d’un concours est inférieure à celle demandée pour être publié. Une preuve ? Mes nouvelles lauréates ont toutes été sévèrement corrigées avant de recevoir la griffe Anne Carrière.

Cela dit, on entrera plus aisément chez les éditeurs si l’on est serial winner des concours : plus on en gagne, plus on apprend à ne pas avoir peur de l’originalité, à la mettre en valeur par le peaufinage de l'écriture. Plus on en gagne, plus on prend confiance : on assume plus de bons risques dans le choix du registre, dans la personnalisation du style.

 

2. Il y a près de 200 concours de nouvelles pour auteurs francophones. On n’a pas de repères pour distinguer les bons des foireux.

Si, mais on met du temps à les trouver.

Les frais de participation ? Ce n’est pas parce qu’un concours est gratuit qu’il est plus estimable. Il est normal qu’un concours demande une petite participation aux frais, de 5, 10 ou même 15 euros Au-delà, soyez prudents : il y  a de vraies arnaques dans ce petit monde. Notamment les concours qui demandent une première participation, puis une seconde pour les finalistes, puis une troisième pour impression du recueil des finalistes, et il y a pire...

Le nombre de participants ? Les concours qui, chaque année, attirent plusieurs centaines de participants sont presque toujours bons, on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Mais pas forcément bons pour vous : certains ont des goûts bien précis en matière de rédaction. Il existe aussi d’excellents petits concours à 50 participants, notamment dans leurs premières années.

La qualité des textes lauréats ? C’est LE critère par excellence. Les textes vainqueurs sont souvent publiés sur sites. Lisez, et posez-vous la question : « Si c’est ça qu’il faut écrire pour gagner, ai-je vraiment envie de gagner ? »

Le montant des prix ? C’est un critère qui m’était cher (l’écriture me nourrissait mieux comme amateur que comme professionnel). Mais je connais d’excellents concours où l’on ne gagne rien. Et je connais des concours richement dotés qui couronnent des nouvelles lamentables (Prix de la Nouvelle gourmande de Périgueux, par exemple. Pouah !)

Le bouche-à-oreille. En ce domaine, les meilleures bouches sont celles des serial winners des concours. On les repère vite dans les palmarès. N’hésitez pas à leur écrire pour leur demander conseil. C’est ce que j’ai fait à mes débuts : j’ai envoyé un mail à la chère Emmanuelle Urien qui m’a répondu avec une confiance déraisonnable. Merci, Emmanuelle.

Les expériences vécues des participants. Vous en trouverez notamment sur trois forums bien connus :

Tir Na N’Og : http://tnncie.aceboard.fr/244406-2798-0-concours-nouvelles-contes-autres-recits-courts.htm

Maux d’auteurs : http://mda.xooit.com/f20-COIN-CONCOURS.htm

Bonnes Nouvelles : http://www.bonnesnouvelles.net/lesconcoursdenouvelles.htm

 

 

À ce propos, je recommande un nouveau concours qui démarre, le Prix Thierry Jonquet. Ce concours a tout pour lui, notamment les compétences littéraires des organisateurs. Allez donc voir sur : http://toulouse.polars.du.sud.over-blog.com c’est du sérieux, et c’est animé par une association réputée. Il faut simplement aimer écrire du noir ou du policier.

 

 

 

3. Les concours de nouvelles sont souvent truqués.

Non, non, enfin... presque toujours non.

C’est une légende entretenue par les perdants. Les concours sont presque toujours dépouillés et notés dans l’anonymat, par un système de code qui marche très bien. J’ai souvent été juré, je peux en témoigner. C’est une fois le classement fixé que l’on dévoile les noms des lauréats. Il y a parfois de bonnes surprises, notamment quand on voit surgir un inconnu.

Cela dit, il y a quand même quelques concours qui ont une étrange propension à couronner les régionaux de l’étape pour être sûrs de les avoir à la remise des prix. Comment font-ils pour les repérer ?

 

4. Les résultats des concours de nouvelles, c’est à relativiser.

Oui, oh que oui !

Vous perdez, vous gagnez ? Ne vous prenez pas tout de suite pour un moins que rien, ni pour un plus que tous. On peut gagner des concours avec de mauvais textes (ça m’est arrivé), on peut en perdre avec d’excellents (ça m’est arrivé – enfin, je dis excellents, c’est moi qui le dis).

Une même nouvelle peut être massacrée dans un petit concours, puis glorifiée dans le suivant (Ma nouvelle La Diablada a fini 36ème sur 42 à Montrouge avant d’être 1ère sur quelques centaines à Bruxelles (je ne suis pas sûr du nombre, je mets quelques centaines pour me vanter).

