Contacts privés

Pour vos messages vraiment personnels, mais n'en abusez pas, mon adresse mail est
gflipo "at" wanadoo.fr
"at", en bon français, c'est arobase
.

Recherche

Liens qui valent le clic


Si vous me mettez en lien, merci de le signaler.Je pratique souvent la réciprocité des liens, après visite du blog. Mais je ne m'y engage pas plus que je ne la réclame, et je ne m'y attelle que de temps à autre. Si vous avez disparu de cette liste,après y avoir figuré, c'est peut-être une erreur.  Ecrivez-moi.

Blogs  littéraires

Amanda Meyre 
Anna Blume
Aude
Audrey Parily
Balmeyer
Biblioblog (Laurence)
Calipso
Calou, L'Ivre de lecture
Carnets de sel
Cassiope
Catel
Cathulu
Céline (Enlivrez-vous)
Choupynette
Chiffonnette
Clarabel
Clarinesse
Clopin-clopant
Clopine Trouillefou
Culturofil
Cuné
Daniel Fattore
Danielle
Delphine Kilhoffer
Dominique Boudou
Dominique Poursin
Emma (Cafébook)
Emma Bovary
Emmanuelle Urien
En lisant, en voyageant
Eric Poindron
Extra-ball  (Dorham)
Fashion Victim
Florinette
Françoise Guérin
Goelen
Happy Few
Irène Delse
Isabelle Debruys
Jef
Jules
Katell (Chaperlipopette)
Kro Linh
La tête dans les pages
Le bibliomane
Lecture et écriture
Les jardins d'Hélène
Lettres exprès (Kathel)
Lignes de fuite
Liliba
Lily et ses livres
Litote en tête
Loïs de Murphy
Lou
LVE
Madame de Keravel
Magali Duru
Malice
Manu Causse
Marco
Mot Compte Double
Nouvelle Donne
Papillon
Phil
Pitou
Posuto
Quichottine
Stéphane Laurent
Sylvie
Thaïs
Turquoise
Yvon (Eireann)
Yueyin
Zoridae

Et aussi

Anne (Insatiable lectrice)
Anne-Sophie Demonchy
Beaucoup de bruit pour rien
Bellesahi
Bernie
Bladelire
Camille
Cathe (Routes de l'imaginaire)
Céline (Fluctuat)
cgat
Chimère
Conjuration des livres
Coumarine
Dasola
Doelan
Don Lo
Ecaterina
Emeraude
Eric Chevillard
Ernest Brooms
Gambadou (Fanas de livres)
Hubert Nyssen
J'ai lu (Grominou)
Joëlle Ginoux-Duvivier
Kalistina
Karine
La bibliothèque du dolmen
La liseuse
Lilly
Louis
Loutarwen
Magda
Marianne
Moustafette
Nicolas Ancion
Nina
Philippe Ségur
Pierre Assouline
Stéphanie
Sylire
Sylvette Heurtel
Tamaculture
Yspaddadden

 
Sites d'éditeurs :
Anne Carrière
Le Castor Astral

Au Diable Vauvert
D'un noir si bleu
Quadrature


Blogs et forums littéraires 
A vos plumes
Bonnes nouvelles
Evene
Indications
La Factory
Maux d'auteurs
Rue des Livres
Tir Na N'Og
ZazieWeb


Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Flux RSS des articles

Divers

Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo georgesf
Jeudi 21 août 2008

Ulysse a pris la mer. Écoute, ô Ulysse, le chant des Sirènes !

Circé l'ensorceleuse disait au cher Ulysse (pas le mien, celui d'Homère, il est bien aussi), avant qu'il ne prenne la mer : « Tu devras d’abord passer près des Sirènes. Elles charment tous les mortels qui les approchent. Mais bien fou qui relâche pour entendre leurs chants ! Jamais en son logis, sa femme et ses enfants ne fêtent son retour : car, de leurs fraîches voix, les Sirènes le charment ; et le pré (leur séjour) est bordé d’un rivage tout blanchi s’ossements et de débris humains, dont les chairs se corrompent… Passe sans t’arrêter ! »


Pas fou, l'Ulysse : il a pris le temps d'écouter leur chant, de se laisser charmer. Et il a eu bien raison : le chant des sirènes, ça restera finalement le meilleur moment du voyage. Mon Ulysse à moi fera pareil, alors que les rubriques "livres" des médias commencent à lui chanter des douceurs à l'oreille. Écoute
, écoute, écoute, ô Ulysse, c’est du tout bon. et on ne sait pas ce que ça durera, alors profite ! Tu auras toujours le temps de ramer plus tard.

 


Et ce chant-là, écoute aussi, ô Ulysse :


 

Oui, voici trente-six heures que « Qui comme Ulysse » est sorti. C’est mon quatrième livre, mais c’est toujours aussi exaltant, peut-être un peu plus chaque fois.

 

Je suis allé faire le tour de quelques librairies, quelques Fnac. Oui, pas d’erreur, c’est le bon livre, au bon rayon. On ne l’a rangé ni au rayon spiritualité (J’avais eu la blague pour l’Étage de Dieu), ni au rayon ésotérisme (c’est arrivé pour La Diablada), ni au rayon alpinisme (on m’avait fait croire que c’était arrivé pour le Vertige des auteurs, mes amis sont aussi méchants que moi).

 

Et ce matin, je suis allé chez Anne Carrière, pour continuer les dédicaces des envois aux critiques. C’est un exercice périlleux, ces dédicaces, mais moins que les signatures en salons. Dans les salons du livre, les acheteurs se connaissent parfois, et comparent leurs dédicaces. Ils sont toujours très déçus quand ils découvrent que la dédicace si gentille, si personnelle, à laquelle ils ont eu droit… est la même pour tout le monde. Pour éviter ça, je fais tourner quatre ou cinq dédicaces différentes. Mais j’ai croisé d’authentiques virtuoses: j’ai eu Gonzague Saint Bris pour voisin au salon de Montaigu ; il concocte une dédicace vraiment différente pour chaque admiratrice. Du grand art.

 

Oui, je sais, je m’éloigne du sujet, mais rassurez-vous, j’y reviens. Ulysse aussi a pris quelques chemins de traverse avant d’arriver à Ithaque.

 

Anne et son équipe ont fait un formidable travail d’accompagnement pendant la période de préparation de ce livre (j’en parlerai dans un prochain billet) et je crois qu’il va porter ses fruits. Eh, là-haut, écoute, ô divine Athéna, écoute ton protégé, écoute Ulysse qui t’implore, accompagne-le sur les mers houleuses des médias où feront naufrage plus de 500 livres ce mois de septembre, fais bruire exquisément les blogs sur son passage, guide-le sur les berges des tables « nouveautés » des libraires, porte-le sous l’œil charmé des lecteurs.

Voilà, c’est la fin de la prière à la bienveillante Athéna, la déesse aux yeux pers.

 

Pour fêter ça, j’avais apporté chez Anne… des empanadas et des vins argentins que nous avons dégustés tous ensemble à midi. Exactement comme dans la nouvelle éponyme « Qui comme Ulysse »  j’aime les mises en abyme. C’est ça aussi la vie d’un auteur, et c’est un de ses meilleurs moments.

 

Un autre meilleur moment, c’est celui où l’on découvre les premières critiquesCe pavé du Nouvel Obs,Claire Julliard lui décerne les trois étoiles (« passionnément »), quelques jours après le délicieux billet de Murielle du Brusle dans « Femmes », c'est bon pour le moral, mais ça fait presque peur, c'est trop beau : je sens se réveiller mon vieux complexe d'imposture

 

Surmontons les complexes, il faut que ça dure : il y a 676 romans ou recueils qui ont commencé à débarquer. mais Anne Carrière et son équipe se montrent optimistes. Le plus grave, c’est que c’est contagieux. Merci à tous ceux et celles qui m’ont envoyé leurs encouragements. Et j’espère pouvoir bientôt remercier les blogs qui prendront le relais. Il va falloir que je prépare des phrases émues chaque fois différentes, parce que là, aïe, la comparaison est immédiate.

publié dans : QUI COMME ULYSSE
ajouter un commentaire commentaires (23)    recommander
Mardi 19 août 2008

Il est né, le divin Ulysse. Il débarque sur les tables des libraires.

 

 

Dans trente minutes, ce sera demain. Pour vous, ce sera un jour comme un autre. Pour moi, c’est celui que j’attend depuis six mois : c’est celui où sort mon quatrième livre, « Qui comme Ulysse ». Un recueil de nouvelles, publié chez Anne Carrière, comme le premier « La Diablada ».

Le thème directeur, on le devine en lisant le sous-titre "Nouvelles en partance". Ce sont des histoires de voyages, et plus précisément de voyageurs. Ceux qui me connaissent n’en seront pas surpris. Et ceux qui ne me connaissent pas feront connaissance en le lisant.

 

Comment présenter un recueil de nouvelles quand on en l’auteur ? On ne peut quand même pas si vite en dire du bien, on ne peut pas non plus le résumer en quelques lignes. C’est bien plus difficile que dans le cas d’un roman, elles sont toutes différentes. J’ai donc fait comme pour les salons du livre : j’ai préparé une petite fiche qui présente, sans les raconter, les quatorze nouvelles du recueil.


 
Quoi d’autre ? Le reste ne dépend plus de moi. L’accueil des médias semble prometteur, je vous en parlerai bientôt. Celui des blogs dépendra un peu de vous. Et celui des lecteurs ? Voilà, bonne question : les lecteurs, c’est l’inconnue de l’équation. Sinon, ce serait trop facile.

 

Voici les quatorze nouvelles que vous lirez dans Qui comme Ulysse
(enfin, vous les lirez si vous le voulez bien ; à défaut, lisez ce qui suit, ça vous permettra d'en parler)
 

 Nocturne. C’est une loi statistique : quand un groupe de plus de quinze touristes voyage en Inde, le seizième est toujours un butor. Et le dix-septième ? Et la dix-huitième ?

 Les sources froides. Elle est peintre, vivant à Paris, elle a passé son enfance dans le Nord de l’Argentine et elle y retourne. On lui parle de ce voyage comme d’un retour aux sources. Mais les sources sont froides.

 L’île Sainte-Absence. C’est mon île. C’est pour moi qu’elle se lève chaque matin dans la brume normande. Et j’irai y fêter mes seize ans : pourquoi pleurer quand j’en parle ?

 Qui comme Ulysse. Quand il prépare ses empanadas, Ulises imagine des histoires de Sud-Américains exilés, de nostalgie, de bruits oubliés, d’odeurs absentes, des vagues à l’âme de voyageur avec billet aller simple, toutes ces bêtises que seul un immigré peut comprendre.

 Un éléphant de Pattaya. « Ils arrivent par charters, ils aiment bien notre accueil, la gentillesse des jeunes Thaïlandaises, ils apprécient les massages amicaux » L’expression ravissait Lucky, le guide. Il la ponctuait chaque fois d’un petit rire.

 Confiteria Ideal. Ce soir Yvon va danser au premier étage de la Confiteria Ideal, le temple du tango à Buenos Aires. On y rencontre beaucoup plus de femmes que d’hommes.

 La marche dans le désert. Le président a convié son comité de direction à un séminaire dans le grand sud tunisien. Le temps fort sera une marche de nuit dans le désert. Qui l’aime le suive !

 La partie des petits saints. Dans un village d’Équateur, un Bosniaque, champion d’échecs rencontre un illuminé qui prétend jouer avec l’aide des petits saints du paradis. La partie est inégale, mais si amusante…

 Le voyage vers le frère. Il va enterrer dans les Alpes son frère qu’il n’a jamais connu. Son frère avec qui il a beaucoup de souvenirs non partagés à échanger. Son frère, presque son jumeau, presque lui.

 Une incartade. Elles sont de la bonne société de Meudon, et partent ensemble une fois par an, aux sports d’hiver. Elles ont tant en commun, notamment leur réputation vertueuse.

 Et à l’heure de notre mort. Guillermo était natif de Séville, vicaire à Séville, aficionado à Séville. Il avait reçu du Seigneur ces trois grâces et les vivait en une confusion fervente, même quand il allait en mission au fond du Pérou.

 La route de la soie. Aujourd’hui, c’est le jour du blog de voyage. Bien installé dans son bureau, Joseph va raconter son voyage. Lequel ? La Route de la soie, ce serait bien.

 L’Indifférent. Que m’importe Venise ? Ce qui compte, c’est ce costume, celui de L’Indifférent, peint par Watteau. Je suis l’Indifférent, et c’est au Carnaval de Venise que je vais le montrer

 Rapace. Elena, que je viens retrouver à la frontière bolivienne, ne le sait pas : elle est une proie. Et je suis un rapace. Un nouvelliste qui vient fouailler dans ses malheurs pour y trouver l’inspiration.

 C'est tout pour aujourd'hui. Quelle journée !

publié dans : QUI COMME ULYSSE
ajouter un commentaire commentaires (20)    recommander
Samedi 16 août 2008

 

Un bide, un succès, un bide, un succès. Ah, un bide, aussi !

 

Bide. Cette grande opération de remise des premios du weblog brillante est un bide. Votre modestie, ô passants, me déçoit ! Votre pacifisme aussi. J’attendais un concours de la plus grosse souche apportée au bûcher des vanités, dans un climat de haine, au milieu de salves de fiel. Rien du tout : quelques propos pernicieux, quelques gentillesses. Puisqu’il en est ainsi, je repars avec mes sept diplômes de weblog brillante, je trouverai bien une occasion de les décerner. Tiens, ce pourrait être à l’occasion de la sortie de mon recueil  "Qui comme Ulysse". Le 20 août, je me tue à le répéter.

 

Succès. J’ai lu cet été le Cantique de l’apocalypse joyeuse, d’Arto Paasilinna. Il y a beaucoup de bien à dire de ce roman, et je le garde en réserve pour en faire un billet. Dans l’immédiat, je le recommande sans réserves, notamment pour l’habileté avec laquelle Paasilinna construit (littérairement) une société. C’est un des défis les plus fascinants pour un auteur : construire peu à peu, avec ses personnages, une société, en partant de zéro (je ne parle pas de ceux qui vous la livrent ou vous la font découvrir progressivement, toute construite, comme dans les grands classiques de la science-fiction). Paasilinna s’applique à échafauder, très habilement, (car il faut déposer tous les éléments sur lesquels on pourra ensuite tirer pour faire avancer le roman), une joyeuse société écologiste. Il s’y amuse, car il y a de l’ingénieur et même du démiurge chez cet homme. Et son amusement est contagieux. C’est une des plus belles réussites dans le genre. Les autres ? Je pense à « Tocaïa Grande », de Jorge Amado. Et à « La terre demeure » de George Stewart. 

 

Bide. Je lis « Mansfield Park » de Jane Austen. C’est mon premier roman de Jane Austen. Il y a dans Mansfield Park tout ce que j’aime : des personnages contrastés, une société finement décrite, avec humour et méchanceté, une belle intrigue rapidement déposée, un joli style, travaillé sans que cela ne puisse se voir. Bref, tout pour m’enchanter. Mais le cocktail ne me grise pas. Je le sais bien, je suis le seul coupable : je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas emballé. Je vais, tout piteux, rendre le livre à la médiathèque, et le reprendre dans six mois. Ce doit être une question de saison.

 

Succès : je ne saurais assez vous recommander la lecture du magazine « Femmes ». C’est très réussi, surtout les pages « Le Journal du Livre ». Ce qui est encore plus réussi, c’est cette page 208, la grande colonne. Je l'ai lue, et j'ai bredouillé "Femmes, je vous aime". Pour les lecteurs masculins qui auraient honte de demander « Femmes » à leur libraire (sait-on jamais), voici un lien qui fait plaisir à ouvrir : http://www.femmes.com/culture/lecture/litterature-francaise-aout-2008-5074

 

Bide : il faut que je le perde. Ça devient urgent, je ne rentre plus dans aucun déguisement d’écrivain, et la saison des salons commence. Bon, tant pis, je serai le seul auteur en bermudas et en débardeur (orange, si vous me cherchez ; je vais peut-être m’en acheter un noir, ou un kaki, pour faire quand même un peu plus écrivain).

publié dans : Actualité littéraire, vos ??? et vos !!!
ajouter un commentaire commentaires (12)    recommander
Mercredi 13 août 2008

Vanitas vanitatum ! Brigeannté !
Le plus dur reste à faire. Grrrand concours, c'est à vous de jouer.  

 


Moi qui ai ouvert ce blog pour tailler plus hardiment ma piste vers les honneurs, je commençais à désespérer : je voyais bien les ampoules aux mains, mais toujours pas les honneurs.

 

Enfin, justice est faite ! Me voici consacré par le prrrestigieux label « Blog brillant ». Je préfère le dire en espagnol, ça fait plus prestigieux : Weblog Brillante. Premio 2008. Avec l’accent argentin, c’est plus joli, on prononce brigeannté. Les gens demandent : « Mais vous avez l’accent portègne, vous êtes de là-bas ? ». Et je réponds « Moi, non. Mais mon Premio 2008, oui, je crois ». La grande classe intercontinentale. J’en remercie le roseau  fin blologologue, qui a su discerner l’excellence tapie dans le tohu-bohu. Loué soit le Roseau pendant trois générations !  

Je remercie Christian Domec qui m’ annoncé la bonne nouvelle. Je remercie aussi ses chèvres, on ne sait jamais : quand on reçoit un prix, il faut remercier tout le monde.  

 

Qu’est-ce donc ? Le Weblog Brillante, c’est comme le Goncourt des blogs, en un peu plus valorisant.

 

Qu’est-ce qu’on gagne ? Rien, et ça me paraît d’ailleurs incroyable. Pas le moindre bandeau rouge. On m’a parlé d’une gourmette, mais je crois que c’est à moi de la financer.

 

C’est quand même un peu suspect, ce truc.

 

D’autant plus que je suis chargé de désigner, à mon tour, sept blogs brillants. Siete weblogs brigeanntéss. Vous imaginez l’horreur ? Pour en désigner 7, je vais me fâcher avec les 113 autres qui fréquentent quotidiennement ce blog. Sept gourmettes de perdues, cent treize ennemis de trouvés. Problème insoluble. J’ai appelé Jeeves, mais il dit qu’il ne veut avoir aucune idée tant que je continue à porter ces mocassins noirs Aerosoles (c’est une marque, Aerosolesss. Les Argentins prononcent pareil, dommage).

 

Ce prix, vous l’aurez tous un jour : il se distribue plus vite qu’il ne se crée de blogs. C’est une progression mathématique de facteur 7. Oui, fatalement, vous le porterez, le prestigieux label. Vous serez brigeannté. Bien sûr, vous préféreriez que ce soit moi qui vous l’attribue, c’est plus honorifique, je vous comprends. Si j’étais vous, je préférerais aussi.

 

On va donc ouvrir ici un grand concours : qui sera brigeannté ? Chaque impétrant a droit à 1.000 signes, postés en commentaires, pour faire valoir ses mérites. Les photos sont interdites (hé, je vous vois venir, vous connaissez mes faiblesses). 1.000 signes, blancs inclus, pour expliquer pourquoi vous avez droit au Premio, plus que tout autre. Ou toute autresse.  Surtout, rappelez-vous le conseil de Sacha Guitry : « Ne soyez pas modeste, on vous prendrait au mot » (c’est ma devise : je serai modeste plus tard, quand j’aurai réussi). Tous les blogueurs littéraires sont autorisés à participer, tous les moyens sont bons, tous les coups sont permis, tous les arguments sont recevables (sans haine, sans violence, et dans les limites des lois en vigueur, je vous le rappelle). Un seul billet par personne, mais on peut plaider la cause d’un autre , à condition d’avoir déjà posté, par le passé, au moins un commentaire.

 

Je ramasse les copies samedi.

Ah, quatre jours de repos, quatre jours sans blog ! C’est ça, le vrai Premio 2008. Allez, au boulot !

ajouter un commentaire commentaires (14)    recommander
Mardi 12 août 2008

Jeeves, les fiancées de Bertie, et le comique d'inéluctabilité.

Je reprends ici le visuel d'hier, il a à peine servi, et je me suis donné beaucoup de mal pour le créer.

Les nombreux romans de P.G. Wodehouse mettant en scène le jeune Bertram Wooster, dit Bertie, et son valet de chambre Jeeves ont deux points forts : l’intrigue est toujours la même, et son intérêt est constamment renouvelé. Ah, j’oubliais, il y en a un troisième : on sait, dès le début, qu’on rira souvent d’un rire nerveux, fatigué. Le rire du lecteur décidé à faire la gueule et qui finit par y renoncer.

 

Si certains de vos amis prétendent ne pas avoir ri à la lecture de Jeeves, chassez-les de votre table, effacez-les de votre mémoire téléphonique : ce sont des individus dangereux, coincés de partout, tordus, prêts à tous les coups bas. Un bon Jeeves vaut mieux qu’un mauvais ami, car Jeeves ne trahit jamais, même quand il semble trahir.

 

Reparlons un peu de cette intrigue. Elle est toujours double :

 

Intrigue majeure : le jeune Bertie entend porter un vêtement excentrique, ou se laisser pousser la moustache, ou choisir un lieu de villégiature trop exotique, ou oute autre effarante décision devant laquelle Jeeves s’incline de mauvaise grâce.

 

Exemple typique (extrait de "Allez-y, Jeeves")

― Votre complet veston couleur bruyère est prêt, Monsieur

― Bien apportez-le moi.

 [ ………..]

― Excusez-moi, Monsieur, non… pas cette cravate.

― Hein ?

― Je dis pas cette cravate avec le complet couleur de bruyère, Monsieur.

Ce fut un choc pour moi. Je croyais avoir maté mon individu. [ ………..]

― Que reprochez-vous à cette cravate, Jeeves ? Je vous ai vu tout à l’heure lui lancer un mauvais regard. Allons, parlez franchement. Qu’y voyez-vous de mal ?

― Elle est trop recherchée, Monsieur.

― C’est stupide ! Un joli rose, rien de plus.

― Elle ne convient pas, Monsieur.

― Jeeves, je mettrai cette cravate.

― Très bien, Monsieur.

 Comment le cher Jeeves parviendra-t-il à dissuader son maître de cette désastreuse décision ? C’est l’intrigue majeure. On l'oublie très vite, mais pas Jeeves.

 

A cela s’ajoute une intrigue mineure, mais très complexe. Exemple : un vieil oncle millionnaire risque de priver Bertie de sa rente et de son héritage si celui-ci ne vient pas lui rendre visite au manoir durant ses vacances, histoire de chasser la grouse ensemble. Mais Bertie, sous la pression de sa tante Myrtille, vient de se fiancer avec une jeune intellectuelle, passionnées de Coleridge, et membre de la ligue protectrice des animaux ; la tante Myrtille, qui déteste le vieil oncle, souhaite cependant accompagner le jeune Bertie pour l’initier à l’œuvre de Coleridge, etc. [ La, j’invente, mais en gros, c’est toujours comme ça ].

Quoi qu’il arrive, dans un premier temps, Bertie va essayer de se sortir seul de cette situation inextricable. Il va (deuxième temps) s’y intriquer encore plus Et ce sera Jeeves qui, dans un troisième temps, par une combinazione diabolique, va résoudre le problème.

 

Chute : les deux intrigues se croisent. Pour remercier Jeeves, Bertie va renoncer à ses mocassins à boucle dorée, à son chapeau à carreaux, à son séjour à Monte-Carlo ou à sa cravate rose.

Jeeves !

― Monsieur ?

― Cette cravate rose.

― Oui Monsieur ?

― Brûlez-la.

― Merci Monsieur.

 

Il y a ainsi une multitude d’oncles et de tantes qui transforment en enfer la vie du héros, et presque autant de jeunes femmes avec lesquelles Bertie se retrouve fiancé quand il veut les fuir, ou qu’il voit fuir quand il veut se fiancer. Toutes sont cousines ou ex-fiancées ou meilleures amies des multiples meilleurs amis de Bertie, ou filleules de quelques oncles ou tantes, mais jamais les bons. L’existence de Bertie est tragique. C’est pour cela qu’il n’a pas le cœur à  travailler. Sa vie consiste à se remettre chaque matin de sa gueule de bois, à choisir l’après-midi sa tenue du soir pour aller au Drone's Club, et à prendre des trains pour de pittoresques destinations où l’attendent d’effroyables traquenards familiaux. Terrible vie de rentier, vivant aux crochets de ses oncles, de ses tantes, vie où rien n’est jamais acquis, sauf la fidélité de Jeeves.

 

Sur ce schéma immuable, Wodehouse a écrit pendant cinquante-cinq ans (de 1919 à 1974) et a fait rire quatre générations. Parfois, il disparaît mystérieusement de la mode, puis de l’actualité. Les adorateurs de Jeeves ne s’inquiètent pas, le Grand Esprit reviendra. Puis on entend bruire la rumeur, on chuchote son nom, des mystérieux réseaux se forment. On stocke ses livres (je ne plaisante pas, la plupart sont épuisés à la Fnac, mais on les trouve d’occasion). Et Jeeves fait sa réapparition — c’est le cas actuellement, vous avez de la chance. Le monde est sauvé, Bertie Wooster aussi !

 

J’ai pour Jeeves une douce dévotion. Quand j’ai affaire à une situation vraiment complexe, je me pose parfois la question : « Si Jeeves était là, que ferait-il ? ». Mais ça ne marche pas : seul Jeeves sait ce que ferait Jeeves.

 

Mais j’ai aussi pour Wodehouse une grande admiration d’auteur, je n’ose pas dire confraternelle. Il faut une réelle audace pour reprendre, comme il le fait chaque fois, le même mécanisme romanesque, à quelques variantes près. Il n’a jamais cherché à faire évoluer ses personnages, à se soucier de leur usure, à les mettre au goût de leur époque. Il les enferme dans une bulle, hors du temps. Il les envoie superbement se lancer dans les mêmes projets, s’enferrer dans les mêmes erreurs. Il n’y a pas chez lui de comique de répétition, mais un comique plus rare : le comique d’inéluctabilité. Le lecteur est de son côté, et se réjouit avec lui des malheurs qui doivent se produire. Bertie devra se raser la moustache, donner à un clochard son gilet de tweed, ou passer ses vacances dans le Devonshire, parce que c’était écrit. C’était depuis toujours dans la Remington de P.G. Wodehouse.

 

 

P.S. Je signale aux zélotes de Jeeves qu’il vient de se créer, sur l’excellent blog Cabinet de curiosités d’Éric Poindron, un club des amis de Wodehouse. C’est un club comme je les aime, son joug est léger : pas d’inscription, pas de rituel, pas de rendez-vous, pas de discours. Une sorte de communauté affine.

Les esprits chagrins s’inquiéteront : ce club doit être aussi misogyne que le grand œuvre de Wodehouse. Pas du tout, ils ne le sont ni l’un ni l’autre : un des tout premiers membres est une femme de sexe féminin. « Vous avez dit féminin, Monsieur ? » « Oui, Jeeves, j’ai dit féminin. La gent féminine apportera à l’assemblée cette vertu indéfinissable, ce charme, ce, cette, vous voyez ce que je veux dire, Jeeves » « Oui, très bien, Monsieur, Shakespeare en parle dans le Songe d’une nuit d’été… ». 

publié dans : Qu'est-ce qu'ils ont de plus que moi ?
ajouter un commentaire commentaires (13)    recommander
Lundi 11 août 2008

Jeeves, ma cravate pistache, please ! Pistache, Monsieur en est sûr ?



La chronique qui sera mise en ligne ici, demain, mardi 12, sera consacrée au plus grand génie du vingtième siècle : Jeeves. Et à son géniteur, P.G. Wodehouse.
Et vous trouvez ça drôle ? Oui.

publié dans : Qu'est-ce qu'ils ont de plus que moi ?
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Dimanche 10 août 2008

Cet espace n'est aucunement consacré aux jeux dits olympiques, mais à deux sujets littéraires bien plus intéressants : le sport, et la Chine.  Le hic, c’est que je m’y connais à peine en littérature du sport, et pas du tout en littérature chinoise. J'ai quand même ouvert un billet sur ces deux thèmes, mais j’ai besoin de vous, passants, visiteurs et chroniqueurs.
Le principe est simple : cette chronique fonctionne en espace littéraire ouvert, sous ma responsabilité légale d’administrateur. La durée de l’action sera celle du spectacle à Pékin.
Ceux qui ont une lecture à nous proposer, concernant le sport ou la Chine, peuvent :
-          nous la signaler simplement. Mais il ne faudrait pas que ça tourne à la liste encyclopédique. L’idéal serait alors de pouvoir en dire quelques mots, même inspirés d’ailleurs.
-          nous la décrire avec un billet de 3.000 signes maximum.
-          nous la relayer, s’ils y ont déjà, précédemment, consacré un billet plus long dans leur propre blog. Dans ce cas, merci de nous donner le début du billet (disons 1.000 premiers signes environ) complétés d’un lien « à suivre » qui fera arriver sur ledit billet complet de leur blog.

 En pratique : vous m’envoyez votre proposition en commentaire. Voici les premières chroniques qui nous ont été envoyées (merci aux chers correspondants)

 

Côté Chine

 

>>> Les conseils de Turquoise.

 Pour commencer, il faut absolument lire le merveilleux Lao She (auteur qui a décrit la vie à Pékin dans les années 1920 environ et qui est mort mystérieusement ; on l'aurait suicidé...)

Pour un premier contact avec cet auteur, choisissez "La cage entrebâillée", par exemple, mais surtout pas son oeuvre majeure "Quatre générations sous un même toit", qui est beaucoup plus difficile d'accès et risquerait de vous décourager. Ce serait vraiment dommage de passer à côté de cet formidable écrivain plein d'humour (je pense qu'il devrait beaucoup vous plaire !)

Ensuite, je pense à 2 romancières contemporaines :

 Fang Fang avec "Début fatal" (hélas épuisé pour l'instant, mais elle a écrit d'autres livres, disponibles à la vente, eux) ou "Une vue splendide" ;

Chi Li
avec "Un homme bien sous tous rapport" (décidément, il faudra que je me pousse plus vite pour écrire mon billet sur ce titre) ou "Préméditation".
Je vous conseille aussi Ye Mang, avec son recueil de nouvelles "La fille de l'ascenseur", qui m'avait beaucoup plu.
Ouf ! J'espère ne pas avoir été trop longue ou trop ennuyeuse avec cette énumération ! Promis, la prochaine fois, je serai légère légère...comme un haïku!!!;-D


  La cage entrebâillée, de Lao She, chronique de Turquoise

Ne vous fiez pas au résumé à mon avis peu attrayant de la 4ème de couverture. Ce n'est pas le divorce qui est au centre du roman, mais la vie de famille, et "La cage entrebâillée" est beaucoup plus drôle qu'il n'y paraît.

Suivez donc les pérégrinations tragi-comiques de Zhang Dage, marieur très fier de ses succès, et d'un de ses "clients", le pauvre Lao Li. Coincés entre leurs femmes choisies selon la tradition, leurs enfants envers lesquels ils éprouvent des sentiments mitigés, et les (mauvais) collègues de bureau (et la bureaucratie chinoise, c'est quelque chose !), nos héros ne savent pas toujours comment faire face à toutes leurs obligations. Et quand leurs épouses respectives se révoltent...
                     La suite sur le blog de Turquoise

 

 

 Début fatal, de Fang Fang, chronique de Turquoise

Ce court et formidable roman d'une romancière chinoise contemporaine m'a beaucoup marqué.

Une jeune fille issue d'une famille révolutionnaire très conformiste choisit de s'enfermer dans le mutisme, alors qu'à l'intérieur de sa tête, elle hurle des torrents d'insultes et d'obscénités.

Un sujet original, une écriture simple et agréable à lire... L'histoire est assez mélodramatique (et finit tragiquement), mais le portrait psychologique de l'héroïne, très juste, rend le récit passionnant.
Source ; le blog de Turquoise, Billet en bas de page  

 

 

>>> Deux billets que je vous recommande, trouvés sur le blog de Kalistina, (encore un blog qu’il me reste à découvrir !)

 

La joueuse de Go, de Shan Sa.

Sur le blog de Kalistina

 

 







Chinoises
, de Xinran 

 
Sur le blog de Kalistina

 

 

 

>


>>> Les conseils de Daniel Fattore
Côté Chine, merci de rappeler Gao Xingjian - sa "Montagne de l'âme" est une splendeur. Et dans le genre "presque chinois, presque français", rappelons M. François Cheng, de l'Académie française.

>>
 Les conseils de Dominique Poursin

 Oui Ye Mang je l'ai lu il y a peu de temps ces trois nouvelles sont excellentes. Je vais bientôt en faire une chronique.
Dernièrement j'ai lu aussi La Danseuse de Mao de Qiu Xiaolong c'est un polar de critique sociale. Entre nous sur vos blogs favoris de lecteurs vous trouverez beaucoup de Xiaolong notamment "Mort d'une héroïne rouge". Cet auteur est exilé aux USA et écrit en anglais.
Vous avez Gao Xingjian, qui fut prix Nobel de littérature en 2000. Je le trouve d'un abord difficile mais ça vaut le coup d'essayer par exemple " La Montagne de l'âme" aux éditions de l'Aube. Je ne l'ai pas encore terminé mais je suis paresseuse, moi. Il y