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Mardi 16 septembre 2008

Ulysse ? Uuulyyysse ?
Rrraah, encore à faire le beau dans les blogs littéraires !
Depuis un peu plus de trois semaines, « Qui comme Ulysse » est sorti dans le grand monde. Et alors ?

 

 Et alors, même si certains libraires de certaines, euh, appelons-les CNAF, le traitent encore un peu de haut, il commence à se sentir moins intimidé : il joue des coudes dans les librairies indépendantes et dans plusieurs grandes, il regarde sa montre, l’air satisfait, quand arrive la seconde vague des critiques médias, un peu plus puissante que la première. Et surtout il se sent de plus en plus chez lui dans la blogochose. C’est de votre faute, vous l’avez trop bien accueilli. Mais continuez, c’est si bon.

 

Et, puisque le petit Ulysse est trop occupé à se bagarrer pour y penser, vous voulez que je vous dise ? Merci.
(Cet article continue, en bas, après le panorama des blogs).


N.B. Ne vous contentez pas de lire les extraits : les tenanciers de blogs qui ont écrit ces chroniques se sont donné la peine de contruire un vrai et beau billet, avec une introduction, un développement, une conclusion. Allez chez eux pour les lire complètement, et commentez-les d'un bravo quand vous pensez bravo (ou brava, bravi, brave)
  

  

Amanda Meyre  http://www.amandameyre.com/archive/2008/09/12/qui-comme-ulysse-–-georges-flipo.html

«… Au-delà des voyages, au-delà des histoires et des anecdotes, il y a dans ce recueil une tout autre balade que nous offre Georges Flipo : une peinture très subtile de toutes ces petites choses et pensées qui révèlent l’âme humaine, des fragments d’humanités touchants, émouvants, parfois poignants ou révoltants... »

 

Balmeyer http://balmeyer.blogspot.com/

« …Un bon papier chez le Nouvel Obs' ! Une colocation avec Christine Angot ! Soutenez-le, car le colocataire doit se taper toute la vaisselle tandis que la miss est en proie à de rectales pudeurs… ».

 

Calou, L’Ivre de lecture  http://pagesperso-orange.fr/calounet/resumes_livres/flipo_resume/ulysse_flipo.htm

« …Georges Flipo est un sentimental, un tendre qui se venge et se cache derrière une armure de mots qu’il conjugue subtilement pour dénoncer les maux des temps. Ce qui le sauve ? Il ne tombe jamais dans le mélo. Âmes sensibles, ne pas s’abstenir !… »

 

Cathulu  http://cathulu.hautetfort.com/nouvelles-françaises/

« … mais tout n'est pas noir pour autant et de jolies bulles de nostalgie ou de tendresse viennent  réconforter le lecteur embarqué dans un périple qui nous conduit  en Amérique Latine, en Asie, à Venise ou bien plus près de chez nous.. »

 

Culturofil  http://culturofil.net/2008/09/06/qui-comme-ulysse-de-georges-flipo/

« … Surtout, la qualité de ces nouvelles, se situe dans l’écriture. C’est fluide, agréable, comme semblant couler de source, mais pourtant tout en nuances. On a plaisir à suivre le rythme imposé par l’auteur et on n’hésite pas à revenir sur un passage, un extrait ou même une nouvelle dans son intégralité. Tout simplement parce qu’elle est belle !.. »

 

Cuné http://www.cuneipage.com/archive/2008/08/26/et-le-cure-il-est-jeune-non.html#comments

« … Quatorze nouvelles qui nous emmènent en voyage, ou plus exactement dans la tête d'un voyageur. Jamais le même, et dans des horizons très différents les uns des autres, pour nous distraire, nous émouvoir, nous écœurer ou nous interroger… »


Danielle Maux d’auteurs
http://forum.aceboard.net/7663-1490-13330-0-certain-Ulysse-prendre.htm#id170599

« …Point n’est besoin de vanter la qualité du style et sa maîtrise de la délicate technique de la nouvelle. Atterrissage en douceur ou chute bluffante, dans les deux cas, pour le lecteur, bonheur et nostalgie du voyage achevé et envie de prendre sans tarder son billet pour le suivant… »  

Dominique Boudou http://www.cetaitdemain.org/article-22557863.html

« … Actuellement en lévitation, c'est lui qui le dit avec humour, (il) vient de publier Qui comme Ulysse aux éditions Anne Carrière. Vous pouvez aussi visiter son blog. Geoges Flipo a la tête qui lui tourne car son livre a du succès, mais il ne se la prend pas. Il a, je crois, l'humour des humbles… »


En lisant, en voyageant
  http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-22285112.html

« …Voilà, le menu est varié et copieux, et disons-le, savoureux. Style musclé, sans graisse inutile. J'aurais bien aimé un peu de "rab" de nouvelles que j'ai qualifiées de souriantes… »

 

Happy Few http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/09/03/voyages-voyages.html#comments

« … Le tout est servi par un style souvent piquant, parfois acéré et toujours fluide. Un très bon recueil, chers happy few : je vous conseille d'embarquer à votre tour à la suite de ces voyageurs, sans quitter votre fauteuil (ou votre lit, ne soyons pas sectaires), ce qui est quand même la meilleure façon de voyager (mais ça n'engage que moi !) … »

 

Kathel (Lettres exprès) http://lettres-expres.over-blog.com/article-22773940.html

« …Ayant placé quelques attentes dans cette lecture, je n’ai pas été déçue. Ces nouvelles sont pour la plupart courtes, écrites avec concision, précision, l’émotion affleure au détour d’une petite phrase. Elles ont chacune leur univers et leur atmosphère même si elles sont réunies sous le thème du voyage… »

 

Laure, Les jardins d’Hélène http://lesjardinsdhelene.over-blog.com/article-22223017.html

« …Bref, vous l’aurez compris, des nouvelles très différentes, variées, touchantes ou drôles, il y en a vraiment pour tous les goûts, et forcément quelques unes qui vous plairont, si ce n’est toutes !… »

 

Lire, Voir, Entendre  http://lirevoirentendre.blogspot.com.       

Manifestement, Georges Flipo s’amuse. Il s’amuse à plomber l’ambiance et mettre au net les travers de personnages très enclins à foncer dans des murs qu’ils pensent invisibles. Des personnages qui s’égarent, qui sont à leur propre recherche en regardant les autres, ceux qui vivent, même mal.

 

Marc Sefaris    http://marc-sefaris.sosblog.fr/Premier-blog-b1/Departs-sans-retours-b1-p57057.htm#comments

« … outre le fait que la majorité des nouvelles embarquent sans peine le lecteur (voire le terrassent dans le cas de "L'île Sainte-Absence"), l'ensemble présente la belle particularité d'être à la fois d'une cohérence sans faille et d'une  variété impressionnante… » 

 

Mot compte double http://motcomptedouble.blog.lemonde.fr/2008/09/01/lile-sainte-absence-de-georges-flipo/

« …Le cadre est posé, parlons de l’histoire. Puisque j’ai passé du temps sur la description de l’île, je fais court pour l’histoire, un seul mot : bouleversante. Oui, elle est triste, mais écrite avec douceur, empathie, respect et légèreté, bref, écrite avec intelligence … »

 

Papillon http://journal-d-une-lectrice.over-blog.net/article-22462012.html

« …Il croque avec ironie tous les petits travers humains, c’est drôle, piquant, souvent féroce (Et à l’heure de notre mort), parfois cynique (L’indifférent). On rit, on frissonne et on pleure. C’est la vie, quoi ! Avec ou sans bagages… »

 
Posuto http://posuto.blog.lemonde.fr/2008/09/06/qui-comme-ulysse/#comments

« …Il nous emmène dans la peau d’autres, pas toujours estimables, pas forcément des héros, mais des personnages avec assez de corps pour nous tendre un solide miroir. Ça n’arrive pas très souvent, des voyages comme ceux-là… »

 

Quichottine http://quichottine.over-blog.com/article-22406430.html

« … je dis que tout l'art de ce texte réside dans le passage entre le rêve que l'on se donne et la réalité que l'on vit. Merci Monsieur Flipo. Je retourne à vos histoires, elles me plaisent beaucoup ! »

 

Rue des Livres http://www.rue-des livres.com/livre/2843375002/qui_comme_ulysse.html

« …La grande majorité de ces nouvelles ont quelque chose de fort et de touchant, de révoltant, de drôle, d'original, d'étrange… »  Coup de cœur

 

Thaïs  http://arcetciel.canalblog.com/archives/2008/09/04/10448551.html#comments

« …Georges Flipo nous fait voyager à travers les continents, oui bien sûr, mais surtout il nous entraîne dans des voyages insolites auxquels on ne s'attend pas. Je n'ai pas envie de dévoiler les contours de ses voyages car ils font vraiment partie de la découverte et de l'intérêt de ce livre… »

 

Présentation sans critique  à ce stade.

 

Babelio http://www.babelio.com/critiques/Flipo-Qui-comme-Ulysse--Nouvelles-en-partance/86141

 

Bibliosurf   http://www.bibliosurf.com/  qui me fait la grâce de me citer comme un des auteurs les plus en vue sur les blogs

Ecrivains voyageurs
   http://www.ecrivains-voyageurs.net/pages/actual.htm

 

 Evene

Et bien sûr les sites libraires-marchands.


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Continuez, car les blogs comptent pour une bonne part dans le petit succès actuel de « Qui comme Ulysse ». Je le dis encore très prudemment, car la bataille entre les 676 est assez rude, aucun statut n’est jamais acquis. D’une semaine à l’autre, certains qui paradaient au rayon « Nouveautés » se font rétrograder à la table « récents », parfois même en rayonnages alphabétiques. La réciproque est vraie aussi. Les deux blagues sont survenues à mon recueil, je préfère la réciproque.

 

"Continuez..." c’est facile à dire, mais concrètement ? Concrètement, ça veut dire que la bulle de Qui comme Ulysse devrait faire comme la blogosphère : entrer en dilatation. J'aimerais maintenant toucher d'autres bons blogs qui ne connaissent pas Ulysse et que, pire encore, je ne connais même pas. Tout ce que vous pourrez faire en ce sens vous vaudra ma bénédiction ex-blogo, valable pendant trois générations. Je ne sais même pas à quel huis frapper, mais vous devez le savoir. Alors frappez !

 

Si vous avez déjà publié un article sur votre blog, venez à moi que je vous serre contre mon sein, je graverai de mes ongles ensanglantés votre nom sur le monument triomphal que j’érigerai au quarante millième exemplaire vendu. Vous passerez à la postérité comme compagnon d’Ulysse.

 

Si vous avez un blog où « Qui comme Ulysse » n’a pas encore été chroniqué, quittez immédiatement mon blog, filez sur le vôtre, et écrivez-y dare-dare un article à la gloire de ce recueil. Non, non, ne le lisez pas d’abord, ça risquerait de vous influencer. Achetez-le, bien sûr, mais vous le parcourrez plus tard, ça n’a rien d’urgent. Si vous ne savez pas quoi écrire,  faites comme le patron de Sylvain Vasseur dans le Vertige des auteurs : « Il ne restait plus grand-chose de l’article. Il l’avait alors enrichi de quelques phrases sur le charisme de l’auteur, la vigueur du thème, la singularité des idées, la plasticité du style, et tous les commentaires qu’on peut émettre avec un emballement prudent à propos des livres qu’on n’a pas lus » 

 

* Si vous n’avez pas de blog, vous abusez un peu : hé, c’est trop facile de passer, en pique-assiette, dans ceux des autres. Bon, vous êtes pardonné, mais à condition d’apporter quand même votre contribution : chaque fois qu’on parle ailleurs d’un livre avec un peu trop d’enthousiasme (hé, c’est quand même un concurrent…) déposez un commentaire du genre « Oui, excellent, ce livre d’Hasdrubal Apfelbaum, ça me rappelle une des nouvelles de l’encore plus excellent recueil « Qui comme Ulysse ». Voir à ce sujet la chronique de… ». Et là, vous ne mettez surtout pas mon blog en lien, on va croire que c’est moi qui poste, vous imaginez le ridicule de la situation ? Déjà que je me ruine à me payer chaque jour une perruque différente pour acheter incognito un exemplaire du recueil dans chaque Cnaf, histoire de faire croire qu’il se vend… rrrooh, tout ça finira mal.  (voir * en fin de billet )

 

Alors, quel lien ajouter après « voir à ce sujet la chronique de… » ? Eh bien, un de ceux-ci, là-haut, la liste n’est pas close (si j’en ai oublié un, merci de me l'indiquer). Ce sont tous d’excellents blogs, chacun dans leur genre. La preuve : ils parlent d’Ulysse.


Et si vous n'avez pas de connexion internet, allez chez votre libraire et saoûlez-le de louanges sur ce livre. Quand il craquera, sortez discrètement, sans oublier de payer le recueil en sortant. Si vous avez déjà le livre, offrez le nouvel exemplaire à votre marraine, avec quelques mots gentils : c'est dès maintenant qu'il faut lui rappeler les étrennes. Si vous avez un filleul, offrez-lui le livre aussi, ça remplacera les étrennes : c''était idiot, son idée de console Wii.
 

Mon rêve est d’aller voir les Cnaf rebelles dans quelques semaines, avec mon book de chroniques bloguesques sous le bras, et de leur faire constater leur erreur historique : les libraires de la Cnaf  s’inclineront devant la toute-puissance de la blogochose littéraire, ils porteront le deuil, se couvriront la tête des cendres de l'encens qu'ils auront fait brûler, me feront monter à la table de leur « Sélection rentrée littéraire » par un escalier aux marches couvertes de tapis rouge. Ils organiseront pour Ulysse une cérémonie expiatrice. Ulysse aura peut-être même droit à la danse des sept voiles exécutée par Christine Angot et Catherine Millet. Je vous inviterai. Les quelques places seront attribuées par ordre de date parution de votre billet sur votre blog.  Pour les autres, on vous racontera, ce sera bien mieux.

 

* Le paragraphe précédé d’un astérisque ("Si vous n’avez pas de blog.."), ne le prenez pas au pied de la lettre. La planète blog a ses usages, et l’iconolâtrie a ses limites.
publié dans : QUI COMME ULYSSE
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Vendredi 12 septembre 2008

Un complot contre Angot, un autre contre moi. On est inséparables.

 

Je viens de trouver sur mon blog un commentaire posté ce matin à 3h48 par un certain Despoint. Il est très beau, il mérite mieux qu’un passage en commentaires ; il faut lui donner sa chance, je vais en faire un billet. C’est comme les livres qui sortent pour la rentrée : pour leur donner le droit de survivre, il faut les mettre sur la table « Nouveautés » du libraire, sinon ils sont condamnés à l’oubli. Je dis ça comme ça, en l’air, bien sûr, vous verrez. Revenons à ce merveilleux commentaire que je cite intégralement, orthographe incluse :

 

Catherine Clément Philosophe et romancière française, révèle lors de la matinale de France Culture du 10/09/08, comment s’est organisé une cabale contre le livre "Le marché des amants" de Christine Angot, Editions du Seuil.

http://www.dailymotion.com/kenestaf/video/x6q0u8_cabale-antiangot_news

 

Ça mérite un commentaire de textes. Je vais faire ça comme je peux, je ne suis pas agrégé, je ne suis même pas un littéraire.

 

COMMENTAIRE DE TEXTE

 

On commence le plus vite possible, très scolairement, presque universitairement, par se placer sous une autorité. Catherine Clément, c’est bien, c’est du solide. Mais peut-être pas assez, se dit Despoint. Il ajoute philosophe, il a besoin de ça pour faire passer la suite. Mais attention, pas n’importe quelle philosophe, ce sera Philosophe avec une majuscule, qui n’a aucune raison d’apparaître ici, mais ça en impose. Aïe, ça fait peut-être trop théoricien, on précise aussi romancière. Beau métier. 

Et non seulement, selon Despoint, Catherine Clément aurait été invitée à parler à la Matinale de France-Culture, mais elle serait allée plus loin. Elle aurait révélé. Elle aurait pu protester ou expliquer, défendre ou exposer, non, elle a RÉVÉLÉ. Bon verbe, ça. On ne révèle jamais que des vérités cachées. Si on révèle, hé, c’est que c’est vrai, incontestable, et si on le fait révéler par Catherine Clément, c'est du béton, du marbre, de l'acier brossé. 

Et qu’est-ce qu’elle aurait révélé ? Elle aurait révélé comment s’est organisée (oui, Despoint, avec un e, ça s’accorde) une cabale. Parce qu’on ne sait jamais, il pourrait y avoir une cabale sauvage, non organisée, vous imaginez comme sont les cabalistes, ils cabalisent à des degrés divers. Celle-là, ils l’ont minutieusement OR-GA-NI-SÉE, tant la cause était importante. Une cabale, une vraie, avec tout ce que ça induit : complot, intrigues, manœuvres secrètes dirigées contre quelqu’un ou quelque chose. Il est vraiment bien, ce mot cabale, il évoque aussi la science occulte, la communication avec un monde invisible, infernal, peut-être même des trucs de mystérieux talmudistes. Hé, il faut au moins tout ça pour abattre Christine Angot. Il faut organiser une cabale. Pauvre Christine, petite innocente, sait-elle ce qu’on prépare dans son dos ?

 

La cabale va-t-elle triompher ? Non, Despoint arrive en jouant de la trompette, écoutez, écoutez Catherine Clément, Philosophe, romancière ! Elle a révélé le complot ! La littérature est sauvée !

 

Et pour être sûr, Despoint donne en partant le lien vers l’émission qui vous apportera la lumière. Un peu comme les missionnaires mormons essaient de vous filer leur Cinquième Evangile à la fin de leur baratin « Voyez vous-même, vous serez convaincu ».


Despoint est un garnement. Il avance bravement en terrain dangereux, mais en poussant Catherine Clément devant lui. C'est d'autant plus vilain qu'on lui fait dire ce qu'elle n'a jamais dit, encore moins révélé. Je cite ici une visiteuse de ce blog, en qui j'ai plus confiance qu'en Despoint : c'est Dominique. Elle réagit à une première version de texte, dans laquelle je croyais que Catherine Clément avait révélé ; après tout, ç'aurait pu être son droit. Mais non, rien de tout ça :

Ah j'ai écouté France-culture ce matin-là ( le 10 il me semble?) où Christine Angot était l'invitée des " matins" et je n'ai pas du tout saisi qu'il y avait un complot contre son bouquin.
Elle a seulement dit en substance : " Il y a des journalistes qui n'ont retenu qu'une seule phrase de mon livre celle où je dis à mon amant "Ne te trompe pas de trou". On se moque de moi, en faisant des blagues dégoûtantes à propos de cette phrase qui ne comporte aucun élément de vulgarité".

( Les guillemets, c'est moi qui les ajoute, pour faciliter la compréhension. Mais ce n'est pas un verbatim. Elle a raison d'être mécontente, la pauvre Christine Angot  : elle sort une petite phrase gentille, exempte de toute vulgarité, une petite boutade comme on entend, par exemple, quand les mamans attendent la sortie de l'école maternelle. Et il y a des gens très sales qui font des blagues dégoûtantes.)


Elle a ajouté que les femmes avaient deux trous contrairement aux hommes, et l'animateur l'a remercié pour cette leçon d'anatomie matinale. Tout le monde rigolait, les auditeurs y compris. D'autant plus que miss Angot se trompe la femme possède trois orifices aux parties basses et non deux.

(Là, je fais confiance, je n'y connais rien en anatomie. Je vais demain à un mariage chic, je poserai la question à table, ça relancera la conversation, ce sera très apprécié).


Il est vrai que Catherine Clément est arrivée dans le studio mais je croyais que c'était pour parler de la femme à Byzance ou un truc dans ce genre... Bah! je n'ai rien compris alors?

commentaire n° : 1 posté par : Dominique
(site web) le: 12/09/2008 15:08:08



 
Merci Dominique. Je crois que Despoint, errant sur la blogochose, poste où il peut ses billets en mobilisant qui il veut  pour défendre la cause sacrée. Il a cru trouver ici un terrain favorable, il a lu trop vite mes billets où je joue les défenseurs de Christine Angot. C’était pour rire, Despoint, je suis hou, hou, un méchant, un moqueur, ce billet n’était pas pour de vrai. Je vais donc préciser.

 

Non, il n’est pas besoin de complot cabaliste pour abattre Christine Angot. Elle le fait toute seule. J’ai lu plusieurs pages, pas forcément celles où elle parle de son sphincter et de son clitoris. C’est mal écrit, sans grâce, bébête. C’est du bouquin d’exhibitionniste pour voyeur sorti d’un peep-show. C’est à vous dégoûter de la chose, littéraire ou non. Je vais changer de coloc, ça pue et c'est plein de branleurs qui cognent à la porte, je me demande avec quoi. 
Fin de ma critique, me voici répertorié comme nouvel affidé de la cabale.

 

Et si France-Culture aime vraiment dénoncer les cabales, je leur suggère d’organiser (très vite, c’est une urgence, SVP ; ne vous inquiétez pas pour l’organisation, je peux fournir la philosophe, et même la romancière et les témoins à charge) d’organiser, disais-je, une matinale pour expliquer pourquoi je ne suis pas présent à la table « Nouveautés » dans les Fnac parisiennes.

  Moi, je sais, c’est un complot, remarquablement organisé, personne ne s’en aperçoit, sauf moi et les quelques copains parisiens qui m’ont signalé leur difficulté à trouver mon livre bien caché à la Fnac.  Alors, pourquoi suis-je absent de la table Nouveautés ? Est-ce un complot des forces obscures ? J’ai pris mon scooter, ma cagoule, je suis monté à la capitale pour enquêter sur le complot. Les chefs de rayon de la Fnac ont d’autres explications ; c’est amusant, elles varient :

 

Une Fnac m’explique que « c’est réservé aux livres qui se vendent bien ». Mais elle ne peut pas m’expliquer pourquoi certains livres y ont droit dès le jour de leur parution, dès le déballage du carton, alors qu’il ne s’est encore rien vendu (je l’ai vu, j’ai assisté à la mise en place de la table). « Mais ils se vendront bien » me rétorque-t-on. Effectivement, s’ils sont mis en évidence sur la table « sélection nouveautés », ils finiront bien par se vendre, c’est indémontable, ce raisonnement. Il doit y avoir une faille, je ne la trouve pas.

 

Une autre Fnac m’explique que c’est réservé aux livres qui ont obtenu une bonne critique médias. La bonne critique médias de Christine Angot, je ne l'ai pas encore lue, et son Marché aux amants trône pourtant, bien mis en valeur. Mais on n'attaque pas une femme qui tombe. Je me contente de signaler avec étonnement quelques livres sortis dans un formidable silence médiatique à ce jour « Oui, me répond-on, mais ceux-là, on sait qu’ "ILS VONT AVOIR" une bonne presse. ». La table Nouveautés de la Fnac est dotée de mystérieux pouvoirs prophétiques ! Roooh, j’espère que les critiques qui ne savent pas de quels livres parler viendront y chercher l’inspiration : il faut que s’accomplissent les prophéties.

 

Toujours à la Fnac, je demande qu’on me désigne, sur la table Nouveautés, les livres qui auraient obtenu, comme le mien, les trois étoiles du Nouvel Obs. On me regarde l’œil soupçonneux, comme si j’avais acheté ces *** : « Vous les avez eues, vous ? Avec ça ? Quand ? » « Fin août » réponds-je. « Ah, soupire la dame, fin août ! C'ÉTAIT TROP TÔT, C'EST POUR ÇA ! ».

 

Et on m’abandonne, poignardé devant la table Nouveautés.

 

Le complot a réussi, les conspirateurs s’enfuient, drapés dans leur ample manteau anthracite.

publié dans : Actualité littéraire, vos ??? et vos !!!
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Mercredi 10 septembre 2008

Entrée en littérature : des belles chutes sans se faire mal ?

 Après quelques agressions trollesques, j’avais décidé de ne publier que très épisodiquement le point sur les critiques, celles que les médias consacrent à « Qui comme Ulysse » et je suis donc resté discret. Je publierai très prochainement un billet faisant le point sur les retombées dans les blogs. En attendant, je cite aujourd’hui un bel article qui me permet un double billet.

  

 

1. Je suis entré en littérature.

 C’est fait, et j’en suis encore tout pantelant : ce n’est pas encore le Lagarde et Michard, c’est la marche juste en dessous : Qui comme Ulysse fait l’objet d’un long (plus de deux pages) et chaleureux article dans la très chic Revue littéraire, numéro de la rentrée.

Il n’y a que du beau monde dans ce numéro, et je suis un peu intimidé d’être aux côtés d’écrivains dont tout le monde parle. Comme dans ces dîners d’été où l'on arrive en bermudas et tee-shirt alors que tous les hommes sont en costume –cravate. Tous les sélectionnés pour le Goncourt sont dedans, mais tous ceux qui sont dedans ne sont pas sélectionnés pour le Goncourt, c’est un peu décevant, j’aurais bien aimé, le Goncourt. Bon, comme l’article est intelligent, subtil, je me console.

Cet article est opportun, il facilitera la bonne mise en avant chez les libraires. Vous avez bien lu, eh, les libraires ? Je dis que cet article facilitera la bon-ne-mise-en-a-vant-chez-les-li-brai-res. 57 auteurs sur les 676 de la rentrée ont été sélectionnés par la Revue Littéraire, je suis dedans, on s'arrête là, c’est un nombre idéal, une sélection parfaite ! Pourquoi mal refaire ce qui a été bien fait ? Ne cherchez pas plus loin pour composer votre table « Sélection Nouveautés », pour distribuer vos « Coups de cœur » ou « Nous avons aimé ». Et pour les invitations aux conférences-débats-présentations, soyez simple, mailez-moi, je reste quelqu’un de très abordable, surtout depuis que je n’ai pas eu le Goncourt. Je peux, si vous le souhaitez, venir avec Christine Angot, je la connais très bien, nous cohabitons depuis huit jours.
Fin de mon message aux libraires, et notamment aux grandes librairies à succursales multiples, vous voyez ?

Je vous donne la version intégrale de cet article. Il y en a une version encore plus intégrale sur internet, mais avec des commentaires qui me font rougir : je suis marié, père de famille et vertueux.

 
Qui comme Ulysse

Le voyage d’Ulysse, c’est une errance de vingt ans – longue initiation –, ce sont les sirènes aux chants enchanteurs, le cyclope Polyphème, la nymphe Calypso, la magicienne Circé… Quel rapport avec les personnages de ces quatorze nouvelles ?

Ici, pas d’aventures grandioses, de récits fantastiques ou de personnages mythiques. Mais, comme dans L’Odyssée, le voyage est raconté à travers les épisodes qui le composent : conversations, rencontres, instants, menus événements. Surtout, le thème du voyage est décliné à l’infini : voyage d’affaire, dernier voyage, voyage à l’envers, voyage imaginaire, voyage source d’inspiration, voyage organisé, exil, voyage spirituel, cyber-voyage, voyage aux sports d’hiver, voyage dont on ne revient pas. En fin de compte, ce n’est même pas le voyage qui est raconté, mais des morceaux de voyage : un départ, une arrivée, un séjour, un retour.

Dans « Nocturne », c’est à qui aura pris le plus de photos, à qui aura le plus de pittoresque à ramener d’Inde. Monsieur Dupont est agacé lorsque sa femme s’attriste devant tant de misère. C’est vrai, quoi, la misère après tout, ils sont venus pour ça. C’est comme aller à Abou Dhabi et se plaindre du désert, ça n’a pas de sens. Dans « La marche dans le désert », Raoul Danville – « Raoul Danville, nappes, serviettes et accessoires de tables, pour que les fêtes soient inoubliables » –, petit chef d’entreprise en quête de nouvelles méthodes de management, décide d’organiser un séminaire dans le désert tunisien. Dans le package : danseuses du ventre, chakchouka épicée, lampes frontales, GPS, délocalisation et un rachat de la marque par un groupe hollandais. « La route de la soie » est un récit de voyage, sur le blog de Joseph. Peu importe où l’on part, du moment que l’on peut en raconter quelque chose… Le tout oscille entre les constats topographiques à la Bougainville, le romantisme de Gérard de Nerval et les bonnes astuces style Routard.

Ces nouvelles prennent leur temps, parfois restent suspendues, s’arrêtent sur un détail. Si bien que l’on a parfois l’impression d’une berceuse. L’ambiance est feutrée, le rythme lancinant. Le même thème revient de nouvelle en nouvelle, tel un leitmotiv, mais avec un autre décor, une autre ambiance, d’autres personnages. Georges Flipo joue avec les espaces paradoxaux des voyages. Il nous balance entre de grandes évasions et des destinations proches. Mais c’est lorsqu’il nous emmène le plus loin géographiquement qu’il parvient le mieux à créer un espace confiné à l’intérieur de la nouvelle. Le paradoxe tient donc du jeu entre l’espace ténu de la scène qu’il raconte, et le grand large des voyages dans lesquels il les inscrit. Ou inversement : un voyage presque sur place donne lieu à un imaginaire débordant. Comme dans toute nouvelle, la résolution est primordiale, et l’auteur manie cet exercice avec talent. La fin est toujours surprenante, inattendue, déconcertante. Cependant, parfois, justement, elle est amenée de manière trop fabriquée. On a alors l’impression que la nouvelle n’a été écrite que pour raconter cette fin ; que le voyage n’a été fait que pour pouvoir en faire le récit à son retour. Quoi qu’il en soit, le plaisir n’en est en rien altéré.

 « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage »… Le point commun entre le voyage d’Ulysse et ces quatorze nouvelles réside dans ce sentiment d’accompli, cette quête personnelle, cette fin heureuse, quoi qu’il arrive. Quant à nous, nous avons passé un bon moment, nous avons été pris dans l’enchaînement des récits comme s’ils n’en formaient qu’un. Le livre parvient à nous emmener dans chacun des lieux qu’il évoque, c’est donc une évasion réussie.

Marion Prigent

 
Je suis troublé, charmé, par ce texte : il pointe des rapprochements, des volontés vagues, qui m’avaient accompagné dans la création de ce recueil, parfois inconsciemment, et les voici soudain décodées. « Le point commun entre le voyage d’Ulysse et ces quatorze nouvelles réside dans ce sentiment d’accompli, cette quête personnelle, cette fin heureuse, quoi qu’il arrive. »
Oui, Marion Prigent, vous avez compris ce que je n’arrivais pas à formuler, c’est exactement cela. Merci et bravo.  Si vous m'écrivez encore d'aussi beaux articles, j'écrirai encore d'aussi beaux recueils. Ou même un roman.


2. Des belles chutes sans se faire mal ?

Il n’y a qu’un point qui me crée, dans ce superbe article, un léger flottement : « La fin est toujours surprenante, inattendue, déconcertante. Cependant, parfois, justement, elle est amenée de manière trop fabriquée. On a alors l’impression que la nouvelle n’a été écrite que pour raconter cette fin ; que le voyage n’a été fait que pour pouvoir en faire le récit à son retour. Quoi qu’il en soit, le plaisir n’en est en rien altéré. »

J’aimerais que ce fût vrai. Il n’en est rien, je n’ai pas ce talent. Je n’écris pas de nouvelles pour aboutir à leur fin. Sur ce point, je suis beaucoup plus proche de l’école sud-américaine que de la française : la chute m’importe peu. J’écris mes nouvelles en sachant comment elles finiront, ne serait-ce qu’en termes de situation, mais je ne cherche généralement pas de chute qui résolve l’énigme posée par le texte, ou qui renverse brutalement la situation, spécialités bien françaises. Je ne refuse pas l'idée de la chute, mais ce n'est pour moi qu'une figure de style parmi d'autres, une option parfois intéressante. Rarement. J’aime les fins qui laissent flotter l’imagination du lecteur, qui lui laissent continuer l’histoire.

C’est si vrai que la plupart de mes nouvelles ont été tentées avec trois ou quatre fins différentes, entre lesquelles j’ai du mal à choisir (mes quelques correspondantes-conseil pourraient en témoigner). Je cherche plutôt une jolie phrase de fin pour créer ce flottement.

À force d’hésiter, il m’arrive de faire des fins un peu lourdes, et la remarque de Marco Sefaris sur la fin de Confitería Ideal ne m’est pas indifférente : j’ai probablement écrit une dizaine de sorties pour cette nouvelle, que je sentais finie avant la fin.

Il m’arrive quand même de terminer par des fins qui, une fois bouclées, me demandent une marche arrière, des petites inclusions dans le texte, qui donneront plus de force à cette sortie (« Et le curé ? » dans Rapace, ou les parties de Pictionary dans Une incartade).

Mais la chute ? Je suis comme le héros de la nouvelle éponyme Qui comme Ulysse  : « Il a un petit souci dans cette histoire, c’est cette absence de chute. Il se demande si c’est important »

Tiens, c’est comme ce billet, je n’arrive pas à le conclure. Faites ça vous même…

par Georges Flipo publié dans : QUI COMME ULYSSE
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Lundi 8 septembre 2008

Fuveau, Lauzerte, et le bonheur de tenir sa boutique au marché


FUVEAU
 

Je reviens de mon premier salon littéraire de la saison, celui de Fuveau  « Les Ecrivains en Provence ». C’est très bien Fuveau. J’y suis allé avec mon « Qui comme Ulysse » sous le bras, ému de le présenter pour la première fois dans le grand monde. Comme si j’allais exhiber mon tout jeune King Charles au ventre encore mou dans un concours d’élégance canine.

 

C’est très bien, Fuveau, redisons-le. C’est une jolie petite ville provençale entre Aix et Aubagne, que j’ai longtemps subventionnée : quand je faisais les concours de nouvelles avec une ardeur d’amateur, j’ai plusieurs fois participé à celui de Fuveau, j’ai plusieurs fois versé mes droits d’inscription pourtant assez élevés, j’ai chaque fois été largement battu. Avec pourtant de bons textes, je crois même y avoir présenté la nouvelle « Qui comme Ulysse » qui s’appelait alors Empanadas. Je suis donc arrivé en jubilant, ah, j’allais jouer « Le retour du banni ».

 

Et j’ai jubilé, mais autrement : j’ai jubilé parce que l’accueil est bon enfant, chaleureux, et l’ambiance formidable. Nous les auteurs, sommes traités comme des amis de la famille. Un peu mieux, car les amis de ma famille, je ne les invite pas dans de très bons restaurants le soir, je ne les convie pas, le midi, à un grand buffet sous les platanes (je dis platane pour faire plus chic, je n’ai pas de photos pour vérifier, je vais dire hêtres, ça va faire encore plus chic), où toute l’équipe des bénévoles a préparé pour nous un immense buffet de spécialités provençales. C’était bon, c’était généreux, le rosé était goûteux, on était bien, on serait volontiers restés tout l’après-midi à baguenauder de la table au buffet en des trajectoires de moins en moins rectilignes ; mais on était là pour signer, on est partis signer.

 

Et c’était bien aussi.