Une bonne nouvelle peut être blackboulée partout, c’est qu’elle n’est pas faite pour les concours : parmi mes préférées, « Et l’ange passa » et « Le Parfum des profondeurs » (publiées in La Diablada) et l’Étage de Dieu (in recueil éponyme) n’ont jamais rien gagné, et ce n’est pas faute de les avoir présentées.

Les résultats des concours de nouvelles commencent à devenir significatifs s’ils sont répétés, positivement ou négativement, dans plusieurs concours, avec des textes différents. 

 

A votre disposition pour d'autres questions sur ce sujet. 

 

Bon, cher Michel Drucker, vous m’aviez posé une question sur mon chat... 

 

Par Georges F. - Publié dans : Divers, vos ??? et vos !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 17:03

Et opus fit *

 

Et-opus-fit-OK-Jipeg.jpg

 

 

Et opus fit. C’est le titre du tableau qui trône au-dessus de ce billet. Le rapace qui y figure se donne des airs glorieux : il est supposé symboliser l’auteur qui tient dans ses serres le tapuscrit définitif encore chaud.

 

Idéalement, il aurait fallu l’intituler « Fiat opus ! Et opus fit. », ce qui fait encore plus littéraire, plus biblique qu’en français (« Que l’œuvre soit ! Et l’œuvre fut » )

 

Mais la chose eût été mensongère, il n’y a pas eu de « Que l’œuvre soit ! », pas plus que d'habitude. On ne se souvient jamais du moment où l’on décide que l’oeuvre sera. Ce n’est souvent qu’un vague projet, une idée confuse, un embryon parmi d’autres, ou même un simple spermatozoïde qui surnage dans un flot paresseux, un dossier de PC qu’on ouvre et qu'on perd dans les profondeurs du disque dur, quelques notes que l’on jette sur le clavier, une ou deux belles phrases auxquelles on tient infiniment, à partir desquelles on écrit quelques chapitres... dans lesquels on finira souvent par supprimer ces belles phrases.

 

Pour mon tout dernier roman, à paraître dans six semaines, j’avais tant de points de départ que l’œuvre devait être ; c'était son destin. Il y avait :

 - la première phrase, extraite d’une nouvelle que j’avais écrite pour l’émission « Les Petits Polars » (France Bleu, Radio France),

- un titre annoncé depuis février 2010 « La commissaire n’a point l’esprit club »,

- un poète en petite musique du roman : cette fois-ci, c’était Apollinaire. Je m'étais arrêté sur Alcools, la commissaire aussi. Mais le lieutenant Monot avait une préférence pour les Poèmes à Lou, plus érotisants, et la  commissaire l'a suivi.

- un cadre : un club de vacances plutôt bas de gamme

 - une tension : la commissaire exposée aux troubles de la chair et des corps exposés au soleil. Et je ne parle pas de celui de son lieutenant.

J’avais fait le plus dur, il n’y avait plus qu’à l’écrire.

 

Il m’a fallu huit mois pour accoucher de cette nouvelle enquête de la commissaire Viviane Lancier.

 En gros :

- six semaines pour pondre l’intrigue très détaillée.

- une semaine pour me documenter : je suis vraiment allé dans un club de vacances, dans l’île de Rhodes.

- une semaine pour m’en remettre.

- onze semaines de travail très intensif (très, très, avec lever chaque matin à 4 h ou 5 h) pour écrire un premier jet.

- quatre semaines pour absorber les merveilleux et impitoyables commentaires de deux lectrices et d'un lecteur - je je ne les remercierai jamais assez -  puis ceux de mon éditeur.

- puis onze nouvelles semaines pour le corriger, modifier l’intrigue, le re-corriger.

J’ai recompté, il manque une semaine quelque part. Ce devait être la semaine où j’ai pleuré sur ma condition d’auteur.

 

Il reste maintenant à souhaiter que cette nouvelle enquête ait un aussi beau destin que la précédente. J’aurai bientôt quelques belles nouvelles à vous annoncer à ce sujet.

 

En attendant, et opus fit, et je ne sais plus quoi faire. Je vais essayer les sudoku.

 

 

 * Ce tableau avait été créé pour servir de couverture à mon premier roman « Le Vertige des auteurs ». Mon éditeur, Le Castor Astral, a eu le mauvais goût de le refuser et l'a remplacé par une pitoyable pochade qui dévalorise le contenu.

Le tableau « Et opus fit » est resté accroché au-dessus de mon bureau : il m’a été offert par l’artiste Mercedes Gómez-Flipo

« Ah, c’est parent à vous ? ». Oui, c’est même très parent.

Par Georges F. - Publié dans : "La commissaire n'a point l'esprit club"
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés